L’Arnacoeur

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Petit bilan ciné du mois de mars

Ce mois-ci, j’ai décidé de présenter ma review ciné d’une manière un peu différente. Pourquoi ? D’abord, parce que je suis quelqu’un qui n’aime pas du tout la routine et je commençais à me lasser un peu de toujours adopter le même schéma. Et ensuite, surtout, parce qu’à la base, je voulais essayer de faire beaucoup plus court que d’habitude… chose à laquelle j’ai lamentablement échoué vu la longueur de ce pavé billet ! Mais je n’abandonne pas l’idée, il faudra que j’essaie de faire bien plus court le mois prochain…

En mars, j’ai vu beaucoup beaucoup de films mais seulement très peu ont vraiment su me plaire et me convaincre. Je n’ai été vraiment emballée que par une petite poignée d’entre eux… espérons qu’avril saura faire mieux !

Mon TOP 5 des films sortis en mars

L_Arnacoeur

N°1: L’Arnacœur de Pascal Chaumeil  ♥♥♥♥
Pour son premier film, Pascal Chaumeil nous offre une comédie romantique française vraiment très réussie et à vrai dire, l’un de mes rares coups de cœur du mois ! Le film passe constamment de la comédie désopilante au romantisme sans qu’aucun des genres ne prenne le pas sur l’autre, un vrai bonheur ! En plus de ça, c’est bien réalisé, bien écrit, bien interprété et tout le film est très rythmé, ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde. Un petit film léger, frais, qui met de bonne humeur… parfait pour commencer le printemps ! Et comment ne pas craquer pour le charme du couple vedette Romain Duris/Vanessa Paradis ? Aussi étonnant que cela puisse paraître le duo fonctionne à la perfection: Duris est vraiment très bon dans son rôle, il en fait des tonnes mais est vraiment très charmant, drôle et touchant, bien plus convainquant que dans les films d’Audiard ! Quant à Vanessa Paradis, quel plaisir de la revoir sur nos écrans, toujours aussi pimpante, malicieuse, légère… elle rayonne tout le long du film ! Les seconds rôles sont également très soignés et tirent carrément leur épingle du jeu, que ce soit le couple Julie Ferrier/François Damiens, hilarants du début à la fin ou même Helena Noguerra en grosse nympho fofolle et exubérante !
Après, évidemment comme dans toute bonne comédie romantique, le scénario est cousu de fil blanc: bien sûr on sait tout de suite comment ça va finir, bien sûr tout est un peu capilotracté mais tout est fait pour nous faire rire et nous divertir, et ça marche vraiment très bien ! Les dialogues sont bien pensés, de nombreuses scènes et répliques sont déjà cultes, on sourit beaucoup, on rit encore plus, on ne s’ennuie pas, c’est bourré de charme et de qualités, bref, c’est LE film à voir pour passer un excellent moment.

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Crazy_Heart

N°2: Crazy Heart de Scott Cooper ♥♥♥
Mon second coup de cœur du mois est également un premier film: celui de l’acteur Scott Cooper qui adapte ici le roman de Thomas Cobb et en restitue un drame lumineux sur fond de musique country. Le film nous emmène à la rencontre de Bad Blake, la cinquantaine bien tassée, chanteur de country qui eut son heure de gloire dans le passé et se retrouve aujourd’hui à écumer les bars et bowlings miteux pour y donner quelques représentations devant un parterre d’amateurs. Sa carrière est en chute libre, tout comme sa condition physique bouffée par l’alcool, jusqu’à ce qu’il fasse une rencontre décisive qui changera sa vie…
Crazy Heart est un très beau film, plein de justesse, l’histoire est vraiment très touchante et parvient à nous emmener très très loin grâce à une palette de comédiens tous plus magnifiques les uns que les autres. Jeff Bridges y est fantastique, éblouissant, attachant et transperce littéralement l’écran… il n’a pas volé son Oscar (désolée pour Colin Firth !). Il forme un inattendu mais très beau duo avec Maggie Gyllenhaal, toujours aussi charmante, juste et prenante. On retrouve à leurs côtés quelques seconds rôles marquants comme Robert Duvall (qui est également l’un des producteurs du film), mais aussi Colin Farrell que j’ai trouvé vraiment très bon (pour une fois !). La bande-originale du film est une pure merveille, magnifique de simplicité et d’humilité. En bref, Crazy Heart est un film touchant, profondément humain et bouleversant. A voir sans hésitation !

The_Ghost_Writer

N°3: The Ghost Writer de Roman Polanski ♥♥♥
Pour tout vous dire, j’attendais avec impatience ce dernier film de Polanski: déjà parce que la BA était vraiment très alléchante et ensuite parce que j’aime beaucoup ses films de manière générale ! Et bien, je n’ai vraiment pas été déçue. Ce film est un excellent thriller politique dont la remarquable cohérence entre le fond et la forme est mise au service des obsessions du réalisateur (sur la ligne entre vérité et mensonge, le pouvoir égotique, le lynchage médiatique, le voyeurisme, la manipulation…).
Le film nous raconte l’histoire d’un ghost-writer (un nègre en français mais là, je préfère carrément la langue de Shakespeare !) qui découvre avec stupeur le passé peu glorieux de l’ex-premier ministre britannique (fortement inspiré de Blair) dont il rédige les mémoires. Sans le vouloir, il se voit plongé dans une affaire plutôt louche et complexe mêlant subtilement corruption, faux-semblants, meurtres inexpliqués et manipulation. A la manière d’un héros hitchcokien, Ewan Mc Gregor se retrouve prisonnier d’un environnement kafkaïen dont il ne connaît pas les codes. Une fois de plus, je dois dire que ce comédien m’a carrément bluffée, il est très convaincant et sa présence faussement crédule et effacée est absolument parfaite. Le reste du casting est également remarquable -de la subtilité impénétrable d’Olivia Williams au cinglant Pierce Brosnan- et ne cesse de brouiller les pistes pour jouer avec le spectateur ! L’atmosphère lugubre et hostile de cette île battue par les vents et les vagues, grisonnante et sombre, et renforcée par la bande-son d’Alexandre Desplat, est glaciale et nous fait parfaitement ressentir l’enfermement et l’isolement du personnage interprété par Ewan McGregor. Mais avant tout, je crois que ce qui m’a le plus plu dans ce film, c’est la mise en scène brillante et magistrale de Polanski qui retrouve ici une ferveur créatrice digne de ses jeunes années. Le film est maîtrisé de bout en bout, la mise en scène est sombre, pesante et renforce l’ambiance inquiétante qui nous colle insidieusement à la peau tout le long du film. Polanski jongle avec brio entre des moments très sombres et lugubres et se paie le luxe de scènes hitchcokiennes jusqu’au bout de la caméra, si parfaites autant sur le fond que sur la forme, que c’en est jubilatoire. Les 5 dernières minutes sont époustouflantes et le dénouement (qui se joue en arrière-plan dans la scène finale) est incroyablement bien amené.
Un excellent thriller, de très haut niveau, et une leçon de mise en scène, à voir sans hésitation.

Dragons

N°4: Dragons de Chris Sanders et Dean Deblois ♥♥♥
Le nouveau film des studios Dreamworks est une fois de plus une vraie petite merveille dont je vous invite sincèrement à ne pas vous priver ! Dragons est à la fois une grande et belle aventure qui se déroule chez les Vikings dans laquelle on suit l’histoire de Hiccup, p’tit geek gars maladroit mais terriblement attachant et courageux, mais c’est avant tout l’histoire d’une amitié vraiment touchante entre Hiccup et son dragon Toothless. Le choix des voix est absolument irréprochable et j’dois dire que j’ai adoré l’accent écossais à couper au couteau de Gerard Butler ^^
En plus de ça, les images sont vraiment superbes, que ce soit le village des Vikings, les dragons eux-mêmes et la sensation de voler dans les airs à dos de dragon est extraordinaire ! L’animation est à couper le souffle (les cheveux, l’herbe, les arbres et même la peau !) et le soin apporté à la réalisation est carrément exceptionnel. Pas étonnant de savoir que l’on doit ce petit bijou aux deux réalisateurs de Lilo et Stitch (d’ailleurs, on reconnaît quelques traits de Stitch dans ceux de Toothless non ?!). Dragons est en fait une sorte de synthèse parfaite du meilleur de chez Disney et du savoir-faire de DreamWorks : un petit bijou d’animation, à la fois drôle, touchant, mignon, spectaculaire, poétique et surtout magique ! A voir absolument.

Bus_Palladium

N°5: Bus Palladium de Christopher Thompson ♥
Je dois l’avouer, en général, j’aime beaucoup ce que fait Christopher Thompson. Et je ne dis pas ça uniquement parce que c’est presque mon voisin (page people: c’est fait) ! J’ai toujours trouvé ses précédentes collaborations (avec sa maman surtout) plutôt réussies, notamment au niveau de l’écriture et du scénario. Et bizarrement, c’est là où son premier long pêche un peu ! L’histoire est assez convenue, un peu facile et le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Mais quand même ! Bus Palladium, sans être exceptionnel, est un bon petit film, très sympa et qui se laisse bien regarder: la mise en scène est charmante, fraîche, sans prétention et doucement mélancolique (de la post-adolescence, des 80’s…). Une réussite !
Côté casting, pas d’erreur non plus : Marc-Andréééééééé ♥ (Grondin) est génial -mais je ne suis pas objective, j’adore cet acteur graouuuu- une fois de plus, très juste et naturel dans cette espèce de rock attitude qui lui colle à la peau, et une troupe de jeunes comédiens assez bons qui apportent tous leur petite pierre à l’édifice. Et +++ pour la musique du film de Yarol Poupaud, vraiment chouette et accrocheuse. En bref, ce n’est pas un chef d’œuvre, mais le film se laisse bien regarder quand même (et fallait bien que je mette un numéro 5 dans mon top 5, j’aurais pas eu l’air maline sinon !).

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Sinon, j’ai également vu et plutôt aimé…

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* Precious de Lee Daniels
Un film que je n’avais pas spécialement l’intention de voir à la base, mais dont les diverses bonnes critiques ont eu vite fait de me convaincre. Résultat: j’ai effectivement trouvé que c’était un bon film, et principalement, grâce au casting pour le moins convaincant, que ce soit l’actrice principale, Gabourey Sidibe ou la comédienne qui joue sa mère, Mo’nique (qui a d’ailleurs eu l’Oscar cette année), que l’on a envie de dézinguer dès la première scène et qui est vraiment archi-convaincante dans son rôle de marâtre qui brutalise et laisse violer sa fille… On retrouve aussi Lenny Kravitz en infirmier sympa (et sexxxxxy) et Mariah Carey, méconnaissable et étonnante dans un rôle d’assistante sociale à contre-emploi. Ce que j’ai principalement aimé dans le film c’est que malgré le sujet mélodramatique s’il en est, il ne sombre jamais dans le pathos, la guimauve ou la larme gratuite… Vu le sujet, c’est assez exceptionnel pour être signalé !

* Daybreakers de Michael et Peter Spierig
Daybreakers est un bon petit film post-apocalyptique dont l’idée de base est déjà plutôt chouette: ça se passe en 2019, 10 ans après une épidémie qui s’est propagée à grande vitesse parmi l’humanité, ne laissant que deux choix, devenir un vampire ou être utilisé comme tête de bétail pour fournir du sang. Le scénario est donc a priori vraiment intéressant et le film est desservi par un assez bon casting, que ce soit Ethan Hawk très sobre, juste et convaincant, Sam Neil, dans son rôle de pervers manipulateur, avide de sang et totalement flippant ou Willem Dafoe, une sorte de gros bourru prêt à tout. La mise en scène classique renvoyant à la fois au film de vampire, à la science-fiction, au polar et au film d’épouvante est assez efficace, on ne voit pas le temps passer et le film est plutôt bien rythmé. Malheureusement, même si le film regorge de bonnes idées et de trouvailles visuelles, son message est un peu gâché par le ridicule de certaines scènes, des dialogues qui sonnent un peu creux par moments, certains raccourcis scénaristiques et une fin bâclée en 5 minutes. Un bon film, donc, mais à qui il manque un p’tit plus pour être une référence du genre.

* Pièce Montée de Denys Granier-Deferre
Loin d’être la comédie de l’année, Pièce Montée est un petit divertissement qui s’en sort honorablement grâce à un casting plutôt bien senti et particulièrement les personnages de Jean-Pierre Marielle et Danielle Darrieux qui forment un couple vraiment très émouvant, touchant et attendrissant. Pour le reste, j’ai toujours beaucoup de mal avec Clémence Poésy qui réussit tout de même l’exploit de se foutre à poil lors de la première scène du film… faut le faire ! Remarque, c’est vrai qu’elle n’a pas franchement grand chose d’autre pour convaincre… je suis méchante, je sais. En revanche, le film, lui, ne l’est pas assez, je l’aurais aimé plus caustique, plus ironique, plus cinglant. De plus, il n’évite pas le lot de clichés habituels sur les mariages et certains personnages et situations sont un peu (trop) caricaturaux pour qu’on y croit vraiment. Mais globalement le film se laisse bien regarder et tient plutôt pas mal la route quand même !

* La Rafle de Roselyne Bosch
La Rafle est une œuvre qui a le mérite d’exister, mais qui n’a pas non plus toutes les qualités qu’on lui a vantées. Tout au long du film, on a comme l’impression de n’être qu’un témoin impuissant de cet épisode comme si on lisait un livre d’histoire relatant des faits sans la moindre émotion. Dès l’instant où débute l’arrestation, les scènes se succèdent, mais jamais le spectateur ne se sent vraiment impliqué (si ce n’est lors de la scène finale). La réalisatrice a souhaité tout montrer, tout expliquer pour viser le plus grand public possible (ce qui est tout à fait louable), mais du coup on a le sentiment de voir plus une œuvre à but pédagogique, qu’un film. Au delà de ça, les comédiens parviennent à rester très sobres et humbles pour se mettre au service du film et du propos. Je dois avouer que j’avais quelques craintes par rapport à Gad Elmaleh et Jean Reno (notamment), mais je les ai trouvés assez justes et tout en retenue. Ouf ! En revanche, pour ne pas changer, ce qui m’a vraiment gênée c’est l’omniprésence de Mélanie Laurent dans toute la seconde partie du film et qui, une fois de plus, a les mêmes gestes, la même façon de parler et de jouer que dans tous ses autres films. Du coup, elle n’apporte pas grand chose à son personnage, ni au film, si ce n’est une espèce de lourdeur vraiment malvenue. Mais quand même, c’est un film à voir une fois.

* Les invités de mon père d’Anne Le Ny
Un film très simple mais efficace et assez intéressant dans son approche. L’intrigue se met en place et installe, dès les premières minutes, un séisme qui va ravager les rouages bien huilés d’une famille et dont les conséquences ne pourront être mesurées qu’à la fin ! Dans cette chronique familiale, la réalisatrice se joue assez bien des clichés en les faisant et les défaisant tour à tour pour finalement laisser place à une vraie réflexion sur la famille, sur l’étranger, sur la tolérance et ses limites avec beaucoup de justesse et d’intelligence. Ici, personne n’a raison ou tord, chaque point de vue se tient et du coup, ça nous met dans une position où l’on est bien incapables de juger ! De plus, la distribution est vraiment bonne, particulièrement le duo Karin Viard  (en fille et épouse modèle qui voit le monde s’écrouler autour d’elle) /Fabrice Luchini (plus sobre que jamais et vraiment excellent) qui apporte au film une bonne dose de tendresse et d’humour. Un film assez réussi au final, même si je l’aurais préféré encore plus corrosif. A voir !


Trouvé pas mal mais pas exceptionnel

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* L’Immortel de Richard Berry
Le dernier film de Richard Berry m’a laissé une impression assez mitigée. J’ai aimé cet aspect polar nerveux et très noir dans lequel on attend juste du personnage principal qu’il aille dérouiller tout le monde sans plus attendre ! On peut aussi saluer quelques petites trouvailles de mise en scène même si globalement la réalisation est parfois un peu lourde et maladroite. Côté casting, c’est pareil, il y a du bon et du moins bon : Jean Reno et Darroussin tirent leur épingle du jeu, mais Kad Merad semble un peu dépassé par les évènements, tout comme Marina Foïs qui écope d’un personnage un peu trop effacé pour qu’on s’y intéresse vraiment (malgré plusieurs scènes visant clairement à créer de l’empathie pour son personnage… en vain). Au final un bon film, noir et assez fort et qui, malgré ses défauts, a le mérite de ne pas prétendre être ce qu’il n’est pas !

* Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton
Un film qui m’a beaucoup déçue et même si je partais sans a priori, j’en attendais quand même beaucoup beaucoup plus. Certes, tout n’est pas à jeter dans cette nouvelle adaptation. Le film est un enchantement visuel: tout est magnifique, les personnages sont très travaillés et les paysages sons vraiment très proches de ce que j’avais en tête. Mais, au delà de ça, j’ai trouvé l’histoire vraiment naze, le scénario est très décevant nous livrant une pseudo-prophétie aboutissant à une bataille finale clichée au possible sans souffle et aucunement dans l’esprit burtonien. La psychologie des personnages est à peine esquissée (le passé du Chapelier est à peine évoqué, pourquoi ne pas avoir raconté les étapes qui l’ont mené à la folie ?). Même s’ils sont sympathiques (sauf Anne Hathaway/la Reine Blanche et sa gestuelle maniérée insupportable), on a la désagréable impression qu’ils sont juste là pour faire office de présence, et on a du mal à s’attacher à eux. Où est passé le côté absurde et dingue des personnages ? Même dans le « vieux » dessin animé de Disney, on perçoit beaucoup plus l’absurdité et le côté un peu fou de l’univers créé par Lewis Caroll ! Ici, tout est trop facile, trop simple, trop lisse, trop grand public, trop cousu de fil blanc, presque manichéen par moments et vraiment hyper convenu. Mais est-ce vraiment étonnant d’un film dont c’est Avril Lavigne qui fait la B.O ?! Pourquoi pas Lorie tant qu’on y est ?

* Tête de turc de Pascal Elbé
Pascal Elbé, acteur injustement relégué aux seconds rôles, passe de l’autre côté de la caméra et réalise avec Tête de turc son tout premier long-métrage, qu’il a lui-même écrit. En nous montrant le quotidien d’une cité de banlieue, il dresse une critique sociale mélangée à une sorte de polar urbain dans lequel des destins se croisent, s’entre-croisent et forcément… c’est le drame ! Le film n’est pas dénué d’intérêt, loin de là, mais on se demande bien où a voulu en venir Pascal Elbé au final. Il brouille les pistes et nous fait nous interroger sans vraiment s’impliquer totalement. Une première réalisation mitigée, donc, assez imparfaite malgré une agréable distribution.

Trouvé très moyen

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* Thelma, Louise et Chantal de Benoît Pétré
La première partie (le road movie) est plutôt bonne, assez intéressante et désopilante grâce à quelques dialogues assez frais et savoureux, et à une brochette de personnages vraiment chouettes mais qui auraient franchement mérités un peu plus de travail ! Les trois comédiennes principales jouent d’ailleurs vraiment bien, avec une mention spéciale pour Caroline Cellier (qu’on ne voit pas souvent au ciné) et son personnage ironique, vulgaire et second degré, vraiment drôle ! Dans la dernière partie, en revanche, on se demande où le metteur en scène veut emmener son film car ça part un peu dans tous les sens et on ne sait plus bien quel est le sujet. Autant le début était assez drôle, touchant et légèrement mélancolique, autant la suite est caricaturale et poussive avec des tonnes de rebondissements qui créent une sensation d’invraisemblance. Un film vraiment très bancal donc, qui ne restera dans ma mémoire que grâce sa B.O vraiment très réussie (des reprises de vieux tubes -par Keren Ann- que j’écoutais sur RTL pendant mon enfance et qui m’ont rappelé beaucoup de souvenirs).

* The Men who stare at goats de Grant Heslov
Un film très inégal duquel j’avais quelques attentes et qui m’a grandement laissée sur ma faim. Il faut dire que l’histoire en elle-même n’a pas grand intérêt et la lecture du roman m’avait déjà laissée relativement perplexe (beaucoup trop de longueurs). On retrouve le même défaut dans le film qui manque cruellement de rythme et dont le scénario s’essouffle vraiment super rapidement. De plus, contrairement à ce que laissait supposer la bande-annonce, certains gags sont assez bons mais ce n’est jamais vraiment hilarant. On sourit plus qu’on ne rit. Alors, certes, sur le papier, il y a beaucoup de second degré mais le film ne va jamais assez loin. Un peu comme si le metteur en scène avait voulu nous dire: « Ahahah tu vois, c’est du second degré là ? c’est drôle hein ? ». Bah, euh… non. Il en fallait un chouïa plus pour faire décoller le film. Côté casting, en revanche, rien à redire: McGregor est bon, George est génial (je le préfère définitivement dans le registre de l’auto-dérision, ça donne du corps à son jeu !), Kevin Spacey et Jeff Bridges complètement allumés mais excellents. Malheureusement, cette belle affiche ne suffit pas à sauver le film et la sauce a bien du mal à prendre… Dommage.

* Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron
Vraiment déçue par ce thriller dont la bande-annonce laissait présager un résultat bien meilleur… Magimel est bon, égal à lui-même mais pas vraiment surprenant et F-X Demaison n’est pas crédible une seconde… Le reste du casting est assez effacé, que ce soit Julie Gayet ou Léa Seydoux, et on se demande bien ce qu’elles font là ! Le scénario est truffé d’invraisemblances, d’approximations et de dialogues creux, lourds et nuls… Mention spéciale pour le: « Tu vas chez Kiloutou et tu loues un camion… », qui je dois le signaler, a réussi a faire hurler de rire toute la salle quand même ! Bref, aussitôt vu, aussitôt oublié.

* Bad Lieutenant-Escale à la Nouvelle-Orléans de Werner Herzog
Avec ce nouveau Bad Lieutenant, là où je m’attendais à du licencieux, du politiquement incorrect, du délire sans quasi aucune limite, je n’ai trouvé qu’ennui et déception. Dans ce remake, il n’y a ni rythme, ni intensité, ni saveur. Obstruée par l’omniprésence du personnage principal (joué avec une certaine gouaille par un Nicolas Cage assez convaincant), l’intrigue ne parvient ni à se sublimer, ni à vraiment décoller à aucun moment. Hormis quelques scènes intéressantes, il n’y a aucun passage réellement captivant et on s’y ennuie à mourir… Seul point positif, c’est que du coup, ça m’a cruellement donné envie de voir la version originale d’Abel Ferrara avec Harvey Keitel pour rattraper un peu cette déception.


Pas aimé

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* Chloé d’Atom Egoyan
Pour ceux qui n’ont vu ni le film, ni la bande-annonce, sachez qu’il sagit du remake d’un film d’Anne Fontaine, Nathalie. Là où Nathalie était sulfureux, malsain, tout dans le sous-entendu et l’implicite, Chloé est dans l’explicite et nous montre tout avec de gros fils blancs, au cas où l’on aurait pas bien compris ! En fait, l’histoire a été complètement modifiée, ils n’ont gardé que le postulat de départ. Du coup, le film est bidon de A à Z, bourré de longueurs inutiles et lourdes et pas crédible une seconde. La mise en scène est classique, rien à redire, et la fin est bâclée et part dans le n’importe quoi… J’ai l’impression que ce film est beaucoup (trop ?) basé sur le physique d’Amanda Seyfried et malheureusement, au-delà de ça, il n’y a pas grand chose. Liam Neeson est quasiment absent et la prestation de Julianne Moore n’est pas assez convaincante pour sauver le film du naufrage. La seule chose agréable, c’est la maison du personnage de Julianne Moore qui fait baver d’envie et tous les intérieurs de cafés et restos plutôt sympas qui m’ont rappelé beaucoup de souvenirs de Toronto. Et puis, j’ai trouvé le personnage de Chloé beaucoup trop jeune pour que ce soit crédible, on a l’impression qu’elle va se jeter dans les bras de Julianne Moore en criant « mamaaaaan ! ». J’exagère un peu, mais pas tant que ça…

* Blanc comme neige de Christophe Blanc
J’ai rarement vu un thriller aussi indigent ! Heureusement que Cluzet – et encore il n’est pas au meilleur de sa forme – soutient à lui seul un scénario absent et un casting aussi pâle qu’un cageot d’endives, et particulièrement Louise Bourgoin, qui n’aurait jamais du quitter son poste de miss météo parce que franchement, c’est là qu’elle était la plus convaincante… La mise en scène est vieillotte et prétentieuse (quel est l’intérêt d’aller faire une scène finale en Finlande à part pour se la raconter ?! ça n’apporte rien au propos !), le film n’est absolument pas crédible, l’histoire n’a aucun intérêt et part complètement en déconfiture. Bref, un film à éviter absolument sous peine d’un ennui vraiment mortel.

* Tout ce qui brille de Géraldine Nakache et Hervé Mimran
Je vais encore passer pour une extraterrestre étant donné les salves de critiques positives que j’ai pu lire un peu partout sur le net mais qu’importe, je n’ai pas aimé Tout ce qui brille et j’assume ! Là où tout le monde crie au génie, je n’ai vu qu’un film creux, lisse, factice, sans relief et parfois même ridicule. Le duo de filles est absolument horripilant: leur façon de parler (non, de gueuler, de hurler, pardon… c’est un peu le propre des gens qui ne savent pas se faire entendre autrement non ?) est insupportable, leur agressivité permanente m’a profondément agacée, leur superficialité m’a semblé pathétique et tellement banale… Géraldine Nakache a mis 3 ans à écrire son scénario… euh, pardon, 3 ans pour ça ? Pour des dialogues d’une facilité affligeante qui se répètent en boucle du début à la fin du film ? Pour des personnages insipides et superficiels ? Mouais… Seuls quelques personnages secondaires ne m’ont pas fait cet effet, que ce soit le papa de Géraldine Kakache ou la petite sœur d’Alexandra Lamy qui est assez drôle en brute de décoffrage qui ne prétend pas être autre chose que ce qu’elle est. Pour couronner le tout, j’ai détesté la  B.O du film, ridicule et complètement kitsch et ringarde, qui tourne en boucle pour combler les blancs. Les intrigues secondaires ne servent le propos que pour en accentuer la vacuité, certains éléments du film sont répétés en boucle et ne servent strictement à rien (j’ai adorrré leur petit jeu sur « Jobi ? Joba ! » que l’on voit répété 3 fois, au cas où une fois n’aurait pas suffi, alors qu’on l’a déjà vu 15 fois dans la bande-annonce). Bref, c’est un film qui sent le sponsoring Pathé (TF1 ?), bavard, fade, creux et qui manque énormément de profondeur. Une façade vide, sans grand chose derrière.

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Et enfin, last but not least, la palme du film qu’il ne fallait surtout pas voir en mars revient à… Nine de Rob Marshall !

Nine

Avant d’aller voir le film, la note de 1/4 presse m’avait, je l’avoue, largement refroidie, mais étant une grande fan du film (et de la comédie musicale) Chicago, j’avais envie de donner sa chance au nouveau film de Rob Marshall. Et bien, j’aurais mieux fait de m’abstenir ! Ce film est un véritable gâchis. J’ai eu comme l’impression que Rob Marshall avait voulu faire un Chicago 2 en se basant sur le film de Fellini 8 ½ et en y rajoutant une flopée de scènes musicale de son cru et un casting de comédiennes 4 étoiles. Le seul problème c’est que tout ce mélange n’a ni queue ni tête. Nine se voulait un hommage au cinéma de Cinecittà et au maestro Fellini mais n’accouche que d’une mélasse vulgaire mal construite dans laquelle tout n’est que cliché et poudre aux yeux, et où l’on est très vite aveuglé par tant de ridicule. Ça pue le gros coup marketing derrière lequel il n’y a rien, que du vent !
A commencer par les chansons qui sont vraiment nullissimes, pompeuses, niaises et pathétiques, tant au niveau des paroles « I love cinema italianooooo », « my husband makes moooovies » –non, tu déconnes ? et ta sœur, elle bat le beurre ?-, que de la musique (aucune mélodie accrocheuse), des arrangements (mauvais) et des chorégraphies (ridicules). Les multiples transitions rêve/réalité sont brutales et super mal faites, le scénario est un réel désastre, contrairement à Chicago qui arrivait à conjuguer esthétisme et histoire intéressante et riche. Dans Nine, les scènes musicales sont souvent inutiles et n’apportent rien au film et la mise en scène essaie d’en mettre plein la vue, alors que Rob Marshall n’est définitivement pas Bob Fosse !
Aligner une ribambelle de comédiens oscarisés pour leur faire faire leur numéro scolaire les uns après les autres ne suffit pas à créer l’étincelle. Le casting est mal exploité et bidon sur toute la ligne: Nicole Kidman est presque absente et n’apparaît que pour montrer les effets de sa dernière séance de Botox dans des costumes atroces et ridicules, Penélope Cruz est vulgaire au possible (elle a tout simplement l’air d’une pute dans la scène où elle chante et sincèrement, c’est limite si on voit les détails de son entrejambe… non mais beurk !!!). Judy Dench s’en sortait très bien jusqu’à ce qu’on lui colle un costume de débutante au Lido pour la faire chanter une chanson cheap du plus mauvais goût et Sophia Loren (qui aurait mieux fait de jouer dans La Momie 4) est juste terrifiante. Pour le reste, le personnages de Kate Hudson (qui n’existe pas dans le film de Fellini mais qui a été rajouté parce que Marshall est copain avec la maman de Kate !) est insignifiant et celui de Fergie est quasiment inexploité (heureusement, elle chante plutôt pas mal et sa chanson est la seule qui reste en tête après le film !). Daniel Day-Lewis, quant à lui, fait ce qu’il peut mais l’affubler d’un accent italien ridicule est une offense faite à son talent. Quant à Cotillard, je ne peux pas la blairer, mais il faut reconnaître que son personnage est l’un des rares à avoir un peu d’épaisseur donc c’est encore elle qui s’en sort le moins mal ! En revanche, quand on lit la critique d’un magazine spécialisé (Studio CinéLive pour ne pas le citer) affirmer que « Si le cœur de Nine bat, c’est bien grâce à elle (ndlr Marion Cotillard) », on se demande sincèrement de qui ils se foutent !
Bref, dans ce film, c’est comme si tout le génie du cinéma italien des années 60 avait été broyé par la machine Broadway/Hollywood pour en devenir un produit de consommation à ingérer et digérer rapidement. Ce qui se voulait être un hommage n’est qu’une resucée sans glamour ni burlesque, porté par une réalisation lourde et hachée. Nine tente d’illustrer l’impuissance créatrice d’un cinéaste et d’un certain point de vue, c’est réussi, puisque le film est incapable de susciter la moindre émotion. N’allez pas jusqu’à Nine, arrêtez-vous plutôt à Huit et demi

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Little Miss Chatterbox

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