expos Paris

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En route pour le Mexique…

… avec 2 expos parisiennes très différentes mais qui ont pour point commun le Mexique ! (et non, je n’ai malheureusement pas de voyage prévu là-bas pour le moment !) (I wish)

Henri Cartier-Bresson/Paul Strand, Mexique 1932-1934 à la Fondation Cartier-Bresson (jusqu’au 22 avril 2012)

Jusqu’au 22 avril 2012, la Fondation Cartier-Bresson rend hommage à deux grands maîtres de la photographie : Henri Cartier-Bresson et Paul Strand. L’exposition présente 90 tirages en noir et blanc: les œuvres de Paul Strand proviennent de collections espagnole, américaine et mexicaine et celles de Cartier-Bresson, dont certaines inédites, sont issues de la collection de la Fondation HCB. Tous deux voyagent au Mexique à la même époque mais ne se croiseront pas avant 1935, à New York, alors qu’ils rejoignent le groupe de cinéastes engagés Nykino pour tenter une expérience cinématographique dans une phase clé de leurs deux carrières.

La mise en perspective de leurs travaux sur le Mexique entre 1932 et 1934 est l’occasion de découvrir deux visions d’un même pays mais surtout deux approches bien différentes de la photographie. En effet, force est de constater que même si les convergences entre les deux artistes sont nombreuses, leurs styles varient profondément: à la fluidité du français s’oppose l’immobilité de l’américain.

Comme toujours, l’exposition se visite rapidement car les locaux de la fondation Cartier-Bresson sont vraiment minuscules mais ce côté confiné et intime donne encore plus de charme à leurs jolies expositions. Et celle-ci n’en manque pas ! Elle est donc plutôt petite – seulement 2 salles avec assez peu de photos et quasiment pas d’explications – mais les tirages sont superbes et c’est vraiment très intéressant et pertinent de confronter les regards passionnés (et passionnants) de ces deux photographes parmi les plus importants du XXè siècle. A voir !

C’est où ?
Henri Cartier-Bresson/Paul Strand, Mexique 1932-1934
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, impasse Lebouis (14è) – M° Gaîté
Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 18h30 (nocturne le mercredi jusqu’à 20h30) et le samedi de 11h à 18h45.
Le site.

 

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Les Masques de jade mayas à la Pinacothèque de Paris (jusqu’au 10 juin 2012)

Voilà une exposition que j’attendais de pied ferme et ce, depuis plus d’un an, puisque souvenez-vous, elle était initialement prévue dans le cadre de l’année du Mexique en France mais avait été brusquement annulée par Mexico en février de l’année dernière en raison de tensions diplomatiques liées à l’affaire Florence Cassez. Finalement, tout est bien qui finit bien, puisque la Pinacothèque de Paris, en collaboration avec l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (Inha) de Mexico, a pu mener ce projet à bien et nous propose à travers cette expo, intitulée Les Masques de jade mayas, de poursuivre l’exploration des cultures précolombiennes et mésoaméricaines.

Elle présente la découverte archéologique la plus importante de la dernière décennie au Mexique: les masques en mosaïque de jade mayas. Un ensemble rarissime exposé aux côtés d’une centaine d’œuvres quittant leur pays pour la première fois. A ce jour, une quinzaine de masques (dont la plupart sont à la Pinacothèque de Paris en ce moment) ont été retrouvés dans les sépultures des élites de cette société et une partie de ces masques funéraires représente les visages individualisés des dirigeants mayas. En effet, ils étaient créés pour les gouverneurs les plus prestigieux des cités perdues mayas et avaient pour mission d’assurer la vie éternelle à ces hauts dignitaires après leur mort. C’est notamment le cas de l’extraordinaire masque du roi Pakal que l’on peut voir dans l’exposition ! Une autre partie des masques exposés représente les divinités du panthéon maya qui, à l’instar des ancêtres mythiques incas, combinent des traits humains, animaux et végétaux. Portés par l’élite maya durant les cérémonies rituelles, les masques lui permettaient d’endosser le visage de la divinité et d’accomplir ainsi son rôle d’intermédiaire entre les sphères terrestre et céleste.

L’exposition propose ainsi une véritable plongée dans la cosmogonie sophistiquée et mystérieuse de la culture maya. On en apprend aussi beaucoup sur leur organisation sociale, les outils du quotidien, leur alimentation, etc… et la lecture des œuvres est enrichie par une mise en contexte vraiment intéressante et instructive: les masques sont, par exemple, présentés avec le reste du trousseau funéraire qui comprend colliers, boucles d’oreilles, pectoral, bracelets, céramiques et autres offrandes. C’est la première fois, depuis leur exhumation et leur dispersion dans différents musées, que ces œuvres sont rassemblées et sept tombes de dirigeants mayas ont été ainsi reconstituées.

Au delà de ça, les panneaux explicatifs sont nombreux & pédagogiques et permettent une totale immersion dans la culture maya. De même, la multiplicité d’encarts situés à côté des œuvres est un atout essentiel à la compréhension de leurs fonctions et caractéristiques (même si je les ai parfois trouvés un peu trop dans l’obscurité et que, bien entendu, ça ne vaut pas un bon audio-guide !).

Une très belle exposition donc, à visiter sans hésitation, pour y découvrir des pièces exceptionnelles et fascinantes et s’offrir quelques minutes de dépaysement salutaires en cette période de grisaille parisienne !

C’est où ?
Les Masques de jade mayas
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30, nocturne les mercredi & vendredi jusqu’à 21h.
Plus d’infos sur le site.

Mes expos parisiennes de fin d’année

Comme je suis un peu à la bourre pour vous parler des dernières expos parisiennes que j’ai eu le plaisir de visiter au cours de ces dernières semaines, je vais faire au plus simple et tout regrouper ici. Vous aurez donc droit à 1 billet avec pas moins de 4 expos… et qui valent toutes le coup en plus ! De quoi bien remplir votre fin d’année culturelle ;)

♥ France 1500 au Grand Palais (jusqu’au 10 janvier 2011)

Doublé totalement gagnant en cette fin d’année pour les Galeries Nationales du Grand Palais qui, en plus de nous ravir avec une fabuleuse rétrospective des œuvres de mon peintre préféré, nous proposent une magnifique incursion dans l’art français en 1500, à découvrir à travers 200 peintures, sculptures, tapisseries, livres, vitraux, etc… Au tournant du XVIè siècle, l’art en France est encore largement emprunt de l’influence gothique, tout en s’ouvrant à diverses nouvelles choses. Les foyers, nombreux, invitent des artistes venus du sud ou du nord et produisant des œuvres diverses. L’exposition porte sur la période des règnes de Charles VIII (1493-1498) et de Louis XII (1498-1515). La guerre de Cent Ans s’est achevée en 1453 et la France, en pleine reconstruction, connaît alors une période de prospérité favorable aux arts. Une mutation s’est opérée dans les années 1460-1480, avec deux grands foyers artistiques. Si, déjà, les domaines du roi René (Provence, Lorraine et Anjou) font venir des artistes d’Italie, les modèles viennent plutôt du Nord, avec, par exemple, Enguerrand Quarton. Encore que le grand portraitiste Jean Fouquet, peintre du roi Louis XI, fasse déjà la synthèse entre innovations flamandes et italiennes après un voyage en Italie vers 1445.

Dans les années 1490 et 1500, une foule de commanditaires fait travailler les artistes. Souverains, nobles, prélats, villes, confréries leur font produire des objets et des édifices, et l’exposition explore un certain nombre de foyers où ils s’épanouissent (Jean Hey, identifié comme le fameux Maître de Moulins, dans le Bourdonnais, Louise de Savoie à Cognac, la peinture dans le Languedoc ou en Champagne, sans oublier la Normandie, représentée par une très belle Vierge à l’Enfant rieur, etc…). L’architecture, où le gothique flamboyant perdure, influence le mobilier, qui déborde de d’ornements. Le livre imprimé est un nouveau support pour les artistes: les illustrations gravées sont colorées à la main ou au pochoir. Certains riches commanditaires continuent à agrémenter leurs exemplaires imprimés d’images peintes par les enlumineurs. Les français restent également très attachés à l’art nordique, qui utilise la perspective atmosphérique et a été le premier à utiliser la peinture à l’huile, et de nombreux artistes flamands sont présents en France.

Les années autour de 1500 sont aussi une période où les échanges avec l’Italie s’intensifient, à l’occasion des campagnes d’Italie des rois français, entre la tentative de conquête de Naples en 1495 par Charles VIII et le départ des Français de la péninsule, après les conquêtes et les revers de Louis XII à Milan et à Naples. Des Italiens viennent travailler en France, comme Andrea Solario au château de Gaillon. Mais la fascination pour l’art italien est aussi attestée par des commandes ou des acquisitions: une petite Nativité de Fra Bartolomeo, une Sainte Véronique de Lorenzo Costa aux accents léonardesques, exécutée pour Florimond Robertet (un conseiller de Louis XII)… L’exposition se termine sur le François Ier en Saint Jean Baptiste de Jean Clouet, portraitiste d’origine flamande qui a ici intégré l’influence de Léonard de Vinci.

France 1500 est une très belle expo, magnifiquement mise en scène (les œuvres sont splendides et leur agencement permet de s’imprégner parfaitement de leur beauté délicate) et très enrichissante dans le sens où elle nous aide à mieux appréhender une période artistique fascinante fortement marquée par la religion, mais aussi par la recherche d’une esthétique expressive et universelle. A voir, sans hésitation !


C’est où ?

France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance
Galeries nationales du Grand Palais, entrée Clémenceau
Avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert tous les jours sauf le mardi et le 25 décembre, 10h-20h, le mercredi jusqu’à 22h, fermeture exceptionnelle à 18h le 24 et le 31 décembre.

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Jean-Léon Gérôme – L’histoire en spectacle au Musée d’Orsay (jusqu’au 23 janvier 2011)

Une vraie bonne surprise que cette exposition sur Jean-Léon Gérôme, dont je n’attendais pas grand chose, et qui au bout du compte m’a totalement emballée ! A la base, je n’étais pas spécialement motivée et c’est très certainement du fait de l’image assez « négative » de l’artiste dans l’Histoire de l’Art. En effet, pendant très longtemps, Gérôme a été mis au placard et surtout stigmatisé comme l’emblème d’un académisme stérile… avant que la perception de l’artiste n’évolue profondément au cours des dernières décennies. Il est aujourd’hui compris comme l’un des grands créateurs d’images du XIXe siècle ! L’exposition est très intéressante dans le sens où elle permet d’aborder tous les enjeux de son œuvre, de ses sources à son influence : on y découvre sa place dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d’histoire (il représente des scènes historiques avec un souci du détail qui accentue la vraisemblance, mais prend des libertés nécessaires pour créer le suspens… en fait, il fabrique surtout des images qui restent dans les mémoires !), son rapport complexe à l’exotisme, son usage de la polychromie en sculpture, son rôle d’enseignant, son rapport au modèle antique, sa passion tardive pour la sculpture, etc…

L’expo offre également l’occasion de s’interroger sur la façon dont sa personnalité cristallise le combat anti-académique de la fin du XIXè siècle, et enfin, l’engouement qu’il suscite auprès du public et des collectionneurs américains (dont pas mal de cinéastes conquis par sa façon de mettre en scène le spectacle et son sens de l’anecdote, et notamment les auteurs de péplums: Cecil B. DeMille -Sign of the Cross-, William Wyler -Ben-Hur-, Stanley Kubrick -Spartacus- ou même Ridley Scott qui s’est inspiré de Pollice Verso, qui figure un combattant en armure triomphant dans le Colisée, pour Gladiator !). L’exposition permet de se rendre compte que c’est vraiment la double identité de l’œuvre de Gérôme, à la fois savante et populaire, qui la rend aujourd’hui si précieuse aux yeux des historiens d’art et même du grand public.

En bref, une superbe exposition, très intéressante, bien documentée et qui permet de redécouvrir un artiste incroyable et surprenant ! Sans parler de la balade dans le musée d’Orsay que ça donne l’occasion de faire ;) Et n’oubliez pas le festival Péplum à l’auditorium du musée pour revoir les films mentionnés plus haut (programme ici).


C’est où ?

Jean-Léon Gérôme – L’histoire en spectacle
Musée d’Orsay
62, rue de Lille (7è) – M°Solférino
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45.

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♥ L’Antiquité Rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle au Musée du Louvre (jusqu’au 14 février 2011)

Depuis quelques semaines maintenant, le Louvre expose le mouvement néoclassique avec une nouvelle exposition nommée « Antiquité rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle ». Alors que l’art du XVIIIè siècle est souvent perçu comme une marche progressive du petit goût rocaille vers un grand goût classique, cette exposition met en lumière les différentes expériences qui en ont renouvelé les formes et les thèmes artistiques, et illustre les processus d’innovation, d’émulation, voire de résistance à l’antique dans l’Europe du XVIIIè siècle.

Le Louvre expose ici 150 œuvres – parmi lesquelles peintures, sculptures, dessins, gravures, arts décoratifs – représentatives de ce tournant de goût qui a accompagné la France dans ses soubresauts politiques jusqu’à Napoléon et qui nous font vivre la naissance du néoclassicisme. Il faut savoir que l’Angleterre et l’Italie ont été les précurseurs dès les années 1720-1730 et que la France n’a été touchée qu’un peu plus tard par le mouvement, à partir des années 1740-1750 lorsqu’un certain nombre d’amateurs influents se sont mis en tête de réformer les arts français pour donner de la Nation et de la monarchie une idée plus grave, plus austère et plus « civique ».

En même temps, à partir des années 1750-1760, des contre-courants se forment qui contrebalancent cet engouement pour l’antique néobaroque (Gandolfi, Fragonard, mais aussi Goya ou l’architecte de Wailly l’illustrent à travers l’Europe), le néomaniérisme et la veine « sublime ». Des artistes s’intéressent de nouveau aux baroques, à partir de Rome et de l’Italie, aux grands noms de la Renaissance et du XVIè siècle, tandis que le dernier courant (avec des artistes comme des artistes comme Füssli, Sergel ou Desprez) invente un répertoire de fantômes, de furies et d’ombres échappant à la rationalité classique.  Enfin, le dernier quart du siècle voit s’affirmer un langage plus universel qui se radicalise sous l’égide de valeurs héroïques. De sculptures en projets d’architectures, de toiles monumentales en grands marbres, la société européenne, à la veille de l’embrasement révolutionnaire, manifeste ainsi ses aspirations nouvelles.

Comme toujours au Louvre, cette exposition mérite définitivement une visite ! Elle est très riche, complète, bien documentée et permet surtout de mettre en perspective la relation entre les mythes, l’histoire et la peinture. D’ailleurs, je vous conseille de la visiter avant l’expo Gérôme, dont je parlais juste avant car elle met en évidence combien la peinture d’histoire était le genre noble jusqu’à la fin du XIXè, et permet de comprendre à quel point Gérôme avait pu s’encanailler lorsqu’il a quitté les mythes et la littérature pour l’anecdote historique ! A voir, donc.


C’est où ?
L’Antiquité Rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle
Musée du Louvre
Hall Napoléon, sous la Pyramide – M° Palais Royal -Musée du Louvre
Ouverture tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18h, et en nocturne jusqu’à 22 h les mercredi et vendredi.

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♥ Mondrian / De Stijl au Centre Pompidou (jusqu’au 21 mars 2011)

Jusqu’au 21 mars 2011, le Centre Pompidou accueille une exposition inédite consacrée aux parcours croisés du mouvement De Stijl et de Piet Mondrian, sa figure magistrale. Il n’y avait encore jamais eu d’exposition en France consacrée à De Stijl (« Le Style » en français), groupe actif de 1917 à 1931 qui était tendu vers la recherche de l’harmonie universelle. L’ambition de De Stijl était de donner un sens nouveau aux arts en les rapprochant autour du désir de destruction du figuratif, et d’utilisation de couleurs et de formes « pures ». La perfection de la machine, la vie en collectivité et l’anonymat des méthodes de travail à cette époque les ont beaucoup influencé. Peinture, sculpture, mobilier, graphisme, architecture, urbanisme: ses membres rêvaient de faire tomber les séparations entre les disciplines pour organiser un monde géométrique où la couleur crée l’espace. A la recherche d’un art total et universel au service d’un monde nouveau, ils ont inventé un langage de lignes horizontales et verticales et de couleurs primaires.

L’exposition du Centre Pompidou est énorme: elles s’étend sur 2100 m² et présente pas moins de 700 œuvres et objets, dont une centaine d’œuvres majeures de Mondrian, et même une reconstitution de son atelier parisien du 26 rue du Départ (à Montparnasse). Le lieu a aussi été immortalisé par André Kertesz dont un certain nombre de photos sont présentées ici. Le parcours est divisé en trois parties. La première est consacrée aux travaux des artistes de De Stijl avant la naissance officielle de la revue (1917) et à l’évolution de ces peintres néerlandais vers l’abstraction. La deuxième s’intéresse au seul Mondrian, de 1912 à 1938, c’est-à-dire pendant ses années parisiennes, des années au coeur de ce qui est essentiel dans son œuvre. La troisième partie de l’exposition se penche sur les créations du mouvement De Stijl proprement dit et à ses développements.

La partie de l’exposition consacrée à Mondrian (et peut-être celle qui m’a le plus intéressée) s’ouvre sur une Nature morte au pot de gingembre cézannienne. On y apprend que le peintre hollandais arrive à Paris en 1912 et que c’est là qu’il va développer son abstraction géométrique après quelques années sous influence cubiste. Pendant la guerre de 1914, Mondrian est obligé de retourner en Hollande et vit ce séjour dans son pays comme un exil, au cours duquel l’abstraction de ses tableaux se radicalise. Confronté à la mer, à l’infini, il peint des croix dont le mouvement évoque la houle, à l’intérieur d’une forme ovale. Revenu à Paris après la guerre, il produit ses célèbres compositions de plans de couleurs primaires opposés à des plans de « non couleurs » (gris, blanc, noir) qui confrontent lignes horizontales et verticales. Dans des compositions de 1926-1927, il ne reste qu’un tout petit bout de bleu ou de rouge. Les lignes elles-mêmes vont se réduire au jaune dans une composition de 1933, imaginée dans un losange.

Pendant ce temps, le mouvement De Stijl développe l’idée de « néoplasticisme ». Son nouveau langage pictural s’appuie sur le plan et sur les trois couleurs primaires. En 1917 paraît la revue De Stijl, dirigée par Theo van Doesburg, que Mondrian a rencontré deux ans plus tôt. Mis à part un projet de décoration intérieure jamais réalisé, Mondrian va se limiter à l’espace de la toile, mais ses amis investissent aussi l’architecture et le design, faisant exploser les frontières entre différentes disciplines artistiques. Le Centre Pompidou présente de nombreuses maquettes et évocations de ces projets architecturaux, voire urbanistiques, où la couleur est un élément essentiel.

L’exposition est vraiment très intéressante, riche et complète dans le sens où elle donne une vision d’ensemble de l’historique de De Stijl, de l’œuvre fascinante de Mondrian, et des liens d’influence entre les représentants du néo-plasticisme. A réserver aux curieux et aux amoureux d’Histoire de l’Art !

C’est où ?
Mondrian -De Stijl
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou (4è) – M° Rambuteau
Ouvert tous les jours sauf mardi de 11h à 21h (fermeture des caisses à 20h). Nocturne le jeudi jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h).

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Prochaine expo sur ma liste: « Science (et) Fiction, aventures croisées » à la Cité des Sciences.

♥ Et sinon, je vous invite à fouiner dans mes archives pour trouver les compte-rendus des expos visitées ces derniers mois :
Harry Callahan, Variations à la Fondation Cartier Bresson (jusqu’à dimanche prochain).
– Les expos du moment du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Didier Marcel- Sommes-nous l’élégance et Larry Clark – Kiss the past hello jusqu’au 2 janvier 2011 et Basquiat, jusqu’au 30 janvier 2011).
La France de Raymond Depardon à la BnF François Mitterrand (jusqu’au 9 janvier 2011).
D’or et de feu, l’Art en Slovaquie à la fin du Moyen Âge au Musée de Cluny (jusqu’au 10 janvier 2011).
Rétrospective Arman au Centre Pompidou (jusqu’au 10 janvier 2011)
La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov au Musée de la Vie Romantique (jusqu’au 16 janvier 2011).
Brune Blonde à la Cinémathèque Française (jusqu’au 16 janvier 2011).
Rubens, Poussin, et les peintres du XVIIè siècle au Musée Jacquemart-André (jusqu’au 24 janvier 2011).
Monet au Grand Palais (jusqu’au 24 janvier 2011).
Baba Bling – Signes intérieurs de richesse à Singapour au Musée du Quai Branly (jusqu’au 30 janvier 2011).
Trésors des Médicis au Musée Maillol (jusqu’au 31 janvier).
André Kertész au Jeu de Paume (jusqu’au 6 février 2011).
L’Or des Incas à la Pinacothèque de Paris (jusqu’au 6 février 2011).
Henry Moore au Musée Rodin (jusqu’au 27 février 2011).
Voyage en Capitale – Louis Vuitton et Paris au Musée Carnavalet (jusqu’au 27 février 2011).

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