Man on the moon

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Bric à Brac culturel #1 – Expos

Pour commencer ce billet fourre-tout juste avant mon départ, j’avais envie de vous parler de quelques expos qui se terminent avant que je revienne, auxquelles je n’ai pas eu le temps de consacrer de billet entier (à mon grand regret) mais que je ne peux que vous recommander.

De la peinture déjà…

* Pour commencer, une très jolie expo à la Pinacothèque: « Valadon Utrillo » (jusqu’au 15 septembre).

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L’expo Valadon/Utrillo à la Pinacothèque de Paris aurait vraiment pu être casse-gueule. Confronter la mère et le fils, surtout quand on sait que la mère a fini par dépasser le fils qui se noyait dans l’alcool (et pas le contraire), il fallait oser. Et la Pinacothèque l’a fait ! L’expo est un savant mélange (mais pas trop sinon le spectateur ne s’y serait pas retrouvé) des œuvres des deux protagonistes. Les organisateurs ont trouvé le bon dosage permettant de voir et surtout de comprendre.

Les œuvres d’Utrillo exposées ici se composent presque exclusivement de paysages urbains peints à l‘huile, les rues de Montmartre de l’époque avec quelques silhouettes humaines ou totalement vides de tout habitant. Toujours le même genre de tableau jusqu’à l’épuisement. La plus grande partie de l’expo est fort heureusement consacrée à Suzanne Valadon, une artiste dont je ne me lasse pas d’admirer les œuvres à chaque fois que je vais au Centre Pompidou. Ses sujets sont très variés: des portraits, paysages, natures mortes, nus. Des dessins de modèles (ceux admirés par Degas) et beaucoup de peintures à l’huile. C’est elle que je préfère, pour la variété des sujets, sa riche palette et la façon dont elle agençait les couleurs. Regarder un Utrillo, c’est un peu comme marcher dans une ville fantôme. A force de répéter le même tableau, et la boisson aidant, il n’a pas su se renouveler.

Bref, vous l’aurez compris, c’est une expo très intelligemment construite et ordonnée, les œuvres valent le déplacement et on y apprend beaucoup de choses (on peut télécharger l’audioguide gratuit sur le site de la Pinacothèque).

Puis quelques chouettes expos photos :

* « Man on the Moon » au Palais de Tokyo (jusqu’au 20 septembre)

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L’exposition du Palais de Tokyo nous fait voyager dans le temps et dans l’espace. Mercury, Gemini, Apollo… l’épopée lunaire des années 60 nous est racontée à travers une collection de 200 photos inédites qui permet de découvrir des trésors méconnus de la photographie.

Les deux collectionneurs Victor Martin-Malburet et Félix Winckler ont réalisé un colossal travail d’investigation pour récupérer toutes ces photos. De la création de la NASA en 1959 jusqu’à la mission Apollo 17 en 1972, tous les grands programmes d’exploration de l’espace sont illustrés. Alors, certes, les sujets sont peu variés: la lune, la terre, des navettes et des astronautes. Mais malgré tout, chaque cliché parvient à nous surprendre car c’est davantage la vision du globe terrestre perdu dans l’univers qui marque les esprits. Ça laisse songeur ! Par ailleurs, la qualité des clichés dénichés est exceptionnelle (aujourd’hui la pollution qui entoure le globe terrestre ne permettrait plus d’obtenir des photos aussi claires ») et mérite clairement une petite visite. Une expo vraiment originale donc !

* « Planète Parr, la Collection de Martin Parr » au Jeu de Paume (jusqu’au 27 septembre)

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Voilà une expo pour le moins surprenante, on ne s’attend absolument pas à ça ! L’expo présentée actuellement au Jeu de Paume n’est pas du tout une rétrospective de l’oeuvre photo de Martin Parr. En effet, les 2/3 de l’expo sont consacrés aux collections personnelles de l’artiste (objets divers, clichés de photographes qui l’ont inspiré dans son travail ou qu’il admire particulièrement -beaucoup de chouettes découvertes, ici encore comme Tony Ray-Jones, Chris Killip…- ou encore quelques raretés et livres fondateurs dans l’histoire de la photographie).

On découvre ainsi une kyrielle d’objets, de bibelots en toc, de colifichets et goodies qui matérialisent à leur manière toutes les formes de propagande. Martin Parr met ainsi face à face dans une inquiétante réciprocité des montres Sadam Hussein, un mug Ben Laden, et un poignard à l’effigie de George W. Bush ! L’exposition est très bien faite, même si peu documentée, mais l’accrochage parle de lui-même, et les codes qui ainsi mis bout à bout sont assez limpides pour qu’on puisse se passer de commentaires.

Martin Parr propose ses séries à l’étage, en fin d’exposition. J’ai encore une fois beaucoup accroché à sa série de photos sur le tourisme de masse, dans laquelle il ne s’intéresse pas aux lieux (Venise, le Grand Canyon, etc.) mais aux touristes eux-mêmes, se focalisant souvent sur les détails physiques, vestimentaires, ou les attitudes d’un individu ou d’un petit groupe (les attractions étant relayées au second plan). Au début, on se demande vraiment comment il peut toujours trouver le détail qui tue au premier coup d’œil, puis finalement, on se pose, on observe, on décrypte, et alors le moindre angle, rictus, regard, cadrage, devient sujet à toutes les métaphores. Il est tour à tour grave, drôle ou ironique. Un vrai plaisir !

* 2 expos rendent hommage à Henri Cartier-Bresson, à la MEP (jusqu’au 30 août) et au Musée d’Art Moderne (jusqu’au 13 septembre).

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Henri Cartier-Bresson, pionner du photojournalisme qu’il allie à la photographie d’art, Henri Cartier-Bresson traverse le siècle et parcourt le monde (Guerre d’Espagne, libération de Paris, Inde, Afrique, URSS, Chine..), fonde l’agence Magnum avec Robert Capa entre autres et invente le concept d’ « instant décisif ». Deux expositions lui sont consacrées en ce moment à Paris, deux expositions qui proposent beaucoup d’œuvres identiques… mais deux expositions complètement différentes !

Avec « l’Imaginaire d’après nature » , le Musée d’Art Moderne reprend une reconstitution de l’exposition qu’Henri Cartier-Bresson  avait lui-même réalisée en 1978 et qui a tourné pendant plusieurs années en Europe. Composée d’environ soixante-dix images, elle constitue un exemple très intéressant du regard que peut poser un artiste sur son propre travail. Les photographies sont regroupées en quatre catégories : les premiers clichés, la représentation de la vie quotidienne, les témoignages historiques et une série de portraits (absolument fascinants d’ailleurs). J’ai trouvé l’expo magnifique, c’est une très bonne entrée en matière mais elle est beaucoup trop courte malheureusement (pour info, le tarif jeune -jusqu’à 26 ans inclus, soit dit en passant mouahahah !- n’est que de 3€).

A contrario, à la MEP, les œuvres sont plus nombreuses (320), ce sont de plus petits formats et la démarche n’est pas la même. Elles illustrent à la fois un style et une pratique. Elles incarnent ce moment parfait, transcendant, qui mêle émotion et regard acéré. Petite info sur la genèse de l’expo: entre 1980 et 1984, Henri Cartier-Bresson, Daniel Arnault de Magnum, et Jean-Luc Monterosso ont sélectionné un corpus d’images sur Paris. Cet ensemble a ensuite donné lieu à une exposition, “Paris à vue d’œil”, présentée au Musée Carnavalet pendant le Mois de la Photo en novembre 1984. Pour les Européens, Henri Cartier-Bresson, en écho au livre du même titre, conçu et mis en page par Tériade en 1955, a revisité, avec Maurice Coriat, à nouveau ses archives. Présentée à la MEP en mars 1997, la totalité des tirages de cette exposition a fait l’objet, sur proposition de Jean-Stanislas Retel, d’un don de la Fondation d’entreprise du Reader’s Digest France.

Et pour terminer, une petite phrase de Cartier-Bresson que j’ai trouvé si vraie: « Photographier : c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. C’est une façon de vivre ».

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J’ai vraiment hâte de découvrir les expos de la rentrée à mon retour de voyage. J’ai reçu il y a quelques jours le « Arts Magazine » du mois de septembre et je l’ai dé-vo-ré ! Les expos me bottent vraiment toutes, que ce soit au Louvre (« Titien, Tintoret, Véronèse… Rivalités à Venise » dès le 17/09), au Musée Jacquemart-André (« Van Eyck et les maîtres flamands » à partir du 11/09), au Grand Palais (« Renoir au XXè siècle » le 23 septembre) ou au Musée du Luxembourg (« Louis Comfort Tiffany: couleurs et lumières » dès le 16/09).

J’ai aussi reçu le programme de rentrée du musée du Quai Branly et je ne regrette vraiment pas d’avoir pris le pass annuel: ils organisent pléthore de trucs géniaux: stages photo en novembre, visites guidées à gogo, les expos ont l’air vraiment supers et en octobre une soirée réservée aux adhérents (+1 !) avec conférenciers est prévue pour l’expo « Teotihuacan, cité des dieux » consacrée à la grandeur artistique et culturelle de la grande cité de l’Ancien Mexique.

A suivre donc !

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