Galeries Nationales du Grand Palais

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Quand le Grand Palais accueille Claude Monet…

Des mois, des années même, que j’attendais ça: une exposition parisienne de grande ampleur entièrement consacrée à mon peintre préféré ! Il y a 6 ans, je m’étais déjà régalée avec l’exposition Turner, Whistler, Monet également présentée dans le cadre des Galeries Nationales du Grand Palais mais ce n’était rien en comparaison du plaisir que j’ai ressenti lors de la visite de cette exposition. Claude Monet est un artiste avec lequel je suis presque incapable d’intellectualiser les choses: c’est mon peintre « de cœur » (ça a l’air cul-cul la praline dit comme ça, mais j’assume, allez hop !) et devant ses œuvres, je ne suis que sensations, ressentis et émotions -souvent intenses (oui, je pleurs parfois devant les Nymphéas du Musée de l’Orangerie et il m’est arrivé de verser une larmichette devant La pie…) et toujours intactes. Du coup, c’est avec un plaisir immense que je me suis rendue la semaine dernière au Grand Palais, carte Sésame en poche (le billet coupe-file c’est pas mal aussi, sinon, je vous suggère de prendre votre mal en patience), pour visiter LA grande exposition/rétrospective de la rentrée. Et je n’ai pas été déçue, loin de là !


Après un été sous le signe de l’impressionnisme en Normandie, le Grand Palais rend donc à son tour hommage au chef de file du mouvement, avec cette rétrospective exceptionnelle regroupant près de 180 œuvres. Pas une année ne s’écoule sans que le maître ne fasse l’objet d’une exposition, mais aucune monographie digne de ce nom n’avait été organisée à Paris depuis celle de 1980, déjà au Grand Palais. Les commissaires de l’exposition n’ont pas souhaité nous proposer une rétrospective trop exhaustive mais ont voulu plutôt nous montrer l’évolution (non exempte de contradictions internes) du travail du maître en l’émancipant, selon Guy Cogeval co-commissaire de l’expo et Président des Musées d’Orsay et de l’Orangerie, « des limites étroites de l’impressionnisme ». Le parcours de l’exposition est donc à la fois chronologique et thématique, articulé autour de l’année 1890, année charnière marquant le début du succès commercial, l’acquisition de la maison de Giverny et le travail sur les séries.

La première partie
de l’exposition expose ses peintures antérieures à 1890. Elle rassemble les paysages préférés de l’artiste. Cela commence par la forêt de Fontainebleau et ses allées boisées, puis la côte normande, qui lui inspire de superbes mers peuplées de bateaux. Elle présente un peintre nomade qui, au fil de nombreux déménagements dictés par ses difficultés financières, mais également imposés par plusieurs voyages, peint sur le motif. Formé par Boudin et débutant dans l’influence du paysagisme de l’Ecole de Barbizon, Monet est donc un peintre du paysage. On voit qu’il traite les motifs contemporains peignant les hommes dans leur travail comme dans leurs loisirs, pratiquant un « naturalisme d’émotivité ». Sa toile Impression, soleil levant marque, quant à elle, le début de l’impressionnisme, une esthétique qui se retrouve dans les paysages de la côte normande dans lesquels il renouvelle l’iconographie des bords de mer comme dans les terrasses du Sud. Au fil du temps, ses paysages s’épurent, se vident de la figure humaine et se dépouillent des habitations. C’est à ce moment-là que le peintre adopte des points de vue spectaculaires et se concentre sur la lumière, le mouvement et l’instant.

La seconde partie
de l’expo, qui démarre en 1890, est consacrée aux œuvres de la maturité placées sous le signe de l’intériorité, de la peinture décorative mais aussi (et beaucoup) des séries de toiles. Monet a 50 ans. Il vit à Giverny, où il restera jusqu’à sa mort. Dès ses débuts, il aimait peindre des toiles par paires, représentant un même motif sous des éclairages différents. Appliquant l’esthétique du fragment introduit par le romantisme et stimulé par les effets de lumière fugaces, il en arrive au principe de la série qui décrit tous les états d’un paysage selon les heures et les saisons. L’exposition met en parallèle cinq « Meules », autant de « Peupliers » et de « Cathédrales », avant d’en arriver aux « Ponts japonais » dans le jardin de Giverny et aux « Vues de Londres » dans le brouillard.

Monet exprime un penchant pour la méditation par des effets de brume qui évoquent la rêverie. Ses toiles peintes à Venise ressemblent à des paysages imaginaires, où la ville aux couleurs irréelles, paraît sortir de l’eau. Mais ce thème semble trouver son aboutissement ultime dans la représentation obsessionnelle des « Nymphéas ». L’artiste guette les ombres colorées, les lumières tamisées, les reflets transparents et les mouvements évanescents. Avec audace, il mêle l’eau, le ciel, le vent, les fleurs et bleus, mauves, blancs, verts se rejoignent, annonçant l’abstraction.


L’exposition est spectaculaire puisqu’elle se déploie sur un espace d’environ 2.500 m². Le foisonnement de couleurs et d’émotions auquel elle nous confronte, témoigne de l’incroyable dextérité de Monet, qui impressionne encore une fois par la variété de ses inspirations et de sa touche. Mais on reste surtout ébloui par ce que Monet a produit de plus extraordinaire: ces Nymphéas sublimes et qui laissent sans voix, un vrai choc visuel sur lequel se termine la visite. La scénographie très sobre mais réussie d’Hubert Le Gall met subtilement en valeur le parcours avec ses cimaises grises et ses moquettes rouges veloutées. Une visite riche et passionnante donc, qui permet de voir ou de revoir des chefs-d’œuvres présents dans les collections étrangères, d’en apprendre plus sur l’artiste et son travail incroyable (pour ceux qui ne connaissent pas bien) et surtout d’en prendre plein les yeux. Pour moi (mais je ne suis pas très objective, vous l’avez compris), c’est l’expo immanquable de la saison et petit conseil, si vous souhaitez la visiter dans de bonnes conditions, je vous conseille de vous lever de bonne heure car il y a BEAUCOUP de monde. Encore plus que d’habitude… Mais patience, car ça vaut le coup d’œil et pour tout vous dire, j’ai franchement hâte de m’y rendre à nouveau (c’est ça le « truc » quand on a une carte Sésame Duo… j’ai promis à 2 amies que j’irai avec elle, donc j’dois y retourner en novembre et en décembre !).

Dernière chose
: que vous alliez visiter l’expo ou pas, je vous recommande chaudement de vous rendre ici sur le sublime site de l’exposition divisé en deux parties distinctes.
* La galerie, dans laquelle on peut soit visiter le parcours de l’exposition en 3 thèmes (Monet et Nation – Figures et Natures mortes – Rêves et réflexion), soit suivre la présentation des tableaux avec description des œuvres.
* Le voyage, une expérience interactive, magnifique, poétique et incroyable (sur 12 tableaux) que je vous incite à faire.


A venir
: CR de l’expo de l’autre exposition Monet du musée Marmottan qui présente pour la première fois l’intégralité de sa collection de tableaux du peintre, riche d’une centaine de toiles, dont le fameux Impression Soleil Levant.

En attendant, je vous propose:
* Une petite balade au Musée de l’Orangerie (où l’on peut admirer des immenses panneaux des Nymphéas… Rien à voir avec ce que l’on trouve à Orsay pr exemple) ici.
* Une balade en images à Giverny (qui date d’il y a un an et demi) ici.

C’est où ?
Monet
Galeries Nationales du Grand Palais.
3 avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées Clémenceau
Jusqu’au 24 janvier 2011.
Ouvert tous les jours de 10h à 22h (sauf le mardi, jusqu’à 14h et le jeudi, jusqu’à 20h). Horaires étendus pour les vacances scolaires: ouvert tous les jours de 9h à 23h (y compris le mardi).
Plus d’infos ici.

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