musée d’Orsay

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Petits plaisirs du moment

Hop hop hop, c’est pas encore Noël mais ce n’est pas une raison pour se priver de plein de p’tits plaisirs en vrac et en pagaille !

Petits plaisirs gourmands: Plein de nouvelles gourmandises dont j’ai envie de vous parler (je le ferai plus en détails dans un billet dédié) à commencer par les boissons chocolatées (et pas que) de la marque Barú qui ont envahi les rayons de mes Monop’ ! Du coup, j’ai été obligée (forcée même… oui) de goûter au Chocolate Chai Latte et au Fluffy Marshmallow Chocolate Powder !

Sans parler des gourmandises Starbucksiennes de Noël à boire (mocha blanc cranberry, chocolat caramel salé et latte noisette caramel) et à manger (muffin cranberry chocolat blanc, cheesecake chocolat spéculoos & caramel salé et cookie sandwich noisette !) qui se sont jetées sur moi la semaine dernière (on n’a pas des vies faciles)… Je vous en reparle vite !

Petits plaisirs musicaux: On m’a adorablement offert 3 chouettes cartes pour faire gonfler ma bibliothèque iTunes ! (mes proches sont siouper chouettes, je sais, je sais)

Du coup, j’ai acheté plein de musique dont l’album hommage de Lulu Gainsbourg à son père From Gainsbourg to Lulu. Les puristes vont détester (en même temps, les puristes, hum… ah ah !) mais je trouve les arrangements très réussis et certaines reprises valent leur pesant de cacahuètes: Bonnie & Clyde en duo avec Scarlett Johansson, Requiem pour un con avec M, Je suis venu te dire que je m’en vais version Rufus Wainwright, Johnny Depp & Vanessa Paradis qui reprennent la Ballade de Melody Nelson, la version jazzy du Poinçonneur des Lilas, etc… Un bel hommage !

Petit plaisir concert: Le live streaming du concert de Metronomy sur la page Facebook Denim & Supply de Ralph Lauren dont je vous parlais ici… D’ailleurs, j’ai bien envie de prolonger ce moment en écoutant en boucle le dernier album de Metronomy, The English Riviera, offert récemment par Buzz Paradise (merci !).

Petits plaisirs culturels: Renouveler ma carte Louvre Jeunes, imaginer plein de futures balades avec le guide Louvre Secret et Insolite dont je parlais ici hier et avoir envie de découvrir l’expo La Cité interdite au Louvre – Empereurs de Chine et rois de France !

Profiter de la carte MuséO au musée d’Orsay. Je suis d’ailleurs allée y découvrir la toute nouvelle Galerie impressionniste ce week end (rouverte il y a peu après 2 ans de travaux) et l’endroit est SUBLIME. Je vous recommande chaudement d’aller y faire un tour ! (plus de détails ici, si ça vous intéresse)

Petit plaisir théâtre: Commencer à remplir mon prochain agenda de sorties pour la rentrée 2012. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez vu mais à partir du 12 janvier prochain, le théâtre de l’Atelier proposera une nouvelle version des Liaisons dangereuses mise en scène par celui qui incarna magistralement Valmont au cinéma il y a maintenant plus de 20 ans face à la diaboliquement fabuleuse Glenn Close-Merteuil: John Malkovich ! Pour cette version contemporaine de l’œuvre de Choderlos de Laclos, Malkovich s’est inspiré de l’adaptation théâtrale de Christopher Hampton et a auditionné plus de 300 élèves issus du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (et d’autres cours de théâtre) avant d’arrêter son choix sur neuf petits chanceux. Autant vous dire que ma curiosité en est toute émoustillée !

Petits plaisirs dividi: J’ai profité de quelques réductions Fnacouillesques pour faire grossir ma collection de Blu-ray (oui, mes étagères penchent sévèrement) (si vous vous posiez la question !) et on m’a offert (merci !) la saison 3 de Gossip Girl en DVD (que je pense me refaire à l’occasion puisque c’est ma préférée jusque là).

Petit plaisir lecture: Commencer à lister tout plein de livres à lire pendant la période de Noël dans mon Book Journal. D’ailleurs, si vous avez des conseils et suggestions, je suis preneuse !

Petit plaisir BD: Very Bad Twinz de Pacco et Margaux Motin.

Petit plaisir geek: Uncharted 3. Comme vous me lisez depuis longtemps, je ne referai pas de grande déclaration enflammée à ce jeu mais bon, ça tient en un mot (en gros): Draaaaaaaaaake ♥ !!! Voilà. J’ai trouvé ce 3è opus moins nerveux et spectaculaire que le second (mon préféré jusque là) mais le gameplay est plus fluide et il est quand même très très bien.

Petits plaisirs biouty: Plein plein de choses ! Surtout que j’ai été bien gâtée ce mois-ci puisque j’ai reçu la JolieBox du mois (jusque là pas de surprise puisque j’ai un abonnement annuel), mais on m’a également offert ma première Glossybox. Comme ce post est déjà suffisamment long comme ça, j’en reparlerai plus en détails dans un autre article (d’autant que je dois vous montrer la tonne de choses que j’ai ramené de New York en septembre au passage)… A suivre, donc ;)

Petits plaisirs bien-être: Un soin surprise à 2 au Spa Nuxe pour notre anniversaire samedi dernier (« Escapade Complice » que ça s’appelait: hammam, bain aromatique et massage d’1h15… *__*). J’avais déjà eu la chance d’aller plusieurs fois au Spa Nuxe pour des soins en solo mais là, à deux, c’était encore + GÉ-NIAL ♥ Pour tout vous dire, on a tellement aimé qu’on en a déjà programmé un autre pour les vacances de Noël ! Mais j’en reparlerai plus en détails dans un autre billet (oui, ça mérite bien un petit post) !

Et aussi 3 p’tits passages chez Ethnicia (juste pour moi cette fois) prévus d’ici la fin de l’année: pour un massage du dos+soin visage la semaine prochaine, pour un soin rituel Soie pour mes cheveux et pour une mani/pédi juste avant les vacances de Noël ! Ben quoi ?! Si la fin de l’année ne sert pas à se faire plaisir, à quoi sert-elle, je vous le demande ! (l’excuuuuse)

Petits plaisirs shopping à venir: L’ouverture de la nouvelle boutique Marks & Spencer sur les Champs le 24 novembre !! (craquage de slip en vue)

Dans le même registre, je me réjouis également de l’ouverture de Banana Republic le 8 décembre sur le Rond-Point des Champs.

Et puis de futures virées shopping à Bercy Village aussi ! C’est un endroit que j’aime déjà beaucoup mais je sens que je vais l’aimer encore plus dans les prochains mois puisque doivent y ouvrir pas moins qu’un magasin Fnac, une boutique Dammann Frères et une boulangerie Eric Kayser ! Si c’est pas le pied ça ! Petite parenthèse aussi pour vous dire que récemment, j’y ai mangé un délicieux cheeseburger (en forme de bagel) chez Factory & Co ! Si vous passez par là-bas, testez-le, il vaut le détour ;)

Petits plaisirs cocooning: Commencer doucement ma wish-list de Noël.

Boire des litres de thé Rouge d’Automne au marron glacé (version thé noir) chez Mariage (oui, j’en ai déjà parlé mais c’est ma drogue ce truc, que voulez-vous !) ♥

Petit plaisir home sweet home: Envisager une petite balade chez IKEA pour faire le plein en décos de Noël et commencer à piquer tout plein d’idées pour les travaux/la nouvelle déco de mon salon et de ma chambre (prévus pour 2012) (ma maison sera belle avant la fin du monde, j’vous le dis… mouahahah).

Petits plaisirs girly: Un nouveau joli portefeuille Patty by Nat & Nin reçu ce week-end ♥ (je l’adore parce qu’il est beau et assez grand pour que j’y fourre tout mon bazar)

Un choupi sac en toile qui ne me quitte plus et avec lequel je-fais-de-la-pub-à-l’œil pour la prochaine expo de la Cinémathèque Française ! (bon, en même temps, il s’agit de l’expo Tim Burton, donc c’est pas grave).

Refaire le plein de homewear chez Oysho (qui a ouvert son e-shop il y a quelques semaines) pour cocooner tout l’hiver !

Petits plaisirs évasion: Faire tout plein de jolis projets de voyages pour 2012.

En attendant, je m’évade en faisant de longues balades dans Paris: Luco, parc Floral, Tuileries, Louvre, jardin du Palais Royal, parc de Bercy… Cette ville ne cesse de m’émerveiller.

Belle journée ♥

« Crime et Châtiment » à Orsay (et une parenthèse miam !)

Il y a quelques mois, lorsque j’ai vu que le musée d’Orsay allait présenter une expo sobrement intitulée “Crime et Châtiment”, j’ai été sincèrement ravie par avance. Pour tout vous dire, je suis une fan absolue de littérature russe et particulièrement de Dostoïevski (que je rêve de pouvoir lire dans le texte un jour… *soupir*) dont la lecture de son Crime et Châtiment a été un vrai choc pour moi, à l’époque du lycée. Mais revenons au sujet ! A l’origine de cette exposition au musée d’Orsay, il y a Robert Badinter (ancien garde des sceaux qui, pour rappel, a fait voter l’abolition de la peine de mort en France en 1981) et Jean Clair, Académicien et Conservateur général du patrimoine.

Badinter explique: ”Pourquoi est-ce que l’homme tue ? Quelle est cette justice qui pendant si longtemps a elle-même tué l’homme ? Je me suis dit que l’art me permettrait d’avancer dans ma connaissance du crime et de ses châtiments”. Pour rappeler la fascination de tout temps des artistes pour le crime, Jean Clair mentionne, lui, que “Dans n’importe quel musée, plus de la moitié des œuvres traitent du crime“ et que “Dans la Littérature, la peinture ou le cinéma, les représentations du crime ou de la peine capitale sont à l’origine d’œuvres saisissantes”.

L’expo est divisée en plusieurs chapitres (Tu ne tueras point, La mort égalitaire, Figures du crime, Le crime et la science ou Canards et apaches) qui permettent au visiteur d’avoir accès à différents angles de vue sur le sujet. C’est vraiment bien pensé: certaines œuvres ne sont destinées qu’à provoquer un sentiment d’effroi, d’autres nous interrogent sur le sens moral du crime et du châtiment, certaines tentent de comprendre les motivations de l’assassin, etc…

Crime et Châtiment explore le regard des artistes sur le crime sur une période de deux siècles, de la Révolution française à l’abolition de la peine de mort en France le 30 septembre 1981. 1791/1981: deux siècles de débats, de la Révolution à nos jours, auront passionnément disputé du sens et de la valeur d’une peine qui, après avoir relevé de l’omnipotence d’un Dieu ou de l’autorité absolue d’un Roi (tempérée par le droit de grâce) ne serait plus administrée, dans la logique des Lumières, que par l’homme, et l’homme seul.

L’exposition montre à quel point la littérature, riche d’une très ancienne inspiration noire, a résonné de ces luttes et créé des personnages innombrables et inoubliables de criminels, de Sade à Baudelaire et Barbey d’Aurevilly, de Dostoïevski au Camus de l’Étranger… La figure du meurtrier, dans son énergie négative et sa complexité, est l’ombre portée du héros, son double ambigu, sa part de transgression la plus dérangeante car la plus attirante. On voit également que le crime est aussi très présent dans la presse: dans les journaux (de Lacenaire à Violette Nozières), et quotidiens illustrés, le crime de sang est amplifié par la fiction du romanesque et acquiert ainsi sa capacité fantasmatique. L’association du meurtre et de l’abus sexuel devient même un des must de la littérature à sensation et des images qu’elle véhicule ou provoque !

Dans le même temps, le thème criminel investit les arts visuels. Les toiles de Géricault, Goya, Blake, Degas, Munch, Magritte ou Picasso présentes dans l’expo sont saisissantes et témoignent de la popularité croissante de ce sujet au fil des siècles. Le cinéma assimile également très vite les charmes troubles d’une violence extrême, sa représentation la transformant même en plaisir, voire en volupté. Passionnante, l’exposition nous montre aussi la naissance de l’approche scientifique du comportement criminel au XIXè siècle (identification judiciaire, études scientifiques sur la criminalité…).

En plus des toiles, l’exposition est très riche et propose aussi des illustrations, des croquis de toutes sortes, des photographies policières ou anthropométriques, des coupures de presse sensationnelles, des moulages de têtes de meurtriers et violeurs, la porte des condamnés à mort du musée pénitentiaire de Fontainebleau, des archives policières, des affiches de théâtre, une étrange machine de torture inspirée de La Colonie pénitentiaire de Kafka et même une guillotine sous un voile noir qui trône de façon assez terrifiante dans la première salle de l’expo ! D’ailleurs, petite parenthèse, mais on voit bien que cet objet de mort emblématique de la fin du XVIIIè siècle, est très présent dans de nombreuses toiles à cette époque et même plus tard… De Hugo à Gauguin, de Villiers de L’Isle-Adam à Redon et Picasso, de nombreux artistes ont représenté la lame tranchante et la tête qui roule avec une précision qui fait froid dans le dos. L’expo s’achève sur la conclusion troublante que le succès de ces œuvres résonne comme l’aveu qu’en chacun de nous sommeillent des pulsions meurtrières et que nous sommes tous des criminels en puissance ! Sympa.

Voilà donc un sujet original pour une exposition. Au-delà du crime, il s’agit de poser encore et toujours la question du Mal, et de mettre en lumière, en plus de la circonstance sociale, l’inquiétude métaphysique. A toutes ces interrogations, force est de constater que l’Art, au sens large, apporte un témoignage spectaculaire ! Esthétique de la violence, violence de l’esthétique, cette exposition ne saurait que les réconcilier en rapprochant des images de toutes sortes. De plus, je l’ai trouvée extrêmement bien pensée et agencée, la scénographie est vraiment magnifique, ne serait-ce que visuellement. Et puis, contrairement aux récentes expos du musée d’Orsay, celle-ci est vraiment longue et bien fournie, on en a pour son argent !

En revanche, je vais malheureusement encore vous jouer la même rengaine mais, je vous souhaite bien du courage si vous souhaitez la visiter sans audio-guide ou sans avoir, au préalable, consulté de la documentation. Il y a très peu d’encarts explicatifs visibles (surtout dans la première partie, ça manque beaucoup près des tableaux), je trouve qu’ils auraient pu faire un effort de pédagogie sur certaines œuvres qui mériteraient beaucoup plus d’explications. M’enfin, ce n’est pas une raison de gâcher son plaisir car globalement, je l’ai trouvée vraiment très intéressante et j’ai bien l’intention d’y retourner au moins une fois (merci MuseO) !

A noter aussi, pas mal d’évènements intéressants autour de l’expo: conférences, débats, lectures (les étudiants du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique liront, en écho aux œuvres présentées, des textes de Hugo, Wilde, Kafka, Badinter…), concerts exceptionnels (de musique illustrant la thématique de la lutte entre le bien et le mal !) et le festival de ciné « criminels et bourreaux » présentant le regard des cinéastes sur le crime et son châtiment (jusqu’au 11 avril).

C’est où ?
Crime & Châtiment
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur (7è) – M° Solférino
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45.
Tarifs: 9€50/7€. Pour les moins de 26 ans, l’entrée de l’expo n’est pas gratuite… c’est 1€50 (à payer au comptoir juste devant l’entrée de l’expo).
Jusqu’au 27 juin 2010.

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J’ai profité de cette visite pour enfin tester le restaurant du musée. Pour tout vous dire, à la base, j’y allais pour le brunch (conseillé par un blog !) mais en arrivant sur place, on m’a gentiment expliqué qu’ils ne le servaient plus depuis… 2 ans au moins ! Ça m’apprendra à ne pas assez vérifier mes sources, pfff ! Du coup, vu qu’on avait bien faim, on est quand même restés pour tester le déjeuner :)

Pour commencer, le cadre est somptueux, grandiose et assez unique. Le restaurant est situé dans l’ancien restaurant de l’hôtel d’Orsay, au premier étage du musée et a conservé toute sa magnificence depuis son ouverture en 1900. L’aménagement de la salle (classée Monument historique, quand même!) met en valeur lustres étincelants, plafonds superbement peints et dorures à n’en plus finir. Wow… Le salon de thé du musée Jacquemart-André (testé et désapprouvé ici) peut aller se rhabiller !

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Dans l’assiette, en revanche, c’est nettement moins impressionnant: des plats traditionnels, rien qui ne sorte des sentiers battus et des tarifs un chouïa élevés pour ce que c’est (de 14 à 23€ le plat et des desserts entre 6€15 et 8€50). Alors, certes, ce n’est pas mauvais, mais c’est vraiment loin d’être exceptionnel et ça reste assez ordinaire.

A la carte: salades, tartines, plats pas mauvais mais ultra conventionnels (entrecôte grillée/frites, cocotte de saumon, vitelottes et brocoli, risotto aux légumes, tartare de bœuf…) et menu du jour à 20€ (plat/dessert).

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Côté desserts, glaces ou sorbets, pâtisseries du jour, crème brulée, salade de fruits frais, cake au agrumes… Rien d’extraordinaire non plus, nous avons même été un peu déçus par le café gourmand et la verrine de riz au lait aux fruits rouges façon drapeau italien. Pas convaincus !

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Bref, un endroit à tester une fois pour le cadre ou pour boire un thé dans un bel endroit l’après-midi lors d’une balade dans le musée !

C’est où ?
Restaurant du Musée d’Orsay
Entrée par la porte C.
1, rue de la Légion d’Honneur (7è) – M° Solférino
Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 17h45, le jeudi soir jusqu’à 21h30 (menu découverte à 55€). Salon de thé de 14h45 à 17h45.
Plus de détails sur le site.

James Ensor exposé au Musée d’Orsay

Il y a quelques jours, j’ai enfin étrenné ma nouvelle carte MuséO en allant visiter la rétrospective du travail de James Ensor (la première depuis 20 ans) exposée au Musée d’Orsay, après être passée au MoMA jusqu’en septembre dernier. En une petite centaine d’œuvres, le musée revient sur la vie et l’œuvre de James Ensor (1860-1949), peintre belge d’une grande modernité, au génie fantasque et étonnant.

affiche

Le musée d’Orsay, dans une expo modeste (par sa taille), rend hommage au talent singulier du peintre ostendais, célèbre pour ses toiles peuplées de parades, de masques burlesques et tragiques, de visages angoissants et de squelettes terrifiants. Ce qui ressort avant tout de cette expo, c’est le caractère paradoxal de la personnalité et du travail d’Ensor.
Quelques exemples: Il disait, non sans prétention, avoir « anticipé tous les mouvements modernes », mais il donnait en même temps l’image d’un artiste torturé et paranoïaque; il avait l’ambition d’être le chef de file d’un courant plastique (ce qu’il accomplit en partie, puisqu’il participa à la création du groupe des XX, aux côtés de Félicien Rops, Léon Spilliaert…), mais n’appartint jamais vraiment à aucune école. Plus flagrant encore: alors qu’il ne supportait pas les jugements que l’on portait sur ses œuvres, il fit tout son possible pour titiller la critique en livrant des sujets audacieux et provocateurs, macabres et turbulents ! Avouez qu’il y a de quoi s’y perdre.

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Le gros point positif de cette exposition est d’avoir choisi de nous faire évoluer chronologiquement au fil des salles. En observant les changements progressifs dans ses œuvres tout au long de l’expo, on sent la personnalité de l’artiste émerger petit à petit. La première grande salle nous montre les sujets naturalistes et les scènes de genre réalisées par le peintre à Ostende dans sa prime jeunesse. En effet, ses premières peintures datent des alentours de 1880, alors que James Ensor est encore très jeune, mais il exécute magistralement de grands tableaux, des natures mortes et des scènes d’intérieur aux couleurs chaudes. On y voit des femmes aux robes à volants et bottines qui travaillent ou dégustent avec délectation des huitres et, mis à part une scène où une femme en détresse est allongée dans son lit (1882), l’ambiance est plutôt calme et feutrée.
La petite salle sombre du fond regroupe quant à elle la collection de dessins d’Ensor que possède le musée d’Orsay, et celle d’après est centrée autour d’une série d’eaux-fortes et de dessins: « Visions. Les Auréoles du Christ ou les sensibilités de la lumière » présentée au Salon des XX de 1887. Seule la figure du Christ pouvait exprimer, selon Ensor, la puissance qu’il avait découverte dans la lumière.

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Dans les dernières salles (oui, déjà !), les crânes, la tradition des masques, du travestissement, du grotesque, de la satire et du carnaval, hérités de son enfance à Ostende, apparaissent et l’on voit que confusion, images morbides, personnages ricaneurs et ambigus aux visages cachés, deviennent les sujets de prédilection du peintre. Sans parler des panneaux virulents, des gravures ou des dessins qui dénoncent les injustices de son temps ! Les humains sont devenus des marionnettes grotesques et inquiétantes. Les masques camouflent et exacerbent une réalité que le peintre trouve trop laide et trop cruelle, tandis que les squelettes pointent la vanité et l’absurdité du monde.
La dernière salle
regroupe ses autoportraits (dans lesquels Ensor se représente en hanneton, en hareng, se grime ou se caricature – je vous en ai mis deux illustrations dans cet article) qui forment un ensemble disparate et tassé, comme une sorte de gros point d’interrogation révélateur avant de quitter l’expo. Ensor nous apparait un peu comme un voyageur immobile (d’ailleurs il n’a effectivement jamais beaucoup quitté son lieu de naissance), aux pérégrinations inquiètes et sombres naviguant au milieu d’un déploiement de couleurs expressives et acidulées.

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Ensor, peintre étrange et inclassable, frappe par sa cinglante ironie, son sens de la dérision et de l’auto-dérision, sa couleur intense et son expressivité, et le titre de « peintre des masques » que lui attribue son compatriote, le poète Émile Verhaeren, ne suffit pas pour saisir son œuvre insaisissable, prolifique et polymorphe. Personne n’a jamais réussi à cerner le personnage et je crois que c’est ce qui rend l’expo assez difficile d’accès de prime abord. Malgré tout, le choix d’un parcours chronologique est plutôt judicieux puisque ça nous permet de comprendre le cheminement et les différentes évolutions de l’artiste au cours de sa vie. Pour le reste, comme souvent, l’exposition n’est pas très pédagogique (les panneaux explicatifs ne disent pas grand chose) et il vaut mieux avoir pris quelques infos avant de s’y rendre, quand même (l’audio-guide c’est encore mieux). En bref, une expo différente mais intéressante -dans le sens où elle nous met face au mystère et à l’inconnu et à un artiste sur lequel on peut difficilement coller une étiquette- et qui a au moins le mérite de nous faire découvrir (ou de mieux connaître) un peintre assez peu connu du grand public.

C’est où ?
James Ensor
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion d’Honneur (7è) – M° Solférino ou RER Musée d’Orsay
Tous les jours (sauf lundi) de 9h30 à 18h (jeudi jusqu’à 21h45).
Tarif: 9€50 (7€ en nocturne ou à partir de 16h15) mais l’expo est gratuite pour les moins de 26 ans, profitez-en !
Jusqu’au 4 février 2010.

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