expo Tim Burton

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Mon coup de cœur de la semaine: l’expo Tim Burton à la Cinémathèque Française

En début de semaine, j’ai eu le plaisir immense de me rendre au vernissage presse de la tant attendue exposition Tim Burton à la Cinémathèque Française !

Dire que j’attendais cette exposition avec l’excitation d’une gamine de 5 ans trépignant avant l’ouverture d’un magasin de jouets serait, je pense, un euphémisme pour décrire à quel point j’avais hâte de m’y rendre ! Et pour cause: depuis toute petite, je suis (comme nombre d’entre vous, je le sais) tout bonnement fascinée par l’imaginaire de ce très grand réalisateur, mélange improbable entre le monde d’Edgar Poe et celui de Walt Disney. Aussi étrange que cela puisse paraitre, dans son univers – imprégné des leçons de l’expressionnisme allemand et des séries B hollywoodiennes de terreur – je me sens un peu comme un poisson dans l’eau ! J’aime son onirisme inquiétant mais ce que je préfère, je crois, c’est surtout cette façon si personnelle qu’il a de parvenir à faire naître autant de lumière et de poésie d’un monde noir et souvent macabre.

Même si je suis moins fan de ses films les moins « personnels » (La Planète des Singes ou le récent Alice au Pays des Merveilles, par exemple), je reste profondément attachée à la plupart de ses œuvres, où l’ironie la plus corrosive est mêlée à une sensibilité enfantine saupoudrée d’humour surréaliste. Mes préférées: The Nightmare before Christmas (un film certes réalisé par Henry Selick, car Burton était sur le tournage de Batman, mais un scénario éminemment burtonien, sans parler de la poésie de l’histoire, des personnages, de la musique du compositeur de génie Danny Elfman…), Edward Scissorhands, Ed Wood et Big Fish.

Mais revenons à ce superbe évènement organisé par la Cinémathèque Française qui est non seulement l’occasion jubilatoire de revoir tous ses films (dont ses courts-métrages les plus confidentiels) mais aussi, grâce à l’exposition majeure conçue par le MoMA à New York en 2009 et accueillie ici ce printemps, de découvrir ses talents de dessinateur, peintre, vidéaste, photographe et inventeur de sculptures bigarrées et stupéfiantes ! L’expo nous fait pénétrer à l’intérieur de son laboratoire secret, un « Burtonarium » rassemblant toutes les singularités de l’auteur à travers croquis, sculptures, robots, courts et longs métrages, etc. Entre merveilleux et monstrueux, on nous laisse percevoir la continuité dans l’esthétique poétique du réalisateur. L’exposition permet aussi de valoriser la place du dessin dans le travail de l’artiste et, dès le début du parcours, on comprend très vite qu’avant d’être un cinéaste, Burton est un dessinateur. Il dit d’ailleurs lui-même: « Peu importe que je sache dessiner ou pas, l’important c’est que j’aime ça. Dès cet instant, j’ai éprouvé un sentiment de liberté que je n’avais jamais connu auparavant ».

L’expo nous emmène également à la rencontre de ses incroyables personnages: marginaux attachants, enfants étranges, robots rusés, cadavres amusants de l’Outre-Monde, couples bigarrés, animaux fantastiques, clowns, et autres « freaks ». Burton a inventé une galaxie d’individus excentriques fascinants et hors normes qui évoluent tant bien que mal dans un monde de référence qui ne les comprend pas. A travers leurs bizarreries, ces personnages interrogent notre monde figé, l’étrangeté de chacun devient leur beauté et ils remettent en question nos systèmes de valeurs. D’ailleurs, l’une des grandes réussites du cinéaste, c’est qu’il est parvenu à imposer une vision anticonformiste au sein de la production hollywoodienne, en faisant primer l’émotion sur la rationalité.

Et puis, l’exposition est non seulement l’occasion d’accompagner le travail de Burton jusqu’à aujourd’hui mais également de révéler des éléments issus de ses tout derniers films, Dark Shadows et Frankenweenie (un remake en stop-motion qui raconte la même intrigue que la version de 1982, bien qu’il situe son action dans un pays européen imaginaire du nom de « New Holland ») qui sortiront en 2012 et que j’ai plus que hâte de découvrir.

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Pas la peine d’extrapoler plus longtemps, vous l’avez compris, j’ai tout simplement adoré cette exposition, mon premier véritable coup de cœur de ce début d’année ! La scénographie est géniale, on y apprend plein de choses (et encore plus si vous ne connaissez pas parfaitement le parcours de Burton) et les dessins sont formidables ! Bref, c’est une très belle plongée dans l’univers fascinant d’un artiste exceptionnel.

Un petit conseil: réservez vos places à l’avance car il est évident que Tim Burton va attirer énormément de monde à la Cinémathèque et si vous le pouvez, choisissez d’y aller à la première heure. Déjà parce qu’il y a beaucoup beaucoup à voir (700 œuvres exposées, quand même) mais aussi et surtout afin d’éviter au maximum la foule bloquée devant chaque dessin/vitrine qui vous empêcherait de passer un bon moment.

Quelques images de l’exposition pour terminer, pour vous offrir une petite mise en bouche avant de vous rendre à la Cinémathèque Française ! Je regrette de ne pas y avoir promené mon Reflex mais quoi qu’il en soit, rien ne remplace le fait de se rendre sur place, alors courez-y ;)
























♥♥♥

En marge de l’exposition, ne ratez pas la rétrospective Tim Burton qui est une occasion unique de revoir nombre de ses films sur grand écran, mais également la « carte blanche à Tim Burton » – une sélection de films sélectionnés par le réalisateur et reflétant son imaginaire – dont vous pouvez trouver le programme ici.

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C’est où ?
Tim Burton
La Cinémathèque Française
51, rue de Bercy – M° Bercy
Ouvert tous les jours (sauf le mardi) de 12h à 19h (nocturne le jeudi jusqu’à 22h) et les week-end, jours fériés et vacances scolaires (du 14 au 29 avril et du 4 juillet au 5 août) de 10h à 20h.
Plus d’infos par ici.
Jusqu’au 5 août 2012.

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