Monnaie de Paris

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« Peurs sur la ville » à la Monnaie de Paris

L’exposition Peurs sur la ville, présentée depuis quelques jours à la Monnaie de Paris, mélange histoire & fiction et propose une réflexion sur la violence urbaine à Paris à travers des photographies historiques, réelles et imaginaires.

Volontairement construite autour d’images chocs, l’expo s’articule autour de 3 regards, 3 prises de paroles pour nous faire prendre conscience d’une violence psychologique que nous ne soupçonnons pas et nous projeter dans une fiction dramatiquement réaliste de conflits mis en scène dans Paris :

* Les photos d’archives de Paris Match
La libération, la guerre d’Algérie, Mai 68, les attentats des années 80 et 90, les émeutes de 2005… : tous ces évènements ont donné lieu à des images bouleversantes dans Paris, qui sont et resteront gravées dans nos mémoires. Les clichés des photographes de Paris Match, que l’on peut voir dans la première partie de l’expo, permettent de redécouvrir tous ces moments chocs provoqués par les malaises de notre société: ses grandes causes, ses combats et ses luttes.

* La série Paris Street View de Michael Wolf
La seconde (petite) partie de l’exposition regroupe une série appelée Paris Street View ! Réalisées à partir de captures d’écran de Google Street View, les images de Michael Wolf, furtives et surprenantes, font apparaitre sous nos yeux une violence urbaine contemporaine, banalisée et souvent méconnue. Ces photographies pixelisées capturent des scènes de notre vie privée (les agressions de la circulation, un couple qui s’embrasse, une passante qui court, un homme qui réajuste sa tenue à l’abri des regards…) et distillent une violence psychologique de tous les instants. Intéressant !

* La série Guerre ici de Patrick Chauvel

C’est certainement cette partie de l’exposition qui m’a le plus enthousiamée (bouleversée, fascinée, troublée, estomaquée… aussi !) et qui, à mon goût, fait que l’exposition vaut le détour. Il s’agit d’une série de photo-montages inédits appelée Guerre ici et réalisée par Patrick Chauvel, grand reporter engagé et témoin des plus importants conflits mondiaux depuis quarante ans. Son travail ici est ce qu’on pourrait appeler une « projection de la guerre à Paris ». Chaque image est un montage entre ses clichés de guerre les plus frappants et les monuments emblématiques de la capitale: Notre Dame est envahie par des combattants canadiens, une jeune femme est tuée par un sniper serbe devant l’Assemblée Nationale, des tankistes russes gisent sur le parvis du Trocadéro, la tour Montparnasse explose, la Monnaie de Paris est envahie par des soldats, etc… Les montages sont vraiment très réalistes et donnent l’impression que ces scènes de guerre sont ici, chez nous, sous nos yeux et à nos portes. Certaines images sont à glacer le sang et nous rappellent que les conflits, si souvent banalisés dans l’actualité, sont plus proches que ce que l’on pense.

La scénographie de l’exposition est très bien pensée, il n’y a pas énormément de photos, ce qui fait qu’il ne devrait pas être trop difficile de circuler entre les différentes salles, même le week-end. En revanche, si vous êtes du genre à aimer vous gaver de textes en visitant une exposition, n’y comptez pas ici: il n’y a que peu d’informations et quasiment pas d’encarts explicatifs. Et le pire, c’est que pour une fois, je n’ai pas trouvé cela gênant car les photos sont de grande qualité, pertinentes, plutôt claires dans le message qu’elles souhaitent transmettre et, in fine, se suffisent à elles-mêmes. L’absence de mots est largement compensée par la réflexion qu’entraine l’observation de certains clichés et du flot d’émotions qu’ils provoquent en nous. Une exposition intéressante sur le fond et sur la forme donc, même si elle aurait surement mérité d’être un poil plus longue et plus exhaustive.

Une petit tour en images, pour vous donner une idée de ce qui vous attend :

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C’est où ?

Peurs sur la Ville – Photographies historiques, réelles et imaginaires.
Monnaie de Paris
11, quai de Conti (6è) – M° Pont Neuf ou St Michel
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 11h à 18h et nocturne le jeudi jusqu’à 21h30.
Jusqu’au 17 avril 2011.
De 4 à 6 €.
Plus d’infos sur le site.

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N’allez pas trop loin, je vous ai préparé un petit billet théâtre pour cet après-midi !

Hommage parisien à Willy Ronis

Comme je vous le disais la semaine dernière, il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir de visiter la nouvelle exposition parisienne consacrée au très grand photographe humaniste Willy Ronis et organisée conjointement par la Monnaie de Paris et le Jeu de Paume.

La sélection de 150 images de cette exposition fort justement intitulée « Willy Ronis, Une Poétique de l’Engagement », a été effectuée à partir de la donation faite par Willy Ronis de son vivant à l’État français. Ce fonds rassemble des milliers de négatifs, documents, albums, vintages et tirages modernes. A l’heure du centenaire de sa naissance et moins d’un an après sa disparition, cette exposition n’est pas seulement un hommage au grand photographe, mais elle a aussi pour objectif de dévoiler des aspects un peu plus inédits de son travail.

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L’exposition s’organise autour de cinq thèmes principaux qui, sans être exclusifs du travail de Willy Ronis, sont récurrents tout au long de son parcours:
* La rue, avec Paris comme théâtre privilégié: A l’instar de Brassaï, Doisneau ou Izis, Ronis arpentera les rues de la capitale avec un plaisir toujours renouvelé afin d’immortaliser des scènes pittoresques, des gamins sympathiques, des passants affairés, des amoureux, l’animation des cafés parisiens le soir… J’adore le charme suranné et nostalgique de ses clichés de Belleville et Ménilmontant. Ce sont de magnifiques témoignages du passé, des morceaux de vie de gens ordinaires, des récits anecdotiques, tendres et poétiques.
* Le monde du travail: Militant communiste, Ronis n’a jamais caché son attirance et son empathie avec le milieu ouvrier et c’est ainsi qu’il couvrira les conflits sociaux dans les usines Citroën ou Renault, ou l’industrie textile en Alsace. L’expo nous montre des images sans misérabilisme et permet de se rendre compte de l’engagement actif du photographe envers les laissés-pour-compte.
* Les voyages: J’ai été ravie de découvrir cet aspect moins connu du travail de Willy Ronis ! On découvre ses clichés de Londres en 1955 dans lesquels il offre une image étrange de la ville entre dynamisme et mélancolie. L’expo regroupe également de nombreux clichés des autres voyages de Ronis: Belgique, Pays Bas, New York, Moscou, Prague, la RDA…
* Une dernière salle un peu fourre-tout dans laquelle on retrouve un mélange de photos de nus féminins et de photos prises dans l’intimité de sa vie familiale et amicale

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J’ai beaucoup aimé cette exposition. Le parcours est assez simple mais clair, les photos sont magnifiques (oui, c’était une évidence mais ça ne fait pas de mal de le rappeler !) et petite cerise sur le gâteau: nombre d’entre elles sont ponctuées de commentaires, souvenirs, anecdotes ou petits détails amusants racontés par Willy Ronis lui-même dans des encarts explicatifs placés judicieusement à côté des clichés. On apprend plein de choses, c’est vraiment intéressant, instructif et même si la plupart des photos présentées ne nous sont pas inconnues, c’est toujours un plaisir incroyable de se plonger dans le regard humaniste de ce grand monsieur de la photo ! Surtout dans un cadre aussi beau que celui de la Monnaie de Paris. A voir.

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C’est où ?
Willy Ronis, une poétique de l’engagement
Monnaie de Paris
11, quai de Conti (6è) – M° St Michel
Ouvert tous les jours (sauf le lundi et le 1er mai) de 11h à 19h, et le jeudi en nocturne jusqu’à 21h30.
Tarifs: 7€/5€
Jusqu’au 22 août 2010.

Twist & Shout *

La récente grève des universités m’a permis de voir 2 expos que je n’aurais surement pas pris le temps d’aller voir dans d’autres circonstances: la rétrospective David LaChapelle à la Monnaie de Paris et l’expo « Jean Marais, l’éternel retour » au Musée de Montmartre.

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La rétrospective David LaChapelle se tient dans les salons du 1er étage de la Monnaie de Paris jusqu’au 31 mai prochain. Outre les clichés les plus connus de l’artiste, comme les portraits de stars (Madonna, Elton John…) avec ces scènes qui reflètent, exposent et commentent le  »culte » de la personnalité, la perversité de la culture populaire ou le monde des stars hollywoodiennes réalisées pendant ces 25 dernières années, il questionne également notre dérive matérialiste et consumériste autour de thématiques comme « Le Déluge », « Heaven to Hell » ou « Méditation ».

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J’ai trouvé l’expo assez intéressante mais un peu courte pour le prix, on reste vraiment sur sa faim. Il n’y a que peu d’œuvres exposées dans un endroit très exigu, ce qui donne beaucoup trop peu de recul par rapport aux œuvres; ceci dit, elle est quand même relativement pas mal quand on ne connait pas bien l’artiste (ce qui est mon cas) car elle regroupe un échantillon des différentes séries qu’il a effectué.

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Comme pour chaque expo parisienne un peu in, prévoyez tout de même pas mal d’attente (le mieux c’est d’y aller en semaine, comme chacun sait).

C’est où ?
Rétrospective David LaChapelle
Monnaie de Paris
11 quai de Conti (6è) – M° Pont-Neuf
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h30 et les lundi et vendredi jusqu’à 22h.
Jusqu’au 31 mai 2009.

Marais

J’aime beaucoup me promener à Montmartre, le quartier a un charme fou et pour moi, qui vit à l’autre bout de la capitale, ça a un côté presque dépaysant. J’ai donc récemment poussé la balade jusqu’au Musée Montmartre (où je n’avais encore jamais mis les pieds) pour aller voir l’expo « Jean Marais: l’éternel retour » qui se tient jusqu’au 3 mai prochain.

Le musée rend hommage au comédien disparu il y a 10 ans à travers une belle exposition, parrainée par Francis Huster. Elle a pour but de nous faire découvrir toutes les facettes de l’artiste, pas uniquement comédien, mais aussi sculpteur, peintre, dessinateur… Nous sont présentées plus de 400 pièces touchant au cinéma, à la littérature, au théâtre et aux arts plastiques. On peut notamment y voir le masque de « La Belle et la Bête », le costume brodé que l’acteur portait dans « Peau d’âne », ses premiers croquis d’adolescent, sa correspondance avec Jean Cocteau, des costumes, photos, magazines, affiches de film et de théâtre ou encore ses récompenses dont le César d’honneur reçu en 1980.

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Bref, une expo vraiment très complète et intéressante sur l’artiste, qui fait passer un bon moment et donne envie de se replonger un peu dans sa filmographie.

C’est où ?
Jean Marais, l’Eternel Retour
Musée Montmartre
12, rue Cortot (18è) – M°
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h.
Jusqu’au 3 mai 2009.

* pour ceux qui ne comprendraient pas le titre, c’est normaaaal ! Figurez-vous que j’ai la chanson dans la tête, impossible de m’en débarrasser et je trouvais pas de titre pour ce billet ;)

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Little Miss Chatterbox

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