« Une maison de poupée »

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Une parisienne en banlieue: « Une maison de poupée » aux Amandiers

Il y a quelques semaines, j’ai erré hors des frontières de la Terre du Milieu de ma ville adorée pour le bien de la cause puisque je suis allée assister à une représentation théâtrale… à Nanterre ! En effet, depuis début mars, le théâtre des Amandiers propose une nouvelle mise en scène du texte de Henrik Ibsen, « Une maison de poupée » (dont j’ai été récemment déçue par la version proposée par Michel Fau avec Audrey Tautou au théâtre de la Madeleine) par Jean-Louis Martinelli avec Marina Foïs dans le rôle de Nora.

Pitch: « Après avoir mis en scène plusieurs textes du Suédois Lars Norén, Jean-Louis Martinelli choisit de s’emparer d’un des textes du célèbre auteur norvégien Henrik Ibsen, père du drame moderne. La pièce de théâtre Une maison de poupée a été montée dans le monde entier, et elle l’est encore un siècle et demi après sa création. Rares sont les dramaturges dans le monde qui peuvent se vanter d’avoir construit un rôle d’une épaisseur comparable au personnage de Nora Helmer. Dans cette maison, la femme semble n’être qu’une poupée, entourée d’hommes malades ou pervers. Nora papillonne. Elle chante. Elle est heureuse. Heureuse, vraiment ? Auprès d’elle, son mari – elle vit avec lui, pour lui, par lui. Et peu importe qu’elle ait à lui cacher ce qu’elle fit jadis, pour lui sauver la vie, et pour sauver sa maison confortable et accueillante. Et pourtant… Il y a des lettres qui menacent d’être ouvertes. Un secret qui menace d’être révélé. Et une illusion qui va s’écrouler. Nora, malgré un avenir incertain, a été et reste l’emblème universel des femmes qui luttent pour leur libération et pour l’égalité. » (Source: théâtre des Amandiers)

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Cette nouvelle mise en scène du texte d’Ibsen n’est pas dénuée d’intérêt. La scénographie de Gilles Taschet est très contemporaine, simple et épurée. Tout se passe dans un salon moderne où trône un canapé et quelques meubles IKEA.  A l’extérieur, en recul, est installé un décor ouvert et quasi vierge dans lequel se détache simplement une boîte à lettres, un des éléments centraux de l’histoire. Tout cela donne à la pièce une atmosphère assez fade qui malgré le fait qu’elle ne trahisse pas le texte d’Ibsen, fait qu’on a du mal à accrocher énormément à l’histoire et aux personnages.

La mise en scène de Jean-Louis Martinelli apporte quelque chose au texte dans le sens où elle nous propose un éclairage plutôt pertinent sur les rapports dans le couple, principalement à travers le personnage de Nora. La pièce nous est présentée à travers un regard très actuel et qui sonne globalement juste, jusqu’à la scène finale, un peu en décalage avec le reste de la mise en scène et pas aussi forte que ce à quoi on pouvait s’attendre. Dommage…

Pour le reste, la troupe de comédiens est bien plus convaincante qu’à la Madeleine. Les seconds rôles sont plus réussis, plus engagés et présents, et le couple Nora/Torvald, formé par Marina Foïs et Alain Fromager, est assez crédible et cohérent. Marina Foïs apporte beaucoup plus au personnage de Nora qu’Audrey Tautou (même si c’est probablement la mise en scène qui est responsable de ça, je ne remets pas en cause le talent de ces deux comédiennes !), elle lui donne un côté gracieux, touchant, tendre, presque poétique. En revanche, comme je le disais plus haut, j’ai été un peu déçue de son jeu lors de la scène finale dans laquelle on s’attend à une sorte d’explosion, d’exacerbation de ses émotions mais ça n’arrive jamais… elle garde le même ton et le même registre de jeu dans ses réactions. En revanche, j’ai trouvé qu’Alain Fromager avait fait gagner à Torvald une vraie profondeur entre le début et la fin de la pièce, où l’on perçoit un soupçon d’humanité et de vrais sentiments sous la carapace de son personnage.

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Dans la série des mises en scène de la « Maison de  poupée » du dramaturge norvégien, la version de Jean-Louis Martinelli  au théâtre des Amandiers est donc loin d’être la moins réussie. Elle est interprétée  avec justesse et rend les  préoccupations de Nora terriblement actuelles. Mais quand même… Il lui manque un je-ne-sais-quoi, un petit supplément d’âme, un risque, un engagement pour gagner en profondeur et rendre cette adaptation inoubliable.

C’est où ?
Une  maison de poupée
Théâtre des Amandiers
7  avenue Pablo Picasso (Nanterre)
Jusqu’au 17 avril.
Durée: 2h10 (sans entracte).
Plus d’infos sur le site.

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