John Owen-Jones

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« Les Misérables » au Châtelet

Il y a un peu plus d’une semaine, je me suis rendue au théâtre du Châtelet pour voir l’adaptation du roman de Victor Hugo en comédie musicale et j’en suis ressortie absolument émerveillée: quelle réussite !

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En faisant 2-3 recherches pour écrire ce billet, je me suis rendue compte qu’en fait, à l’origine, Les Misérables, (surnommé Les Mis’ par les initiés) est une comédie musicale créée par Robert Hossein en 1980 au Théâtre Mogador, sur une musique de Claude-Michel Schönberg, et un texte adapté par Alain Boublil et Jean-Marc-Natel. Un spectacle en français donc, mais qui a attiré l’attention du producteur britannique Cameron Mackintosh qui l’a fait traduire en anglais et lancé sur le chemin du succès : 18 ans de triomphe à Broadway, affiche ininterrompue à Londres et plus de 55 millions de spectateurs à travers le monde. Excusez du peu ! Pour fêter les 25 ans du spectacle, une production époustouflante des Misérables parcourt les plus grandes villes du monde et autant vous dire que j’attendais son passage à Paris depuis des mois ;)


Et quel bonheur ! C’est brillant, flamboyant, incroyable. Cette nouvelle mise en scène est une véritable mine de petites trouvailles surprenantes. Les décors inspirés des dessins de Victor Hugo et des idées originales de John Napier (chargé de la première mise en scène) illustrent les différents tableaux qui se succèdent avec habileté sans nous laisser une minute de répit. Les effets scéniques, quant à eux, sont vraiment superbes et très réussis (la disparition de Javert et la fuite de Valjean dans les égouts sont particulièrement bluffants !). C’est visuellement très très beau ! La mise en scène romantique imaginée par Laurence Connor et James Powell est somptueuse et l’ensemble est très bien rythmé: on passe de scènes intimistes à des numéros grandioses et virevoltants en un battement de cil, c’est magique ! L’univers visuel à la fois noir et mélancolique, renforcé par les projections de dessins de Victor Hugo et l’utilisation efficace de la vidéo, donne un caractère authentique à l’histoire et lui confère une atmosphère à laquelle on ne peut que succomber.


Musicalement, rien à redire non plus ! Ce n’est certes pas ma comédie musicale préférée mais les morceaux sont parfaitement en adéquation avec le roman de Victor Hugo: poignants, forts, saisissants, graves et émouvants par moments, plus légers et entraînants à d’autres. Comment ne pas se laisser emporter par des morceaux aussi beaux et bouleversants que Bring Him Home, I dreamed a dream, One day More, Castle on a cloud, On my Own… ? L’anglais ne m’a pas gênée (contrairement à pas mal de gens dans le public qui étaient visiblement étonnés que le spectacle soit en anglais) mais je dois vous avouer que je serais bien curieuse de voir à quoi cela ressemble dans la langue de Victor Hugo ! Alors, à quand une reprise dans le texte français original ?


En plus de ça, les chanteurs sont tous excellents et soutenus par un orchestre impeccable du début à la fin. La distribution est à l’image de la mise en scène: impressionnante. Quel choix merveilleux que celui de John Owen-Jones pour incarner à la perfection les tourments intérieurs et la complexité du personnage de Jean Valjean: imposant, subtile et magnifique à chaque phrase et dans chaque regard.


En face de lui, Earl Carpenter est un Javert impeccable, charismatique et dont la sobriété, l’élégance et la puissance vocale collent parfaitement au personnage ! Gareth Gates, chanteur révélé par Pop Idol (la Nouvelle Star version anglaise) parvient à faire oublier le côté minet de Marius (oui, désolée, je n’aime pas ce personnage dans le roman !) pour le rendre plus chaleureux et attendrissant en amoureux passionné et étudiant survolté.

Du côté féminin, rien de moins exceptionnel, mais j’ai surtout été marquée par Madalena Alberto qui incarne une Fantine touchante et fragile avec sa voix douce et cristalline, et surtout par Rosalind James, magnifique dans le personnage d’Eponine, torturée, amoureuse, mélancolique et cette voix… argh, j’en ai encore des frissons en y repensant !


Quant aux Thénardier (Ashley Artus et Lynne Wilmot), avec leur gouaille insolente, ils amusent la galerie en lançant piques et clins d’œil au public, mais sont tout à fait à la hauteur de leurs personnages. Sans parler du petit Gavroche, pétillant de malice, à qui il suffit d’une seconde pour conquérir la salle toute entière.

Pendant 2h30, on passe du rire aux larmes en un clin d’œil et le spectacle est époustouflant et grandiose, de bout en bout. En bref, une production incroyable digne des meilleures comédies musicales que j’ai pu voir à Broadway, portée par un sens de la perfection jusque dans le moindre détail et éblouissante aussi bien dans l’interprétation que dans la mise en scène. Une magnifique adaptation de l’œuvre de Victor Hugo, et surtout, un spectacle à voir absolument !

C’est où ?
Les Misérables
Place du Châtelet (1er) – M° Châtelet
Jusqu’au 4 juillet.
Plus d’infos sur le site.

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N’allez pas trop loin, je vous ai préparé un billet gourmand pour tout à l’heure ;)

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Little Miss Chatterbox

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