De Chirico

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De Chirico au Musée d’Art Moderne

Il y a quelques semaines, je suis allée voir l’exposition « De Chirico, la fabrique des rêves » au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

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L’exposition réunit un ensemble impressionnant d’œuvres de toutes les étapes du parcours artistique du peintre allant de 1909 à 1975. Le cheminement ainsi reconstitué nous éclaire sur sa période métaphysique, sur le retour à la figuration classique dans les années 20, puis sur le retour en série vers les figures de la période métaphysique des années 40-50.

En organisant cette exposition, il s’agissait d’aller à l’encontre des surréalistes et montrer que le même fil conducteur, d’une peinture où le réel se mêle à l’irréel, court sur les 70 ans de l’oeuvre de l’artiste. Faire connaissance avec De Chirico requiert, je crois, un état d’esprit particulier. Je l’avais déjà vu dans l’exposition « Italia Nova » (au Grand Palais en 2006), mais cette rencontre avait été très fugitive: son monde onirique surprenait par son côté réaliste, lisse et énigmatique.

Ses figures architecturales favorites, arcades, tours, places, sont peuplées d’ombres et de vide, une sorte d’interstice entre le début et la fin du monde. Les personnages pensifs, les fragments de sculptures antiques ou des mannequins sans visage semblent hors du temps. Une sensation de mélancolie s’en dégage… Les titres des œuvres sont évocateurs: Méditation, Mélancolie d’une belle journée, Le rêve transformé, L’Enigme d’un jour, Composition métaphysique, Révélation du solitaire.
Sa conception de la métaphysique prend un sens très particulier: elle ne désigne plus un monde au-delà du monde physique mais elle interroge l’énigme au cœur des choses. Cela est sans doute la clé de la perception d’une double réalité à la contemplation de ces toiles. Les objets qui y figurent sont réalistes mais également transfigurés, étranges, curieux.

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Principal représentant de la peinture métaphysique, Giorgio De Chirico était parvenu à rallier à ces idées Carlo Carra, Filippo de Pisis, Ardengo Soffici et Giorgio Morandi. La descendance de ce mouvement de très courte durée (1918-1919) est toutefois très riche car ils inspirent l’avant-garde surréaliste, la Nouvelle Objectivité allemande et le Novecento, mouvement italien des années 1920.

Bien qu’esthétiquement, pour moi, la peinture de De Chirico n’a aucun intérêt, l’expo est intéressante et pousse à réfléchir.

C’est où ?
« De Chirico, la fabrique des rêves »
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
11, Avenue du Président Wilson (16è) – M° Iena
Tous les jours sauf lundi, mardi à dimanche 10h-18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.
Jusqu’au 24 mai.

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