Musée du jeu de paume

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Mes expos parisiennes du moment

Cela faisait un moment que je ne vous avais pas parlé expos dites donc… Pour la peine, bim: 1 billet = 6 expos ! (soyons fous)

Cézanne & Paris au Musée du Luxembourg
Une exposition qui se termine dimanche prochain donc si vous aimez Cézanne et que vous n’avez pas eu le temps de vous y rendre, c’est le moment ou jamais ! Comme souvent au musée du Luxembourg, elle est assez courte et il n’y a que peu d’œuvres (enfin, 80 tableaux quand même) mais celles qui sont présentes sont belles et intéressantes. D’autant que même si, bien souvent, on connaît l’influence que la Provence a exercée sur la peinture de Cézanne, on ignore généralement celle qu’a pu avoir la capitale, où le maître d’Aix a passé tout de même la moitié de sa vie d’adulte. L’expo permet de se rendre compte que ses séjours parisiens (une vingtaine durant sa carrière) ont également pas mal nourri son travail. Non pas à travers des tableaux de la ville, de ses rues ou de ses monuments peints sous tous les angles (à la façon de la montagne Sainte-Victoire, par exemple) car Paris en tant que motif n’intéressait pas Cézanne (il n’a réalisé que cinq tableaux sur le thème). Mais il s’est en fait servi de sa formation dans la capitale pour appliquer tout ce qu’il avait appris, dans le sud. Dommage que l’exposition, scandée en thématiques, n’éclaire pas suffisamment le propos et que l’exiguïté des salles ne permette pas de profiter au mieux du plaisir, toujours renouvelé, d’admirer Cézanne.

C’est où ?
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard (6è) -  RER Luxembourg
Ouvert de 9h à 22h jusqu’à dimanche soir (26 février).

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Gaston Fébus au Musée de Cluny
Si, comme moi, vous n’êtes pas spécialiste d’histoire médiévale, le nom de Gaston Fébus ne vous dira peut-être pas grand chose mais l’expo du musée du Moyen Âge se chargera de vous aider à combler cette lacune. Il s’agit, en fait, de Gaston III de Foix, comte de Foix et vicomte de Béarn, figure haute en couleurs de la deuxième moitié du XIVè siècle qui décida d’organiser lui-même sa légende et de se faire appeler « Fébus » (c’est à dire « Soleil », donc… rien que ça). L’exposition est très courte mais intéressante, bien faite et très pédagogique: on y apprend plein de choses sur ce personnage très contrasté, munificent et autoritaire, fin politique et administrateur hors pair. Sont également évoqués la « librairie » du comte, ses lieux de résidence et le train de vie luxueux de sa « cour d’Orthez ». Organisée autour d’un ensemble majeur de manuscrits grâce aux prêts exceptionnels de la Bibliothèque Nationale, Gaston Fébus (1331 – 1391). Prince soleil nous présente le personnage comme un fin lettré: grand lecteur et bibliophile, il doit d’ailleurs en partie sa célébrité au Livre de Chasse dont les versions manuscrites illustrées sont nombreuses.

Et, fait assez rare pour être signalé, l’exposition n’est pas installée dans le Frigidarium, ce qui fait que l’endroit est pour l’instant totalement vide et désert et le rend encore plus impressionnant. A voir !

C’est où ?
Musée de Cluny – Musée National du Moyen Âge
6, place Paul Painlevé (5è) – M° Cluny la Sorbonne
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 9h15 à 17h45.
Gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le 1er dimanche du mois.
Jusqu’au 5 mars 2012.

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Doisneau, Paris, les Halles à l’Hôtel de Ville
Doisneau, Paris, les Halles présente un ensemble de 208 tirages fabuleux parmi lesquels se trouvent de nombreuses photographies que Robert Doisneau, amoureux du « ventre de Paris », a consacrées aux Halles, de 1933 à sa mort. Idéal pour découvrir la vie, la couleur, le caractère et surtout l’ambiance du quartier lorsqu’on n’a jamais connu « le trou des Halles » ni les pavillons Baltard ! L’expo est installée dans le salon d’accueil de l’Hôtel de Ville donc elle est forcément assez courte (de toute façon, les expositions sont toujours trop courtes quand il s’agit de Doisneau ♥) mais chaque photo est un véritable délice dans lequel on prend un plaisir fou à plonger jusqu’à en scruter les moindres détails. Bref, c’est une expo passionnante et qui, en plus de son côté artistique évident, est une véritable mine d’informations sur l’histoire des Halles des années 30 jusqu’à leur destruction (à la fin des années 60), en passant par le nouveau visage du quartier que les travaux en cours révèleront prochainement. Bref, une exposition très réussie et gratuite, à visiter absolument !

Petite info utile, si vous n’avez toujours pas visité l’expo Sempé (dont je parlais ici), vous pouvez toujours le faire jusqu’au 31 mars !

C’est où ?
Hôtel de Ville – Salon d’accueil de la Mairie de Paris
29, rue de Rivoli (4è) – M° Hôtel de Ville
Ouvert tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h.
Entrée gratuite.
Jusqu’au 28 avril 2012.

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Berenice Abbott et Ai Weiwei, les nouvelles expos du musée du Jeu de Paume
- Berenice Abbott (1898-1991), photographies est une rétrospective qui dévoile pour la première fois en France, à travers plus de 120 photographies, des ouvrages originaux et une série de documents inédits, les différentes étapes de la carrière de cette photographe américaine. En présentant des portraits, des photographies d’architecture et des prises de vue scientifiques, l’exposition permet de découvrir les multiples facettes d’une œuvre souvent réduite à quelques images. J’ai été particulièrement sensible au côté portraitiste de l’artiste au début de sa carrière, ai également beaucoup apprécié ses séries américaines et surtout (cela ne vous étonnera pas) ses photos de New York dans les années 30. En effet, son travail le plus connu reste le projet Changing New York (1935-1939), réalisé à l’initiative de l’administration américaine dans le contexte de la crise économique qui touchait le pays: une vaste commande gouvernementale destinée à montrer les changements de la métropole, en saisissant la structure urbaine et les contrastes entre l’ancien et le moderne, et conçue à la fois comme une documentation sur la ville et une œuvre artistique. Vraiment intéressant !

- Je vous recommande également de monter à l’étage pour jeter un œil (même les 2, si possible) aux clichés contemporains d’Ai Weiwei, un artiste fascinant à la fois architecte, sculpteur, artiste conceptuel, photographe, blogueur, etc… C’est un personnage très intéressant qui apparait comme un véritable sismographe des sujets d’actualité et des problèmes de société. Comment ? En abordant de front la question des conditions sociales en Chine et dans d’autres pays à travers (par exemple) une série de photographies de démolitions drastiques entreprises à Pékin au nom du progrès. En adoptant dans une œuvre jubilatoire de provocation, Study of Perspective, une attitude irrespectueuse à l’égard des valeurs établies. En rompant avec le passé dans des œuvres composées de vieux meubles réassemblés, etc… Pour info, l’artiste a été emprisonné par les autorités chinoises le 3 avril 2011 puis libéré sous caution le 22 juin mais demeure encore, à ce jour, interdit de sortie du territoire.

L’exposition propose de découvrir l’œuvre prolifique, iconoclaste et provocatrice d’un artiste majeur de la scène artistique indépendante chinoise. A ne surtout pas manquer !

C’est où ?
Musée du Jeu de Paume
1, place de la Concorde (8è) – M° Concorde
Ouvert du mardi au vendredi de 11h à 19h (nocturne jusqu’à 21h le mardi), et le samedi et dimanche de 10h à 19h. Fermé le lundi.
Plus d’infos sur le site du Jeu de Paume (où vous pouvez notamment télécharger gratuitement le « petit journal » de chaque expo).
Bon plan: entrée gratuite pour les étudiants et moins de 26 ans le dernier mardi de chaque mois de 17h à 21h.
Jusqu’au 29 avril 2012.

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Debussy, la musique et les arts au Musée de l’Orangerie
Claude Debussy est certainement l’un des compositeurs du tournant du XXè siècle qui trouva le plus l’essentiel de son inspiration dans le domaine de la poésie contemporaine et des arts visuels. Il s’intéressait beaucoup aux artistes les plus novateurs et aux figures les plus en marge des académismes en cours. L’exposition offre une plongée intéressante à la fin du XIXè – début du XXè siècle et met en lumière les rencontres majeures du musicien avec les artistes et poètes de son temps, évoqués notamment par les collections de trois familles amies qui le soutinrent dans les années difficiles qui précédèrent la création de Pelléas et Mélisande : celle du peintre Henry Lerolle (1848-1929), du compositeur Ernest Chausson (1855-1899) et d’Arthur Fontaine (1860-1931), conseiller d’Etat. En ces milieux où le raffinement, le goût et la simplicité excluaient toute mondanité, le musicien pouvait admirer des œuvres de Degas, Renoir, Vuillard, Gauguin, Camille Claudel, Maurice Denis, Redon, Bonnard, Carrière, Puvis de Chavannes. L’expo propose justement de (re)découvrir une partie des tableaux, dessins et pastels (accompagnés de lettres et photographies) de ces artistes (et notamment la fameuse « Jeune fille au bonnet bleu » d’Odilon Redon dont je suis fan et que j’avais eu le plaisir de voir dans l’expo Les enfants modèles (entre autres), présentée à l’Orangerie il y a 2 ans – j’en parlais ici), ainsi que des éditions originales de Gide, Louÿs et Valéry, des manuscrits de Chausson et Debussy, etc… Autant vous dire qu’on sent beaucoup l’influence du musée d’Orsay ici mais ce n’est pas pour me déplaire car on y apprend plein de choses, la scénographie est magnifique et les œuvres exposées sont remarquables  !

A voir avant d’aller flâner dans la collection Walter-Guillaume et devant les sublimes Nymphéas de Monet (comme je l’avais fait ici) !

C’est où ?
Musée national de l’Orangerie
Jardin des Tuileries (1er) – M° Concorde
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h.
Jusqu’au 11 juin 2012.

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Vous pouvez également toujours visiter: L’expo Henri Cartier-Bresson/Paul Strand, Mexique 1932-1934 à la Fondation Cartier-Bresson et Les Masques de jade mayas à la Pinacothèque de Paris, dont j’avais parlé ici et que je vous recommande chaudement !

Prochaines expos en vue: Patagonie, images du bout du monde au musée du Quai Branly, Tim Burton à la Cinémathèque, Bob Dylan, l’explosion rock au musée de la Musique, Matisse paires et séries au Centre Pompidou, Berthe Morisot au musée Marmottan et Louis Vuitton-Marc Jacobs aux Arts Déco, début mars ! A suivre ;)

Diane Arbus à l’honneur au Jeu de Paume

Comme je le disais ici, hier soir, je me suis rendue au vernissage de la tant attendue (par moi en tout cas !) exposition Diane Arbus au Jeu de Paume. Jusqu’au 5 février prochain, la galerie offre au visiteur la première grande rétrospective parisienne de l’une des photographes américaines les plus importantes du siècle dernier dont les portraits bouleversants d’une « autre » Amérique, celle des marginaux, des « freaks » ou de tous ceux qui mènent une existence hors norme, ont bouleversé le monde de la photographie des années 1950-60.
Les 200 photographies de Diane Arbus présentées au Jeu de Paume sont issues de 40 collections publiques et privées et regroupent ses plus célèbres images aux côtés d’œuvres moins connues ou inédites, dont la plupart n’ont jamais été exposées en France. Le parcours adopté pour cette rétrospective peut sembler un peu déroutant au premier abord puisque l’approche choisie par le Jeu de Paume n’est ni chronologique, ni thématique ou académique. Il n’y a pas d’autre fil rouge que les œuvres elles-mêmes: on y trouve aucune explication, ni justification du pourquoi du comment. Juste les photos accompagnées du titre choisi par l’artiste, dans une scénographie soignée et d’une grande sobriété.

L’exposition nous plonge dans une fresque humaine incroyable, où se mélangent toutes les catégories sociales d’une époque, et nous emmène à la rencontre de l’Amérique (et le New York) des années 50 et 60. Chaque photographie est une nouvelle rencontre: on passe de l’appartement d’une femme huppée au portrait d’un enfant plein de larmes, de photos de rues à celles d’artistes forains, de personnes handicapées à des portraits de célébrités, d’enfants, de nudistes, de travestis, de familles des classes moyennes, de zélateurs, d’excentriques, de couples atypiques… L’œil de Diane Arbus semble se poser partout mais sans prendre position, sans juger, et, derrière chaque regard, on s’amuse à deviner une certaine complicité entre le sujet et la photographe.

Ses portraits et scènes de vie, qu’ils soient en intérieur ou dans la rue, sont une formidable quête de l’identité, de l’être et du paraitre. On se rend compte qu’aujourd’hui encore, observer les clichés de Diane Arbus, c’est accepter une frontalité dénuée de tout voyeurisme pour regarder droit dans les yeux ces êtres marginalisés, dont la photographe se fit l’ambassadrice auprès d’un monde obsédé par les conventions sociales et esthétiques. Jamais misérabilistes, ses images émeuvent par leur extraordinaire générosité. Le regard qu’y posent les visiteurs d’aujourd’hui est également assez intéressant: parfois troublé, souvent amusé ou choqué mais toujours intrigué en tout cas ! Et c’était d’ailleurs un peu l’objectif de Diane Arbus qui disait: « Une photographie est un secret sur un secret. Plus elle vous en dit, moins vous en savez ».

Les tirages présentés sont de tailles et formats très variés (allant du 18×24 au 50×50) et leur qualité est assez exceptionnelle. Cela fait ressortir un superbe piqué, surtout sur les grands formats et permet à l’œil de s’attarder sur tous les détails de chaque œuvre. Les nuances de gris et les contrastes apportent un atout indéniable à la lecture des photographies. Et c’est assez rare pour être souligné !

Contrairement au début du parcours, les deux dernières salles offrent un éclairage sommaire et une documentation sur la vie de Diane Arbus et l’évolution de ses choix en tant que photographe. Plus intéressant, pour finir la visite, le Jeu de Paume diffuse un slideshow de 40 minutes, à l’auditorium: A Slide Show and Talk by Diane Arbus (1970), dans lequel elle évoque la photographie en prenant pour exemple certains de ses travaux ou ceux d’autres photographes. Un moment assez intimiste et surtout la chance, assez unique, de pouvoir écouter et voir un(e) photographe se livrer et se raconter.

En bref, une exposition à ne surtout pas manquer, qui nous emmène à la rencontre de l’univers d’une artiste exceptionnelle. Les clichés de Diane Arbus présentés au Jeu de Paume sont atypiques, fascinants et mystérieux, et son œil, incomparable. Cela vaut le détour ! Et si vous pouvez encore en profiter, n’oubliez pas les « mardis jeunes » du Jeu de Paume (entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi du mois de 17h à 21h) !

C’est où ?
Diane Arbus
Jeu de Paume – site de Concorde
1, place de la Concorde – M° Concorde
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 12h à 19h, nocturne le mardi jusqu’à 21h et le week-end de 10h à 19h.
Tarifs: 8,50€/5,50€.
Jusqu’au 5 février 2012.

Méli Mélo du lundi (+ résultats des concours)

Petit billet en vrac pour entamer cette nouvelle semaine qui s’annonce, une fois de plus, bien remplie !

Au programme:
♥ Apprivoiser mon nouveau joujou ! J’en parlais ici la semaine dernière mais voilà, ça y est, j’ai ENFIN changé de téléphone. Ciao iPhone 3G et bienvenue petit 4S ! Et bien, je peux vous dire que le changement est vraiment salutaire. Terminés les « j’attends 5 minutes avant que mon téléphone daigne ouvrir une appli » (j’exagère à peine). Et puis franchement, passer de 2 à 8 millions de pixels, ça change un peu (beaucoup) tout, aussi. Du coup, j’ai envie de télécharger plein d’applis photos (entre autres) scrupuleusement notées sur mon petit carnet depuis des mois ! Bien entendu, on reparle de tout ça très vite, dès que j’aurai un peu plus dompté la bêêêête ! ;)

♥ Des expos (et oui, encore , j’ai pas fini de vous gonfler avec ça, ahah !) que j’attendais avec grande impatience depuis quelques semaines: celle consacrée à Métropolis à la Cinémathèque Française et la rétrospective Diane Arbus au Jeu de Paume, aujourd’hui même ! Pour le reste de la semaine, je vais entamer un petit rattrapage de celles que j’ai manqué lors de mes vacances en septembre. A suivre !

♥ Du concert… celui de Feist à l’Olympia, en l’occurrence ! Espérons que je sois plus emballée qu’au Grand Rex il y a 3 ans mais je suis assez confiante après plusieurs écoutes de son nouvel album, Metals.

Image de prévisualisation YouTube

♥ Du chocolat ! Direction la soirée inaugurale du Salon du Chocolat mercredi soir. Yummy !

♥ Du chouchoutage ! Passage chez Nopeg pour un petit soin du visage d’1h qui va me faire le plus grand bien.

♥ Une petite dose de cocooning @ home au milieu de tout ça (si j’y arrive) ! Depuis quelques semaines, la plupart de mes soirées sont assez chargées et je passe finalement assez peu de temps chez moi. Du coup, je rêve d’un peu de calme certains soirs pour pouvoir prendre le temps de me poser un peu à la maison, cuisiner plein de nouvelles recettes automnales tirées de ma tonne (ah oui, là maintenant, on peut parler de tonne, je pense) de livres et magazines de cuisine, me faire une mani-pedi devant mes séries préférées, prendre un bain en fermant les yeux & en écoutant de la bonne musique, me faire un chocolat chaud avant de me poser sous mon plaid dans le canapé avec un bon bouquin, apprendre un nouveau morceau à la guitare, bosser mes leçons d’italien, allumer une belle bougie qui sent bon, travailler sur le réaménagement de mon salon & de ma chambre (travaux, phase 2!) et réussir à penser à moins de choses en même temps, surtout. Ça fait beaucoup, je sais, mais mes coachs personnels (ah ah ah) sont en train d’essayer de m’apprendre à lâcher du leste. Y’a du taf !

♥ Et puis préparer l’anniversaire d’Uwe qui fête son quart de siècle (pfff) la semaine prochaine ! Je n’en dirais pas plus car je sais qu’il me lit, le sale petit curieux (hin hin hin).

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Pour finir, comme promis, voici les résultats des petits concours organisés ici ces dernières semaines ! Je le répète à chaque fois mais c’est le minimum alors merci à toutes et à tous pour vos participations aussi nombreuses, cela me fait réellement plaisir de constater que je ne fais pas tout ça pour rien et que ça vous plait :) Voilà. Sur ce, trêve de suspens, voici les noms des 2 gagnantes !

* La gagnante du produit Belle à Croquer de son choix est: Isa !

* La gagnante de l’invitation pour 2 personnes à la soirée du 2 novembre au Casino de Paris dans le cadre du festival les inRocKs Black XS est: Clara ! (la Clara qui a posté son commentaire le 11/10 pour être plus précise)

Les filles, une fois n’est pas coutume, par soucis de délai, c’est moi qui vais vous envoyer un petit mail (à l’adresse mail que vous aviez laissée dans le cadre ad hoc en participant aux concours) dans la matinée afin de récupérer vos coordonnées postales.

A très vite pour de prochains chouettes concours et excellent début de semaine :)

Du rab d’expos photos ?

Comme promis ce matin, je vous propose un petit billet culturel pour vous présenter non pas 1 mais 2 expos photos de la nouvelle saison culturelle parisienne: l’exposition André Kertész au Jeu de Paume et « La France de Raymond Depardon » à la BnF François Mitterrand.

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A travers une exposition qui a ouvert ses portes en début de semaine, le Musée du Jeu de Paume rend hommage à un photographe majeur et pourtant un peu mis de côté chez nous : André Kertész (1894-1985). Hongrois exilé en France puis aux États-Unis, il a fait don de ses négatifs à l’État français mais n’a jamais eu de rétrospective d’ampleur en France. C’est pourtant l’un des plus grands photographes du XXè siècle tant du point de vue de la richesse de son œuvre que de la longévité de sa carrière… Il était temps d’y remédier et l’exposition proposée par le Jeu de Paume le fait vraiment très bien !

Par rapport à l’exposition « Harry Callahan, Variations » présentée à la Fondation Cartier-Bresson (dont je vous parlais ici), cette rétrospective est beaucoup plus grande puisqu’elle est composée de pas moins de 300 images, essentiellement des originaux et des tirages réalisés par le photographe lui-même. Ces clichés sont tous très intéressants et saisissants car ils illustrent parfaitement la liberté de style de Kertész, génial cadreur de l’instantané mais également auteur d’étonnantes et audacieuses distorsions de corps féminins.

André Kertesz, La Plaque cassée, 1929, Courtesy Attila Pocze, Vintage Galéria, Budapest

Le parcours est en grande partie chronologique puisqu’il propose d’explorer les différentes époques de sa vie et toutes les étapes de sa carrière de photographe. La scénographie est vraiment très réussie puisqu’elle met en valeur l’autonomie de chaque photographie, tout en ponctuant le parcours par des séries ou des thèmes récurrents (comme par exemple les distorsions dont je parlais plus haut, les buildings new-yorkais, les cheminées ou la solitude). Cela permet de se rendre compte comment, dans l’œuvre de Kertész, s’élabore une poétique de la photographie, « un véritable langage photographique » selon ses propres termes.


L’exposition s’attache à souligner et à mettre en valeur certaines particularités du travail du photographe: une pratique bien personnelle (la carte postale photographique, les Distorsions), son implication dans l’édition, des recherches créatives récurrentes (les ombres, les cheminées) ou l’expression plus diffuse des sentiments (la solitude). Des moments jusqu’alors délaissés ou inexplorés sont valorisés (l’activité de soldat en 1914-1918, la période new-yorkaise et les polaroids des dernières années) et cette exposition met particulièrement l’accent sur la genèse du photo-reportage à Paris, à partir de 1928 et sur la diffusion de ses images dans les médias (magazines VU, Art et Médecine, Paris Magazine, etc…) dont il avait fait un métier.


Bref, une exposition à visiter sans une once d’hésitation pour tous les curieux et les amoureux de la photo !

C’est où ?
« André Kertész »
Musée du Jeu de Paume
1, place de la Concorde (1er) – M° Concorde
Ouvert du mardi au vendredi de 12h à 19h (nocturne le mardi jusqu’à 21h), le week-end de 10h à 19h.
Fermé le lundi.
Tarifs: 7€/5€. Entrée gratuite pour les étudiants et les moins de 26 ans le dernier mardi du mois, de 17h à 21h.
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 06 février 2011.

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Seconde expo photo de ce billet: « La France de Raymond Depardon » à la BnF Mitterrand. Ici, on change totalement de registre et autant j’ai pu apprécier le côté esthétique des tirages d’André Kertész, autant, ici, j’ai eu comme qui dirait, un peu plus de mal ! Mais cette expo est loin d’être dénuée d’intérêt pour autant… Pour Depardon, « il y a trois sortes de France : la France du centre-ville avec ses commerces franchisés et ses parkings ; la France des banlieues ; la France des petites villes et des petits villages. La France que je voulais photographier, c’est celle d’où je viens, celle du Tour de France, des ronds-points et des villages ou moyennes villes, avec des petites zones industrielles ou urbaines qui se ressemblent toutes et qui sont très peu photographiées. »


Célèbre pour ses reportages sur des lieux sensibles ou pour ses films où il s’attache au quotidien d’une société en pleine mutation, Raymond Depardon, cinéaste autant que photographe, s’interroge toujours avec acuité sur les liens entre image et éthique, et cherche à comprendre, documenter la France, exposer et questionner les changements. Dans ce dernier projet, mis en route en 2004, il se concentre sur le paysage de lieux qui n’ont pas forcément grand-chose en commun, montrant comment l’intervention de l’homme l’a peu à peu transformé. Il montre les conséquences de l’explosion des villes françaises durant la seconde moitié du XXè siècle qui a créé des usines à vendre en périphérie des villes entourées d’un océan de parkings, des zones périurbaines qui engloutissent les petites villes et les villages, la surexploitation immobilière du littoral et de la haute montagne…

L’exposition présente dans une immense pièce aux murs blancs, une installation de trente six tirages argentiques en couleur et de très grand format (1,60m x 2m). Cette salle se pose comme un endroit neutre et les photos sont sans légendes (un sas vers la deuxième salle donne les noms des lieux). Raymond Depardon les a façonnés et ajustés pendant quatre ans d’après les meilleurs “scan” numériques possibles à ce jour. La deuxième salle montre quant à elle, à côte d’autres photos plus anciennes du photographe, le travail d’artistes et photographes dont Depardon revendique l’influence, comme Paul Strand et Walker Evans. On peut aussi lire ses essais, ses travaux préparatoires, suivre sa trajectoire, accéder aux arcanes de la réalisation de La France de Raymond Depardon.

Une exposition enrichissante sur le fond donc, dans laquelle on reconnait bien la marque de fabrique de Depardon, présente dans chaque photo. À la fois distant et présent, il nous offre un portrait du réel, entre campagne et ville, entre passé et présent, et nous fait redécouvrir l’infinie diversité du territoire français: ses panneaux routiers, l’espace presque palpable d’une rue, de ses trottoirs, avec son salon de coiffure, sa boucherie charcuterie rouge carmin, mais aussi cette France des verts paysages, et celle où l’on reconnait l’instinct du reporter (que l’on voit ci-dessus), où des habitants de dos, sur une place d’une ville, regardent au loin en hauteur, la fumée d’un incendie sous la toiture d’une maison. Bref, un reportage intéressant certes, mais dont il ne se dégage pas grand chose si ce n’est un sentiment de froideur et de détachement général. Mais ça n’engage que moi, comme toujours, évidemment ;)


Si ça vous intéresse, sont à noter un certain nombre d’événements autour de cette expo :
* une journée d’étude sur “l’expérience du paysage” à la BnF réunira chercheurs et photographes (le 23 novembre 2010)
* la Magnum Gallery consacrera trois expositions à Raymond Depardon dans ses deux antennes parisiennes entre le 15 septembre 2010 et le 8 janvier 2010
* la BnF expose la nouvelle génération de photographes français dans l’allée Julien Cain de la Grande Bibliothèque…

C’est où ?
« La France de Raymond Depardon »
BnF François Mitterrand – Entrée Est
Quai François Mauriac (13è) – M° Bibliothèque François Mitterrand.
Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h et le dimanche de 13h à 19h.
Fermé le lundi et les jours fériés.
Tarifs: 7€/5€.
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 9 janvier 2011.

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