Paris capitale photographique

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« Paris Capitale Photographique 1920-1940 »

Voilà une expo que j’ai pu voir un peu par hasard et je crois que si je n’avais pas eu d’invitations, je n’y aurais pas été de moi-même ! L’expo est présentée dans la partie du Musée du Jeu de Paume située dans l’enceinte de l’Hôtel de Sully, un magnifique endroit jouxtant la Place des Vosges que j’aime beaucoup et dont je vous avais un peu parlé ici.

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Et l’expo alors ? Elle nous montre comment, dès le début des années 1920, Paris s’affirme comme le lieu des avant-gardes de la photographie en Europe. Modèle de modernité au lendemain de la Première Guerre mondiale, la capitale devient un refuge pour les émigrants contraints à l’exil. Des photographes arrivés de l’étranger comme Germaine Krull, André Kertész, Brassaï, Man Ray ou Berenice Abbott côtoient alors les français Maurice Tabard, Roger Schall, Jean Moral, Emmanuel Sougez ou encore Pierre Boucher. C’est cette France de l’entre-deux-guerres, foyer de création où se rencontrent une multitude d’écoles photographiques, qui caractérise l’exceptionnelle collection réunie par l’historien et collectionneur Christian Bouqueret. Avec une sélection de 140 photographies, « Paris Capitale Photographique 1920-1940 » propose un regard érudit et passionné sur la richesse formelle de cette nouvelle vision photographique en France.

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Quel Paris voit-on ici ? Celui de l’entre-deux-guerres: un Paris qui fascine par l’espoir économique qu’il suscite, érigeant avec fierté sa tour Eiffel. Un Paris où les photographes du monde entier se retrouvent, certains par fascination pour cette capitale moderne, d’autres par nécessité plutôt, cherchant une alternative aux régimes fascistes de l’Europe des années 30. Un Paris historique, celui des années folles; mais également multiple: un Paris métal, un Paris nocturne, un Paris brumeux ou en contre-plongée à travers l’œuvre de Marianne Breslauer. La ville est croquée sous toutes ses formes, ses ambiances et ses quartiers. Ses habitants également et leurs attitudes insolites: l’art de fumer la cigarette d’une séduisante parisienne (ci-dessus), la manière de s’adosser sur les quais des ouvriers. C’est le Paris populaire et ses métiers en voie de disparition qui nous émeut et nous fige comme dans une carte postale de l’époque.

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Les années folles sont des années de fête et d’insouciance mais également de grande effervescence artistique. Les portraits d’hommes de lettres de Gisèle Freund nous convient en face à face avec Virginia Woolf, James Joyce ou Walter Benjamin. Et puis c’est le Paris surréaliste d’Eugène Atget avec ses cours, ses places, ses jardins et ses kiosques, le Paris de Dora Maar avant que Picasso ne lui fasse abandonner la photo pour la peinture. Un Paris historique mais retravaillé à l’aide de collages, de solarisations, de photomontages et de photogrammes. L’avant-garde se dévoile à travers ses acteurs, ses ambiances et ses expérimentations formelles. On retiendra également ce portrait d’une marchande de ballons pris au Parc Monsouris par George Brassaï, les fabuleuses mains de Jean Cocteau sur son chapeau (de Brassaï également). Enfin le portrait déroutant d’Eisenstein pris par Germaine Krull nous rappelle que la pratique de la photographie n’est pas très loin de celle du cinéma des années trente.

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Paris profite donc de ce brassage culturel intense et nous offre son plus beau visage de modernité en s’érigeant comme capitale mondiale de la photographie. Le voyage est plutôt convaincant !

C’est où ?
« Paris capitale photographique 1920-1940: collection Christian Bouqueret  »
Jeu de Paume – Hôtel de Sully
62, rue St Antoine (4è) – M° Bastille
Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h et le WE de 10h à 19h.
Jusqu’au 24 mai 2009.

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