Les Disparus

Page 1 sur 11

Petit récap’ culturel #bouquins

Cela fait des mois que je dois rattraper mon retard et vous parler bouquins alors du coup, je vais faire court, comme la dernière fois, et vous proposer une fois encore, un petit recueil d’impressions (et puis, après tout, pour le reste, vous pouvez trouver beaucoup mieux et plus complet ailleurs !).

Depuis le début de l’année, sur ma table de chevet, il y a eu…

♥ Du voyage dans le passé…

les_disparusle_rapport

* Daniel Mendelsohn, « Les Disparus » : Dans la famille de Daniel Mendelsohn, il y a un trou : en 1941, son grand-oncle, sa femme et leurs quatre filles ont disparu dans l’est de la Pologne. Comment sont-ils morts ? Nul ne le sait. Pour résoudre cette énigme, l’auteur part sur leurs traces et au lieu de nous livrer un énième récit sur la Shoah, il nous propose un formidable document littéraire, à la fois enquête dans l’Histoire et roman policier. L’auteur a réussi à construire une œuvre originale, comme une polyphonie : des thèmes apparaissent, sont développés, puis laissent la place à d’autres avant de réapparaître, avec un nouveau sens ou de nouvelles variations et d’entrer finalement en résonance les uns avec les autres. Le style peut sembler parfois un peu lourd et il y a pas mal de longueurs, surtout au début du livre, mais l’intelligence de la progression de son récit compense largement ce petit désagrément. Au final, c’est un roman plein de justesse et qui m’a vraiment émue.

* Philippe Claudel, « Le rapport de Brodeck » : Tout est bon dans ce roman de Philippe Claudel: la forme, le fond, le rythme, le style. Sans concession, il parvient à nous persuader doucement que le plus blanc des agneaux peut lui aussi être acculé à provoquer la pire des noirceurs, et que le plus puissant des loups ne porte pas ses crimes avec l’insouciance que l’on croit. Brodeck est peint par petites touches, au rythme de ses souvenirs, on effeuille avec beaucoup d’émotion les affres de son présent. L’histoire est poignante et intemporelle, la construction du récit est magistrale, et l’écriture magnifique. Le rapport de Brodeck se lit comme une sorte de puzzle construit de façon très intelligente, inattendue et brillante.

♥ Du polar suédois…

Millenium2Millenium3le_predicateurtailleur_de_pierre

* Stieg Larsson, « Millénium » tomes 2 – La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette – et 3 – La reine dans le palais des courants d’air : Après la lecture du 1er tome il y a environ un an, je n’ai pas eu de mal à me laisser prendre au jeu de La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette grâce notamment au rythme et à l’histoire que l’on nous raconte. Je l’ai trouvé beaucoup plus nerveux que le tome 1, il commence beaucoup plus vite et il y a moins de longueurs. Dès les premières pages, le ton est donné et le lecteur se trouve sans cesse sollicité, interpellé par l’auteur qui fait avancer son histoire sur plusieurs fronts enchaînant ainsi les révélations. On se laisse happer sans difficulté et avec délice par le formidable suspens qui monte crescendo tout au long du roman. J’ai été un peu moins convaincue par le 3è tome mais l’auteur parvient tout de même à nous scotcher jusqu’à la dernière page ! Si vous n’avez pas lu cette trilogie, allez-y, ça vaut le coup :)

* Camilla Läckberg, « Le Prédicateur » et « Le Tailleur de Pierre » : Dans ces deux romans, on retrouve avec beaucoup de plaisir les héros découverts dans La Princesse des Glaces (dont je vous avais parlé ici). Même si le « nœud » de l’intrigue est assez rapidement défait, les personnages, les lieux et la continuation de la découverte de l’auteure sont assez riches de nouveauté. Certes, ce n’est pas aussi passionnant que Millénium, mais l’intrigue n’est tout de même pas totalement dénuée d’intérêt, les chapitres courts permettent d’éviter la lassitude des nombreuses attentes dues aux ruptures temporelles, c’est assez rythmé et les personnages sont attachants ! En revanche, j’ai trouvé le style du Prédicateur et du Tailleur de Pierre un peu plus laborieux que dans La Princesse des glaces et l’intrigue policière est un peu trop rocambolesque. Mais globalement, je me suis laissée embarquer. A suivre, donc !

♥ Du livre qui fait voyager…

mange__prie__aimeusage_du_monde

* Elizabeth Gilbert, « Mange, Prie, Aime – La quête spirituelle d’une femme à travers l’Italie, l’Inde et l’Indonésie » : Elizabeth Gilbert, journaliste écrivain et grande voyageuse, sort d’un divorce long et douloureux et décide, pour se reconstruire, de se faire plaisir et d’aller d’abord passer plusieurs mois en Italie, puis en Inde (dans un ashram où elle apprendra à méditer et vivra des expériences fortes et mystiques), pour terminer en Indonésie où elle retrouvera un vieux sorcier qui lui a prédit son avenir ! Trois étapes qui correspondent aux trois temps du titre. Elizabeth Gilbert réussit à nous faire partager ses sensations et ses sentiments de manière imagée, sans faire de prosélytisme pour autant. Bref, ce roman est une sorte de voyage initiatique parfois drôle, parfois émouvant et je l’ai suivi avec un grand enthousiasme (même si j’ai préféré la 1ère et la dernière partie à ses questionnements spirituels en Inde… je meurs d’envie d’aller à Rome et à Bali du coup, c’est malin !). Vivement l’adaptation ciné avec Julia Roberts ^_^

* Nicolas Bouvier, « L’usage du monde » : Un livre qui m’a énormément marquée et  dont j’avais déjà parlé ici.

♥ Du 30è degré assumé…

pride_and_prejudice_and_zombieskick_ass

* Jane Austen et Seth Grahame-Smith, « Pride & Préjudice & Zombies » : Vous connaissez par cœur le cultissime Pride & Prejudice de Jane Austen ? Et bien, préparez-vous à un choc culturel si vous ouvrez un jour ce roman ! C’est du lourd, du très décalé, du 30è degré en permanence et franchement, il y a quelques passages assez hilarants ! Le décalage entre l’ambiance surannée dégagée par l’écriture de Jane Austen et le côté gore de celle de Seth Grahame-Smith est très ironique et vraiment drôle. Malheureusement, l’idée n’a pas été poussée assez loin. J’ai trouvé ça un peu facile de prendre le texte et de simplement remplacer certains mots par d’autres. J’aurai aimé plus de personnalisation, plus d’implication car l’idée de départ est vraiment drôle !

* Mark Millar & John Romita Jr., « Kick Ass » : Il s’agit de la BD dont le film Kick Ass (mon coup de cœur ciné du mois d’avril) est tiré et j’dois dire que c’est une vraie réussite. Alors, c’est vrai que contrairement à Uwe, je n’ai pas l’habitude de lire des comics mais je ne pouvais qu’être sensible à cet humour geek qui joue parfaitement avec le 30è degré et le politiquement incorrect. D’ailleurs le second tome vient de sortir et mon amoureux, qui l’a déjà lu (enfin dévoré serait plus adéquat !), m’en a dit plein de bien. Je lui fais confiance ;)

♥ Des lectures proposées…

vermalle97827144456129782258082892

* Caroline Vermalle, « L’avant-dernière chance » :  Une lecture rapide et très plaisante. J’ai aimé le côté road-movie et ses petites touches d’humour, la façon d’être et le côté familier des personnages et le style, plein de retenue et de sobriété de l’auteure. L’avant-dernière chance est un joli roman plein de nostalgie, émouvant et simple.
Merci à Caroline Vermalle de m’avoir fait parvenir son roman.

* Katherine Scholes, « Les amants de la terre sauvage » : Si l’on ne m’avait pas proposé de lire ce bouquin, je dois vous avouer que je ne l’aurais certainement pas choisi puisque son titre qui fait un peu roman Harlequin et sa couverture kitsch avaient déjà tous les ingrédients pour me faire fuir. Et pourtant, ça n’a pas été une lecture désagréable ! Certes, l’intrique amoureuse est nian-nian, assez plate et cousue de fil blanc mais pour le reste, on ne peut pas s’empêcher de penser à « Out of Africa » pour les odeurs, les bruits, les silences habités de la nuit africaine, la lumière douce des lampes à pétrole et la chaude odeur grillée de la savane. Un roman qui donne une folle envie de découvrir le côté sauvage et naturel de l’Afrique (j’ai oublié de le préciser mais ça se passe en Tanzanie, un pays que je rêve de visiter depuis que je suis toute petite !).

* Paola Calvetti, « L’amour secret » : Je ne m’attendais pas à un chef d’œuvre mais à une lecture légère et plaisante… et au final, je me suis ennuyée ! La première moitié est agréable, on découvre l’histoire d’amour secrète entre deux personnes, déjà mariées chacune de leur côté. A la mort du monsieur, trente ans après la fin de leur histoire, sa fille prend contact avec la vieille femme dans l’espoir qu’elle lui raconte tout ce qui s’est passé. Les deux femmes vont alors passer tout un week-end ensemble lors duquel l’histoire va nous être racontée à travers le récit de la vieille femme mais aussi par la lecture des lettres qu’elle écrivait à cet homme. Le problème c’est qu’il y a beaucoup trop de lettres, ce qui fait qu’on a bien du mal à croire vraiment à tout ça. Bref, une œuvre qui est restée un peu trop hermétique pour moi, je suis passée totalement à côté. Dommage !

Merci à Suzanne de Chez les Filles pour ces deux lectures.

♥ Et sinon…

firminbilbograveyard_bookJohn_Fante

* Sam Savage, « Firmin » : Nourri (au sens littéral du terme !) de James Joyce ou de Mark Twain dès la naissance, Firmin développe une sensibilité et une érudition qui détonne chez un rongeur. Passionné de lecture, il goûte, dévore, s’imprègne et souffre de ne pas pouvoir exprimer pleinement son amour des livres. Tandis que le quartier de Scollay Square sombre, ce lecteur incompris et solitaire se souvient du goût de Jane Eyre, se promène dans le Londres de Defoe et discute avec Hemingway. Sam Savage livre ici, dans une prose riche et stylée, parsemée de références diverses, une réflexion mi-amère mi-acide sur sa condition, ses déceptions, ses fantasmes. Le style est léger sans être simpliste et il parvient à composer une histoire un peu banale mais suffisamment juste et finement racontée pour laisser un souvenir agréable.

* J.R.R Tolkien, « Bilbo le Hobbit » : Un roman de Tolkien qui se situe chronologiquement avant la trilogie du Seigneur des Anneaux (lue il y a des années maintenant, avant la sortie des films de Peter Jackson) et qui m’a fait tout autant d’effet ! Le rythme du récit est soutenu, on rentre tout de suite au cœur de l’action, même si dans l’ensemble l’intrigue est évidemment plus simpliste que dans la trilogie. Ce roman est vraiment très plaisant à lire et, non seulement on en apprend beaucoup sur nos personnages préférées du Seigneur des Anneaux, mais en plus, c’est un très agréable parcours initiatique, alliant suspense, aventure, et humour. Un classique à voir dans toute bonne bibliothèque !

* Neil Gaiman, « The Graveyard Book » : L’histoire est simple: un tout petit garçon échappe à un tueur en se réfugiant dans un cimetière. Recueilli par des fantômes et autres créatures crépusculaires, il grandit et, d’incidents en aventures, de bêtises bien intentionnées en gaffes monumentales, il apprend à se faire une place dans son monde – en attendant de rencontrer à nouveau le tueur qui n’a jamais laissé tomber ses recherches… Le style est du pur Gaiman, parfois un peu décousu ou léger, mais toujours délicat et rassurant, teinté d’humour, malgré le sujet. Les illustrations sont, comme dans Coraline, splendides. Un roman à découvrir !

* John Fante, « La route de Los Angeles »: C’est un premier livre, publié seulement après la mort de Fante grâce à sa femme. C’est dans ce roman qu’il créé son personnage récurrent, Bandini, ado mégalo, antipathique, presque sociopathe et livré à lui-même dans une ville portuaire de Californie. Comme toujours dans son œuvre, Fante se raconte, lui, ses frustrations, ses rancunes, ses névroses, ses ambitions, ses rêves, ses colères…. Il en profite au passage pour nous dresser un portrait politiquement incorrect de son pays et de son époque. C’est fulgurant ! J’aime beaucoup le style de narration qu’utilise John Fante et cette impression que le texte est sorti brutalement d’un coup de la plume de l’auteur sans aucune retouche est plus que jamais présente dans ce roman. Impressionnant !

♥ Et pour cet été ?

Je suis actuellement en train de finir Juliet, Naked de Nick Hornby dont je vous parle bientôt !

Dans ma PAL pour la suite :
– Les déferlantes de Claudie Gallay
– Quitter le monde de Douglas Kennedy
– La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano (dont Uwe vous avait parlé dans sa chronique ici)
Où on va papa ? de Jean-Louis Fournier
– Le mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti
Seul le silence de R.J. Ellory
– Le dernier Camille Läckberg, L’oiseau de mauvaise augure (pas encore acheté, mais si quelqu’un l’a lu, parmi vous, vous êtes invités à me laisser vos avis !).
Cadavre exquis de Pénélope Bagieu
– Deux autres BD: L’ultime défi de Sherlock Holmes de Jules Stromboni illustré par Olivier Cotte et Charlotte Gainsbourg mon amour de Fabrice Tarrin (qui a un blog aussi !)

Et vous, vous allez lire quoi cet été ?

Page 1 sur 11

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram