Musée du Luxembourg

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Mes expos parisiennes du moment

Cela faisait un moment que je ne vous avais pas parlé expos dites donc… Pour la peine, bim: 1 billet = 6 expos ! (soyons fous)

Cézanne & Paris au Musée du Luxembourg
Une exposition qui se termine dimanche prochain donc si vous aimez Cézanne et que vous n’avez pas eu le temps de vous y rendre, c’est le moment ou jamais ! Comme souvent au musée du Luxembourg, elle est assez courte et il n’y a que peu d’œuvres (enfin, 80 tableaux quand même) mais celles qui sont présentes sont belles et intéressantes. D’autant que même si, bien souvent, on connaît l’influence que la Provence a exercée sur la peinture de Cézanne, on ignore généralement celle qu’a pu avoir la capitale, où le maître d’Aix a passé tout de même la moitié de sa vie d’adulte. L’expo permet de se rendre compte que ses séjours parisiens (une vingtaine durant sa carrière) ont également pas mal nourri son travail. Non pas à travers des tableaux de la ville, de ses rues ou de ses monuments peints sous tous les angles (à la façon de la montagne Sainte-Victoire, par exemple) car Paris en tant que motif n’intéressait pas Cézanne (il n’a réalisé que cinq tableaux sur le thème). Mais il s’est en fait servi de sa formation dans la capitale pour appliquer tout ce qu’il avait appris, dans le sud. Dommage que l’exposition, scandée en thématiques, n’éclaire pas suffisamment le propos et que l’exiguïté des salles ne permette pas de profiter au mieux du plaisir, toujours renouvelé, d’admirer Cézanne.

C’est où ?
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) –  RER Luxembourg
Ouvert de 9h à 22h jusqu’à dimanche soir (26 février).

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Gaston Fébus au Musée de Cluny
Si, comme moi, vous n’êtes pas spécialiste d’histoire médiévale, le nom de Gaston Fébus ne vous dira peut-être pas grand chose mais l’expo du musée du Moyen Âge se chargera de vous aider à combler cette lacune. Il s’agit, en fait, de Gaston III de Foix, comte de Foix et vicomte de Béarn, figure haute en couleurs de la deuxième moitié du XIVè siècle qui décida d’organiser lui-même sa légende et de se faire appeler « Fébus » (c’est à dire « Soleil », donc… rien que ça). L’exposition est très courte mais intéressante, bien faite et très pédagogique: on y apprend plein de choses sur ce personnage très contrasté, munificent et autoritaire, fin politique et administrateur hors pair. Sont également évoqués la « librairie » du comte, ses lieux de résidence et le train de vie luxueux de sa « cour d’Orthez ». Organisée autour d’un ensemble majeur de manuscrits grâce aux prêts exceptionnels de la Bibliothèque Nationale, Gaston Fébus (1331 – 1391). Prince soleil nous présente le personnage comme un fin lettré: grand lecteur et bibliophile, il doit d’ailleurs en partie sa célébrité au Livre de Chasse dont les versions manuscrites illustrées sont nombreuses.

Et, fait assez rare pour être signalé, l’exposition n’est pas installée dans le Frigidarium, ce qui fait que l’endroit est pour l’instant totalement vide et désert et le rend encore plus impressionnant. A voir !

C’est où ?
Musée de Cluny – Musée National du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé (5è) – M° Cluny la Sorbonne
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 9h15 à 17h45.
Gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le 1er dimanche du mois.
Jusqu’au 5 mars 2012.

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Doisneau, Paris, les Halles à l’Hôtel de Ville
Doisneau, Paris, les Halles présente un ensemble de 208 tirages fabuleux parmi lesquels se trouvent de nombreuses photographies que Robert Doisneau, amoureux du « ventre de Paris », a consacrées aux Halles, de 1933 à sa mort. Idéal pour découvrir la vie, la couleur, le caractère et surtout l’ambiance du quartier lorsqu’on n’a jamais connu « le trou des Halles » ni les pavillons Baltard ! L’expo est installée dans le salon d’accueil de l’Hôtel de Ville donc elle est forcément assez courte (de toute façon, les expositions sont toujours trop courtes quand il s’agit de Doisneau ♥) mais chaque photo est un véritable délice dans lequel on prend un plaisir fou à plonger jusqu’à en scruter les moindres détails. Bref, c’est une expo passionnante et qui, en plus de son côté artistique évident, est une véritable mine d’informations sur l’histoire des Halles des années 30 jusqu’à leur destruction (à la fin des années 60), en passant par le nouveau visage du quartier que les travaux en cours révèleront prochainement. Bref, une exposition très réussie et gratuite, à visiter absolument !

Petite info utile, si vous n’avez toujours pas visité l’expo Sempé (dont je parlais ici), vous pouvez toujours le faire jusqu’au 31 mars !

C’est où ?
Hôtel de Ville – Salon d’accueil de la Mairie de Paris
29, rue de Rivoli (4è) – M° Hôtel de Ville
Ouvert tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h.
Entrée gratuite.
Jusqu’au 28 avril 2012.

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Berenice Abbott et Ai Weiwei, les nouvelles expos du musée du Jeu de Paume
Berenice Abbott (1898-1991), photographies est une rétrospective qui dévoile pour la première fois en France, à travers plus de 120 photographies, des ouvrages originaux et une série de documents inédits, les différentes étapes de la carrière de cette photographe américaine. En présentant des portraits, des photographies d’architecture et des prises de vue scientifiques, l’exposition permet de découvrir les multiples facettes d’une œuvre souvent réduite à quelques images. J’ai été particulièrement sensible au côté portraitiste de l’artiste au début de sa carrière, ai également beaucoup apprécié ses séries américaines et surtout (cela ne vous étonnera pas) ses photos de New York dans les années 30. En effet, son travail le plus connu reste le projet Changing New York (1935-1939), réalisé à l’initiative de l’administration américaine dans le contexte de la crise économique qui touchait le pays: une vaste commande gouvernementale destinée à montrer les changements de la métropole, en saisissant la structure urbaine et les contrastes entre l’ancien et le moderne, et conçue à la fois comme une documentation sur la ville et une œuvre artistique. Vraiment intéressant !

– Je vous recommande également de monter à l’étage pour jeter un œil (même les 2, si possible) aux clichés contemporains d’Ai Weiwei, un artiste fascinant à la fois architecte, sculpteur, artiste conceptuel, photographe, blogueur, etc… C’est un personnage très intéressant qui apparait comme un véritable sismographe des sujets d’actualité et des problèmes de société. Comment ? En abordant de front la question des conditions sociales en Chine et dans d’autres pays à travers (par exemple) une série de photographies de démolitions drastiques entreprises à Pékin au nom du progrès. En adoptant dans une œuvre jubilatoire de provocation, Study of Perspective, une attitude irrespectueuse à l’égard des valeurs établies. En rompant avec le passé dans des œuvres composées de vieux meubles réassemblés, etc… Pour info, l’artiste a été emprisonné par les autorités chinoises le 3 avril 2011 puis libéré sous caution le 22 juin mais demeure encore, à ce jour, interdit de sortie du territoire.

L’exposition propose de découvrir l’œuvre prolifique, iconoclaste et provocatrice d’un artiste majeur de la scène artistique indépendante chinoise. A ne surtout pas manquer !

C’est où ?
Musée du Jeu de Paume
1, place de la Concorde (8è) – M° Concorde
Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h (nocturne jusqu’à 21h le mardi), et le samedi et dimanche de 10h à 19h. Fermé le lundi.
Plus d’infos sur le site du Jeu de Paume (où vous pouvez notamment télécharger gratuitement le « petit journal » de chaque expo).
Bon plan: entrée gratuite pour les étudiants et moins de 26 ans le dernier mardi de chaque mois de 17h à 21h.
Jusqu’au 29 avril 2012.

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Debussy, la musique et les arts au Musée de l’Orangerie
Claude Debussy est certainement l’un des compositeurs du tournant du XXè siècle qui trouva le plus l’essentiel de son inspiration dans le domaine de la poésie contemporaine et des arts visuels. Il s’intéressait beaucoup aux artistes les plus novateurs et aux figures les plus en marge des académismes en cours. L’exposition offre une plongée intéressante à la fin du XIXè – début du XXè siècle et met en lumière les rencontres majeures du musicien avec les artistes et poètes de son temps, évoqués notamment par les collections de trois familles amies qui le soutinrent dans les années difficiles qui précédèrent la création de Pelléas et Mélisande : celle du peintre Henry Lerolle (1848-1929), du compositeur Ernest Chausson (1855-1899) et d’Arthur Fontaine (1860-1931), conseiller d’Etat. En ces milieux où le raffinement, le goût et la simplicité excluaient toute mondanité, le musicien pouvait admirer des œuvres de Degas, Renoir, Vuillard, Gauguin, Camille Claudel, Maurice Denis, Redon, Bonnard, Carrière, Puvis de Chavannes. L’expo propose justement de (re)découvrir une partie des tableaux, dessins et pastels (accompagnés de lettres et photographies) de ces artistes (et notamment la fameuse « Jeune fille au bonnet bleu » d’Odilon Redon dont je suis fan et que j’avais eu le plaisir de voir dans l’expo Les enfants modèles (entre autres), présentée à l’Orangerie il y a 2 ans – j’en parlais ici), ainsi que des éditions originales de Gide, Louÿs et Valéry, des manuscrits de Chausson et Debussy, etc… Autant vous dire qu’on sent beaucoup l’influence du musée d’Orsay ici mais ce n’est pas pour me déplaire car on y apprend plein de choses, la scénographie est magnifique et les œuvres exposées sont remarquables  !

A voir avant d’aller flâner dans la collection Walter-Guillaume et devant les sublimes Nymphéas de Monet (comme je l’avais fait ici) !

C’est où ?
Musée national de l’Orangerie
Jardin des Tuileries (1er) – M° Concorde
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h.
Jusqu’au 11 juin 2012.

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Vous pouvez également toujours visiter: L’expo Henri Cartier-Bresson/Paul Strand, Mexique 1932-1934 à la Fondation Cartier-Bresson et Les Masques de jade mayas à la Pinacothèque de Paris, dont j’avais parlé ici et que je vous recommande chaudement !

Prochaines expos en vue: Patagonie, images du bout du monde au musée du Quai Branly, Tim Burton à la Cinémathèque, Bob Dylan, l’explosion rock au musée de la Musique, Matisse paires et séries au Centre Pompidou, Berthe Morisot au musée Marmottan et Louis Vuitton-Marc Jacobs aux Arts Déco, début mars ! A suivre ;)

« Cranach et son temps » au Musée du Luxembourg

Moment assez attendu ce matin puisque j’ai eu la chance d’assister à la réouverture du musée du Luxembourg. Et pourtant, j’étais la première à accabler la précédente gestion du musée avec ses expos minuscules aux tarifs exagérés et à la pédagogie plus que médiocre… Malgré ça la fermeture d’un musée fait toujours mal au cœur et je suis ravie de ce « nouveau départ » !

On peut vraiment parler d’un nouveau départ puisqu’en 2010, le Sénat a délégué la gestion du musée à la Rmn qui s’est engagée à offrir une identité renouvelée et des espaces d’accueil & de services entièrement rénovés au public. Cette nouvelle ère s’ouvre avec une exposition consacrée à Lucas Cranach (1472- 1553), l’un des artistes majeurs de la Renaissance germanique. Un peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIè siècle, mais finalement assez étranger au public français qui connait peu ou mal l’étendue de son œuvre. Sa notoriété de peintre, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, font pourtant de lui une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIè siècle européen.

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L’exposition montre très bien la dimension européenne de l’art de Lucas Cranach, qui est non seulement marqué par les œuvres de Dürer dont les gravures circulent, mais qui regarde aussi du côté des Flandres et de l’Italie. Pour faire apparaitre ces influences, l’exposition met en regard une sélection de tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes.

Elle consacre une place importante à ses voyages qui ont été favorisés par sa position officielle à partir de 1505 au sein de la cour de Frédéric le Sage, prince électeur de Saxe, fixée à Wittenberg. Au-delà des commandes artistiques de son mécène, Cranach s’est vu en effet confier des missions diplomatiques qui ont joué un rôle fondateur dans la formation de sa personnalité. A la demande de Frédéric le Sage, Cranach se rend notamment en 1508 à Malines dans les Flandres auprès de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, dont la cour est peuplée d’artistes et d’humanistes originaires de contrées diverses. Au contact de cette brillante société, il perfectionne son art. Il introduit dans ses œuvres une élégance plus raffinée mais s’intéresse surtout à de nouvelles thématiques qui rencontrent alors un vif succès dans ce milieu aristocratique, comme celles des femmes fortes et vertueuses, représentées à mi-corps.


Une partie de l’exposition est consacrée à la représentation du nu féminin qui occupe une place centrale au sein de l’œuvre de Cranach. Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance. Ces images ambiguës, mêlant érotisme et morale, à la signification souvent complexe, ont rencontré en leur temps un énorme succès qui a incité l’artiste à les décliner sous des formes variées. Son sens consommé des affaires le pousse même à mieux organiser son atelier pour répondre le plus rapidement possible à la demande.

L’exposition insiste beaucoup sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante. A Wittenberg, il côtoie notamment Martin Luther que protège Frédéric le Sage. Portraitiste de talent, il nous a transmis les effigies des principaux acteurs de ce moment fort dans l’histoire de la chrétienté. Cranach participe aussi pleinement à la diffusion de cette nouvelle doctrine, en mettant son art au service d’une propagande visuelle, largement diffusée par la gravure. Ainsi, il a contribué à élaborer une nouvelle iconographie protestante, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.


L’exposition est très intéressante et instructive dans le sens où elle aide à comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux. La scénographie est magnifique, les salles sont très sombres mais (et c’est assez rare pour être signalé) ce n’est pas gênant pour profiter des tableaux. Au contraire, on a l’impression d’être comme au creux d’une alcôve, les tableaux sont somptueux. Le lieu est très feutré mais cela met vraiment en valeur les toiles exposées. Concernant l’ajustement des salles, on note pas mal d’améliorations par rapport à avant et c’est tant mieux ! L’espace de l’exposition a été repensé et réorganisé totalement. Les salles sont plus nombreuses, tout est fait pour qu’un maximum de monde puisse circuler dans l’exposition sans (trop) se marcher sur les pieds: par exemple, les grands panneaux thématiques ont été placés assez à l’écart des tableaux ce qui fait qu’on peut les lire sans gêner la visite d’autres personnes… Astucieux !

Un progrès également côté pédagogie (il faut dire qu’on partait de zéro sur ce point !), l’expo est plutôt bien documentée. Au-delà des grands panneaux dont je parlais juste au-dessus, il y a de nombreux encarts explicatifs près des toiles, ce qui n’oblige pas à prendre l’audio-guide pour comprendre la majorité des œuvres. Ouf ! Petit bémol quand même: malgré la qualité de l’exposition, je regrette une fois de plus les tarifs plus que prohibitifs pratiqués par le musée (11€ pour une expo de cette taille ? faut p’têt pas pousser non plus…). C’est un petit musée/une petite expo, il n’y a que peu de salles, pas énormément d’œuvres et sincèrement, les prix pourraient être diminués de quelques euros, à mon goût… Au moins, si vous y allez, vous vous y rendrez en connaissance de cause ;)

C’est où ?
Cranach et son temps
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) –  RER Luxembourg
Ouvert tous les jours de 10h à 20h, et jusqu’à 22h le vendredi et le samedi.
Tarifs: 11€/7€50
Le nouveau site.
Du 9 février au 23 mai 2011.

La saison des Primitifs Italiens à Paris

Le thème du jour c’est un peu: « 1 billet pour 2 expos » ! Deux expos dont je dois également vous parler depuis des lustres… On se demande ce que je fous, hein ! Bah, ça m’arrive de travailler quand même… de temps en temps !

Mais revenons à nos moutons.

L’exposition « Filippo et Filippino Lippi. La renaissance à Prato » présentée au Musée du Luxembourg rassemble une soixantaine de tableaux et sculptures du XIVe au XVIe siècle, encore jamais présentés en France (et, pour certaines œuvres, jamais sorties d’Italie), provenant en partie du musée municipal de Prato, ainsi que d’autres institutions de la région. Ville située en Toscane, à 15 km au nord de Florence, Prato fut, sans conteste, un important foyer artistique durant cette période grâce notamment aux nouveautés stylistiques initiées par Filippo Lippi, puis son fils Filippino, lors de leurs séjours respectifs à Prato. L’expo du Musée du Luxembourg permet d’apprécier l’influence des Lippi dans l’avènement d’un style novateur, la Maniera, développée avec leurs plus proches collaborateurs (Fra Diamante et Domenico di Zanobi), puis relayée par leurs suiveurs (Tommaso di Piero dit Il Trombetto, Luca Signorelli, Zanobi Poggini, Raffaellino del Garbo, entre autres).

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Filippo Lippi et Fra Diamante, l’Annonciation avec saint Julien (vers 1460)

Comme toujours, le Musée du Luxembourg ne brille pas par son sens de la pédagogie et cette expo n’y déroge pas du tout. Il a fallu que je me plonge dans mes hors-séries et mes bouquins d’histoire de l’art pour comprendre vraiment le pourquoi du comment… Pour 9€ (en tarif réduit) c’est vraiment dommage et un peu scandaleux, quand même. Ceci dit, la scénographie de l’expo est vraiment magnifique et rend hommage aux toiles présentées ici.

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Filippo Lippi et Fra Diamante, La Nativité avec saint Georges et saint Vincent Ferrier (vers 1456)

Les Lippi, Filippo (né à Florence vers 1406) et son fils Filippino (né à Prato en 1457), figurent parmi les artistes les plus respectés à Prato au XVe siècle. Moine carmélite, Filippo menait pourtant une vie dissolue que seul le patronage de son mécène, le grand-duc de Toscane Côme de Médicis, mit à l’abri de la justice. En effet, Filippino est né de l’union de Filippo avec une religieuse du couvent de sainte Marguerite, Lucrezia Buti ; tous deux furent libérés de leurs vœux par le pape Pie II grâce à l’intercession de Côme de Médicis. Le principal mérite de Lucrezia aura d’avoir été son modèle pour des œuvres où sa beauté limpide et la finesse de ses traits font merveille : la Vierge de la Ceinture (vers 1460) où elle est sainte Marguerite ou l’extraordinaire Madone dite « Lippina » de la Galerie des Offices de Florence (ci-dessous).

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Filippo Lippi, Vierge à l’Enfant et deux anges (1457-1465)

Par rapport à l’exposition simultanée « De Sienne à Florence – Les Primitifs Italiens, la collection d’Altenbourg » au musée Jacquemart-André, celle du Musée du Luxembourg paraît moins variée et plus limitée, mais franchement, je trouve que les deux se complètent très bien. Le musée Jacquemart-André confronte une quarantaine d’œuvres de deux écoles majeures de la première Renaissance italienne: celle de Sienne qui compte dans ses rangs Lippo Memmi, Pietro Lorenzetti ou Sano di Pietro et celle de Florence représentée, entre autres, par Fra Angelico, Lorenzo Monaco, Masaccio ou Filippo Lippi.

Si vous voulez les voir de près – il s’agit très majoritairement de petits formats dont les détails sont merveilleux – il convient de se lever tôt, car il y a souvent du monde et les salles sont petites. Et je vous recommande chaudement, avant votre visite de télécharger ici, l’audioguide gratuit, ça aide à mieux comprendre ce qu’on regarde. Quoi qu’il en soit, la beauté de la Vierge, la crucifixion, la Madone à l’enfant, la Nativité et les autres mises en scène de la vie des Saints sont mises en valeur par la finesse des traits et la palette de couleurs des maîtres de Sienne ou de Florence, jouant sur les effets de camaïeux ou de contrastes entre les verts amande, les roses tendres ou « terre de sienne », les mordorés, les bleus profonds ou les rouges vifs.

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Sano Di Pietro, Marie retournant au Temple (1448-1452)

Ici, on assiste à l’évolution progressive du style « icône byzantine » au portrait moderne, des années 1280 au début du XVe siècle. L’ensemble, composé en dix années par le baron Bernard von Lindenau (1779-1854), provient en grande partie des collections du musée d’Altenbourg. Parmi ces œuvres, certaines proviennent de polyptyques aujourd’hui dispersés. L’exposition est donc l’occasion de reconstituer, en grande partie, certains d’entre eux, grâce aux prêts de grands musées français, allemands, anglais et italiens. Parmi ces ensembles, on remarquera, en particulier, une série d’œuvres de Fra Angelico sur la vie de Saint François.

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Lippo Memmi, sainte Marie Madeleine

Bref, vous l’avez compris, ces deux expositions se complètent et sont vraiment intéressantes, bien que très peu accessibles aux malheureux visiteurs, qui comme moi, ne sont pas pointus sur le sujet. Elle pêchent surtout par manque d’explications et de contextualisation, je suppose… Et c’est bien dommage car les œuvres sont splendides.

Sachez que si vous conservez le billet de l’une des 2 expos, vous pouvez bénéficier d’un tarif réduit pour l’autre expo.

C’est où ?
* « Filippo et Filippino Lippi. La renaissance à Prato »
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) – RER Luxembourg
Ouvert tous les jours, jusqu’au 2 août.

* « De Sienne à Florence – Les Primitifs Italiens, la collection d’Altenbourg »
Musée Jacquemart-André
158, Bd Haussmann (8è) – M° Miromesnil
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, jusqu’au 21 juin.

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