Pinacothèque

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Méli Mélo du Lundi

Comme la semaine dernière, je vous propose un petit billet en vrac (comme ma tête ce matin) histoire de commencer une nouvelle semaine qui s’annonce, encore une fois, plutôt remplie.

Au programme:
♥ L’évènement de la semaine (quand même): un amoureux qui fête son quart de siècle demain ! (et plein de surprises, au passage)

♥ Des expos (et oui, encore !). Je dois assister au vernissage de l’exposition Ilone et George Kremer, héritiers de l’Age d’Or hollandais à la Pinacothèque et j’ai bien envie d’en profiter pour aller me balader dans celle dont j’avais manqué le lancement en septembre, Giacometti et les Étrusques (j’adoooore Giacometti). J’irais probablement voir l’expo Munch au Centre Pompidou, également, si je trouve le temps !

♥ Du ciné, aussi ! La semaine passée, j’ai l’impression d’avoir fait une sorte de diète-ciné puisque je n’ai vu qu’un seul film (fait plutôt rare, en ce qui me concerne !), le Polisse de Maïwenn, récompensé cette année à Cannes par le Prix du Jury. Et à raison ! C’est une sorte de chronique sociale âpre et lucide qui nous fait nous immiscer, à la manière d’un documentaire, dans le quotidien de la Brigade de Protection des Mineurs du 19è arrondissement de Paris. Un film poignant, parfois délicat, souvent drôle mais toujours juste et porté par une pléiade d’acteurs que l’on sent totalement investis dans leurs rôles. Bref, un film coup de poing, à voir absolument !

Et sinon, dans mon agenda à partir de mercredi prochain, pas mal de films: le très attendu Les Aventures de Tintin: le secret de la Licorne de Spielberg (parce que c’est un peu LA BD de mon enfance et que ça fait du bien de rêver, un peu, parfois), le Poulet aux prunes de Marjane Satrapi (j’hésite quand même à lire la BD dont le film est tiré avant !), L’Exercice de l’État et le nouveau film de Geroge Clooney (avec Ryaaaaaaan Gosling dedans), Les Marches du Pouvoir, en avant-première ce soir. Sans oublier La Couleur des Sentiments, que j’ai eu la chance de voir il y a déjà plusieurs mois et dont j’avais parlé ici !


♥ Des nouvelles séries ! Ça fait des semaines que je vous répète en boucle que je suis en train de mijoter un billet-séries et c’est toujours le cas (honte à moi, il faut que je trouve le temps de le terminer). En attendant, j’en ai noté 2 nouvelles (à regarder cette semaine) qui nous emmènent dans l’univers des contes de fées mais bien bien loin du happily ever after: Once upon a Time (une création Adam Horowitz et Edward Kitsis ayant, entre autres, travaillé ensemble sur Lost, diffusée sur ABC) nous fait suivre les aventures d’une mère au passé obscur et de son fils, qui débarquent dans une petite ville du Maine dont les habitants ressemblent fortement aux personnages des contes de notre enfance.

Et la série tant attendue, Grimm (diffusée sur NBC et produite par David Greenwalt, scénariste de Buffy et Angel), mettant en scène deux flics « pas comme les autres » (je n’en dirais pas plus pour vous éviter les spoilers !) qui enquêtent dans un univers peuplé de créatures issues de l’imaginaire des frères Grimm. J’ai d’ailleurs vu le pilote hier soir et à défaut d’avoir été totalement emballée sur le fond, j’ai trouvé la forme assez intéressante et originale. A suivre, donc, pour voir ce qu’il en est !

♥ Un cours de cuisine !

♥ Un concert attendu depuis de très très longs mois: Bon Iver à la Grande Halle de la Villette ♥♥♥

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♥ Commencer à préparer Halloween ! Je vous en reparle vite plus en détails ici ;)

♥ Un massage suédois…

♥ … pour bien amorcer un long « week-end » de 4 jours (j’aime les RTT imposées !) dès samedi prochain et profiter des petits plaisirs offerts par ma ville chérie. J’ai hâte !


Bon début de semaine tout le monde ! ♥

« L’Or des Incas » à la Pinacothèque

Il y a quelques jours, histoire de rattraper mon retard concernant les expositions parisiennes de la rentrée, je me suis rendue à la Pinacothèque de Paris afin de visiter leur nouvelle exposition « L’Or des Incas ». Si vous me lisez depuis un certain temps, vous ne devriez pas être sans savoir que je raffole de tout ce qui touche de près ou de loin (mais surtout de près quand même ;)) aux civilisations précolombiennes. Je ne pouvais donc manquer ce rendez-vous sous aucun prétexte !

Plus de 250 objets précieux précolombiens émanant des plus prestigieux musées péruviens (et de quelques musées européens) sont exposés pour la première fois en France, à la Pinacothèque. L’objet de l’expo est d’étudier le lien des peuples préhispaniques aux métaux précieux. La plupart des objets en or présentés ici sont des raretés découvertes ces vingt dernières années dans des tombes ayant miraculeusement échappé aux pillages et à la destruction par les conquistadors (qui ont fait fondre la plupart des bijoux en or trouvés sur les sites) débarqués au Pérou en 1532. Ils témoignent de la haute maîtrise technique des orfèvres de l’époque, mais ils soulignent surtout l’importance de ce métal et de sa force symbolique pour les manifestations rituelles.

On réalise alors que l’or n’était en rien une valeur numéraire pour les peuples andins mais un matériau étroitement associé à la divinité solaire. L’or faisait partie intégrante du décorum impérial inca, l’empereur étant considéré comme l’incarnation vivante du soleil appelé Inti. Si les Incas ont mis au premier plan la vénération du soleil au point d’en faire une religion d’Etat, ce culte existe dans les Andes depuis des temps immémoriaux. La « sueur du Soleil » ornait presque tous les objets du culte et les bijoux imposants en or, argent ou cuivre (plastrons, lourds colliers, ornements nasaux, couronnes, diadème, boucles d’oreilles, épingle, pectoral,  figurine, ornement…) constituaient l’apanage des élites.

L’or était donc à la fois un outil de différenciation sociale pour l’élite, un élément indispensable du trousseau funéraire du défunt mais également un support essentiel de toute création artistique. Malgré ça, il ne faut pas limiter la virtuosité des créateurs précolombiens à la métallurgie car l’expo montre que leur talent s’est étendu à tous les domaines de l’art: le textile, l’art de la plume, la sculpture sur pierre ou sur bois mais aussi la céramique. Petit côté ludique dans l’expo également: sont présentés ici et là des objets qu’on retrouve dans plusieurs albums de « Tintin » (ça m’est venu tout de suite à l’esprit en me baladant dans l’expo mais j’ai du trop lire cette BD quand j’étais petite !) comme les coiffes rappelant un peu celles des prêtres du Temple du Soleil et surtout un fétiche en bois qui fait diablement penser à celui de L’Oreille cassée (même s’il a ses deux oreilles, lui !).

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Bref, une très jolie expo sur le fond, qui nous apprend beaucoup sur une culture passionnante. Même si elle n’est pas forcément toujours pertinente, la scénographie, entre ombre et lumière, est vraiment belle et permet de faire ressortir l’éclat des couronnes en or, des lourdes boucles d’oreille et des pectoraux qui, du coup, attirent les regards des visiteurs comme un aimant. En plus de ça, c’est une exposition qui invite indéniablement au voyage. Je pense en particulier à cet écran situé à mi-parcours où sont projetées de magnifiques images des sites précolombiens situés au Pérou (qui donnent une envie folle de s’y rendre évidemment… j’en rêve !). Les objets exposés sont pour la plupart inédits en France et d’une qualité exceptionnelle, donc je pense quand même que ça vaut le coup de se déplacer. Si vous souhaitez la visiter, je vous recommande quand même d’attendre quelques semaines (voire quelques mois) car en ce moment, même en pleine semaine il y a la queue dans la rue pour pouvoir entrer dans le musée.

Malheureusement, à côté de ça, et c’est souvent pareil dans la plupart des expositions parisiennes où le même type de reproche s’impose: on nous donne pas mal d’éléments sur de grands panneaux explicatifs, situés en marge des œuvres, remettant un peu les choses à leur place mais il y a vraiment peu d’explications détaillées sur les différents objets exposés. Ce qui fait que sans audioguide, on se retrouve face à des vitrines dans lesquelles sont exposés des objets magnifiques mais dont on ne comprend pas toujours le sens (ou pas totalement en tout cas) quand il nous manque des infos ou qu’on ne les a pas sous le nez. Donc, comme d’habitude, je ne saurais que trop vous recommander de vous procurer le guide audio intégral (2€) de l’exposition à disposition en téléchargement ici sur le site de la Pinacothèque. Sur place vous pourrez télécharger gratuitement l’appli iPhone (qui est à 2€99 sur l’App Store) mais uniquement concernant les premiers objets de l’expo… une fausse bonne idée donc ! En revanche, l’appli iPad en HD, quoiqu’un peu chère (4€99) est vraiment magnifique et permet d’en reprendre plein les yeux si on a aimé les sublimes objets présentés dans les vitrines de la Pinacothèque.

C’est où ?
L’Or des Incas
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h, nocturne le mercredi jusqu’à 21h.
Tarifs: 10€/8€ (pour les moins de 25 ans, les étudiants, demandeurs d’emploi, etc…).

Une saison flamande à Paris

Je vous offre aujourd’hui un billet avec deux expos pour le prix d’une ! Comme je l’avais dit, j’ai profité de mes vacances de Noël pour aller visiter deux expositions qui me faisaient de l’œil depuis un moment: « Bruegel, Memling, Van Eyck… » – La Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André et « L’Âge d’Or Hollandais – De Rembrandt à Vermeer » à la Pinacothèque.

Petit tour d’horizon de cette saison flamande à Paris…

« Bruegel, Memling, Van Eyck… » La Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André
L’expo nous présente une petite cinquantaine de tableaux de la collection de Samuel von Brukenthal (1721-1803) -un favori de Marie-Thérèse d’Autriche- qui sortent pour la première fois du musée de Sibiu en Roumanie pour atterrir au Musée Jacquemart-André jusqu’au 11 janvier.

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De très belles peintures principalement de l’école flamande, italienne (dont un Titien et un Lorenzo Lotto) et allemande de la collection sont exposées au cours d’un parcours à la fois chronologique et thématique, avec des portraits, des peintures de paysage, des peintures mythologiques, des natures mortes… Comme toujours, l’exiguïté des salles d’exposition du musée forment un bel écrin à ces primitifs flamands mais le revers de la médaille, c’est qu’il faut s’armer de patience pour pouvoir ne serait-ce qu’approcher les œuvres et en admirer les détails.

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Malgré ça, j’ai trouvé l’expo intéressante car on y trouve des œuvres particulièrement remarquables comme le délicieux « Homme au chaperon bleu » réalisé par Van Eyck (qui se trouve sur l’affiche) dont la sobriété de la toile et l’expression pensive et mélancolique du personnage en font une œuvre très attachante… Ou encore un Jordaens rarissime en clair-obscur, des miniatures de gouache sur parchemin de Joris Hoefnagel, un adorable Frans Van Mieris de la taille d’une carte postale (un soldat représenté de profil, se retournant pour regarder le spectateur d’un air malicieux, dans l’embrasure d’une fenêtre peinte en trompe-l’œil… je vous l’ai mis ci-dessous), le « Massacre des Innocents » de Pieter Bruegel l’Ancien dont j’ai toujours aimé les personnages et paysages quasi naïfs, un Titien donné au collectionneur par l’impératrice Marie-Thérèse….

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L’expo est très intéressante et nous offre un éventail remarquable de la peinture flamande du XVè au XVIIè siècle, mais je l’ai tout de même trouvée un poil trop courte (c’est bouclé en une demie-heure) et pour le prix, ça fait toujours tirer un peu la langue. Comme je vous le disais, j’y suis allée pendant les vacances de Noël et même en ayant un billet coupe-file de la première heure du matin, les salles étaient déjà remplies (la joie des groupes) ce qui a rendue la visite très difficile sachant qu’en plus les salles sont très sombres (les étiquettes aussi) et les tableaux dans des formats très petits. La foule a surement été attirée par l’affiche et ses 3 grands noms de peintres célèbres alors qu’ils sont à peine présents dans cette collection (il y a beaucoup de seconds couteaux d’intérêt limité). Pas très optimales comme conditions de visite, je le reconnais, et heureusement que j’avais pensé à télécharger l’audio-guide sur le site avant de m’y rendre, sinon je n’en aurais pas autant profité. Le mini-site de l’expo est également très bien fichu, je vous le conseille.

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« L’âge d’or hollandais – De Rembrandt à Vermeer » à la Pinacothèque
En partenariat avec le très chouette Rijksmuseum d’Amsterdam, la Pinacothèque de Paris présente plus de 130 œuvres, dont une soixantaine de tableaux, qui offrent une rétrospective intéressante du XVIIè siècle hollandais.

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Pourquoi cette période ? Parce que l’âge d’or hollandais (le XVIIè siècle) est l’une des périodes les plus intéressantes de l’histoire de l’art et aussi l’une des plus riches en sujets et techniques picturales. L’Eglise calviniste des Pays-Bas étant un ordre iconoclaste, la peinture religieuse a perdu progressivement sa prépondérance et les sujets se sont diversifiés. C’est pourquoi à partir de cette période, on observe de plus en plus l’apparition de peintures de scènes du quotidien, mais aussi de portraits ou de portraits de groupe ainsi que de vanités ou de natures mortes. La plupart des artistes hollandais se sont spécialisés: Franz Hals dans le portrait, Paulus Potter dans les peintures d’animaux et Vermeer dans les scènes du quotidien… Maître absolu de cette période, Rembrandt a su, quant à lui, rester un artiste plus polyvalent et c’est ce qui a, en partie, fait son succès, ainsi que ses fabuleux clairs-obscurs, largement inspirés par le travail du Caravage.

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L’expo est vraiment très bien faite et intéressante. Petit bémol quand même, comme à Jacquemart-André, méfiez-vous du petit effet d’affiche: de Rembrandt, on ne trouve que cinq ou six œuvres exposées, et de Vermeer, une seule. On y croise malgré tout de très belles œuvres comme « Une femme à sa toilette » de Jan Steen, mais aussi les vanités devenant natures mortes de Pieter Claesz, de merveilleux portraits de Franz Hals, Paulus Potter et ses chevaux, Pieter de Hooch et ses fêtes de villages, Jan van Goyen et ses paysages d’hiver, etc…

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Les petits + : L’exposition est beaucoup plus conséquente (près de cent trente pièces dont une soixantaine de tableaux et une trentaine d’œuvres graphiques) que celle du Musée Jacquemart-André et les conditions de visite sont bien plus agréables. La mise en valeur des toiles par la lumière est très belle et semble parfois venir des peintures elles-mêmes. L’exposition est assez diversifiée puisqu’elle nous présente également quelques objets du quotidien (tapisseries, faïences, miniatures en bois, argenterie…) qui replacent les œuvres dans les maisons où elles étaient accrochées.

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Sachez quand même que les encarts explicatifs sont essentiellement contextuels donc je vous recommande vivement de télécharger l’audio-guide sur le site avant de visiter l’expo. Si vous pouvez, je vous conseille également de vous procurer en amont de l’exposition le hors-série du Figaro qui est plutôt bien fait et donne à la fois une vision détaillée de l’époque mais aussi des peintres, des toiles et certaines interprétations. Ça fait gagner du temps sur place ! Pour le reste, je ne saurais que vous recommander d’y aller en semaine pour éviter la foule. Vous avez encore jusqu’au 7 février ! Moi, j’ai hâte de voir la prochaine expo proposée par la Pinacothèque à partir du 19 février: « Munch ou l’anti-cri » ^_^

C’est où ?
* « Bruegel, Memling, Van Eyck… – La collection Brukenthal »
Musée Jacquemart-André
158, bd Haussmann (8è) – M° Miromesnil
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, et le lundi jusqu’à 21h30.
Jusqu’au 11 janvier.

* « L’Âge d’Or Hollandais – De Rembrandt à Vermeer »
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 20h ; nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h.
Jusqu’au 7 février.

-> L’achat du billet en tarif plein à l’une des 2 expos donne droit au tarif réduit pour l’autre !

Bric à Brac culturel #1 – Expos

Pour commencer ce billet fourre-tout juste avant mon départ, j’avais envie de vous parler de quelques expos qui se terminent avant que je revienne, auxquelles je n’ai pas eu le temps de consacrer de billet entier (à mon grand regret) mais que je ne peux que vous recommander.

De la peinture déjà…

* Pour commencer, une très jolie expo à la Pinacothèque: « Valadon Utrillo » (jusqu’au 15 septembre).

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L’expo Valadon/Utrillo à la Pinacothèque de Paris aurait vraiment pu être casse-gueule. Confronter la mère et le fils, surtout quand on sait que la mère a fini par dépasser le fils qui se noyait dans l’alcool (et pas le contraire), il fallait oser. Et la Pinacothèque l’a fait ! L’expo est un savant mélange (mais pas trop sinon le spectateur ne s’y serait pas retrouvé) des œuvres des deux protagonistes. Les organisateurs ont trouvé le bon dosage permettant de voir et surtout de comprendre.

Les œuvres d’Utrillo exposées ici se composent presque exclusivement de paysages urbains peints à l‘huile, les rues de Montmartre de l’époque avec quelques silhouettes humaines ou totalement vides de tout habitant. Toujours le même genre de tableau jusqu’à l’épuisement. La plus grande partie de l’expo est fort heureusement consacrée à Suzanne Valadon, une artiste dont je ne me lasse pas d’admirer les œuvres à chaque fois que je vais au Centre Pompidou. Ses sujets sont très variés: des portraits, paysages, natures mortes, nus. Des dessins de modèles (ceux admirés par Degas) et beaucoup de peintures à l’huile. C’est elle que je préfère, pour la variété des sujets, sa riche palette et la façon dont elle agençait les couleurs. Regarder un Utrillo, c’est un peu comme marcher dans une ville fantôme. A force de répéter le même tableau, et la boisson aidant, il n’a pas su se renouveler.

Bref, vous l’aurez compris, c’est une expo très intelligemment construite et ordonnée, les œuvres valent le déplacement et on y apprend beaucoup de choses (on peut télécharger l’audioguide gratuit sur le site de la Pinacothèque).

Puis quelques chouettes expos photos :

* « Man on the Moon » au Palais de Tokyo (jusqu’au 20 septembre)

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L’exposition du Palais de Tokyo nous fait voyager dans le temps et dans l’espace. Mercury, Gemini, Apollo… l’épopée lunaire des années 60 nous est racontée à travers une collection de 200 photos inédites qui permet de découvrir des trésors méconnus de la photographie.

Les deux collectionneurs Victor Martin-Malburet et Félix Winckler ont réalisé un colossal travail d’investigation pour récupérer toutes ces photos. De la création de la NASA en 1959 jusqu’à la mission Apollo 17 en 1972, tous les grands programmes d’exploration de l’espace sont illustrés. Alors, certes, les sujets sont peu variés: la lune, la terre, des navettes et des astronautes. Mais malgré tout, chaque cliché parvient à nous surprendre car c’est davantage la vision du globe terrestre perdu dans l’univers qui marque les esprits. Ça laisse songeur ! Par ailleurs, la qualité des clichés dénichés est exceptionnelle (aujourd’hui la pollution qui entoure le globe terrestre ne permettrait plus d’obtenir des photos aussi claires ») et mérite clairement une petite visite. Une expo vraiment originale donc !

* « Planète Parr, la Collection de Martin Parr » au Jeu de Paume (jusqu’au 27 septembre)

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Voilà une expo pour le moins surprenante, on ne s’attend absolument pas à ça ! L’expo présentée actuellement au Jeu de Paume n’est pas du tout une rétrospective de l’oeuvre photo de Martin Parr. En effet, les 2/3 de l’expo sont consacrés aux collections personnelles de l’artiste (objets divers, clichés de photographes qui l’ont inspiré dans son travail ou qu’il admire particulièrement -beaucoup de chouettes découvertes, ici encore comme Tony Ray-Jones, Chris Killip…- ou encore quelques raretés et livres fondateurs dans l’histoire de la photographie).

On découvre ainsi une kyrielle d’objets, de bibelots en toc, de colifichets et goodies qui matérialisent à leur manière toutes les formes de propagande. Martin Parr met ainsi face à face dans une inquiétante réciprocité des montres Sadam Hussein, un mug Ben Laden, et un poignard à l’effigie de George W. Bush ! L’exposition est très bien faite, même si peu documentée, mais l’accrochage parle de lui-même, et les codes qui ainsi mis bout à bout sont assez limpides pour qu’on puisse se passer de commentaires.

Martin Parr propose ses séries à l’étage, en fin d’exposition. J’ai encore une fois beaucoup accroché à sa série de photos sur le tourisme de masse, dans laquelle il ne s’intéresse pas aux lieux (Venise, le Grand Canyon, etc.) mais aux touristes eux-mêmes, se focalisant souvent sur les détails physiques, vestimentaires, ou les attitudes d’un individu ou d’un petit groupe (les attractions étant relayées au second plan). Au début, on se demande vraiment comment il peut toujours trouver le détail qui tue au premier coup d’œil, puis finalement, on se pose, on observe, on décrypte, et alors le moindre angle, rictus, regard, cadrage, devient sujet à toutes les métaphores. Il est tour à tour grave, drôle ou ironique. Un vrai plaisir !

* 2 expos rendent hommage à Henri Cartier-Bresson, à la MEP (jusqu’au 30 août) et au Musée d’Art Moderne (jusqu’au 13 septembre).

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Henri Cartier-Bresson, pionner du photojournalisme qu’il allie à la photographie d’art, Henri Cartier-Bresson traverse le siècle et parcourt le monde (Guerre d’Espagne, libération de Paris, Inde, Afrique, URSS, Chine..), fonde l’agence Magnum avec Robert Capa entre autres et invente le concept d’ « instant décisif ». Deux expositions lui sont consacrées en ce moment à Paris, deux expositions qui proposent beaucoup d’œuvres identiques… mais deux expositions complètement différentes !

Avec « l’Imaginaire d’après nature » , le Musée d’Art Moderne reprend une reconstitution de l’exposition qu’Henri Cartier-Bresson  avait lui-même réalisée en 1978 et qui a tourné pendant plusieurs années en Europe. Composée d’environ soixante-dix images, elle constitue un exemple très intéressant du regard que peut poser un artiste sur son propre travail. Les photographies sont regroupées en quatre catégories : les premiers clichés, la représentation de la vie quotidienne, les témoignages historiques et une série de portraits (absolument fascinants d’ailleurs). J’ai trouvé l’expo magnifique, c’est une très bonne entrée en matière mais elle est beaucoup trop courte malheureusement (pour info, le tarif jeune -jusqu’à 26 ans inclus, soit dit en passant mouahahah !- n’est que de 3€).

A contrario, à la MEP, les œuvres sont plus nombreuses (320), ce sont de plus petits formats et la démarche n’est pas la même. Elles illustrent à la fois un style et une pratique. Elles incarnent ce moment parfait, transcendant, qui mêle émotion et regard acéré. Petite info sur la genèse de l’expo: entre 1980 et 1984, Henri Cartier-Bresson, Daniel Arnault de Magnum, et Jean-Luc Monterosso ont sélectionné un corpus d’images sur Paris. Cet ensemble a ensuite donné lieu à une exposition, “Paris à vue d’œil”, présentée au Musée Carnavalet pendant le Mois de la Photo en novembre 1984. Pour les Européens, Henri Cartier-Bresson, en écho au livre du même titre, conçu et mis en page par Tériade en 1955, a revisité, avec Maurice Coriat, à nouveau ses archives. Présentée à la MEP en mars 1997, la totalité des tirages de cette exposition a fait l’objet, sur proposition de Jean-Stanislas Retel, d’un don de la Fondation d’entreprise du Reader’s Digest France.

Et pour terminer, une petite phrase de Cartier-Bresson que j’ai trouvé si vraie: « Photographier : c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre ».

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J’ai vraiment hâte de découvrir les expos de la rentrée à mon retour de voyage. J’ai reçu il y a quelques jours le « Arts Magazine » du mois de septembre et je l’ai dé-vo-ré ! Les expos me bottent vraiment toutes, que ce soit au Louvre (« Titien, Tintoret, Véronèse… Rivalités à Venise » dès le 17/09), au Musée Jacquemart-André (« Van Eyck et les maîtres flamands » à partir du 11/09), au Grand Palais (« Renoir au XXè siècle » le 23 septembre) ou au Musée du Luxembourg (« Louis Comfort Tiffany: couleurs et lumières » dès le 16/09).

J’ai aussi reçu le programme de rentrée du musée du Quai Branly et je ne regrette vraiment pas d’avoir pris le pass annuel: ils organisent pléthore de trucs géniaux: stages photo en novembre, visites guidées à gogo, les expos ont l’air vraiment supers et en octobre une soirée réservée aux adhérents (+1 !) avec conférenciers est prévue pour l’expo « Teotihuacan, cité des dieux » consacrée à la grandeur artistique et culturelle de la grande cité de l’Ancien Mexique.

A suivre donc !

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