Petit Palais

Page 1 sur 11

Les Frimousses de Créateurs s’exposent au Petit Palais

Petit billet solidaire qui me tenait à cœur en ce début de semaine pour vous parler des Frimousses de Créateurs dont vous avez peut-être déjà eu vent les années précédentes.

De quoi s’agit-il ? D’un très beau projet qui, depuis 9 ans, réunit Maisons de Couture, artistes et joailliers qui s’associent à l’UNICEF en créant des poupées destinées à être vendues aux enchères dans le but de collecter un maximum de dons pour vacciner des enfants du Darfour. L’an dernier, le succès des Frimousses avait permis de collecter la somme record de 286 500 € ! Espérons que 2011 battra ce record mais c’est bien parti puisque le thème choisi cette année s’intitule Trésors de la nature et a, une fois de plus, mobilisé et inspiré Chanel, Dior, Sonia Rykiel, Agnès B, Chantal Thomass, Prada, Jean-Paul Gaultier, Yves Saint Laurent, Chloé, Dolce & Gabbana, Armani, Gucci…

Si vous souhaitez les voir en vrai, sachez que les poupées s’exposeront au Petit Palais du 29 novembre au 4 décembre 2011 avant d’être vendues aux enchères à Drouot Montaigne le 13 décembre (mais aussi sur le site firstluxe.com).

Pour faire écho à l’événement, de nombreuses actions ont été mises en place pour le grand public et les artistes en herbe qui se cachent parmi vous ! Jusqu’au 20 novembre, vidéomakers et illustrateurs sont invités à illustrer l’atmosphère des Frimousses et à dessiner la leur. Leurs Frimousses seront exposées ici, sur le site, et les plus belles illustrations sélectionnées seront projetées au Petit Palais lors de la soirée inaugurale de l’exposition.

Si vous ne vous sentez pas l’âme créative, pas de panique: vous pouvez aussi vous rendre sur la page Facebook des Frimousses et tenter de gagner l’une des poupées de la collection 2010 !

Je trouve cette initiative très belle, intéressante et vraiment originale. Les poupées qui seront exposées au Petit Palais ont chacune leur univers & leur personnalité et il faut reconnaitre qu’il y en a de magnifiques parmi toutes celles proposées. Mes coups de cœur, cette année, vont à Agatha Ruiz de la Prada, Chanel, Antik Batik et Chantal Thomass ♥ (présentées dans l’ordre ici même !).

Et vous alors ? Vous pensez quoi de cette initiative ? Bon début de semaine à tou(te)s :)

William Blake au Petit Palais

Jusqu’au 28 juin, il est encore possible d’aller admirer au Petit Palais environ 150 dessins, gravures, enluminures, livres et aquarelles de William Blake prêtés pour l’occasion par de grandes institutions britanniques.

William Blake (1757-1827) est évidemment beaucoup plus connu en Angleterre, qu’en France, même s’il est quand même difficile d’ignorer -lorsqu’on s’intéresse un minimum à l’art en général- cet artiste qui fut à la fois poète, peintre et graveur. Pour ceux qui, en outre, auraient vu l’excellent film « Dead Man » de Jim Jarmusch, ils se rappelleront sans doute que le héros du film, incarné par Johnny Depp, s’appelle William Blake (même s’il n’est pas le William Blake « historique ») et que son acolyte, l’Indien bizarre, cite sans cesse des vers de Blake, croyant qu’il a affaire au poète et peintre anglais !

Bref ce n’est pas tous les quatre matins que les œuvres picturales de William Blake sont exposées dans notre pays : la dernière exposition en date remonte à 1947 (avec le soutien de Gide). La rétrospective qu’abrite aujourd’hui le Petit Palais est donc d’autant plus précieuse et importante.

Blake_3

Le cheminement dans l’exposition suit l’évolution de l’homme. On commence par les années d’apprentissage et des dessins et gravures classiques et maîtrisés, des reproductions de tombes, d’œuvres de Watteau, etc. Rien qui révèle la personnalité de ce jeune homme qui avait commencé à écrire des poèmes de style élisabéthain à l’âge de 12 ans. Puis on passe à ses eaux-fortes et ses livres enluminés selon une technique nouvelle (dictée en rêve par son frère décédé d’une tuberculose): « Il n’est pas de religion naturelle », « Tiriel » (un poème épique), « Les chants d’innocence » et « Les chants d’expérience ». Les planches extraites de ces deux derniers recueils sont des petites merveilles où les textes sont imbriqués à des gravures d’une grande finesse aux couleurs douces et aux détails souvent adorables et/ou terrifiants.

Rien à voir avec les livres enluminés prophétiques qu’il commence à élaborer et publier à partir de 1794. « Le livre de Thel », « Le mariage du ciel et de l’enfer », « L’Amérique, Prophétie », « L’Europe, Prophétie » rompent avec ses œuvres précédentes. Il y exprime sa certitude que l’Histoire est une lutte permanente entre la liberté et la tyrannie; les révolutions et la poésie étant les seuls moyens pour l’homme de se libérer de la malédiction des oppressions religieuses et sociales, de la guerre, l’esclavage, etc.

Blake_1

L’exposition rend donc vraiment grâce au parcours de Blake, lui qui fut graveur de profession et qui, chemin faisant, peaufina ses techniques jusqu’à les élever au rang d’art majeur. Elle permet d’embrasser toutes les facettes de son talent, de mieux comprendre à la fois ses techniques, ses obsessions thématiques et formelles, sans oublier les circonstances ayant conduit l’artiste à produire ses œuvres.

Ainsi, on comprend à quel point l’importance du mécénat dans les compositions de Blake est majeure : par exemple William Hayley qui lui commanda une série de 18 portraits de poètes et penseurs majeurs de l’histoire universelle (parmi lesquels, exposés, Dante, Milton ou Voltaire) ; ou bien encore Joseph Thomas d’Epsom, qui entre autres lui confia des illustrations pour le « Paradis perdu » de Milton ; ou enfin Thomas Butts qui commanda à Blake des suites d’illustrations pour la Bible ou la « Divine Comédie » de Dante.

Car William Blake ne fut pas reconnu comme un grand artiste de son vivant : il fallut près d’un demi-siècle après sa mort pour que sa patrie le considère avec les honneurs qui lui étaient dus. Sans ces commandes, peut-être le graveur n’aurait-il pu subsister ni livrer ses chefs-d’œuvre.

Blake_2

Ce qui caractérise William Blake dans l’ensemble de ses compositions, c’est une inspiration mystique, sans doute parfois hallucinée, qui se nourrit de visions, de prophéties, de grands souffles épiques et religieux et de dialogues également avec son frère mort, Robert. Pourtant, cette exaltation extrême est comme contrebalancée par la précision du trait, un peu comme si l’art de Blake parvenait à faire la synthèse entre le mouvement néoclassique, les grands artistes de la Renaissance (Raphaël, Michel-Ange, Dürer) et même les enluminures et le gothique médiéval, en y incorporant le souffle novateur du romantisme (en anticipant même, par endroits, le surréalisme qui naîtra un siècle plus tard).

Cette inspiration prophétique est également très marquée par un manichéisme fort qui s’exprime dans la représentation du Bien et du Mal, de la tristesse et de la joie, et qui donnent aux compositions de Blake quelque chose de toujours très tendu, très frénétique, parfois proche du délire. Le manichéisme est d’ailleurs accentué par une sorte de contradiction au sein même des conceptions philosophiques et esthétiques de Blake. Car le poète et peintre est tout à la fois très exalté vis-à-vis des mouvements révolutionnaires qui fleurissent aux Etats-Unis puis en France, lesquels sont quand même largement véhiculés par les idées des philosophes des Lumières, et parallèlement très hostile à la Raison en tant que telle, dès lors qu’elle empêche l’inspiration, l’imagination et la vision de s’exprimer et tend à « désenchanter » le monde.

Qu’il invente ses propres créations mythologiques ou qu’il reprenne les grands auteurs classiques (Dante, Shakespeare, Milton), William Blake a la même façon de faire coexister une certaine quiétude poétique (voire religieuse) et les images infernales et apocalyptiques, ne cessant jamais de naviguer entre la simplicité et le chaos.

J’ai vraiment trouvé cette expo riche et passionnante. Quand j’étais en prépa, j’avais surtout étudié le Blake poète et cette expo m’a aidé à comprendre le travail de cet artiste dans son ensemble. Je vous la recommande donc chaudement: elle n’est pas très grande mais bien complète et la scénographie sobre et agréable. Tout est fait pour nous faire pénétrer petit à petit dans le monde de Blake, un monde hanté de flammes, de ciels surnaturels et de personnages fabuleux ou terrifiants, et nous faire découvrir un poète, un graveur, un aquarelliste, et sa postérité (la dernière partie de l’expo est consacrée aux traces qu’a pu laisser Blake, avec des extraits de films, de chansons, une toile de Bacon…).

C’est où ?
William Blake – Le Génie visionnaire du romantisme anglais
Petit Palais –  M° Champs-Elysées Clémenceau
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés. Nocturne le jeudi jusqu’à 20h.
Jusqu’au 28 juin 2009.
Tarifs: 8 euros / 6 euros / 4 euros.

Page 1 sur 11

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram