Les Romanov Tsars Collectionneurs

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Bienvenue à la « nouvelle » Pinacothèque de Paris !

Vous devez certainement être familiers du bâtiment situé place de la Madeleine qui accueille et organise, depuis 3 ans, pléthore d’expositions temporaires à succès, des statues de l’Armée de terre cuite de Xi’an, en 2008 (ici) en passant par Munch l’année dernière jusqu’à L’or des Incas, présentée actuellement et jusqu’au 6 février ? Et bien, figurez-vous que depuis quelques jours, la Pinacothèque de Paris s’est enrichie d’un nouvel espace : 3000 m2, situés sur le trottoir en face, au 8 de la rue Vignon. Le musée dispose désormais d’un accrochage permanent et d’une collection, inaugurée avec deux expositions temporaires réunies sur le thème de « La naissance d’un musée ». La première est consacrée aux Romanov, cette dynastie de tsars russes à l’origine de la création de L’Ermitage de Saint-Pétersbourg que je rêve de pouvoir visiter un jour ; la seconde aux Esterházy, la grande famille austro-hongroise dont les collections sont l’âme du Musée de Budapest. Deux expositions illustrant la genèse de l’institution muséale et deux beaux exemples particulièrement remarquables: les Romanov et les Esterházy. Dans les deux cas, ces familles (gens de pouvoir, dirigeants, hauts dignitaires) vont, parallèlement à leur carrière, s’adonner pendant plusieurs siècles, à leur passion: collectionner. Et constituer ainsi une collection à l’origine d’un musée.


La première exposition, L’Ermitage, la naissance d’un musée impérial – Les Romanov, Tsars Collectionneurs est particulièrement passionnante (même si mon objectivité est bien entendu reléguée au placard étant donné mon farouche attachement à la culture russe !). On y trouve une très belle sélection d’une cinquantaine de toiles acquises par Pierre le Grand, Catherine II & Alexandre Ier et Nicolas Ier, accrochées dans l’ordre chronologique des règnes des tsars collectionneurs. La scénographie est très pertinente et esquisse le goût de ces souverains, salle après salle. Parmi les nombreux chefs-d’œuvre exposés, on trouve: David et Jonathan de Rembrandt, un autoportrait de Véronèse, Amours à la chasse et Vénus, faune et putti de Poussin, La Malade et le Médecin de Metsu, Portrait du comte-duc Olivares de Velasquez, Christ Salvador Mundi de Titien, Portrait de jeune homme au chapeau de Greuze, deux Ribalta et un des meilleurs Granet. De quoi se rincer l’œil sans quitter Paris, c’est à voir !

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La seconde exposition est sobrement intitulée La naissance du musée – les Esterházy, Princes Collectionneurs. Le Musée des beaux-arts de Budapest a accepté de faire voyager un lot de tableaux de grand prestige acquis par trois générations d’Esterházy, ces princes austro-hongrois qui ne cessèrent d’accumuler des richesses entre le XVIIè siècle et 1830. Leur collection compta plus de mille tableaux et on en trouve un petit échantillon d’une cinquantaine de toiles en descendant au sous-sol du nouvel espace de la Pinacothèque. Contrairement à l’ordre choisi pour la première, ici, c’est le classement par « école » qui a été adopté. L’art italien domine et la Pinacothèque peut s’enorgueillir d’une madone de Raphaël période florentine absolument divine, emblème de Budapest. Le classicisme français est également très bien représenté avec, notamment, Une villa dans la campagne romaine de Claude le Lorrain. Les écoles du Nord offrent deux dernières salles magnifiques grâce à Brueghel l’Ancien et son Paysage montagneux qui fascine par une incroyable profondeur bleutée et sa profusion de détails minuscules ou à Cranach qui, avec ses assistants, a composé une Lamentation cristallisant toute la Renaissance allemande (j’ai hâte de le découvrir plus en détails au fraichement réouvert musée du Luxembourg dès la semaine prochaine !).

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Au final, il s’agit de 2 expositions très intéressantes et qui valent largement le déplacement ! La scénographie est très réussie & les œuvres splendides et uniques, quelle chance de pouvoir les avoir un peu avec nous à Paris ! Malheureusement, à côté de ça, il n’y a que peu d’explications (juste quelques grands encarts explicatifs entre les différentes sections, rien de plus) alors je vous conseille très chaudement les outils d’aide à la visite, que ce soit le podcast audio intégral de l’expo (que l’on peut télécharger avant la visite, ça coûte 2€ et c’est très très utile !) ou le guide de l’expo sur iPhone/iPod Touch/iPad (les images sont à tomber !), au prix de 4€99. Pas mal pour refaire l’expo de chez soi !

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A mi-parcours entre les deux expositions, se trouve la collection permanente de la Pinacothèque proprement dite, entièrement composée de dépôts, à plus ou moins long terme, de collectionneurs privés. Elle est assez petite (pour le moment) mais très pertinente dans ses choix. Les tableaux sont exposés par thème (le paysage, le portrait…), et on trouve un peu de tout (toutes les époques, tous les genres…), mais surtout du très rarement vu, voire du jamais vu, accroché de manière surprenante ! La mise en perspective des tableaux est très réussie et très intéressante: une Beauté romaine, de Bouguereau, l’un des maîtres de l’art académique, côtoie ainsi une Course de chevaux, sorte de piste de jeu dessinée par Marcel Duchamp (juxtaposition fascinante, surtout quand elle permet de constater que six ans seulement séparent les deux œuvres, la première datant de 1904, la seconde de 1910 !). Ailleurs, des lapins peints par Miquel Barceló en 1992 côtoient des volailles réalisées au XVIIè siècle par Carstian Luyckx (1623-ap. 1657), etc…

Bon à savoir: lorsque les tableaux des deux premières expositions rejoindront, dans quatre mois, leurs musées d’origine, la collection permanente sera étoffée et déployée sur les deux étages du nouveau lieu. J’ai hâte de voir ça ! Les expositions temporaires se poursuivront, quant à elles, dans l’autre bâtiment, place de la Madeleine.

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Bref, ce nouvel espace de la Pinacothèque de Paris est à découvrir sans aucune hésitation ! Et si vous aviez encore quelques doutes, voilà une bonne nouvelle pour les expovores que nous sommes: le lancement du Pinacopass, un laisser-passer valable un an permettant de profiter de manière privilégiée et illimitée de toute la programmation de la Pinacothèque. Le pass se décline en 3 formules: carte solo (50€/an), carte duo (75€/an) et carte jeune 12-25 ans (30€). A voir pour la prochaine saison, donc !

C’est où ?
Pinacothèque de Paris – Les Collections
La naissance du musée – les Esterházy, Princes Collectionneurs
L’Ermitage, la naissance d’un musée impérial – Les Romanov, Tsars Collectionneurs
8, rue Vignon (9è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 19h30, nocturne le mercredi jusqu’à 21h30.
Tarifs: 10€ / 8€ en tarif réduit / 17€ le billet jumelé (la collection permanente +les 2 expos).
Les 2 expositions sont ouvertes jusqu’au 29 mai 2011.

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Little Miss Chatterbox

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