Fondation Cartier

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Le Street Art s’expose à la Fondation Cartier

Consacrée au graffiti et au street art, l’exposition « Né dans la rue – Graffiti » met en lumière l’extraordinaire vitalité d’un mouvement artistique qui a pris son essor dans les rues de New York au début des années 1970 et qui est rapidement devenu un phénomène mondial. Solidement ancré dans le paysage culturel, le graffiti traverse aujourd’hui les domaines des arts plastiques, du design et de la publicité. Pourtant, en dépit de son omniprésence, cette forme d’expression essentiellement illégale continue d’évoluer en périphérie du monde artistique contemporain et les origines et l’histoire de ce
courant demeurent peu connues du grand public. Cette exposition s’efforce réparer cette petite erreur en traçant les contours d’un territoire vaste et complexe, qui englobe aujourd’hui quantité de techniques, d’idées et de courants différents.

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Un parcours divertissant et varié s’offre au visiteur. Pour commencer, les murs de la salle du bas s’ornent de différentes calligraphies présentées de manière chronologique et imagée, chaque calligraphie étant renvoyée à son créateur et à ceux qui les ont employées ; des bombes et des marqueurs ainsi que des black books illustrent également le graffiti pas à pas. Autour de ces objets, quelques vidéos sont projetées et, un peu plus loin, d’autres le sont sur les murs, illustrant la vie de ces artistes de rue. Des interviews, avec casques pour ceux qui voudraient les écouter, sont également proposées. Le visiteur flâne, sélectionnant les informations qu’il désire et s’arrêtant là où il veut. La salle du rez-de-chaussée réunit, quant à elle, quelques œuvres contemporaines témoins du graff comme il se pratique aujourd’hui, selon les pays. Brésil, Chili, Suède, France, États-Unis… Les artistes ont abandonné les noms de code et travaillent sur des toiles dont certaines désarçonnent, tant elles sont loin de ressembler à ce que l’on se représente du graffiti. Les grandes baies vitrées de la fondation ouvrant sur le jardin, le tout procure une agréable sensation d’espace et de liberté.

Le grand intérêt de cette exposition est la présentation du graffiti sur différents supports et médias, du visuel statique (graffiti, black books, dessins, matériel) au visuel animé (vidéos, clips). Le clou de l’expo, avant ou après la visite à l’intérieur, c’est quand même la façade de la Fondation qui pour l’occasion a été recouverte de divers tags, dont certains sont particulièrement attrayants. C’est sans aucun doute l’intégration la plus vivante et intéressante du graffiti dans l’exposition, puisqu’on peut à la fois regarder une œuvre en création et en suivre chaque étape, jusqu’à la touche finale !

Petit tour d’horizon en images:

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L’exposition est vraiment intéressante dans le sens où elle met en avant un phénomène peu connu du grand public en le présentant comme un art. Un art omniprésent dans notre société, même si illégal la plupart du temps, mais qui du fait de son évolution constante nous permet d’actualiser notre façon de percevoir l’urbanisme qui nous entoure. Et quelle ironie qu’un phénomène, aujourd’hui reconnu comme un art, mais dont les bases reposent sur des racines de révolte, de contestation et de marginalisme, soit représenté dans un lieu comme la Fondation Cartier, a priori aux antipodes des valeurs portées par le graff ! Bref, à voir pour les amoureux de street art et les curieux ;)

C’est où ?
« Né dans la rue – Graffiti »
Fondation Cartier pour l’Art Contemporain
261, bd Raspail (14è) – M° Raspail
Prolongé jusqu’au 10 janvier 2010.
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h.

Expo César par Jean Nouvel, à la Fondation Cartier

CesarGrâce à l’invitation d’Arts Magazine, j’ai pû me rendre récemment à l’exposition César – Anthologie par Jean Nouvel à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (l’un de mes lieux de culture préférés à Paris). Jean Nouvel, en tant qu’architecte du bâtiment de la Fondation Cartier et ami du sculpteur, a été invité à choisir les œuvres et à les mettre en scène.

Exposition monumentale, au sens propre du terme. César, ses compressions, mais pas seulement. Sculpteur de formation classique, César s’est toujours interrogé sur la nature de l’art : une œuvre d’art qui ne met pas en valeur un savoir-faire relève-t-elle encore de l’art ? Cette question l’occupait, lui qui n’hésita pas à prendre les commandes de la Big Squeeze (presse hydraulique utilisée pour le compactage calibré des voitures) pour produire une part importante de son œuvre; je fais référence, vous l’avez compris, aux fameuses Compressions. Au sous-sol de la Fondation, on retrouve donc quelques compressions de voiture. Les premières datent de 1962. L’alignement des 13 voitures Fiat compressées de 1998, avec leurs coloris arc-en-ciel comme dans des boîtes de crayons de couleur est plutôt bien pensé. C’est harmonieux et aérien, malgré la masse imposante de cette œuvre !
Et sinon, à l’expo, on y voit quoi ?

Compressions, mises à part, le rez de jardin est consacré aux célèbres et impressionnantes Empreintes humaines : pouce, mains, poings, seins (pas les siens, hein, mouahahah), et aux Expansions : comme des kilos de peinture déversés et figés, formes rondes et parfaites, harmonie qui détend l’œil et n’est pas sans rappeler, en plus gros, les accidents de tubes de dentifrices sur le bord du lavabo ! Les expansions de mousse en polyuréthane m’ont particulièrement intriguée. J’y vois assez clairement la démarche de César, mais je trouve qu’en plus, ces coulures sont esthétiquement plaisantes. J’admire la volonté de contraindre la matière, plaçant l’artiste en tant que superviseur plutôt que créateur. Cette façon de figer le mouvement était particulièrement innovante à l’époque, mais le résultat n’a pas vieilli. La fixation de la fluidité organique devient même quasiment érotique avec les vagues sensuelles en plastique brillant que je préfère aux coulures en rouille mat.

Vient ensuite le bestiaire fantastique, les Animaux imaginaires (en fer), où se prélassent punaises, chauve-souris, insectes et volatiles en matériaux métalliques de récupération (boulons, tiges, clefs, câbles et ressorts en tous genres). C’est à la fois fascinant et effrayant ce travail sur la matière. Pour finir, à l’arrière, dans le jardin, se situe une reconstitution de « Un mois de lecture des Bâlois », gigantesque installation de balles de papiers serrées, censées correspondre à un temps donné de la lecture des journaux par les habitants de Bâle (ici, on a utilisé des balles de papier parisien !).

Cette exposition est certes une bonne introduction à l’œuvre du sculpteur, mais elle souffre tout de même d’un manque d’explications ou de mise en perspective pour être suffisamment captivante. Bref, ça manque un peu de pédagogie et c’est dommage.

C’est où ?
Fondation Cartier pour l’Art Contemporain
261, Bd Raspail (14è) – M° Raspail ou Denfert
Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h (et en nocturne le mardi jusqu’à 22h).
Gratuit le mercredi de 14h à 18h.
Jusqu’au 26 octobre.

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