La Collection Brukenthal

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Une saison flamande à Paris

Je vous offre aujourd’hui un billet avec deux expos pour le prix d’une ! Comme je l’avais dit, j’ai profité de mes vacances de Noël pour aller visiter deux expositions qui me faisaient de l’œil depuis un moment: « Bruegel, Memling, Van Eyck… » – La Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André et « L’Âge d’Or Hollandais – De Rembrandt à Vermeer » à la Pinacothèque.

Petit tour d’horizon de cette saison flamande à Paris…

« Bruegel, Memling, Van Eyck… » La Collection Brukenthal au Musée Jacquemart-André
L’expo nous présente une petite cinquantaine de tableaux de la collection de Samuel von Brukenthal (1721-1803) -un favori de Marie-Thérèse d’Autriche- qui sortent pour la première fois du musée de Sibiu en Roumanie pour atterrir au Musée Jacquemart-André jusqu’au 11 janvier.

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De très belles peintures principalement de l’école flamande, italienne (dont un Titien et un Lorenzo Lotto) et allemande de la collection sont exposées au cours d’un parcours à la fois chronologique et thématique, avec des portraits, des peintures de paysage, des peintures mythologiques, des natures mortes… Comme toujours, l’exiguïté des salles d’exposition du musée forment un bel écrin à ces primitifs flamands mais le revers de la médaille, c’est qu’il faut s’armer de patience pour pouvoir ne serait-ce qu’approcher les œuvres et en admirer les détails.

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Malgré ça, j’ai trouvé l’expo intéressante car on y trouve des œuvres particulièrement remarquables comme le délicieux « Homme au chaperon bleu » réalisé par Van Eyck (qui se trouve sur l’affiche) dont la sobriété de la toile et l’expression pensive et mélancolique du personnage en font une œuvre très attachante… Ou encore un Jordaens rarissime en clair-obscur, des miniatures de gouache sur parchemin de Joris Hoefnagel, un adorable Frans Van Mieris de la taille d’une carte postale (un soldat représenté de profil, se retournant pour regarder le spectateur d’un air malicieux, dans l’embrasure d’une fenêtre peinte en trompe-l’œil… je vous l’ai mis ci-dessous), le « Massacre des Innocents » de Pieter Bruegel l’Ancien dont j’ai toujours aimé les personnages et paysages quasi naïfs, un Titien donné au collectionneur par l’impératrice Marie-Thérèse….

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L’expo est très intéressante et nous offre un éventail remarquable de la peinture flamande du XVè au XVIIè siècle, mais je l’ai tout de même trouvée un poil trop courte (c’est bouclé en une demie-heure) et pour le prix, ça fait toujours tirer un peu la langue. Comme je vous le disais, j’y suis allée pendant les vacances de Noël et même en ayant un billet coupe-file de la première heure du matin, les salles étaient déjà remplies (la joie des groupes) ce qui a rendue la visite très difficile sachant qu’en plus les salles sont très sombres (les étiquettes aussi) et les tableaux dans des formats très petits. La foule a surement été attirée par l’affiche et ses 3 grands noms de peintres célèbres alors qu’ils sont à peine présents dans cette collection (il y a beaucoup de seconds couteaux d’intérêt limité). Pas très optimales comme conditions de visite, je le reconnais, et heureusement que j’avais pensé à télécharger l’audio-guide sur le site avant de m’y rendre, sinon je n’en aurais pas autant profité. Le mini-site de l’expo est également très bien fichu, je vous le conseille.

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« L’âge d’or hollandais – De Rembrandt à Vermeer » à la Pinacothèque
En partenariat avec le très chouette Rijksmuseum d’Amsterdam, la Pinacothèque de Paris présente plus de 130 œuvres, dont une soixantaine de tableaux, qui offrent une rétrospective intéressante du XVIIè siècle hollandais.

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Pourquoi cette période ? Parce que l’âge d’or hollandais (le XVIIè siècle) est l’une des périodes les plus intéressantes de l’histoire de l’art et aussi l’une des plus riches en sujets et techniques picturales. L’Eglise calviniste des Pays-Bas étant un ordre iconoclaste, la peinture religieuse a perdu progressivement sa prépondérance et les sujets se sont diversifiés. C’est pourquoi à partir de cette période, on observe de plus en plus l’apparition de peintures de scènes du quotidien, mais aussi de portraits ou de portraits de groupe ainsi que de vanités ou de natures mortes. La plupart des artistes hollandais se sont spécialisés: Franz Hals dans le portrait, Paulus Potter dans les peintures d’animaux et Vermeer dans les scènes du quotidien… Maître absolu de cette période, Rembrandt a su, quant à lui, rester un artiste plus polyvalent et c’est ce qui a, en partie, fait son succès, ainsi que ses fabuleux clairs-obscurs, largement inspirés par le travail du Caravage.

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L’expo est vraiment très bien faite et intéressante. Petit bémol quand même, comme à Jacquemart-André, méfiez-vous du petit effet d’affiche: de Rembrandt, on ne trouve que cinq ou six œuvres exposées, et de Vermeer, une seule. On y croise malgré tout de très belles œuvres comme « Une femme à sa toilette » de Jan Steen, mais aussi les vanités devenant natures mortes de Pieter Claesz, de merveilleux portraits de Franz Hals, Paulus Potter et ses chevaux, Pieter de Hooch et ses fêtes de villages, Jan van Goyen et ses paysages d’hiver, etc…

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Les petits + : L’exposition est beaucoup plus conséquente (près de cent trente pièces dont une soixantaine de tableaux et une trentaine d’œuvres graphiques) que celle du Musée Jacquemart-André et les conditions de visite sont bien plus agréables. La mise en valeur des toiles par la lumière est très belle et semble parfois venir des peintures elles-mêmes. L’exposition est assez diversifiée puisqu’elle nous présente également quelques objets du quotidien (tapisseries, faïences, miniatures en bois, argenterie…) qui replacent les œuvres dans les maisons où elles étaient accrochées.

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Sachez quand même que les encarts explicatifs sont essentiellement contextuels donc je vous recommande vivement de télécharger l’audio-guide sur le site avant de visiter l’expo. Si vous pouvez, je vous conseille également de vous procurer en amont de l’exposition le hors-série du Figaro qui est plutôt bien fait et donne à la fois une vision détaillée de l’époque mais aussi des peintres, des toiles et certaines interprétations. Ça fait gagner du temps sur place ! Pour le reste, je ne saurais que vous recommander d’y aller en semaine pour éviter la foule. Vous avez encore jusqu’au 7 février ! Moi, j’ai hâte de voir la prochaine expo proposée par la Pinacothèque à partir du 19 février: « Munch ou l’anti-cri » ^_^

C’est où ?
* « Bruegel, Memling, Van Eyck… – La collection Brukenthal »
Musée Jacquemart-André
158, bd Haussmann (8è) – M° Miromesnil
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, et le lundi jusqu’à 21h30.
Jusqu’au 11 janvier.

* « L’Âge d’Or Hollandais – De Rembrandt à Vermeer »
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 20h ; nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h.
Jusqu’au 7 février.

-> L’achat du billet en tarif plein à l’une des 2 expos donne droit au tarif réduit pour l’autre !

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