« La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov »

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Bilan des expos de la semaine: de la Russie à Singapour

Encore deux expos vues cette semaine dont je n’ai pas eu le temps de vous parler ici: « La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov » au Musée de la Vie Romantique et « Baba Bling – Signes intérieurs de richesse à Singapour » au Musée du Quai Branly.

Pour commencer quelques mots sur la toute nouvelle exposition proposée par le musée de la Vie Romantique: « La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov », qui m’a beaucoup déçue. Et pourtant, rien que le titre avait de quoi m’affoler et me donner envie de m’y précipiter (suis passionnée par la culture russe, j’vous le rappelle !). L’affiche nous dit qu’il s’agit d’une sélection d’œuvres du romantisme russe présentée pour la première fois à Paris. L’expo nous propose 80 peintures et dessins, sculptures et objets d’art prêtés exceptionnellement par la galerie nationale Tretiakov de Moscou (musée national fondé en 1856 à Moscou par Pavel Tretiakov, un industriel et mécène d’exception). Ces œuvres témoignent de la puissance impériale retrouvée après les dramatiques campagnes napoléoniennes, lorsque le tsar Alexandre Ier puis son frère Nicolas Ier prônent une identité nationale féconde, qui puise ses racines bien au-delà de l’emblématique anneau d’or. Ainsi s’est immortalisée une Russie romantique aux chefs-d’œuvre intemporels, traduite ici par d’éclatants portraits signés Karl et Alexandre Brioullov, Kiprensky ou Sokolov, des paysages sourds de Vorobiev et Ivanov, de poétiques intérieurs de Tikhobrazov et Antonov, des trompe-l’œil et bas-reliefs de Fedor Tolstoï.

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Sur le papier, il y avait donc largement de quoi se réjouir non ? Et pourtant, cette expo m’a franchement déçue car même si les œuvres présentées sont loin d’être dénuées d’intérêt (particulièrement si l’on s’intéresse un peu à la culture russe, ne nous le cachons pas), on n’apprend pas grand chose si ce n’est ce que nous explique très brièvement le seul et unique panneau situé dans la première salle: ce sont là les premiers tableaux russes qui ne sont pas des œuvres religieuses (mais si vous aviez vu l’exposition « Sainte-Russie » au Louvre -dont je vous parlais ici il y a quelques mois-, c’était très bien expliqué) et qu’ils s’inscrivent dans une période de renouveau, au même titre que les écrits de Gogol, Pouchkine ou Lermontov. Et c’est tout ? Et oui. Une expo qui laisse sur sa faim donc, j’étais venue chercher quelque chose que je n’ai pas trouvé.

Galerie Tretiakov, Moscou

Durant le parcours, on a parfois du mal à comprendre la cohérence de l’ensemble, on s’amuse (façon de parler) à chercher un sens, un thème, une chronologie dans chaque salle, à essayer de deviner ce qui se cache derrière la présence de telle ou telle œuvre… mais rien ne nous est donné. Rien. Alors, certes, c’est un petit musée, l’endroit est joli comme tout et a un charme suranné qui raisonne dans chaque craquement de son vieux parquet, le salon de thé est vraiment très agréable MAIS ce n’est pas une excuse pour faire payer un billet d’entrée à 7€ pour voir une exposition où l’on nous donne quelques tableaux et sculptures à voir par ci par là, et basta. Mouais… Je vous avouer que cela m’a laissée perplexe et même si j’aime bien ce musée pour tout un tas de raisons, je trouve ça un peu fort. Après, si vous souhaitez aller y faire un tour, je peux le comprendre mais au moins, vous serez prévenus !

C’est où ?
« La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov »
Musée de la Vie Romantique
Hôtel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal (9è) – M° Saint-Georges ou Pigalle.
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.
Jusqu’au 16 janvier 2011.
Tarifs: 7€ / 5€ / 3€
Site du musée.

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Autre expo visitée cette semaine: « Baba Bling signes intérieurs de richesse à Singapour » (et en Malaisie) au musée du Quai Branly. Une très jolie exposition dès lors qu’on s’intéresse aux arts décoratifs ET qu’on est curieux de tous les p’tits détails de la vie quotidienne de cultures qui n’ont rien en commun avec la nôtre.

L’exposition nous emmène donc à la rencontre d’une communauté d’immigrés qui a créé une culture unique en laissant sa propre culture d’origine s’imprégner des influences, coutumes et croyances de leur pays d’adoption. C’est vraiment très intéressant ! A Singapour, le terme « Baba » désigne un « homme chinois » et, par extension, les descendants des communautés chinoises qui se sont intégrées dès le XIVè siècle dans le sud est asiatique et qui ont incorporé au fil des siècles de nombreux aspects de la culture malaise dans leur culture d’origine (pour info, le « Baba » désigne aussi le chef de famille qui a intégré des éléments de la culture européenne, via ses parents et ses grands parents pendant la période coloniale). L’Asie du Sud-Est a été un carrefour commercial qui a attiré de nombreux marchands. Certains d’entre eux s’y installèrent et se marièrent avec des femmes de la population locale. Le terme malais Peranakan – qui signifie « enfant de » ou « né de » – est utilisé pour faire référence aux enfants de ces couples mixtes. Par extension, il désigne les différentes communautés d’immigration ancienne en Asie du Sud-est, qui ont incorporé de nombreux aspects de la culture malaise dans leur culture. Les Peranakan comprennent plusieurs groupes ethniques d’origines indiennes et chinoises.

L’exposition, qui présente la collection unique au monde du musée Peranakan, se concentre sur les Peranakans aux origines chinoises et malaises – les « Baba » donc – qui forment le groupe le plus large. Elle propose un ensemble d’environ 480 pièces de la culture luxueuse et raffinée de ces communautés chinoises implantées à Singapour. Les objets présentés – mobilier, textiles ornés de perles et de broderies, porcelaine… – qui empruntent leurs formes, motifs et couleurs aux cultures chinoises et malaises, marquent l’identité des Peranakan. Ils datent pour la plupart de la fin du XIXè siècle ou du début du XXè siècle. Cette période correspond à un important essor économique ayant permis à de nombreuses familles chinoises de Singapour de s’enrichir. Elle marque ainsi l’apogée des communautés Peranakan qui s’est matérialisée en partie par un art de vivre dont la maison était le cœur et le signe extérieur le plus important. C’est pourquoi le fil directeur choisi pour cette expo est la maison « Baba », témoin le plus concret de l’identité culturelle des « Baba », tant par son architecture ou ses couleurs que par l’agencement des pièces et des objets présentés à l’intérieur.

L’exposition propose un parcours organisé en « period rooms » avec une scénographie originale reposant sur l’évocation et la création d’atmosphères particulières propres à cette culture. En effet, le choix des couleurs (rose et vert notamment), l’aménagement et la décoration des pièces par des mobiliers et objets « métisses » mixant style chinois, européen et malais sont représentatifs du mode de vie des « Baba » et de l’histoire très particulière de cette communauté. Voyez plutôt:

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Visuellement, c’est sublime, plein de vie et de couleurs, la scénographie est bien faite et intelligemment conçue, les objets mis en avant sont intéressants, tout est prétexte à une histoire ou à une tradition, et surtout à l’émerveillement et à la découverte, car on est bien bien loin de notre quotidien occidental ! Et contrairement à l’exposition dont je vous parlais juste au dessus, ici tout est expliqué et avec de multiples détails, en plus. Chaque objet a une signification ou une utilisation précise et des tas d’encarts spécifiques ont été créés pour ne pas nous laisser dans l’obscurité. Après, si vous êtes de gros curieux, vous pouvez aussi télécharger l’audioguide ici (3€) ou le guide iPhone ici (2€99). Mais ça se visite très bien sans aussi. Ouf ! On en apprend donc beaucoup sur une culture singulière et très riche, tout en en prenant plein les yeux. Vous dire que cela donne envie de s’évader en Asie serait un doux euphémisme ! Et si vous avez des enfants, des tas d’animations et d’ateliers ont été imaginés pour eux, ça devrait leur plaire. A voir.

C’est où ?
 » Baba Bling – Signes intérieurs de richesse à Singapour »
Musée du Quai Branly- Galerie Jardin
37, quai Branly (7è) – RER Pont de l’Alma
Ouvert les mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h et les jeudi, vendredi et samedi, de 11h à 21h. Fermé le lundi sauf pendant les vacances scolaires (toutes zones).
Plus d’infos sur le site du musée.
Jusqu’au 30 janvier 2011.

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