Inglourious basterds

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Bric à Brac culturel #2 – Ciné

Suite de mon billet fourre-tout pré-départ avec ma mini-review ciné de l’été #2 (oui « mini » car le mois n’est pas fini !) et les quelques films que j’ai pu voir ces dernières semaines…

A voir absolument

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The time that remains d’Elia Suleiman
Il faudrait des pages pour analyser en détails toutes les finesses d’un foisonnement extraordinaire dont ce film regorge. Il s’agit en fait d’une chronique sur soixante ans d’une famille arabo-palestinienne, ballotée par les aléas de l’histoire, sur laquelle l’auteur pose un regard à la fois tragique, narquois, cynique, comique, tendre et désabusé. Chaque scène, chaque plan, est une merveille d’invention et de création. On passe par tous les états grâce à une réalisation totalement maîtrisée et des cadrages qui en disent aussi long que les dialogues les plus bavards. La verve d’Elia Suleiman semble intarissable quand il brocarde la paranoïa de l’armée d’occupation israélienne aussi bien que la passivité existentielle d’une minorité sans repères. Les acteurs sont tous parfaits, y compris Elia Suleiman lui-même en témoin ému et silencieux. Ce film, grand oublié du palmarès de Cannes, est une petite merveille, à voir absolument.

Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Comme à chaque sortie d’un nouveau film de Tarantino, on se demande « et si ». Et si cette fois-ci j’étais déçue ? Visiblement ce ne sera pas encore pour cette fois car j’ai a-do-ré « Inglourious Basterds », c’est un paradis jubilatoire pour cinéphile signé par un Quentin Tarantino inspiré comme à ses plus beaux jours. Comme d’habitude, ce nouveau film est follement ludique: c’est à la fois un film de guerre parodique, échevelé et chapitré comme « Kill Bill », tranchant comme « Reservoir Dogs », à l’écriture géniale comme dans « Pulp Fiction », à l’hommage de genre appuyé comme « Jackie Brown »… Je crois que ce que j’aime le plus chez Tarantino c’est son infinie capacité à nous surprendre, à toucher là où on ne l’attend pas. Et « Inglourious Basterds » le fait très bien, on est abasourdi du début à la fin: le film surprend dès les premières minutes avec l’arrivée de nazis dans une ferme normande sur fond de musique de western spaghetti (la B.O est impeccable d’ailleurs, comme toujours) et trouve un rythme de croisière imparable dans une seconde partie rythmée, décalée, hilarante et tout bonnement géniale. Tarantino réecrit l’histoire et nous enchante totalement par le biais d’une narration habile, débridée de toutes contraintes et une galerie de personnages pittoresques, tous délirants et incarnés par un casting d’enfer en pleine récréation ! En Aldo Raine, lieutenant yankee à l’accent improbable qui scalpe les nazis, Brad Pitt menton protubérant et grande gueule grossier, nous épate une fois encore en se renouvelant sans cesse. Christopher Waltz en Hans Landa, stupéfiant de ruse, d’intimidations et de courtoisie vipérine, n’a pas volé son Prix à Cannes: c’est LA révélation du film. Bref, comme vous l’aurez compris, ce film c’est le pied absolu… courrez-y !

Si vous avez le temps

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Joueuse de Caroline Bottaro
C’est un très joli premier film que nous livre ici Caroline Bottaro. Bon, évidemment, on ne peut pas dire que la réalisatrice prenne le spectateur à rebrousse-poil: la mise en scène de « Joueuse » reste profondément conventionnelle et académique, et repose sur une esthétique relativement impersonnelle. Mais le jeu des acteurs est parfait (peut-être un peu trop pour être vrai, d’ailleurs… ) et l’histoire tient constamment la route. En d’autres termes, « Joueuse » peut être considéré comme un
excellent téléfilm (non, c’est pas méchant, attendez !), dans la mesure où son potentiel cinématographique reste à prouver. Mais ne boudons pas notre plaisir: Sandrine Bonnaire porte en grande partie le film sur ses épaules, face à un Kevin Kline particulièrement attachant. La musique de Nicolas Piovani, aussi mélancolique qu’efficace, confère à l’ensemble un sentiment de fraîcheur dont il serait dommage de se priver. Si vous êtes friand de cinéma narratif, privilégiant les acteurs et le scénario, alors ce film est fait pour vous. Les esthètes risquent, quant à eux, de repartir bredouille… Mais c’est un joli petit film, quand même.

Partir de Catherine Corsini
« Partir » c’est une histoire d’adultère banale qui commence comme « Lady Chatterley » et qui finit dans un drame à la Truffaut. Plein de violence, ce film traduit magnifiquement les émois de l’amour charnel et la course à l’abîme d’une femme emportée par sa passion et bousculant les barrières sociales. L’arrière-plan d’une ville de province, élément essentiel à la compréhension du drame, n’est également pas sans rappeler le cinéma de Chabrol. Quant aux acteurs, ils sont LA raison pour laquelle le film mérite d’être vu: Kristin Scott Thomas est admirable de vérité expressionniste et de sensualité, et ses affrontements avec son mari incarné par un Yvan Attal tout en nuances, sont de véritables coups de poing. Une mise en scène un peu plus audacieuse et moins sagement narrative aurait porté l’ensemble vers de plus hauts sommets, mais c’est à voir une fois, quand même.

En demie-teinte

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L’attaque du métro 123 de Tony Scott
Tony Scott réalise ici le remake des « Pirates du métro » (1974), lui-même adapté du roman de John Godey. Le résultat aujourd’hui tient plus de la série B à gros budget que d’autre chose. Dès le générique, on sent que Tony Scott veut habiller son thriller urbain d’une esthétique chic vraiment appuyée (montage, jeux de lumière, …). Si le montage abuse des ralentis et d’un effet clipesque, on est encore loin de ce qu’il avait fait avec « Domino » et son effet épileptique… et heureusement car je trouve ça assez horripilant pour le spectateur et généralement je ressors de la salle avec des maux de crâne assez prononcés ! Le script, quant à lui, est assez simpliste, mais regorge de quelques twists afin de gonfler un peu un scénario relativement mince. A part ça, la mise en scène retient en haleine avec aisance et les acteurs sont comme à leurs habitudes, parfaits (même si Travolta en fait un chouïa trop, quel plaisir de le revoir sur grand écran !). Mis à part quelques facilités scénaristiques, Tony Scott réussit dans l’ensemble un agréable thriller, certes facile mais in fine assez divertissant (on en demandait pas plus).

Une arnaque presque parfaite de Rian Johnson
Metteur en scène de son propre scénario Rian Johnson a, apparemment, oublié dans « Une arnaque presque parfaite » de donner un semblant de logique et de suivi au développement de son histoire. Et quel dommage ! Même si le scénario est assez convenu et cousu de fil blanc, faire un énième film d’arnaques n’était pas le souci majeur tant le genre, justement, peut être propice à un jeu en interaction avec le spectateur. Hélas, le réalisateur semble avoir oublié, dans ce film, d’avoir un minimum de tenue, de rigueur et de sens dans son histoire. Abracadabrant de sens et de logique, tant en temps qu’en espace occupé, le film ne tient pas son enjeu: on passe d’un lieu à un autre, d’un twist -ellipsé qui plus est !- au suivant sans plus d’explications. C’est vraiment dommage car la forme du film est vraiment originale, le ton est assez loufoque et les acteurs vraiment très bons. Du coup, malgré un casting impeccable (Brody et Weisz surtout), Rian Johnson parvient à créer une grande frustration chez le spectateur qui a le sentiment d’assister à un grand n’importe quoi truffé de maladresses. L’ambition de ton est présente certes, mais hélas, elle ne peut l’emporter sur une mise en scène et un scénario indigents. Dommage.

Demain dès l’aube de Denis Dercourt
A bien regarder de près, le 7è art s’est assez peu penché sur l’univers freaky quoique fascinant des jeux de rôles (alors qu’il offre pourtant un excellent terreau pour la fiction, c’est indéniable). Dans « Demain dès l’aube », Denis Dercourt intègre cette dimension en soulignant la fragile limite entre réalité et jeux de rôles pas drôles (les spécialistes trouveront sans doute que le cinéaste trahit les règles des reconstitutions historiques mais sans cela il n’y aurait pas de film). En constant aller-retour entre les deux niveaux, Dercourt réussit particulièrement bien à décrire l’amitié fraternelle qui unit les excellents Vincent Perez et Jérémie Renier. Cinéaste plutôt froid et analytique (comme dans « La tourneuse de pages », son précédent film), il laisse au spectateur un espace de réflexion, sans lui imposer une vision toute faite et manichéenne. Seul hic, il a du mal à accoucher d’une véritable fin, refusant le dénouement dramatique qui semblait s’imposer et gâche un peu l’impression générale qu’on peut avoir sur le film, du coup.

Numéro 9 de Shane Acker
« Numéro 9 » est un film visuellement somptueux: les animations sont grandioses et on en prend plein les yeux à chaque plan. L’atmosphère du film est sombre à souhait avec un ciel noir et des décors apocalyptiques de ruines, gravas ou carcasses de véhicules. Malgré cela, on a du mal à véritablement entrer dans l’histoire, le scénario ne réserve quasiment aucun rebondissement (en 1h10 il n’en a pas le temps) et les petits personnages, même s’ils sont attachants, manquent cruellement de personnalité. Alors bien-sûr, on s’amuse à retrouver des tas de références à plein de films – « Matrix », « La guerre des mondes », « Terminator » et même « Little Big Planet » pour l’allure des personnages !- mais ça ne suffit pas. Bref, pas de surprise à attendre dans ce film ni bon ni mauvais.

My best friend’s girl de Howard Deutch
Je dois vous avouer que j’ai longuement hésité entre cette catégorie et celle du dessous pour ce film. « My best friend’s girl » est exactement le genre de comédie US faite pour divertir un public en grande majorité adolescent (ou jeune adulte) et on y retrouve malheureusement tous les poncifs inhérents au genre: dialogues à base de vannes, belles nanas très court vêtues, cul, cul, cul… Au final, on ne rit pas beaucoup et on se lasse assez rapidement de la vulgarité comme mode d’expression principal. Et oui, c’est moi qui dis ça (certains comprendront !). Le tout est un peu trop indigeste même si quelques scènes sauvent l’ensemble du naufrage total.

A zapper sans hésitation

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Jusqu’à toi de Jennifer Devoldere
J’ai rarement vu un film avec un scénario aussi vain, prévisible et chiant. Et pourtant, j’adooore les comédies romantiques ! Dans « Jusqu’à toi », les dialogues sont d’une pauvreté rare, les personnages sont caricaturaux, prévisibles, pas crédibles et creux: elle, la petite française, journaliste, belle et douée mais tellement ailleurs (pale parodie d’ « Amélie Poulain » d’ailleurs) et lui l’américain un peu borderline mais tellement romantique (et je ne parle que des principaux protagonistes). Tout est cliché, déjà vu, attendu. Alors, bien-sûr, Mélanie Laurent est toute mignonne, charmante, souriante, etc… Seulement voilà, elle semble être ici la seule raison pour laquelle ce gentil téléfilm a été ressorti des tiroirs. Car si l’idée de départ peut séduire, sa réalisation au strict minimum et la simplicité de son scénario balaye toute ambition et originalité. Rien n’est assez percutant pour faire rire, et rien n’est assez maîtrisé pour émouvoir. A éviter.

Les derniers jours du monde de Jean-Marie et Arnaud Larrieu
Je crois que maintenant, c’est clair, je n’accroche définitivement pas du tout au cinéma de Jean-Marie et Arnaud Larrieu. Ce film, c’est un énorme foutage de gueule en bonne et due forme. Les minces aspects qui pourraient rendre ce film attirant au premier regard ne sont finalement rien d’autre que de malins subterfuges pour attirer l’attention et susciter la curiosité. Mais derrière tout ça, il n’y a rien. Strictement rien ! Pour commencer, l’absurdité de l’histoire, des dialogues et des situations ne provoque que l’ennui et n’apporte pas d’éclaircissement à l’intrigue, et la tentative d’interprétation et de compréhension du film ne conduit à rien sinon à une forte migraine. Ensuite, il est habile de coller sur l’affiche des stars nues (ou sur le point de l’être) et de suggérer dans la bande-annonce des scènes de nudité, de sexe et pourquoi pas d’orgie pour attirer le public… Après tout, c’est vieux comme le monde ! Le seul hic c’est que ça n’apporte strictement rien du tout à l’histoire.
Au bout de quelques minutes, on se rend compte de la supercherie et on commence à regretter d’avoir donné sa chance à un film qui ne mérite que des salles vides comme miroir en révélant le fond: un profond néant. En plus de ça, les acteurs sont mal dirigés et lassent, faute de se renouveler et à force de rester toujours dans le même registre (ça vaut aussi bien pour Mathieu Amalric, Sergi Lopez, Catherine Frot…). Et pour parachever le tout, les images ne sont même pas belles voire carrément ratées (sur une scène où passent sur la mer des hélicoptères annonciateurs d’événements terribles, les vagues sont figées et la mer resemble à une nature morte). Prétentieux, lourd, incohérent, très long et sans aucun second degré (contrairement à ce que j’ai pu lire), ce film est d’un ennui assez cosmique et ne mérite en aucun cas d’être vu, que ce soit au ciné ou ailleurs. Pouah !

*****

A part ça, j’ai une hâte assez phénoménale de voir bon nombre de films qui sortiront d’ici la fin de l’année (dont je vous ai pas mal parlé ici) et particulièrement en septembre: « The ugly truth », « Un prophète », le prochain Christophe Honoré « Non ma fille, tu n’iras pas danser », « Les regrets », le mignonnet « Julie & Julia » de Norah Ephron ou encore « District 9 ». Mon retour va être chargé en longues heures passées enfermée dans les salles obscures. Bon plan pour récupérer du jet lag, non?!

En parlant de sorties de fin d’année, vendredi dernier j’ai pu voir les premières images en 3D du très attendu prochain film de James Cameron « Avatar ». Visuellement c’est superbe, rien à dire c’est assez exceptionnel, mais je ne suis pas hyper convaincue quant à l’originalité du scénario. Bref, wait and see (jusqu’au 16 décembre) !

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Little Miss Chatterbox

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