Gainsbourg

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Gainsbourg à la Cité de la Musique

afficheAprès Lennon, Hendrix, Pink Floyd…, c’est au tour de Serge Gainsbourg d’être honoré par la Cité de la Musique, dans le parc de la Villette de Paris, sa ville de toujours. Les expos sur la musique sont toujours un exercice délicat. Difficile en effet de retranscrire dans une installation par définition statique, le mouvement, le rythme et l’animation que l’on peut retrouver dans une composition musicale. Pourtant, c’est le pari auquel s’est attaqué Frédéric Sanchez, le commissaire de l’exposition.

Je ne cesse de m’extasier depuis des années devant le génie artistique de Gainsbourg, alors autant vous dire que je me réjouissais de cette exposition. Pour peu qu’on n’ait lu aucune des nombreuses biographies lui ayant été consacrées depuis sa mort, on apprend pas mal de choses.
Graphiquement et structurellement, Sanchez a décidé de capitaliser doublement sur l’idée du collage kaléidoscopique réalisé par l’artiste belge Stefan de Jaeger dans les années 70, qui donne son affiche à l’exposition (à gauche ici). Choix judicieux pour un artiste aux multiples facettes, à la fois auteur, compositeur, interprète, musicien, acteur, réalisateur, peintre, écrivain… En cela, Gainsbourg était d’ailleurs bien le digne héritier de Boris Vian, dont il s’inspira très largement par son attitude générale de dandy au cynisme détaché, ne masquant pas toujours un sentimentalisme d’écorché vif et surtout par l’espèce de « mausolée » qu’il se constitua de son vivant dans son fameux hôtel particulier de la rue de Verneuil, directement inspiré de l’appartement de Vian (ce que l’exposition rappelle fort judicieusement).

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La scénographie de l’expo adopte donc le principe des piliers à quatre faces présentant photos, vidéos et textes explicatifs de plusieurs facettes de son œuvre, respectant un cheminement assez strictement chronologique qui, s’il n’est pas d’une folle originalité, a le grand mérite d’associer influences et activités artistiques de Gainsbourg à différents moments clés de sa vie.
Quatre bornes principales rythment ici son parcours: la période bleue, de 1958 à 1964, celle des débuts « rive gauche » ; les idoles, de 1965 à 1969, celle des chansons yéyé puis pop ; la décadanse, de 1969 à 1979, celle d’un certain repli intérieur ; puis Ecce homo, de 1979 à sa mort, où Gainsbourg cède peu à peu la place à Gainsbarre, son Mr Hyde à lui. Ces divisions se subdivisent elles-mêmes en différents moments/rencontres clés de sa vie: Bardot, la pop anglaise 60’s, Birkin, le punk, le reggae…

Une très judicieuse œuvre sonore (créée par Frédéric Sanchez à partir des textes de Gainsbourg lus par ces artistes qui ont à un moment croisé sa vie ou qui l’ont inspiré: Vanessa Paradis, Bambou, Alain Chamfort, Isabelle Adjani, Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg, Catherine Deneuve, Jacques Dutronc, Lulu…) accompagne le tout et contribue à donner à l’expo une vraie ambiance.

Mais le vrai trésor de l’exposition est certainement la grande vitrine longeant toute la longueur de l’exposition dans laquelle sont exposés plusieurs effets ayant appartenu au chanteur. Autoportrait, manuscrits, partitions, fiche d’inscription à la Sacem, dictionnaire de rimes, collection de médailles de police… C’est vraiment dans cette partie de l’exposition qu’on a l’impression d’approcher le bonhomme de vraiment près. Cerise sur le gâteau, trône au milieu de l’exposition la sculpture « L’homme à la tête de chou » acheté à l’artiste Claude Lalanne et qui inspira le superbe concept-album du même nom.

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Cette exposition, même si elle n’est pas parfaite (mission impossible), aura au moins le mérite de plaire aux fans de l’artiste et permettra aux autres de le découvrir sous ses multiples facettes. Au-delà de ça, elle m’a vraiment donné envie de voir s’ouvrir un musée au 5 bis rue de Verneuil (7è), dans son ancienne maison.

Tiens, et pour finir, je ne sais pas si vous le saviez mais Joann Sfar (le dessinateur du « Chat du Rabbin », entre autres) tourne actuellement une sorte de « biopic », probablement plus poétique que réellement biographique, Serge Gainsbourg : vie héroïque, pour lequel le comédien Eric Elmosnino s’est fait une assez stupéfiante tête de l’emploi. On annonce également pour le reste du casting: Laetitia Casta en Brigitte Bardot, Anna Mouglalis en Juliette Gréco, Mylène Jampanoï en Bambou, Sara Forestier en France Gall, Philippe Katerine en Boris Vian ou Yolande Moreau en Fréhel ! Et qui pour jouer Jane B. ? Mystère…

C’est où ?
Gainsbourg 2008
Cité de la Musique
211, avenue Jean Jaurès (19è) – Porte de Pantin
Plus d’infos sur le site.
Jusqu’au 1er mars 2009.
Ouvert du du mardi au jeudi, de 12h à 18h, vendredi et samedi de 12h à 22h, dimanche de 10h à 18h et les soirs de concert, jusqu’à 20h.
Tarifs: 8€ ou 5,60€ pour les moins de 28 ans.

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