« Odilon Redon Prince du Rêve »

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L’expo du week-end: « Odilon Redon, Prince du Rêve » au Grand Palais

Petit billet express aujourd’hui pour vous parler d’une expo qui se termine demain soir et que je vous recommande pour ce week-end si vous ne l’avez pas encore visitée: « Odilon Redon, Prince du Rêve » au Grand Palais !

Considéré comme un précurseur du symbolisme et du surréalisme, Odilon Redon a créé au début de sa carrière un univers « noir » fantastique et onirique, avant de basculer vers un monde en couleurs plus serein et apaisé. Un parcours intéressant et intriguant retracé à travers plus de 180 peintures, pastels, fusains, dessins et une centaine d’estampes.

La première partie de l’exposition, et sans aucun doute ma préférée, est consacrée aux sublimes et hypnotiques lithographies de l’artiste. Dix des douze ensembles lithographiques qu’il a publiés sont exposés en entier et je vous garantie que ça vaut le coup d’œil ! Du premier, Dans le rêve, il dira qu’il est un de ses préférés. Déjà, il y dessine des têtes étranges qui flottent dans l’air, des yeux, des êtres étranges. Le second album est quant à lui dédié à Edgar Poe dont l’univers onirique le fascine. Les yeux reviennent, dans les arbres, sous forme d’un ballon qui s’élève dans le ciel. A côté de ces recueils sont exposés des fusains et des gravures extraordinaires, comme l’Araignée souriante (dont je suis fan !) ou la Plante grasse. Ces dessins sont peuplés de figures fantomatiques ou de squelettes prenant la forme d’un arbre et c’est à cause d’eux que, quelques années plus tard, le collectionneur et critique Thadée Natanson le surnommera « le prince du rêve ». Fascinant !


La seconde partie de l’expo nous fait découvrir son travail à partir de 1890 et l’on voit que c’est à ce moment là que son univers s’ouvre à la couleur. On ne peut pas vraiment parler de passage à la couleur puisque Redon a toujours pratiqué la peinture, mais il la réservait au travail sur le motif, son travail imaginaire ne relevant que de ses « noirs », fusains et gravures. Mais à partir du début des années 1890, son univers onirique s’ouvre progressivement à la peinture et au pastel. Les Yeux clos (que je vous ai mis tout en haut en illustration et que je trouve superbe) est l’œuvre qui marque cette transition et deux versions, une lithographie et une peinture, sont exposées côte à côte.

A partir de là et pendant dix ans, Redon travaille à la fois en couleur et en noir. Pendant cette période, il va progressivement vers la lumière et son univers se fait plus serein. Même Songes (1891), une série de lithographies dédiées à son ami Armand Clavaud, qui s’est suicidé, est moins sombre que les précédentes. Il y est question de lueur et de « monde sublunaire ». A cette époque, il peint aussi des enfants, des jeunes filles et des thèmes religieux, Christ ou Bouddha. Les couleurs sont de plus en plus éclatantes, comme dans cet hommage à Gauguin qui explose de turquoise ou de vermillon. Il abandonnera complètement la gravure au tournant du siècle.

La dernière partie de l’exposition est consacrée aux travaux de fin de vie de Redon et à son travail essentiellement décoratif, mais je dois avouer que cela m’a nettement moins intéressée. Je vous conseille donc de passer plus de temps dans les premières salles !

Une belle exposition qui m’a beaucoup touchée et particulièrement les premières salles dont l’atmosphère mystérieuse, sombre, envoutante et poétique (presque burtonnienne… oui, j’aime les anachronismes mais c’est pas grave !) m’a touchée. Je vous la recommande chaudement pour ce week-end, foncez-y avant qu’il ne soit trop tard !

C’est où ?
Odilon Redon – Prince du Rêve
Galeries nationales du Grand Palais, entrée Clémenceau
Avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert aujourd’hui et demain de 10h à 20h. L’expo se termine demain soir !

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