From Paris with Love

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Review Ciné de Février

Comme vous pouvez le constater, encore beaucoup de séances ciné en février et pas mal de bons films au bout du compte. Et pour que ce soit clair: OUI, je passe mon temps au ciné, j’ai installé un lit de camp dans une cabine de projectionniste, et j’habite là tout naturellement. Nah !!

J’ai adoré

Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson ****
Mon coup de cœur du mois est le film de Wes Anderson, Fantastic Mr. Fox. Il y a tellement de raisons pour lesquelles j’ai aimé ce film que je ne sais par où commencer alors prenons ça comme ça vient. Premier point : l’animation. Le film a été fait de façon old school (tous les personnages sont des figurines réelles évoluant dans des maquettes tenant lieu de décor) et ça donne un charme fou à l’ensemble du film. Le moindre détail y est, de la fourrure touffue et colorée de Mr. Fox jusqu’aux moindres feuilles des arbres. Ensuite, le casting des voix originales est parfait et juste à tomber par terre: George Clooney (just fantastic !), Meryl Streep, Willem Dafoe, Owen Wilson, Bill Murray, Michael Gambon… tous prêtent leurs voix aux différents animaux et leur donnent vie par des tonnes de petits détails originaux, des tonalités, des grognements ou des onomatopées, qui les rendent plus humains que des humains !
Les dialogues sont géniaux et portent la marque de Wes Anderson, d’un instant à l’autre, ils peuvent être hyper décalés et plein d’ironie, et la seconde d’après réussir à nous émouvoir et à nous toucher profondément. L’histoire de Roald Dahl est pleine de rebondissements, le scénario est truffé de petits moments très drôles et décalés, de personnages attachants et l’avantage, c’est que le film peut être vu à différents degrés (il a de quoi plaire aux petits et aux grands) ! Bref, un film à la fois mignon, tendre, diablement intelligent, drôle, simple, brillamment écrit et interprété : Fantastic Mr. Fox est fantastique sur toute la ligne.

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Une éducation de Lone Scherfig ****
Mon second coup de cœur, et ma plus belle surprise du mois, revient au magnifique Une éducation. Ce film réalisé par Lone Scherfig (qui m’avait déjà réjouie avec Italian for beginners) est un véritable bijou. Il nous fait assister au passage à l’âge adulte et à l’éducation à la vie d’une adolescente étouffée par les conventions familiales et la société des années 60. Le scénario, écrit par le génial romancier Nick Hornby (un auteur que j’aime beaucoup), mêle avec habileté et subtilité la comédie et le drame sans jamais trop insister sur l’un ou sur l’autre. L’histoire est simplissime mais incroyablement forte et le scénario l’exploite très intelligemment. La mise en scène, sobre et assez convaincante, est très bien servie par une excellente BO, une photographie magnifique qui rend superbement hommage à Londres, Paris et Oxford. L’ambiance du début des années 60, mise en valeur par les costumes, les décors et les attitudes des acteurs, est tout simplement parfaite, pleine de charme suranné et d’élégance. Tour à tour, drôle léger et grave, le film nous fait réfléchir sur le sens de la vie, la faiblesse humaine, sur le paraître et la crédulité…
La grande force du film réside avant tout dans sa galerie de personnages, tous très riches, profonds et fascinants, à commencer par celui de l’héroïne, Jenny, une jeune femme libre, intelligente, moderne et qui se sent prisonnière dans le carcan des conventions sociale de son époque. Un très grand personnage ! La direction d’acteurs est sans doute ce qui est le plus réussi dans ce film. Carey Mulligan (que l’on avait vu récemment dans Brothers, dont je parle plus bas) est une vraie révélation, sa prestation est d’une justesse et d’une simplicité qui ne font que rajouter à la grâce de son personnage. Elle évolue tout au long du film avec une aisance et un talent indéniables. Le reste du casting est, quant à lui, tout aussi formidable, à commencer par Peter Sarsgaard (dont on peut saluer l’effort pour adopter un accent british irréprochable !), très convaincant dans son rôle de charmant Pygmalion un brin paumé. Et comment passer à côté de la brochette de seconds rôles tous plus excellents les uns que les autres : Alfred Molina (génial dans son rôle de père dépassé par les événements), Dominic Cooper (précédemment vu dans Mamma Mia et qui semble enfin avoir un rôle avec un peu de relief), Rosamund Pike (qui donne de la légèreté à l’ensemble), sans oublier Olivia Williams, Emma Thompson…
Un très beau film
, subtil, fort et touchant, tout en nuances et en non-dits, à voir absolument. Admirable.

J’ai beaucoup aimé

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I love you Phillip Morris de Glenn Ficarra et John Requa ***
L’histoire de ce King Con (son surnom aux States) est vraiment prenante et intéressante, et je suis ravie qu’elle ait été écrite et adaptée au cinéma ! Les comédiens, tout d’abord, sont vraiment formidables: Jim Carrey excelle dans un rôle taillé sur mesure pour lui et Ewan McGregor tire finement son épingle du jeu à ses côtés, dans la peau d’un Phillip Morris façon midinette, mais tout en nuances. Le scénario est vraiment super efficace, on marche à fond dans toutes les combines de Steven Russell tout en se prenant d’affection pour lui. Et il y a plein de petits moments drôles: difficile de ne pas rire devant les ingénieuses évasions de Russel et les mines énamourées de Morris ! Le film oscille en permanence et avec brio entre drame et comédie, entre grandes déclarations d’amour décalées et dialogues crus et hilarants ! Et puis, surtout, il a un p’tit quelque chose de frais, de dingue et de politiquement incorrect qui fait plaisir à voir. Un film très surprenant, à la fois touchant et drôle. A voir sans hésiter !

From Paris with Love de Pierre Morel ***
Aussi étonnant que cela puisse paraître (à ceux qui ne me connaissent pas, évidemment), j’ai vraiment beaucoup aimé From Paris with Love ! Pierre Morel, qui profite de son auréole de « metteur en scène français le plus bankable aux States » après Taken (un de mes films cultes… mouahahah !) nous revient avec un film encore plus funky. Un bon gros film de bourrin d’action 100% assumé et estampillé Luc Besson ! Alors, oui, soyons clairs: le film en fait des tonnes, des caisses, tout est too much, tout est cliché, c’est bling bling, ça flingue, ça cogne, ça insulte, ça fait tout péter et il y a tout ce qui fait le charme des films Besson (ironie quand tu nous tiens): ses scènes sur les toits, ses Audis, ses répliques à l’américaine à deux balles, ses persos fétiches (dealers, putes & yamakasis)… mais qu’est ce que c’est bon !! Le film ne se prend pas au sérieux une seule seconde et on peut voir le 30è degré un peu partout (j’en veux pour preuve que je n’étais pas la seule à me marrer dans la salle… ouf, y’a encore des gens qui ont de l’humour, ça rassure !). Travolta est énormissime, complètement déjanté, survolté, explosif et bourrin à souhait et Rhys Meyers est égal à lui-même en bureaucrate intello et naïf. Un duo inattendu et qui fonctionne super bien, on voit que les comédiens prennent leur pied et c’est vraiment communicatif !  Bref, c’est de l’action pure et totalement assumée qui nous tient en haleine sans répit du début à la fin. Et le film se paie même le luxe de faire quelques petits clins d’œil aux cinéphiles (dont un énorme à Pulp Fiction !). En bref, From Paris With Love est un excellent divertissement qui fera passer un très bon moment à tous les amis du 36è degré (au moins !).

Shutter Island de Martin Scorsese ***
Après avoir dévoré et adoré le roman de Dennis Lehane il y a quelques mois, c’était avec grande impatience que j’attendais ce Shutter Island signé Martin Scorsese. Et force est de constater que cette adaptation est très réussie: ambiance trouble, glauque et malsaine, tension présente à chaque seconde du film, plans parfaitement maîtrisés et manipulation mentale du spectateur permettent de vraiment rendre la même sensation que lors de la lecture du bouquin. On sent que Scorsese a vraiment beaucoup travaillé en amont et qu’il s’est inspiré des films des années 20 et 30 pour donner la tonalité et l’authenticité parfaites à ses dialogues. Le casting du film est absolument impeccable, à commencer par le remarquable Leonardo DiCaprio qui livre une prestation d’une justesse à couper le souffle. Il est incroyable ! Le film reposant en grande partie sur ses épaules, il incarne son rôle à merveille et parvient à faire passer le spectateur par tous les stades de doutes et les angoisses qui assaillent son personnage. Du côté des seconds rôles, les prestations de Mark Ruffalo et Ben Kingsley sont à remarquer tant ils arrivent à rajouter du crédit à l’histoire. Une grande réussite, à voir sans hésitation !

J’ai aimé

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Sherlock Holmes de Guy Ritchie  **
Ce Sherlock Holmes à la sauce Guy Ritchie est un très bon divertissement qui dépoussière les idées préconçues sur le personnage: mettez au placard vos bonnes manières et tasses de thé, ici on a du lourd, du viril et de la casse ! Mais non sans élégance quand même. Visuellement, le film est vraiment très réussi, chaque plan est magnifique, les dégradés de noir, blanc et gris sont impressionnants, la lumière grise et les plans sont superbes et l’ambiance un peu glauque et crade de Londres au XIXè siècle est particulièrement bien reproduite. La mise en scène est très punchy, le film se déroule tambour battant pendant plus de 2h et il n’y a pas un seul temps mort. Après, les puristes pourront critiquer le fait que le film n’adapte aucun des textes de l’auteur en particulier, mais il a l’audace de proposer un scénario original avec un méchant inédit inventé pour l’occasion : Lord Blackwood, un homme mystérieux adepte de la magie noire qui va ressusciter d’entre les morts pour accomplir un dessein épouvantable que Holmes et Watson devront s’empresser d’arrêter ! Le film a de quoi plaire aux amateurs des livres puisque l’esprit de l’univers de Conan Doyle est bel et bien présent: la relation entre Holmes et Watson ne manque pas de piquant, et Robert Downey Jr. & Jude Law rivalisent d’humour, d’intelligence et de flegme pour former un duo efficace et complice promis à passer à la postérité. Les scènes d’action sont efficaces, et même si Guy Ritchie a tendance à abuser, par moments, de l’insupportable mode du fast cut, leur décortication par Holmes est, je trouve, une traduction originale et moderne de l’intellect brillant de ce personnage iconoclaste. J’ai hâte de voir ce que le second opus va donner avec un personnage aussi intéressant que celui de Moriarty ! A suivre…

Brothers de Jim Sheridan **
Ce remake nous propose une histoire assez intéressante sur un sujet universel -les conséquences psychologiques désastreuses de la guerre sur un individu- traité d’un point de vue intimiste et familial. Le film se suit avec intérêt du début à la fin et Jim Sheridan, par le biais d’une mise en scène sobre et efficace, laisse le champ libre à ses acteurs, qui nous inondent littéralement de leur performance. Tobby McGuire livre une prestation formidable, avec notamment une scène de folie destructrice tendue et parfaitement réussie (son regard me hante encore !!). Natalie Portman (très juste et touchante) et Jake Gyllenhaal sont également très convaincants dans des rôles plus en retenue. Le film repose entièrement sur ce trio d’acteurs incroyable qui nous délivre des scènes à la fois touchantes, angoissantes et toujours très fortes. Jim Sheridan évite le larmoyant pour nous offrir une belle histoire sur l’amour, le pêché, la folie et la rédemption. A voir.

Lebanon de Samuel Maoz **
Lebanon
est un film très fort, dur, âpre et sans concession (qui a d’ailleurs obtenu le Lion d’Or à la dernière Mostra de Venise). Il nous montre la guerre du Liban à travers le viseur d’un tank, à bord duquel on trouve une bande de jeunes israéliens qui ne savent pas ce qu’ils font, ni vraiment pourquoi ils sont là. Il n’y a pas de héros grandiloquent dans cet équipage de tankistes. Juste des hommes, avec leurs peurs et leur histoire. Le profil psychologique de chacun des personnages est très bien vu, les acteurs sont vraiment tous très convaincants, on ressent chaque goutte de leur sueur. Avec une mise en scène formelle d’une qualité rare, un éclairage et une prise de vue exceptionnels (surtout pour un premier film), Lebanon nous montre toute l’absurdité et les atrocités de la guerre. Il nous emprisonne littéralement dans un huis-clos anxiogène dans lequel on ressent toutes les secousses de la route, on respire les fumées et les odeurs d’essence du tank, on transpire dans la chaleur de cet enfermement, on partage les interrogations et les peurs de ces soldats de hasard. Le parti pris de ne nous laisser voir que ce qu’on voit à travers le viseur du canon nous enrôle de force dans cette aventure sordide et nous fait entrevoir la guerre dans toute son horreur.

Disgrace de Steve Jacobs *
Disgrace
est l’adaptation ciné du roman de J.M. Coetzee, Nobel de littérature, qui n’est pas du genre à écrire des romans à l’eau de rose ! Le scénario est happant, l’histoire est lourde, nous incite profondément à la réflexion et nous offre une vision très dure et âpre de l’Afrique du Sud -bien différente de celle de Clint Eastwood dans Invictus– avec viols, meurtres et haine raciale, dans un climat post-Apartheid tendu. Le film est très riche, fort et nous fait nous poser beaucoup de questions sans jamais savoir quelles conclusions on doit tirer, ni s’il y a une morale à cet enchaînement d’histoires sordides. Les personnages sont complexes, froids et dégueulasses, mais nous poussent forcément à réagir sans jamais savoir le message que l’auteur veut donner. Comme s’il ne voulait pas se poser en juge et nous laissait faire le sale boulot ! L’atmosphère est très glauque, poisseuse et tout est sur le fil pendant tout le film (comme sur le point de déraper à chaque seconde). Pour finir, la prestation de John Malkovich est excellente, on le sent totalement habité par son personnage, tous comme les autres comédiens. A voir au moins une fois.

L’autre Dumas de Saffy Nebbou **
L’autre Dumas
est l’une de mes surprises du mois de février car c’est un film duquel je n’avais pas de grosses attentes et qui s’est révélé vraiment intéressant. On suit l’histoire avec grand intérêt (il faut dire aussi que je suis passionnée par le XIXè siècle et que j’adore les romans de Dumas), et même si la réalisation est assez classique et parfois maladroite, le film traite son sujet en toute légèreté (sans tomber dans l’écueil du film historique classique). Il est à voir pour la relation entre Dumas/Depardieu, gourmand, libidineux mais génie inspiré et son double Maquet/Poelvoorde, un travailleur acharné, lâche mais finalement profondément humain. Le jeu d’identité entre les deux personnages est réellement passionnant, complexe et tout en nuances. Les comédiens sont vraiment très bons, Depardieu et Pooelvorde au premier plan sans oublier la galerie de personnages secondaires tous très bien interprétés. Quant à la polémique autour de la couleur de peau pas assez « foncée » de Depardieu, je l’ai trouvée presque ironique et dérisoire sachant que Dumas était le petit-fils d’une esclave noire de Saint-Domingue, fils d’un général métis et que, en son temps, il se faisait traiter de « nègre » par des journalistes qui ne partageaient pas ses idéaux républicains et fustigeaient son visage « bronzé » et sa chevelure crépue… Bref, un film qui m’a beaucoup parlé et que je reverrais avec plaisir !

Le Mac de Pascal Bourdiaux *
Encore une très bonne surprise de ce mois de février ! La bande-annonce m’avait fait rire mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à me marrer autant devant ce film. Et non, ce n’est pas un nanar lourdingue comme Protéger et Servir mais un divertissement vraiment très drôle et surtout (c’est le plus important) : totalement second degré ! Enfin, un film français vraiment drôle et décalé et qui s’assume comme tel : le scénario, l’histoire et les gags sont basés sur du grand n’importe quoi, les personnages sont caricaturaux et en font trop, les dialogues sont beaufs à souhait, l’affiche est de mauvais goût, il y a du bling bling, du flingue, de la coke, de la bimbo dénudée et chaudasse … Mais c’est tellement énorme et tellement lourd qu’on ne peut pas ne pas se marrer ! Et José Garcia y est vraiment énorme, ça fait plaisir de le retrouver sur nos écrans (parce que me repasser en boucle les DVD Best Of de Nulle part Ailleurs, parfois, ça ne suffit pas !). Pas mal de seconds rôles assez drôles aussi, à commencer par ceux de Gilbert Melki et Carmen Maura, égaux à eux-mêmes. Allez-y, si vous avez un tant soit peu d’humour (et que vous comprenez le 30è degré, cela va de soi !), vous passerez un bon moment à vous bidonner !

50/50

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A Single Man de Tom Ford *
A single man
est un film qui mérite à lui seul une catégorie ce mois-ci, tant ce que j’ai ressenti était contradictoire. D’un côté, je l’ai trouvé visuellement très beau, Tom Ford a fait un travail magnifique sur la photo de son film, les lumières sont splendides, les atmosphères à tomber par terre (un peu plus et on se serait cru dans Mad Men !) et le film est truffé de scènes parfaites (tant sur le fond que sur la forme). Tout est à sa place, parfaitement étudié et mis en lumière. La qualité des images est exceptionnelle. Tout comme les décors, costumes, coiffures… J’ai adoré les flash back et les passages avec Julianne Moore (la scène du dîner est géniale… surtout quand ils dansent sur ma chanson préférée d’Etta James arghh !), des moments très lumineux, plein de grâce, de douceur teintée de mélancolie. Fantastiques. Au niveau du casting, c’est un sans faute, les jeux de regards des différents intervenants sont incroyables. La performance de Colin Firth est aussi à souligner, tant il est magnifique de justesse, de sobriété, de classe et d’élégance, et Julianne Moore est sublime, lumineuse, magnifique… A Single man n’est pas passé loin d’être un grand film mais seulement, voilà, Tom Ford a voulu trop en faire sur l’aspect visuel et esthétique de son film, alors qu’une mise en scène plus « simple » en aurait probablement fait un chef d’œuvre. L’utilisation des couleurs, des ralentis et des gros plans de façon aussi répétitive alourdit le propos et ça gâche pas mal de moments où l’on se fait un peu chier (oui, quand même). En ressortent donc quelques scènes splendides mais émotionnellement assez fades comparés aux petits moments simples et vrais qui ponctuent le film. A tout prendre, c’est un film à voir tout de même (au moins une fois), malgré ses défauts.

Bof

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Une exécution ordinaire de Marc Dugain
Une exécution ordinaire
est le premier film de l’écrivain Marc Dugain, un auteur que j’aime beaucoup par ailleurs, mais qui n’a pas vraiment su me convaincre ici. Le film n’est pas dénué de qualités: l’atmosphère oppressante et monochrome des décors staliniens est parfaitement mise en place et n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de La Vie des Autres (un de mes films cultes). Mais surtout, sa grande force réside dans le jeu macabre et intimiste entre Staline, cynique, odieux, manipulateur et monstrueux, et le jeune couple qu’il détruit avec ses certitudes de tyran malade. André Dussollier réussit une surprenante incarnation du Petit Père des Peuples avec une intériorité et un minimalisme expressif qui rendent le personnage encore plus effrayant. Malgré cela, Une exécution ordinaire est un film qui n’avance pas, plombé par des longueurs inutiles, un rythme super lent (beaucoup trop lent) et une mise en scène très classique qui, certes contribue à donner une sensation étouffante et pesante, mais fait aussi que l’on s’ennuie très rapidement. Dommage !

Planète 51 de Jorge Blanco
Voilà un film que je n’avais pas prévu de voir à la base et devant lequel je me suis retrouvée par hasard. Ça donne quoi ? Les personnages sont assez sympas, l’animation est correcte, l’idée de base (celle d’inverser les rôles  et de présenter les terriens comme les envahisseurs des petits hommes verts) plutôt originale. Mais le scénario s’embourbe très rapidement, les gags sont poussifs, les thématiques choisies ultra convenues & classiques et le film tourne en rond au bout de 10 minutes. On commence à s’ennuyer ferme après avoir compris comment tout ça va se terminer après un quart d’heure de film ! Après, ce n’est pas une bouse totale, j’ai apprécié pas mal de clins d’œil à de nombreux films de science fiction, quelques petites trouvailles assez drôles aussi mais globalement, c’est quand même beaucoup trop premier degré. Il convient certainement mieux à un public plus jeune !

Lovely Bones de Peter Jackson
Bien qu’ayant lu le bouquin d’Alice Sebold dont le film de Peter Jackson est tiré, j’ai bien du mal à comparer les deux tellement en ressortent deux impressions différentes. Du livre (que j’ai lu il y a des années maintenant), j’avais gardé un ressenti positif, beaucoup de douceur et d’émotion. Difficile de dire la même chose du film qui, même s’il n’est pas dénué d’éléments positifs, se perd tellement dans des longueurs inutiles qu’on ne sait plus trop quoi penser ! Peter Jackson mélange des passages super poétiques avec une sorte de thriller/polar et à force de passer de l’un à l’autre sans ménagement, ce n’est pas évident pour le spectateur de savoir où se placer. Pour ma part, j’ai complètement décroché pendant tous les passages oniriques qui se situent dans l’in between de Suzie, un monde rempli de belles images certes mais un peu trop kitch, trop tape-à-l’œil, trop plastique… Pour moi, il manque à Lovely Bones un équilibre entre ces deux univers, un lien plus étroit. Et puis, peut-être que le nombre d’années qui me séparent de la lecture du roman d’Alice Sebold n’a pas suffit à effacer les souvenirs que j’en avais gardé, mais il y avait plus de matière dans le livre, plus de profondeur, plus de subtilité… Ce qui fonctionnait à merveille au sujet de cet autre monde, duquel Suzie nous raconte son histoire, peine à trouver un vrai souffle sur l’écran. En revanche, le développement des personnages donne l’occasion aux acteurs de montrer leur virtuosité, que ce soit Wahlberg (pour une fois !), Sarandon, Rachel Weisz, la jeune comédienne Saoirse Ronan et surtout le génialissime et terrifiant Stanley Tucci. Rien que de repenser à son regard de malade, j’en ai la chair de poule ! Au final, un film en demie-teinte duquel je garder une impression bien trop mitigée.

Valentine’s Day de Gary Marshall
Je ne vais pas me répéter car j’en avais déjà fait une critique ici après l’avoir vu en avant-première mais le dernier film du réalisateur de Pretty Woman m’a assez déçue. Vu le casting, la direction d’acteurs, le pitch et le cadre (L.AAAAAAA !!), le film aurait pu (et aurait du) être bien plus réussi. Évidemment, je ne peux pas le détester car la midinette qui sommeille en moi raffole des comédies romantiques… mais quand même. Peut mieux faire !

J’ai pas aimé

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Wolfman de Joe Johnston
J’attendais beaucoup de ce film de loup-garous car autant vous dire que la bande-annonce était franchement alléchante. Mais il n’en a rien été ! Alors, oui, c’est sûr, l’ambiance lugubre, les couleurs, le clair-obscur ténébreux quasi permanent et l’atmosphère de l’Angleterre victorienne sont parfaits. Mais pour le reste, le film n’a aucune crédibilité du début à la fin. Au bout de 10 minutes, on sait exactement comment ça va se terminer, tout est cousu de fil blanc et le moindre rebondissement est attendu. Ça sent franchement le déjà-vu. Restent quand même de bonnes performances de comédiens, mais rien d’extraordinaire. La volonté du réalisateur de ne pas mettre trop d’effets visuels dans l’apparence des créatures est tout à fait humble et honorable de sa part, mais ça se ressent énormément. C’est du maquillage hyper travaillé qui fait vachement années 80 et ça contraste vachement avec le reste visuellement, ce qui créé une sorte de décalage qui donne à l’ensemble un côté vraiment très bizarre. A éviter.

Hors de contrôle de Martin Campbell
La bande-annonce nous s’annonçait un film explosif, palpitant, noir et amoral à souhait. Pour le côté sombre, on repassera, à part peut-être dans le titre en V.O (The edge of darkness… et ta connerie ?!!). Et pour le reste du film ? C’est bien simple, il n’y a rien. Ce qu’on nous promettait est donc un gros tissu de mensonges et le film est vraiment passé à côté de tout. En dépit de la présence du sympathique Mel Gibson (sympathique comme acteur, hein, parce que dans la vie, ça m’a l’air d’être un vrai taré quand même !) que l’on est ravi de revoir sur les écrans pendant les 5 premières minutes, le film ne nous propose pas grand chose. Le scénario est creux, l’intrigue n’arrive pas à nous tenir en haleine, impossible de ressentir la moindre empathie pour cet anti-héros dans sa quête ultime de justice, vérité et vengeance. L’histoire est superficielle, bancale (c’est un film d’action ou un thriller ? ni l’un, ni l’autre…), certaines scènes n’ont aucun sens et c’est bourré d’incohérences. Un vrai raté et une belle déception.

Thérapie de Couples de Peter Billingley
Une comédie américaine vraiment TRES premier degré et pas drôle du tout. Il y a très peu de scènes qui fassent vraiment rire, aucune qui fasse réfléchir sur le couple (tout est banal et hyper convenu) et pas la moindre qui soit aboutie… Ce qui fait qu’on se demande un peu ce qu’on vient faire là ! Quant au casting 3 étoiles, ce n’est pas un gage de qualité pour qu’un film soit réussi et la preuve, les personnages sont des archétypes ambulants et absolument insupportables: l’ancien joueur de football qui veut sauter tout ce qui bouge (Jon Favreau), l’angoissé chronique (Vince Vaughn), le control freak (Jason Bateman)… Du côté des thérapeutes, c’est encore pire. Tous les comédiens (dont Jean Reno que l’on voit sur toutes les affiches dans Paris), accentuent leur accent pour les besoins de la cause et se voient obligés de pousser leurs personnages au-delà de la caricature… Navrant ! A part les paysages paradisiaques qui donnent envie d’évasion, il n’y a vraiment rien dans ce film. Aussitôt vu, aussitôt oublié.

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Little Miss Chatterbox

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