Tournages Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939″

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« Tournages, Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939  » à la Cinémathèque (+2 entrées à gagner)

Hier matin, j’ai eu la chance de me rendre au vernissage de la toute nouvelle exposition proposée par la Cinémathèque française: Tournages, Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939 qui nous propose de découvrir pas moins de 200 photographies rares de tournages dans lesquelles on reconnaît acteurs et metteurs en scène, maîtres du cinéma comptant parmi les grandes signatures des années 1910, 1920 et 1930 qui ont travaillé dans les studios allemands, français et américains. Dans d’autres photos, c’est l’envers du décor qui nous est montré, l’artifice des studios est révélée et les secrets techniques des usines à rêves dévoilés.

A l’origine du projet, 2 collections de photos: celle de la Cinémathèque qui contient 500.000 clichés et la collection privée d’un grand cinéphile (le collectionneur Gabriel Depierre) composée de quelque 150.000 images, sélectionnées à la fois pour leur qualité exceptionnelle (ce ne sont pas des photographies qu’on a l’habitude de voir !) mais surtout pour les précieuses informations qu’elles donnent sur cette période très intéressante dans l’histoire du cinéma.

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Époque passionnante en effet, puisqu’entre 1910 et 1939, le cinéma connait une série de mutations spectaculaires à de multiples degrés avec par exemple…
* Des progrès techniques sur la caméra elle-même avec le passage de la caméra de bois à manivelle à la caméra électrique et insonorisée.
* L’émergence des premiers studios, ces théâtres de prose entièrement vitrés (comme les studios Gaumont en 1929 rue de la Villette ou les studios Pathé en 1910 à Vincennes) pour mieux capter la lumière… C’est d’ailleurs à ce moment là que les américains choisissent la vallée de Hollywood comme lieu de tournage idéal parce qu’elle leur garantit 350 jours de soleil par an !
* La progression dans l’utilisation de la lumière: on passe du cinématographe où seule la lumière naturelle est utilisée (ce qui fait qu’on ne tourne qu’aux beaux jours) aux lampes à arcs et groupes électrogènes, aux lampes à tubes de mercure, aux spotlight, bowl lamps…
… et dans celle du son: on passe de l’art muet à des films parlants qui allient le son et la parole à la créativité et à l’audace du cinéma muet !
* Le goût des premiers décorateurs, où comment passer du trompe-l’œil des premiers films à la démesure Hollywoodienne de Griffith ou Stroheim, à l’univers discordant en Allemagne grâce à l’expressionnisme et à la Nouvelle Objectivité ou au choix d’architectes et peintres de renom en France…
* Le changement dans la direction d’acteurs… Au temps du muet, les réalisateurs dirigeaient les acteurs à voix haute en indiquant gestes, regards et émotions à adopter ! Avec le passage au cinéma parlant, de nouvelles solutions ont été trouvées obligeant à une rare synergie cinéaste-acteur comme dans les couples Sternberg/Dietrich ou Capra/Stewart !

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En plus de toutes ces explications assez techniques, l’exposition comporte également plusieurs panneaux (dans les tons blancs pour bien se dégager des autres, sur fond noir, comme vous le voyez ci-dessus) sur les grands cinéastes de l’époque: Murnau (grand maître de l’ombre et de la lumière, héritier de l’expressionnisme allemand), Cecil B. De Mille (l’un des réalisateurs les plus éclectiques de sa génération avec au compteur films historiques et bibliques, comédies, drames, films inclassables…), René Clair, Abel Gance & Jean Renoir, les grands maîtres du Cinéma Français à l’époque, mais aussi Ernst Lubitsch, Fritz Lang, King Vidor, Eric Von Stroheim…

Un petit bout de mur de l’expo est plus ou moins consacré aux artistes du cinéma burlesque de l’époque que l’on observe en train de s’amuser à s’emparer de la technique pour la tourner en dérision. Cette partie n’a pas vraiment d’intérêt mais les photos qui y sont montrées sont vraiment intéressantes à découvrir.

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J’ai également apprécié les quelques photos qui montrent la cohésion et la complicité des équipes sur les tournages illustrant le fait qu’au début le cinéma était une aventure solitaire (ce que l’on voit particulièrement bien dans les premiers films de Méliès où il faisait presque tout de A à Z), mais qu’il est très vite devenu une affaire d’équipes (les réalisateurs/acteurs ne sont rien sans les techniciens et vice-versa). On y voit aussi des photos de groupes réunissant des amis comme celle-ci, très chouette, où l’on voit (entre autres) Chaplin, Douglas Fairbanks, Eric Von Stroheim, Lubitsch… à Hollywood en 1925.

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Les photos des tournages des années 20 et 30 atteignent un summum esthétique inégalé et la toute dernière partie de l’exposition en est la parfaite illustration à travers une série de beaux clichés d’acteurs très célèbres de l’époque (et pour rester dans le thème, on les voit en train de s’amuser à se faire photographier à côté d’objets techniques, caméras, micros, spots, grues…) dont il est vraiment agréable de retrouver les portraits: Ingrid Bergman, Fred Astaire (quelle classe folle !), John Wayne, Clark Gable….

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Tournages, Paris-Berlin-Hollywood est donc une assez petite exposition (4-5 petites salles et quelques couloirs) mais qui nous propose une balade très sympa au milieu de tout cet univers de studios et de plateaux de tournages, à une époque où Paris, Berlin et Hollywood étaient les capitales les plus importantes du cinéma. Je l’ai trouvée vraiment très instructive, j’ai appris beaucoup, notamment au niveau technique, sur la façon de faire du cinéma à cette époque. Il y a de nombreux panneaux explicatifs thématiques qui résument plutôt bien ce qu’il faut savoir et près de chaque photo, on trouve également un cartel expliquant globalement ce qu’on voit et ce qu’il y a à comprendre. Ceci dit, je trouve que l’exposition a un peu de mal à trouver le juste milieu concernant les explications qui se veulent très techniques mais restent finalement assez superficielles. C’est très intéressant mais j’aurais aimé que ça aille un peu plus loin encore ! Idem en ce qui concerne les grandes réalisateurs de l’époque -tous ultra célèbres comme vous avez pu le voir- où j’aurais apprécié un petit complément d’infos, en plus des grandes lignes et des évidences…

Attention, en revanche, si vous vous attendiez à une expo glamour avec des photos de stars, car ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit dans Tournages, Paris-Berlin-Hollywood. Les images exposées ici sont avant tout utilisées pour servir et illustrer le propos, qui est assez souvent technique (presque majoritairement même). Je la recommande donc plus aux cinéphiles avertis qu’aux personnes qui auraient juste envie de voir de jolies photos de tournages de l’époque ! Pour tout vous dire, je me considère comme cinéphile (enfin il faut relativiser, disons je ne me sens pas complètement ignare dans ce domaine !) et pourtant, je me suis sentie larguée pour reconnaître un bon nombre d’acteurs et gens du cinéma (sans tricher en regardant sur les panneaux en dessous, évidemment roh !) sur au moins la moitié des encarts ! Donc, en gros, si vous êtes cinéphiles et que vous voulez en savoir plus sur cette époque et vraiment apprendre quelque chose (d’un point de vue technique avant tout), surtout n’hésitez pas ! Mais n’y allez pas en prenant cette expo pour ce qu’elle n’est pas, vous risqueriez d’être déçus.

Autour de l’exposition, la Cinémathèque propose chaque jour, des films ou rétrospectives pour (re)voir certaines des œuvres présentées dans l’expo. Du 10 mars au 31 mai, on redécouvrira ainsi des films signés Ernst Lubitsch, Josef Von Sternberg, King Vidor, Erich von Stroheim, Jean Renoir, Fritz Lang…  Au programme (entre autres): Loulou de Georg Wilhelm Pabst, Nana de Renoir, L’Ange Bleu de Josef Von Sternberg, Furie de Fritz Lang, Sous les toits de Paris de René Clair, Sur les ailes de la danse de Georg Stevens (Swing Time en V.O pour ceux qui connaissent, avec Fred & Ginger ♥)… Programme complet ici. Il y aura 3 autres rétrospectives monographiques qui rappelleront le parcours singulier de deux réalisateurs (Julien Duvivier et Robert Siodmack) et d’une actrice (Pola Negri) qui voyagèrent entre l’Allemagne, la France et Hollywood durant leur carrière. Il y aura aussi quelques conférences dont vous pouvez trouver le programme ici.

C’est où ?
Tournages, Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939
Cinémathèque Française
51, rue de Bercy (12è) – M° Bercy
Ouvert du lundi au samedi de 12h à 19h et le dimanche de 10h à 20 h. Fermé le mardi et le 1er mai.
Du 10 mars au 1er août 2010.
Tarifs: Billet Exposition + musée plein tarif : 5€. Tarif réduit : 4€. Moins de 18 ans : 2,50€.
Forfait expo + Musée + film : 7€. Gratuit le dimanche matin de 10h à 13h.

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Je vous propose également de gagner 1 lot de 2 invitations valable pour toute la durée de l’exposition. Il vous suffit pour cela de me laisser un commentaire me disant que ça vous intéresse (oui, tout bêtement !) avant dimanche prochain (le 14 mars) à minuit. Puis, j’effectuerai un tirage au sort pour désigner la personne qui remportera les 2 places. Voilou !

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