« Pluie d’Enfer »

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« Pluie d’Enfer » à la Pépinière Théâtre

Le week-end dernier, je me suis rendue à la Pépinière Théâtre pour assister à l’une des premières représentations de la pièce « Pluie d’Enfer ».

Pitch: « Une immersion fulgurante dans la vie de deux flics de Chicago, inséparables amis d’enfance, qui voient brutalement basculer leur destin. Un polar diabolique et haletant. » (Source: le site du théâtre)

« Diabolique et haletant », je n’irais peut-être pas jusque là… Mais c’est pas mal quand même ! Après, c’est vrai que je n’ai jamais lu la pièce originale de Keith Huff (un des co-producteurs de Mad Men pour les curieux), A Steady Rain (un très grand succès à Broadway qui fait partie d’une trilogie sur les flics de Chicago – les deux autres sont The detective’s wife et Tell us of the night) et que je ne pourrais pas vraiment juger de son adaptation française, mais l’intrigue est intéressante et plutôt bien ficelée. On suit la descente aux enfers de deux flics de Chicago: deux amis rompus aux violences de la rue, deux équipiers lâchés dans la jungle urbaine et confrontés à la difficulté de vivre dans un monde sordide, sombre et noir. A la fois tour à tour et en même temps – et dans un jeu de dialogues plutôt acrobatique (c’est le mot !) – ils nous racontent leur histoire. Le texte est très dur, sec, cru et tombe aussi violemment que la pluie qui s’abat sur la ville.

Je n’ose imaginer à quel point cela a du être un exercice périlleux que de mettre en scène cette histoire au théâtre ! C’est très visuel, il y a plein de rebondissements, beaucoup d’action et ce n’est pas évident de retranscrire ça avec une petite scène et seulement deux comédiens ! Et pourtant, la mise en scène de Benoît Lavigne y parvient sans mal grâce à des choix audacieux de mise en scène, une scénographie faite d’étranges toiles sombres, de couleurs anthracites, de jeux sur les noirs, gris et blancs, des jeux de lumière et l’utilisation de la vidéo et du son pour créer et amplifier les effets de pluie, de nuit ou de neige sur l’écran. Tous ces éléments contribuent à renforcer l’atmosphère glauque, sombre et pesante de l’histoire. C’est extrêmement bien fait !

Côté comédiens, Olivier Marchal et Bruno Wolkowitch tiennent le devant de la scène et s’en sortent plutôt bien. Ils sont tous les deux assez convaincants dans ces deux rôles de brutes épaisses et rugueuses mais fragiles (quand on gratte un peu sous la surface), dont les facettes sont multiples et la complexité indéniable. Et surtout, en nous racontant une histoire avec peu de choses, ils parviennent aisément à rendre les scènes vivantes et bien réelles sous nos yeux. C’est une petite prouesse en soi tout de même !

Au final, l’exercice était plutôt difficile et assez différent de ce que l’on a l’habitude de voir… Rien que pour ça, ça vaut le coup :)

C’est où ?
Pluie d’Enfer
La Pépinière Théâtre
7, rue Louis le Grand, (2è) – M° Opéra
Du mardi au samedi à 21h (+ 1 représentation en matinée le samedi à 16h).
Durée: 1h30.

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Little Miss Chatterbox

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