Race

Page 1 sur 11

Mon bilan de la rentrée théâtrale à Paris #1

Le mois de janvier touche à sa fin et autant vous dire qu’il a été hyper prolifique côté théâtre, en ce qui me concerne. A en délaisser (parfois un peu trop) mes chères salles obscures, c’est dire !

Petit bilan de ce mois de janvier au théâtre, donc.

♥ J’ai adoré


– Les Liaisons Dangereuses au théâtre de l’Atelier
J’en ai déjà parlé ici en long, en large et en travers, mais cette adaptation par John Malkovich reste, pour l’instant, mon coup de cœur de la rentrée !


– Inconnu à cette adresse
au théâtre Antoine
Un belle leçon d’histoire à travers la correspondance entre deux amis marchands de tableaux dans les années 30: l’un allemand récemment rapatrié dans son pays, l’autre juif américain vivant à San Francisco. Entre 1932 et 1934, la montée du nazisme en Allemagne va progressivement dégrader leur amitié… jusqu’au drame final.

Contrairement à pas mal de monde, je ne connaissais absolument pas le texte de Kressmann Taylor avant de me rendre au théâtre Antoine et je peux vous dire que si vous êtes dans le même cas que moi avant de voir la pièce, cette lecture adaptée par Michèle Lévy-Bram et dirigée par Delphine de Malherbe est une excellente façon de le découvrir ! En effet, l’œuvre de Kressmann Taylor est un texte à la fois fort, violent, tragique mais aussi vraiment profond et émouvant, sur cette période dramatique de notre histoire. Tour à tour, il nous secoue, nous choque, nous indigne et nous émeut. La mise en scène simple et délicate, ainsi que le côté minimaliste du décor permettent de se concentrer essentiellement sur le texte et cela fonctionne très bien puisqu’on se sent comme suspendu au fil de ces lettres échangées entre les 2 personnages.

De plus, le texte est parfaitement servi par les deux comédiens, Gérard Darmon et Dominique Pinon. Leur lecture, condensé de simplicité et d’humanité, est tout simplement magistrale. J’ai été particulièrement touchée par la performance de Gérard Darmon dont la sobriété et la justesse m’ont émue aux larmes (oui, petite chose fragile). Si la pièce vous intéresse, rassurez-vous,  elle sera encore à l’affiche en février et en mars avec les tandems Thierry Frémont & Nicolas Vaude, puis Thierry Lhermitte & Patrick Timsit.

Un moment de théâtre poignant, intense et captivant, je vous le conseille vivement. A ne surtout pas manquer !

 

♥ J’ai aimé

– Pensées Secrètes au théâtre Montparnasse
Une petite pièce de David Lodge qui met en scène la rencontre entre Ralph Messenger, « spécialiste de l’Intelligence Artificielle et des sciences cognitives », et Helen Reed, romancière fragilisée par son récent veuvage. Ils se rencontrent au sein de l’université de Cheltenham en Angleterre, où ils sont tous deux enseignants et, peu à peu, s’engagent dans le jeu complexe de la séduction. S’en suivent, évidemment, événements et retournements de situation de rigueur !

Dans cette adaptation de Gérald Sibleyras, on retrouve parfaitement l’esprit et le style de David Lodge, un auteur britannique dont j’apprécie beaucoup le regard toujours très pertinent et caustique sur les petits travers de la société actuelle. C’est très bien écrit, intelligent, sensible et toujours juste. La mise en scène de Christophe Lidon est intéressante, à la fois simple mais inventive et très fluide. J’ai particulièrement aimé le jeu des portes qui accompagne les acteurs et permet les changements de lieux pour montrer les pensées parallèles et les dialogues réels des deux personnages ! Très astucieux et bien pensé.

Mais la pièce vaut surtout pour la performance des deux comédiens, Isabelle Carré et Samuel Labarthe, dont le jeu sensible et délicat sert merveilleusement l’intrigue et le texte. Petit coup de cœur personnel pour Isabelle Carré, que j’ai trouvé comme toujours douce, gracieuse, naturelle et lumineuse. Un joli moment de théâtre.

– Race à la Comédie des Champs Elysées
Race nous propose une incursion dans une Amérique marquée par la question raciale où trois avocats sont sollicités pour défendre un blanc, accusé de viol sur une jeune femme noire. Le point de départ est donc un fait divers (qui, curieusement, n’est pas sans rappeler une actualité récente… bien que le texte ait été écrit avant l’affaire, je précise !) qui nous entraîne dans une subtile réflexion sur le racisme noir/blanc, le sexe (et plus particulièrement homme blanc/femme noire), la méfiance entre races ou encore la trahison, qui peut d’ailleurs venir à l’intérieur d’une même race.

Le texte de David Mamet est brut, tranchant, volontairement provocateur et bien écrit, même s’il peut sembler un peu trop répétitif par moments. Les thèmes du racisme, du sexe, du pouvoir des avocats et de la justice y sont finement décortiqués et l’enquête, entre séductions, ruses et manipulations, est assez captivante. Côté acteurs, c’est un sans faute puisque l’interprétation magistrale des quatre comédiens (Yvan Attal, Alex Descas, Sara Martins et Thibault de Montalembert) fait particulièrement mouche !

Une pièce intéressante.

 

♣ J’ai détesté

– Panik au théâtre Saint Georges
En deux mots, Panik est LA pièce qu’il ne fallait pas aller voir en cette rentrée. Sur le papier, c’était pourtant vendu comme « une comédie pertinente et actuelle sur les crises – réelles et imaginaires – engendrées par la difficulté d’être un homme ». Wow, c’est étrange mais ce que j’ai vu ressemblait plus à un fourre-tout vide de sens et bourré de clichés sur les hommes, les femmes et l’amour dont le texte, visiblement bâclé, n’est qu’un enchainement de dialogues pauvres et ineptes débités par des personnages stéréotypés et insupportables.

Côté comédiens, ce n’est franchement pas mieux, puisque dès le début, on se demande sincèrement ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. Leur jeu est poussif, pas drôle et ça ne fonctionne pas DU TOUT. Eric Delcourt, qui nous avait habitués à mieux (quand même), est aussi horripilant que le personnage qu’il interprète, Thomas Joussier est aussi expressif et charismatique qu’une moule collée à un rocher et la présence d’Anthony Delon ne sert à rien si ce n’est à nous montrer qu’il aime bien se balader en caleçon sur scène… (mais qu’est ce qu’on s’en fout !).

La mise en scène est plate, creuse, sans saveur et tout bonnement inintéressante. Il n’y a pas d’histoire, cela ne raconte rien et on s’y ennuie mortellement du début à la fin. Bref, non seulement c’est sans intérêt mais en plus, on ne rit pas une seule seconde. Pour une pièce qui prétend être une comédie… ben, c’est raté. Une véritable escroquerie, à fuir sans hésitation.

Si vous voulez une deuxième avis (aussi catastrophique que le mien), je vous invite à lire la critique sur le blog de Lili.

 

****

Au programme en février: Lettre d’une inconnue au théâtre des Mathurins, Le Bourgeois Gentilhomme à la Porte Saint Martin et Moi je crois pas ! au Rond Point. Et potentiellement 3 pièces en mars aussi: Les 39 marches au théâtre La Bruyère, Quadrille au théâtre Édouard VII et peut-être Oh les beaux jours de Beckett avec Catherine Frot au théâtre de la madeleine. A suivre…

– Pour d’autres idées théâtre, je vous invite à piocher là-dedans !

 

Page 1 sur 11

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram