Jusqu’en enfer

Page 1 sur 11

Ma review Ciné de Mai

J’ai adoré

affiche_GMEGood Morning England de Richard Curtis *****
La pilule du bonheur existe. Mieux, elle est à la disposition de tous, dans les cinémas affichant « Good morning England » (« The boat that rocked », le titre en V.O est quand même vachement plus parlant): il suffit simplement de larguer les amarres et de se laisser embarquer dans ce bateau pirate dont la programmation musicale fit frémir l’Angleterre bien pensante et… danser le reste du monde.

Richard Curtis est un malin : il a soigné le champ (la bande d’animateurs complètement allumés et leurs blagues à deux balles, hilarantes) mais aussi le contrechamp, soit, d’une part le Gouvernement anglais, outré par l’outrecuidance de ces olibrius chevelus (Kenneth Branagh en ministre cul serré est royal), et d’autre part le Londres des sixties, aux couleurs acidulées, évoqué par un montage ultra rapide en délicieuses vignettes qui sont autant de tranches de vie et qui illustrent parfaitement l’esprit rebelle et ludique de ces années là. Car derrière le film de potaches se cache à peine un message à l’encontre des censeurs de tous poils et qui prône la désobéissance civile, dès lors que le droit de jouir est dénié. Les acteurs sont tous énormissimes (petit coup de cœur pour Philip Seymour Hoffman), les dialogues aux petits oignons, le rythme décoiffant et la bande son est juste miraculeuse. Bref, un vrai feel-good movie qui rend heureux, un souffle de fraîcheur, un vrai hymne à la liberté, au politiquement incorrect et au rock and roll !

Déjà culte.

1
1_bis
2
3


J’ai aimé

star_treck un_mariage_de_reve etreintes_bris_es
jusqu_en_enfer Looking_for_eric

Star Trek de J.J. Abrams ***
Moderne, soigné, brillant, drôle, ébouriffant: le « Star Trek » de J.J. Abrams est tout simplement étonnant. Le scénario est bien ficelé, riche en action et en rebondissements, la mise en scène est excellente (d’autant plus lorsque l’on sait que c’est J.J Abrams le réalisateur !) et le rythme du film ne s’essouffle à aucun moment. On retrouve ici un thème cher au réalisateur: le voyage dans le temps et l’espace (et on le comprend plus facilement que dans « Lost » même si c’est le même principe). Le casting est quant à lui irréprochable : le jeu des acteurs est très bon, ce qui rend leurs personnages attachants et plus humains que ce que laissait paraître la bande-annonce foireuse. De plus, les effets spéciaux sont impressionnants, les scènes de combat grandioses et les décors sidérants ! Un épisode qui rivalise dorénavant avec les Star Wars et qui donne envie de redécouvrir la série originale. Une très belle réussite.

Easy Virtue de Stephan Elliott ****
Belle reconstitution des années 30 et petite perle d’humour bristish comme je les affectionne, le film de Stephan Elliott ravira tous ceux qui apprécient les dialogues qui pétillent comme des bulles de champagne et les rires aussi grinçants que les portes du vieux manoir qui abrite les protagonistes. Entre brouillard et tasses de thé, on s’amuse de bon cœur à ce retour de noce mouvementé – et souvent vachard – emporté par un fabuleux quatuor d’acteurs. Avec une énergie débordante, Kristin Scott Thomas, Jessica Biel (ahurissante, c’est le mot), Ben Barnes et Colin Firth rivalisent de bons mots, dont certains feront date. Quant au majordome de la maison, avec ses réparties pince-sans-rire et son regard acéré sur les choses, il n’est pas sans rappeler les plus célèbres domestiques qui parsèment les œuvres de Blake Edwards de « La Party » à « Victor Victoria ». Si vous ne l’avez pas vu je vous incite fortement à découvrir, au son d’un jazz swinguant et si possible en V.O (les subtilités hilarantes des dialogues sont intraduisibles), les aventures de cette famille au bord de la crise de nerfs dont le verni des conventions se fendille peu à peu pour le plus grand bonheur des spectateurs. Mon autre coup de cœur du mois !

Etreintes brisées de Pedro Almodovar ***
Un film réussi qui parvient à tenir l’équilibre entre un côté « telenovelas » (rebondissements, tiroirs à ficelles, thématiques un peu « rebattues » – adultère, amours enfouies, paternité cachée, accidents dramatiques) et un côté « post-moderne » (recyclage tout azimuts, références nombreuses, auto-citation)… Almodovar, sûr de son art, marque son coup sans pour autant parvenir ni à se renouveler réellement, ni à s’ouvrir à de nouvelles formes ou thématiques. Mais malgré tout, il est impossible de ne pas aimer ce film: les scènes tiennent parfaitement la corde des sentiments, la galerie de personnages est fantastique et la palette d’acteurs est parfaite. A voir.

Jusqu’en enfer de Sam Raimi ***
Après avoir redonné vie à « Spiderman », Sam Raimi revient au genre qui l’a fait connaître, renouant du même coup avec le style d' »Evil dead », mélange de frissons, d’outrance et de franche rigolade. Car « Jusqu’en enfer », c’est ça : un film d’horreur fun mêlant habilement réalité économique (ou comment l’ambition d’une employée de banque peut avoir des conséquences fâcheuses), vieilles histoires de sorcière et délires grand-guignolesques rafraîchissants. Le récit se tient de bout en bout, aussi bien dans sa manière classique de créer l’angoisse que dans ses outrances totalement assumées. Il faut voir « Jusqu’en enfer » comme un film potache grande classe se permettant le luxe d’une petite morale sociale, certes peu originale mais traitée plutôt finement. De plus, le film nous réserve quelques sorties hilarantes (la séance mystique avec le bouc est énormissime) et un clin d’oeil gothico-burtonien dans une scène de cimetière pleine d’outrance et de fureur. A noter, la performance d’Alison Lohman, tout aussi parfaite en employée de banque modèle qu’en combattante sanguinaire (la première confrontation avec la sorcière dans le parking est à ce titre particulièrement délectable). Sinon, oui c’est sûr, Sam Raimi n’invente rien mais il fait mieux, il transcende le genre du film d’épouvante/série B en en faisant un modèle d’école: les silences, les plans supra-rapprochés, les cris, les apparitions, le son (très fort qui joue pour beaucoup dans l’effet surprise). Bref, un pur plaisir cinématographique totalement assumé, fun, brillant et drôle !

Looking for Eric de Ken Loach ***
Sur fond de morosité sociale et amoureuse, Ken Loach signe avec ce film un hymne à l’espoir et à l’amitié, devant lequel on ne peut être que sincèrement touché. La présence de Cantona, lui-même, dans ce film est anecdotique mais je trouve que c’est justement ce qui rend le personnage attachant, humble et drôle. Finalement, tout ça ressemble un peu à un match de foot : Eric Bishop, le personnage principal du film, qui essaye seul de se défaire de l’adversaire, et qui sur conseil de Cantona, va faire confiance à ses amis, ses « coéquipiers », pour arriver au but. Un très joli film, touchant et émouvant.

Ça se laisse regarder

la_nuit_au_mus_e_2 anges_et_demons confessions_d_une_accro_du_shopping

La nuit au Musée 2 de Shawn Levy
Autant le premier était une grosse surprise, familiale et amusante, qui m’avait vraiment plu, autant là, la sauce a beaucoup de mal à prendre. « La nuit au musée 2 » surfe sur le succès de son prédécesseur et s’exporte dans un musée encore plus grand, motif à de plus grands espaces, plus de personnages et d’effets spéciaux. Le film met un temps fou à démarrer, et la loufoquerie s’épuise assez rapidement. Les blagues ne sont pas toujours drôles, limites redondantes (ce sont les mêmes gags que dans le premier film), et même si certaines scènes valent leur pesant de cacahuètes, on arrive tout de même assez vite au surdosage. Le film est très premier degré et, je pense, avant tout destiné aux enfants. Espérons qu’un troisième opus ne verra pas le jour !

Anges et démons de Ron Howard
Ron Howard réalise ici un simple produit de série hollywoodien, propre, et qui se regarde sans ennui. Le réalisateur est un faiseur, certes aguerri mais un faiseur quand même, même s’il est capable de bien mieux comme le prouve son récent et passionnant « Frost/Nixon ». Il faut donc voir ce film comme un thriller mystico-religieux réservant une intéressante course-poursuite à travers Rome qui nous fait pénétrer dans l’enceinte du Vatican et dans les mystères des cardinaux. Et ça a quelque chose d’excitant, il faut le reconnaître ! La distribution n’est pas trop mauvaise: Tom Hanks, comme toujours, paraît très impliqué et cela se sent. Ewan McGregor en camerlingue fait également bonne figure, comme à son habitude. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, mais ça n’empêche pas de voir les failles et quelques incohérences et invraisemblances. Bref, un honnête divertissement, mais rien de plus !

Confession d’une accro du shopping de P.J. Hogan
Pas vraiment de surprise dans cette comédie-sentimentale-pour-nana-décérébrée très convenue. On retrouve tous les ressorts des chick pic, de l’euphorie de la rencontre au passage à vide, sans oublier le happy end attendu. A plusieurs moments, on se surprend à espérer que le film décolle, mais c’est cousu de fil blanc et le soufflet retombe constamment. A noter quand même que la deuxième partie du film est beaucoup mieux que la première (c’était pas dur, ok), mais ça ne suffit pas à sauver le film, que je ne prendrai pas plaisir à revoir, je pense.

Bof

je_l_aimais millenium

Je l’aimais de Zabou Breitman
En adaptant le roman d’Anna Gavalda, Zabou Breitman a mis de côté sa narration déstructurée (dont je ne suis pas spécialement fan non plus) pour revenir à davantage de classicisme. Ce qui n’empêche pas la réalisatrice de souffrir du mal français qui veut qu’un film d’auteur soit forcément austère dans sa mise en scène. Car malgré le talent indéniable de ses acteurs (Daniel Auteuil épatant, Marie-Josée Croze bouleversante, Florence Loiret-Caille vraie découverte…), « Je l’aimais » met beaucoup trop de temps à entrer dans le vif du sujet, à savoir les confidences du beau-père, sous prétexte de laisser planer le doute dans un premier temps sur les liens entre les personnages. Des longueurs se font également sentir tout au long du film (la réunion avec les Chinois paraît interminable). Dommage car l’histoire d’amour entre cet homme, partagé entre la femme de sa vie et le confort d’une vie de famille bien établie, et cette femme, libre en apparence mais prisonnière de son amour, est vraiment bouleversante. La réalisatrice a d’ailleurs su montrer la force de cette histoire grâce à plusieurs scènes chocs (la discussion au restaurant entre le mari et sa femme qui accepte l’adultère, l’annonce de la grossesse…) et réussit l’exploit de faire comprendre – mieux, d’approuver – le choix de ces hommes qui quittent femme et enfants pour vivre l’amour, le vrai. Un film imparfait donc mais intéressant !

Millenium – le film de Niels Arden Oplev
Phénomène d’édition, « Millénium » aura du mal à acquérir le même statut cinématographique. D’une part, parce que l’effet de surprise ne joue plus; d’autre part, parce que le film est certes d’assez bonne facture mais en aucun cas exceptionnel. L’enquête sur les traces d’un serial killer, telle qu’elle apparaît dans le film, a des airs de déjà-vu, et ses rebondissements, quoique efficaces, en théorie, sont archi-classiques et peu valorisés par une mise en scène académique plus que quelconque. Certains passages m’ont fait penser à un épisode de « Derrick » amélioré… Sans parler du casting: à part Lisbeth, tous les autres personnages m’ont paru aussi fades que du mou de veau (alors que c’est l’inverse dans le bouquin). Et les raccourcis ! Certes, il fallait en faire pour faire tenir l’histoire en 2h30 mais je ne comprends pas vraiment certains choix scénaristiques, y’avait moyen de tourner ça autrement et ça tenait largement dans les 2h30… Contrainte de temps ou bien…?
Le film a tout de même quelques points forts qui aident à faire passer la pilule: tout d’abord, le cadre de l’enquête: les paysages de la Suède, magnifiques, enneigées ou pluvieux et terriblement propices à une ambiance assez mystérieuse et morbide; et puis, les deux personnages principaux, torturés à souhait, aux antipodes des stéréotypes qu’on peut voir dans certains films policiers. Ceci dit, énorme regret là encore, j’ai trouvé que le plus intéressant, à savoir la psychologie de Mickael et de Lisbeth (ben oui, quand même !), passaient largement au second plan et c’est plus que dommage. Bref, beaucoup de frustration avec ce film, surtout lorsqu’on sait le potentiel que cache l’histoire…

Pas du tout
vengeance qqchose_a_te_dire

Vengeance de Johnnie To
Toujours dans le renouvellement identitaire sur une base pourtant identique (amitié, western urbain, quiproquos mafieux), Johnnie To a su confectionner parmi les plus belles fusillades que le cinéma ait pu nous offrir: des ballets à part entière, coulés dans de splendides ralentis aux relans apocalyptiques qui attestent de la virtuosité technique de son metteur en scène. Cette fois (et il y a bien là encore deux ou trois gunfights anthologiques, il faut le reconnaître), Johnnie s’accompagne de Johnny. Et l’on ne sait pas trop pourquoi ; à part, évidemment, pour vendre plus facilement un film qui n’en avait pourtant pas vraiment besoin. Mais cette fois, on ne reconnaît pas la patte de Johnnie To. Son acteur, définitivement OUT, la voix rauque et le visage buriné, ridicule à chaque fois qu’il ouvre la bouche, coule d’emblée toute la crédibilité du film. Sa mono-expressivité, digne d’un Steven Seagal dans ses meilleurs jours, et sa démarche pathétique dans un costume pas plus probable que celui d’un super-héros, donnent à « Vengeance » le mauvais goût du nanar involontaire. La minceur anorexique du script (Johnnie To n’est pas connu pour sa densité scénaristique !) et l’enfilade de séquences à mourir de rire (et je n’étais pas la seule à rire dans la salle !), sorties du fin fond des années 70, nous font vraiment nous demander si c’est bien Johnnie To qui tient la caméra. A oublier très vite.

Quelque chose à te dire de Cécile Telerman
Ce film est très maladroit et presque insupportable à regarder, j’ai eu l’impression de regarder un épisode interminable de « Louis la Brocante ». Le scénario est cousu de fil blanc, bourré de clichés éculés sur la famille, l’amour, la fraternité, les secrets de jeunesse et j’en passe. Les dialogues sont plats, lourds, sans intérêt et parfois à la limite du pathétique. Le jeu des acteurs n’est pas toujours juste et dans le cas contraire, attendu et sans surprise. C’en est limite irritant… Bref, si vous ne voulez pas perdre 1h40 de votre temps, je vous conseille d’éviter ce film.

Page 1 sur 11

Little Miss Chatterbox

Suivez moi aussi par ici …

instagram