musée Magritte

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Bruxelles #2 – Mes musées

Second billet aujourd’hui sur Bruxelles pour vous parler des musées que j’ai eu la chance de visiter. Avant tout, si vous planifiez d’aller là-bas, je vous recommande la Brussels Card pour 1, 2 ou 3 jours (qui en fait a fonctionné 4 jours pour nous, cherchez l’erreur… mais on ne va pas s’en plaindre, j’aime économiser de l’argent mouahahah !) qui, pour 32€ (pour 3 jours évidemment), vous permet de vous balader autant que vous le souhaitez dans tout le réseau de transports en commun (STIB) que ce soit bus, métro ou tram. Mais surtout, il comprend la visite des principaux musées de la ville (tous ceux dont je vais vous parler sont inclus dedans) et c’est un sacré gain de temps et d’argent.

* Une des principales raisons de ce voyage était la visite tant attendue du récemment ouvert Musée Magritte, dans l’une des ailes des Musées des Beaux Arts. Ceux qui me lisent régulièrement doivent le savoir mais j’admire profondément l’œuvre de Magritte (principalement son travail sur la peinture comme « forme d’interrogation du langage dans sa fonction de représentation ») depuis la rétrospective qui a eu lieu au Jeu de Paume en 2003. Plus qu’un simple musée sur le peintre, c’est ici le plus grand rassemblement de ses œuvres au monde, on peut en admirer plus de 200: huiles sur toile, gouaches, dessins, sculptures, affiches de pub et même vieilles photographies. La visite se divise en 3 parties (1898/1929, 1930/1950 et 1951/1967), situées chacune à un étage, la dernière période traitant également de son travail sur la variation.

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La scénographie de l’exposition est vraiment réussie, tout est bien agencé et assez sombre, ce qui permet de mettre subtilement la plupart des œuvres en valeur. Ceci dit (ben oui, y’a un « mais »), lorsqu’on n’a pas une connaissance assez accrue du travail de Magritte, il est vraiment difficile de pouvoir vraiment comprendre de quoi il s’agit, salle après salle. Il n’y a que très peu d’informations sur les tableaux et leur réalisation, les seuls textes qui accompagnent le parcours sont des citations de l’artiste retranscrites sur les murs, qu’on peut d’ailleurs retrouver dans un petit carnet de bord disponible à l’entrée (très bonne idée, ça, en revanche !). Les seuls éléments bibliographiques se
résument à une petite chronologie au début de chaque étage. Un peu plus de pédagogie et d’explications sur les œuvres n’aurait pas été surperflues (notamment sur les multiples symboles récurrents chez Magritte car c’est fascinant… enfin je parle pour moi là !). Après réflexion, le manque d’explications ou au moins de quelques pistes d’interprétation est peut-être du au mystère inhérent au travail de Magritte. D’ailleurs, si l’on se réfère à ce qu’il disait de son travail, il est évident qu’il n’aurait probablement même pas été pour l’utilisation de l’audio-guide: « Le terme de composition suppose une décomposition possible sous la forme d’analyse par exemple. Dans la mesure où mes tableaux sont valables, ils ne se prêtent pas à l’analyse ».

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Après tout, si l’on va par là, l’explication des œuvres d’art par un audio-guide peut être contestable dans le sens où il constitue une route toute tracée dans l’expo en se focalisant sur certaines œuvres, en nous dictant un peu le chemin à suivre et en nous donnant une seule vision sur une œuvre en nous empêchant de faire travailler notre imagination !

Finalement, l’idéal est peut-être de faire deux visites: une avec et une sans l’audio-guide ! Qui a dit que c’était une excuse pour y retourner ?!

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* Les Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique offrent un panorama de la peinture et de la sculpture en Belgique depuis le Moyen-Age jusqu’à une époque récente.

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La section d’Art Ancien, une collection de peintures, sculptures et dessins du XVe au XVIIIe siècle, est vraiment impressionnante. L’essentiel de la collection est formé autour de la peinture des anciens Pays-Bas méridionaux, et présenté par ordre chronologique.

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On y trouve pour commencer quelques exemples des précieux panneaux des Primitifs flamands (dont Rogier van der Weyden, Petrus Christus, Dirk Bouts, Hans Memling et Jérôme Bosch). La visite se poursuit par un riche panorama des nombreux courants qui se sont développés au XVIème siècle pour culminer dans la salle Bruegel où sont rassemblés quatre tableaux importants du maître.

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Les œuvres des XVIIè et XVIIIè siècles comprennent notamment des oeuvres de Rubens (dans une salle rouge avec des panneaux immenses  pour le moins impressionnants), un ensemble de peintures de Jacob Jordaens et de Van Dyck (représenté par quelques portraits datant des périodes italienne et anversoise, peu nombreux, mais de très grande qualité, comme le portrait du sculpteur François Duquesnoy).

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Symbole du passage de l’ancien au moderne: le « Mars désarmé par Venus » de David, ultime œuvre du peintre en exil à Bruxelles juste avant sa mort, synthèse entre Antiquité, idéalisme et réalisme.

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Je dois avouer que j’ai été un peu moins emballée par la section Art Moderne (ce qui n’est pas le cas en général, c’est même plutôt l’inverse) qui présente une collection d’art des XIXè et XXè siècles.

C’est l’occasion de découvrir les écoles belges (expressionnisme flamand, fauvisme brabançon, mouvement Cobra, surréalisme…) et quelques artistes phares (Ensor, Khnopff, Permeke, Spilliaert, Wouters, Alechinsky, Delvaux, Broodthaers…). Au delà de ça, on trouve aussi quelques œuvres assez marquantes comme ces « Deux écoliers » de Vuillard (1894) ou l’oppressant « Pape aux hiboux » de Bacon (1958).

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Très peu d’art vraiment contemporain (une salle seulement) et une touche de Calder près de la sortie…

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* A deux pas de là, le Musée des Instruments de Musique est situé dans les magnifiques anciens magasins Old England, un des exemples les plus remarquables du style Art nouveau à Bruxelles.

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A part ça, le musée en soi est vraiment hallucinant, c’est l’une des plus belles et des plus riches collections d’instruments de musique au monde. Il regroupe près de 7000 instruments venus des 4 coins du monde dont des pièces fort rares inventées par Adolphe Sax. Le fonds du MIM comprend des instruments à cordes frottés, pincées, des instruments à vent, à percussion, des instruments électroniques (…) de tous les pays et de toutes les époques.

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La salle du rez-de-chaussée est vraiment passionnante, elle présente les instruments traditionnels de nombreux pays du monde: vielles à roue, accordéons, instruments de l’opéra chinois, etc. La collection Contarini-Corner (grande famille vénitienne), regroupée dans la Salle aux Miroirs est, quant à elle, absolument fascinante: des instruments italiens et allemands des XVIè et XVIIè siècles: viole de gambe, clavecins, orgues, pianos sublimes ou encore ce virginal flamand (c’est l’ancien mot pour désigner un clavecin) datant de 1600 qu’on voit sur la photo ci-dessous.

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Au cours de la visite, on nous prête gratuitement des casques infrarouges qui s’animent dès qu’on s’approche des instruments: ils diffusent des extraits musicaux illustrant de façon sonore l’instrument devant lequel on se tient ! Il y a forcément quelques couacs sonores mais globalement c’est plutôt bien pensé et très bien foutu !

Pour finir la visite, l’idéal est de grimper au restaurant qui est situé au dernier étage du bâtiment et qui offre une vue géniale de la ville (en revanche, il parait que c’est pas terrible côté assiette !).

* Visite incontournable pour les fans du 9è Art: le Centre Belge de la Bande Dessinée. Le bâtiment en lui-même est une merveille puisqu’il a été installé dans les anciens magasins Waucquez, de style Art Nouveau, construits en 1906 par Victor Horta. Avec ses allures de place publique entourée d’une librairie, d’une bibliothèque et d’un restaurant, l’entrée est vraiment magnifique. Un escalier monumental agrémenté d’une rampe extraordinaire mène aux deux étages éclairés par une vaste verrière.

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Et le musée est vraiment intéressant. On peut y découvrir 300 planches originales (d’une collection de 3000, exposées à tour de rôle), un parcours retraçant les étapes de création d’une BD et le premier étage renferme le Musée de l’Imaginaire qui invite à découvrir ou redécouvrir l’univers des protagonistes et créateurs des plus grandes bandes dessinées belges à travers des décors reconstitués: Tintin et Hergé, Lucky Luke et Morris, Boule & Bill et Roba… Pas de quoi s’ennuyer ! C’est assez exhaustif et quand on n’y connait pas grand chose (ce qui est mon cas, je ne m’intéresse vraiment à la BD que depuis 2-3 ans), on a parfois le sentiment de s’y perdre un peu. Mais c’est très intéressant !

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N’hésitez pas, à la fin de la visite, à profiter de la bibliothèque, accessible librement sur présentation du ticket d’entrée au musée. Un espace y est aménagé pour la lecture, permettant de se plonger tranquillement dans des tonnes de BD ! Et surtout, n’oubliez pas de passer par la librairie aussi: la collection est vraiment géniale et surprenante, j’y ai fait de chouettes découvertes (et ça m’a aussi donné envie de relire l’intégrale des Schtroumpfs, j’avais oublié à quel point j’adorais quand j’étais petite !).

* Comme je vous le disais hier, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire, ou « musées du Cinquantenaire », méritent vraiment le déplacement un peu en dehors du centre. Ils ont été accueillis par le bâtiment tout de pierre, verre et métal de l’architecte belge Bordiau afin de s’inscrire dans un véritable projet universaliste et encyclopédique. On y trouve 4 grandes sections: l’Antiquité, l’Archéologie nationale, les Arts Déco européens du Moyen Age à nos jours et les civilisations non européennes. J’ai eu la chance de visiter le musée quasiment vide et j’ai été véritablement impressionnée.

Dans l’aile consacrée à l’Antiquité, j’ai été particulièrement émerveillée par les mosaïques des fouilles d’Apamée en Syrie, dont la plus grande (qu’on voit partiellement ci-dessous), représentant des scènes de chasse, ornait le sol d’une maison au Vè siècle après J.-C.

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Les collections archéologiques et ethnographiques de l’Amérique Précolombienne sont exceptionnelles, je n’avais pas vu une telle collection depuis ma découverte du Metropolitan. Rajoutez à ça que je suis passionnée par les cultures mésoaméricaines et que l’audio-guide pour les collections permanentes est totalement gratuit et tout y était pour me combler ! Sans parler de la section entière consacrée à la Polynésie, à l’île de Paques (et pas seulement pour le Moai ci-dessous; ma fascination pour cet endroit n’en a été que grandie, bien éviemment) et plus largement à l’Océanie… A voir absolument !

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Les quelques salles consacrées aux chefs-d’œuvre de Chine, du Cambodge et de l’Inde sont également très intéressantes, malgré un certain manque d’explications.

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Little Miss Chatterbox

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