César

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Expo César par Jean Nouvel, à la Fondation Cartier

CesarGrâce à l’invitation d’Arts Magazine, j’ai pû me rendre récemment à l’exposition César – Anthologie par Jean Nouvel à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (l’un de mes lieux de culture préférés à Paris). Jean Nouvel, en tant qu’architecte du bâtiment de la Fondation Cartier et ami du sculpteur, a été invité à choisir les œuvres et à les mettre en scène.

Exposition monumentale, au sens propre du terme. César, ses compressions, mais pas seulement. Sculpteur de formation classique, César s’est toujours interrogé sur la nature de l’art : une œuvre d’art qui ne met pas en valeur un savoir-faire relève-t-elle encore de l’art ? Cette question l’occupait, lui qui n’hésita pas à prendre les commandes de la Big Squeeze (presse hydraulique utilisée pour le compactage calibré des voitures) pour produire une part importante de son œuvre; je fais référence, vous l’avez compris, aux fameuses Compressions. Au sous-sol de la Fondation, on retrouve donc quelques compressions de voiture. Les premières datent de 1962. L’alignement des 13 voitures Fiat compressées de 1998, avec leurs coloris arc-en-ciel comme dans des boîtes de crayons de couleur est plutôt bien pensé. C’est harmonieux et aérien, malgré la masse imposante de cette œuvre !
Et sinon, à l’expo, on y voit quoi ?

Compressions, mises à part, le rez de jardin est consacré aux célèbres et impressionnantes Empreintes humaines : pouce, mains, poings, seins (pas les siens, hein, mouahahah), et aux Expansions : comme des kilos de peinture déversés et figés, formes rondes et parfaites, harmonie qui détend l’œil et n’est pas sans rappeler, en plus gros, les accidents de tubes de dentifrices sur le bord du lavabo ! Les expansions de mousse en polyuréthane m’ont particulièrement intriguée. J’y vois assez clairement la démarche de César, mais je trouve qu’en plus, ces coulures sont esthétiquement plaisantes. J’admire la volonté de contraindre la matière, plaçant l’artiste en tant que superviseur plutôt que créateur. Cette façon de figer le mouvement était particulièrement innovante à l’époque, mais le résultat n’a pas vieilli. La fixation de la fluidité organique devient même quasiment érotique avec les vagues sensuelles en plastique brillant que je préfère aux coulures en rouille mat.

Vient ensuite le bestiaire fantastique, les Animaux imaginaires (en fer), où se prélassent punaises, chauve-souris, insectes et volatiles en matériaux métalliques de récupération (boulons, tiges, clefs, câbles et ressorts en tous genres). C’est à la fois fascinant et effrayant ce travail sur la matière. Pour finir, à l’arrière, dans le jardin, se situe une reconstitution de « Un mois de lecture des Bâlois », gigantesque installation de balles de papiers serrées, censées correspondre à un temps donné de la lecture des journaux par les habitants de Bâle (ici, on a utilisé des balles de papier parisien !).

Cette exposition est certes une bonne introduction à l’œuvre du sculpteur, mais elle souffre tout de même d’un manque d’explications ou de mise en perspective pour être suffisamment captivante. Bref, ça manque un peu de pédagogie et c’est dommage.

C’est où ?
Fondation Cartier pour l’Art Contemporain
261, Bd Raspail (14è) – M° Raspail ou Denfert
Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 20h (et en nocturne le mardi jusqu’à 22h).
Gratuit le mercredi de 14h à 18h.
Jusqu’au 26 octobre.

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