Centre Pompidou

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Mes expos parisiennes de fin d’année

Comme je suis un peu à la bourre pour vous parler des dernières expos parisiennes que j’ai eu le plaisir de visiter au cours de ces dernières semaines, je vais faire au plus simple et tout regrouper ici. Vous aurez donc droit à 1 billet avec pas moins de 4 expos… et qui valent toutes le coup en plus ! De quoi bien remplir votre fin d’année culturelle ;)

♥ France 1500 au Grand Palais (jusqu’au 10 janvier 2011)

Doublé totalement gagnant en cette fin d’année pour les Galeries Nationales du Grand Palais qui, en plus de nous ravir avec une fabuleuse rétrospective des œuvres de mon peintre préféré, nous proposent une magnifique incursion dans l’art français en 1500, à découvrir à travers 200 peintures, sculptures, tapisseries, livres, vitraux, etc… Au tournant du XVIè siècle, l’art en France est encore largement emprunt de l’influence gothique, tout en s’ouvrant à diverses nouvelles choses. Les foyers, nombreux, invitent des artistes venus du sud ou du nord et produisant des œuvres diverses. L’exposition porte sur la période des règnes de Charles VIII (1493-1498) et de Louis XII (1498-1515). La guerre de Cent Ans s’est achevée en 1453 et la France, en pleine reconstruction, connaît alors une période de prospérité favorable aux arts. Une mutation s’est opérée dans les années 1460-1480, avec deux grands foyers artistiques. Si, déjà, les domaines du roi René (Provence, Lorraine et Anjou) font venir des artistes d’Italie, les modèles viennent plutôt du Nord, avec, par exemple, Enguerrand Quarton. Encore que le grand portraitiste Jean Fouquet, peintre du roi Louis XI, fasse déjà la synthèse entre innovations flamandes et italiennes après un voyage en Italie vers 1445.

Dans les années 1490 et 1500, une foule de commanditaires fait travailler les artistes. Souverains, nobles, prélats, villes, confréries leur font produire des objets et des édifices, et l’exposition explore un certain nombre de foyers où ils s’épanouissent (Jean Hey, identifié comme le fameux Maître de Moulins, dans le Bourdonnais, Louise de Savoie à Cognac, la peinture dans le Languedoc ou en Champagne, sans oublier la Normandie, représentée par une très belle Vierge à l’Enfant rieur, etc…). L’architecture, où le gothique flamboyant perdure, influence le mobilier, qui déborde de d’ornements. Le livre imprimé est un nouveau support pour les artistes: les illustrations gravées sont colorées à la main ou au pochoir. Certains riches commanditaires continuent à agrémenter leurs exemplaires imprimés d’images peintes par les enlumineurs. Les français restent également très attachés à l’art nordique, qui utilise la perspective atmosphérique et a été le premier à utiliser la peinture à l’huile, et de nombreux artistes flamands sont présents en France.

Les années autour de 1500 sont aussi une période où les échanges avec l’Italie s’intensifient, à l’occasion des campagnes d’Italie des rois français, entre la tentative de conquête de Naples en 1495 par Charles VIII et le départ des Français de la péninsule, après les conquêtes et les revers de Louis XII à Milan et à Naples. Des Italiens viennent travailler en France, comme Andrea Solario au château de Gaillon. Mais la fascination pour l’art italien est aussi attestée par des commandes ou des acquisitions: une petite Nativité de Fra Bartolomeo, une Sainte Véronique de Lorenzo Costa aux accents léonardesques, exécutée pour Florimond Robertet (un conseiller de Louis XII)… L’exposition se termine sur le François Ier en Saint Jean Baptiste de Jean Clouet, portraitiste d’origine flamande qui a ici intégré l’influence de Léonard de Vinci.

France 1500 est une très belle expo, magnifiquement mise en scène (les œuvres sont splendides et leur agencement permet de s’imprégner parfaitement de leur beauté délicate) et très enrichissante dans le sens où elle nous aide à mieux appréhender une période artistique fascinante fortement marquée par la religion, mais aussi par la recherche d’une esthétique expressive et universelle. A voir, sans hésitation !


C’est où ?

France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance
Galeries nationales du Grand Palais, entrée Clémenceau
Avenue du Général Eisenhower (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert tous les jours sauf le mardi et le 25 décembre, 10h-20h, le mercredi jusqu’à 22h, fermeture exceptionnelle à 18h le 24 et le 31 décembre.

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Jean-Léon Gérôme – L’histoire en spectacle au Musée d’Orsay (jusqu’au 23 janvier 2011)

Une vraie bonne surprise que cette exposition sur Jean-Léon Gérôme, dont je n’attendais pas grand chose, et qui au bout du compte m’a totalement emballée ! A la base, je n’étais pas spécialement motivée et c’est très certainement du fait de l’image assez « négative » de l’artiste dans l’Histoire de l’Art. En effet, pendant très longtemps, Gérôme a été mis au placard et surtout stigmatisé comme l’emblème d’un académisme stérile… avant que la perception de l’artiste n’évolue profondément au cours des dernières décennies. Il est aujourd’hui compris comme l’un des grands créateurs d’images du XIXe siècle ! L’exposition est très intéressante dans le sens où elle permet d’aborder tous les enjeux de son œuvre, de ses sources à son influence : on y découvre sa place dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d’histoire (il représente des scènes historiques avec un souci du détail qui accentue la vraisemblance, mais prend des libertés nécessaires pour créer le suspens… en fait, il fabrique surtout des images qui restent dans les mémoires !), son rapport complexe à l’exotisme, son usage de la polychromie en sculpture, son rôle d’enseignant, son rapport au modèle antique, sa passion tardive pour la sculpture, etc…

L’expo offre également l’occasion de s’interroger sur la façon dont sa personnalité cristallise le combat anti-académique de la fin du XIXè siècle, et enfin, l’engouement qu’il suscite auprès du public et des collectionneurs américains (dont pas mal de cinéastes conquis par sa façon de mettre en scène le spectacle et son sens de l’anecdote, et notamment les auteurs de péplums: Cecil B. DeMille -Sign of the Cross-, William Wyler -Ben-Hur-, Stanley Kubrick -Spartacus- ou même Ridley Scott qui s’est inspiré de Pollice Verso, qui figure un combattant en armure triomphant dans le Colisée, pour Gladiator !). L’exposition permet de se rendre compte que c’est vraiment la double identité de l’œuvre de Gérôme, à la fois savante et populaire, qui la rend aujourd’hui si précieuse aux yeux des historiens d’art et même du grand public.

En bref, une superbe exposition, très intéressante, bien documentée et qui permet de redécouvrir un artiste incroyable et surprenant ! Sans parler de la balade dans le musée d’Orsay que ça donne l’occasion de faire ;) Et n’oubliez pas le festival Péplum à l’auditorium du musée pour revoir les films mentionnés plus haut (programme ici).


C’est où ?

Jean-Léon Gérôme – L’histoire en spectacle
Musée d’Orsay
62, rue de Lille (7è) – M°Solférino
Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45.

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♥ L’Antiquité Rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle au Musée du Louvre (jusqu’au 14 février 2011)

Depuis quelques semaines maintenant, le Louvre expose le mouvement néoclassique avec une nouvelle exposition nommée « Antiquité rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle ». Alors que l’art du XVIIIè siècle est souvent perçu comme une marche progressive du petit goût rocaille vers un grand goût classique, cette exposition met en lumière les différentes expériences qui en ont renouvelé les formes et les thèmes artistiques, et illustre les processus d’innovation, d’émulation, voire de résistance à l’antique dans l’Europe du XVIIIè siècle.

Le Louvre expose ici 150 œuvres – parmi lesquelles peintures, sculptures, dessins, gravures, arts décoratifs – représentatives de ce tournant de goût qui a accompagné la France dans ses soubresauts politiques jusqu’à Napoléon et qui nous font vivre la naissance du néoclassicisme. Il faut savoir que l’Angleterre et l’Italie ont été les précurseurs dès les années 1720-1730 et que la France n’a été touchée qu’un peu plus tard par le mouvement, à partir des années 1740-1750 lorsqu’un certain nombre d’amateurs influents se sont mis en tête de réformer les arts français pour donner de la Nation et de la monarchie une idée plus grave, plus austère et plus « civique ».

En même temps, à partir des années 1750-1760, des contre-courants se forment qui contrebalancent cet engouement pour l’antique néobaroque (Gandolfi, Fragonard, mais aussi Goya ou l’architecte de Wailly l’illustrent à travers l’Europe), le néomaniérisme et la veine « sublime ». Des artistes s’intéressent de nouveau aux baroques, à partir de Rome et de l’Italie, aux grands noms de la Renaissance et du XVIè siècle, tandis que le dernier courant (avec des artistes comme des artistes comme Füssli, Sergel ou Desprez) invente un répertoire de fantômes, de furies et d’ombres échappant à la rationalité classique.  Enfin, le dernier quart du siècle voit s’affirmer un langage plus universel qui se radicalise sous l’égide de valeurs héroïques. De sculptures en projets d’architectures, de toiles monumentales en grands marbres, la société européenne, à la veille de l’embrasement révolutionnaire, manifeste ainsi ses aspirations nouvelles.

Comme toujours au Louvre, cette exposition mérite définitivement une visite ! Elle est très riche, complète, bien documentée et permet surtout de mettre en perspective la relation entre les mythes, l’histoire et la peinture. D’ailleurs, je vous conseille de la visiter avant l’expo Gérôme, dont je parlais juste avant car elle met en évidence combien la peinture d’histoire était le genre noble jusqu’à la fin du XIXè, et permet de comprendre à quel point Gérôme avait pu s’encanailler lorsqu’il a quitté les mythes et la littérature pour l’anecdote historique ! A voir, donc.


C’est où ?
L’Antiquité Rêvée – Innovations et résistances au XVIIIè siècle
Musée du Louvre
Hall Napoléon, sous la Pyramide – M° Palais Royal -Musée du Louvre
Ouverture tous les jours, sauf le mardi, de 9h à 18h, et en nocturne jusqu’à 22 h les mercredi et vendredi.

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♥ Mondrian / De Stijl au Centre Pompidou (jusqu’au 21 mars 2011)

Jusqu’au 21 mars 2011, le Centre Pompidou accueille une exposition inédite consacrée aux parcours croisés du mouvement De Stijl et de Piet Mondrian, sa figure magistrale. Il n’y avait encore jamais eu d’exposition en France consacrée à De Stijl (« Le Style » en français), groupe actif de 1917 à 1931 qui était tendu vers la recherche de l’harmonie universelle. L’ambition de De Stijl était de donner un sens nouveau aux arts en les rapprochant autour du désir de destruction du figuratif, et d’utilisation de couleurs et de formes « pures ». La perfection de la machine, la vie en collectivité et l’anonymat des méthodes de travail à cette époque les ont beaucoup influencé. Peinture, sculpture, mobilier, graphisme, architecture, urbanisme: ses membres rêvaient de faire tomber les séparations entre les disciplines pour organiser un monde géométrique où la couleur crée l’espace. A la recherche d’un art total et universel au service d’un monde nouveau, ils ont inventé un langage de lignes horizontales et verticales et de couleurs primaires.

L’exposition du Centre Pompidou est énorme: elles s’étend sur 2100 m² et présente pas moins de 700 œuvres et objets, dont une centaine d’œuvres majeures de Mondrian, et même une reconstitution de son atelier parisien du 26 rue du Départ (à Montparnasse). Le lieu a aussi été immortalisé par André Kertesz dont un certain nombre de photos sont présentées ici. Le parcours est divisé en trois parties. La première est consacrée aux travaux des artistes de De Stijl avant la naissance officielle de la revue (1917) et à l’évolution de ces peintres néerlandais vers l’abstraction. La deuxième s’intéresse au seul Mondrian, de 1912 à 1938, c’est-à-dire pendant ses années parisiennes, des années au coeur de ce qui est essentiel dans son œuvre. La troisième partie de l’exposition se penche sur les créations du mouvement De Stijl proprement dit et à ses développements.

La partie de l’exposition consacrée à Mondrian (et peut-être celle qui m’a le plus intéressée) s’ouvre sur une Nature morte au pot de gingembre cézannienne. On y apprend que le peintre hollandais arrive à Paris en 1912 et que c’est là qu’il va développer son abstraction géométrique après quelques années sous influence cubiste. Pendant la guerre de 1914, Mondrian est obligé de retourner en Hollande et vit ce séjour dans son pays comme un exil, au cours duquel l’abstraction de ses tableaux se radicalise. Confronté à la mer, à l’infini, il peint des croix dont le mouvement évoque la houle, à l’intérieur d’une forme ovale. Revenu à Paris après la guerre, il produit ses célèbres compositions de plans de couleurs primaires opposés à des plans de « non couleurs » (gris, blanc, noir) qui confrontent lignes horizontales et verticales. Dans des compositions de 1926-1927, il ne reste qu’un tout petit bout de bleu ou de rouge. Les lignes elles-mêmes vont se réduire au jaune dans une composition de 1933, imaginée dans un losange.

Pendant ce temps, le mouvement De Stijl développe l’idée de « néoplasticisme ». Son nouveau langage pictural s’appuie sur le plan et sur les trois couleurs primaires. En 1917 paraît la revue De Stijl, dirigée par Theo van Doesburg, que Mondrian a rencontré deux ans plus tôt. Mis à part un projet de décoration intérieure jamais réalisé, Mondrian va se limiter à l’espace de la toile, mais ses amis investissent aussi l’architecture et le design, faisant exploser les frontières entre différentes disciplines artistiques. Le Centre Pompidou présente de nombreuses maquettes et évocations de ces projets architecturaux, voire urbanistiques, où la couleur est un élément essentiel.

L’exposition est vraiment très intéressante, riche et complète dans le sens où elle donne une vision d’ensemble de l’historique de De Stijl, de l’œuvre fascinante de Mondrian, et des liens d’influence entre les représentants du néo-plasticisme. A réserver aux curieux et aux amoureux d’Histoire de l’Art !

C’est où ?
Mondrian -De Stijl
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou (4è) – M° Rambuteau
Ouvert tous les jours sauf mardi de 11h à 21h (fermeture des caisses à 20h). Nocturne le jeudi jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h).

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Prochaine expo sur ma liste: « Science (et) Fiction, aventures croisées » à la Cité des Sciences.

♥ Et sinon, je vous invite à fouiner dans mes archives pour trouver les compte-rendus des expos visitées ces derniers mois :
Harry Callahan, Variations à la Fondation Cartier Bresson (jusqu’à dimanche prochain).
– Les expos du moment du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Didier Marcel- Sommes-nous l’élégance et Larry Clark – Kiss the past hello jusqu’au 2 janvier 2011 et Basquiat, jusqu’au 30 janvier 2011).
La France de Raymond Depardon à la BnF François Mitterrand (jusqu’au 9 janvier 2011).
D’or et de feu, l’Art en Slovaquie à la fin du Moyen Âge au Musée de Cluny (jusqu’au 10 janvier 2011).
Rétrospective Arman au Centre Pompidou (jusqu’au 10 janvier 2011)
La Russie romantique à l’époque de Gogol et Pouchkine – Chefs-d’œuvre de la galerie Tretiakov au Musée de la Vie Romantique (jusqu’au 16 janvier 2011).
Brune Blonde à la Cinémathèque Française (jusqu’au 16 janvier 2011).
Rubens, Poussin, et les peintres du XVIIè siècle au Musée Jacquemart-André (jusqu’au 24 janvier 2011).
Monet au Grand Palais (jusqu’au 24 janvier 2011).
Baba Bling – Signes intérieurs de richesse à Singapour au Musée du Quai Branly (jusqu’au 30 janvier 2011).
Trésors des Médicis au Musée Maillol (jusqu’au 31 janvier).
André Kertész au Jeu de Paume (jusqu’au 6 février 2011).
L’Or des Incas à la Pinacothèque de Paris (jusqu’au 6 février 2011).
Henry Moore au Musée Rodin (jusqu’au 27 février 2011).
Voyage en Capitale – Louis Vuitton et Paris au Musée Carnavalet (jusqu’au 27 février 2011).

It smells like summer #5 – In a Parisian Mood

C’est toujours au moment où les parisiens quittent provisoirement leur ville bien aimée pour d’autres horizons que je profite au mieux des charmes de notre belle ville lumière… Oui, je l’admets, malgré les flots de touristes qui nous envahissent chaque été, j’aime le mois d’août à Paris !

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L’été, à Paris, j’aime toutes ces petites choses…

Flâner au milieu des collections permanentes du Centre Pompidou // Bouquiner dans l’herbe à l’ombre des arbres d’un beau parc // Chasser le Space Invader // Passer des soirées détente au festival Cinéma au Clair de Lune // Boire des mojitos en terrasse // S’offrir des fleurs fraîches pour apporter une touche colorée et parfumée au salon // Rêvasser à la Fête foraine du jardin des Tuileries // Se balader sur les quais et marcher sur l’élégant Pont Alexandre III // Shopper dans les fins de soldes du Bon Marché et des Galeries Lafayette // Tester tous les parfums de glaces et de sorbets chez Amorino // Redécouvrir Aragon au Musée de la Poste et avoir envie de relire ses œuvres poétiques complètes  // Manger des macarons Ladurée lors d’une soirée ciné en plein air à la Villette (un rituel) // Pique-niquer au vert // Boire un verre chez Rosa Bonheur et regarder doucement le soleil se coucher sur les Buttes Chaumont // Dévorer un bon bouquin sur les transats et à l’ombre des parasols de Paris Plages en se laissant caresser par l’air de la Seine // Y savourer une glace My Berry (0% de culpabilité) // Fermer les yeux au Parc Monceau et rêver d’ailleurs // Prendre un p’tit déj’ seule chez Angelina avec un bon livre et un Africain même si on est en août // Faire des rencontres félines impromptues // Cueillir des cerises sur les étals de mon marché et les dévorer devant Breaking Bad // Se peinturlurer les orteils de couleurs flashy juste parce que c’est joli // Patauger dans l’eau de la piscine tous les jours ou presque // Faire le tour de Paris à vélo la nuit…

Je vous souhaite un excellent week-end à tous :) A lundi !

Kitano-mania à Paris

La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille l’exposition Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre jusqu’au 12 septembre prochain. Pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, Takeshi Kitano est d’abord humoriste sur scène puis provocateur vedette du petit écran, acteur à la télévision et au cinéma, cinéaste aussi intuitif que génial &  auteur de films de gangsters épurés (Sonatine, Hana-bi…), d’une romance adolescente (A Scene At the Sea), d’une pochade obsédée par le sexe (Getting Any ?), d’un conte mélodramatique (Dolls), d’un film de sabre comme Zatoichi, de comédies auto-parodiques (L’Été de Kikujiro, Takeshis’…) ou du jubilatoire Battle Royale. Mais il est également peintre, romancier, éditorialiste, chanteur à ses heures… Sa double signature, Beat Takeshi pour la télévision et la comédie, et Takeshi Kitano pour le cinéma et la création plus « sérieuse », ne saurait suffire à organiser ses identités multiples. C’est l’un des rares cinéastes actuels à aller aussi loin dans l’expérience des contraires, mettant en jeu sa création, son image et sa raison.

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Pensée par Kitano lui-même pour la Fondation Cartier, l’exposition Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre présente des peintures et des vidéos, mais aussi des objets insolites, des décors et des machines fantasques. L’artiste promène le visiteur de surprise en gag, de jeu en leçon de choses, se moquant de l’art contemporain, jouant avec les sciences et s’amusant même des clichés associés à son pays ! Avec cette exposition, il voulait amener, selon ses propres termes « une autre définition au mot « art » : moins officielle, moins conventionnelle, moins snob, plus ordinaire ». Et pourtant, je vous garantie que cette exposition n’a rien d’ordinaire: colorée, un brin déjantée, complètement en adéquation avec l’univers loufoque et fantaisiste de l’artiste qui s’est amusé à métamorphoser le musée en un gigantesque parc d’attractions pour enfants de tous les âges !

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Kitano nous invite à découvrir un monde où la poésie enfantine a toute sa place que ce soit dans les couleurs vives de ses tableaux régressifs (presque naïfs même, mais plein de mélancolie), dans des sculptures loufoques à l’image de ce dinosaure rouge ou de ces poissons remplis de sushis, des marionnettes, des stands de jeux ou encore des écrans de télévision montrant ses folles interventions télévisées parfois à la limite du trash (il est quand même énormissime déguisé en Marie-Antoinette !). Une expo totalement farfelue et atypique qui se joue totalement des conventions, très ludique, interactive et qui nous emmène assez loin dans l’imaginaire de l’artiste. Je m’y suis vraiment amusée, et même si c’est vrai que c’est très léger et facile, j’ai trouvé ça drôle, piquant et surtout très ironique. Comme une sorte de métaphore décalée de l’art contemporain !

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Une expo aussi singulière et originale que son auteur. A voir, évidemment et si vous avez des enfants, n’hésitez pas, ils vont adorer !

C’est où ?
Beat Takeshi Kitano, Gosse de peintre
Fondation Cartier pour l’Art Contemporain (14è) – M° Raspail ou Denfert-Rochereau
Jusqu’au 12 septembre 2010.
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h.
Tarifs: 7€50/5€
Le site.

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Parallèlement à cette exposition, mais aussi à la sortie de son dernier film Achille et la tortue (en image ci-dessus) dans les salles françaises depuis le 10 mars, et enfin à la sortie de son livre Kitano par Kitano co-écrit avec le journaliste Michel Temman (paru le 24 février), le Centre Pompidou présente le cycle Takeshi Kitano, l’iconoclaste, la rétrospective la plus complète jamais réalisée à ce jour de son travail de cinéaste et d’acteur, en 40 films, téléfilms et documents, inédits pour certains (voilà le programme en détails).

L’occasion rêvée de revoir tous les films de 北野 武 !

C’est où ?
Takeshi Kitano, l’iconoclaste
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou (4è) – M° Rambuteau ou Hôtel de Ville
Du 1er avril jusqu’au 21 juin 2010.
Tarifs: 6€/4€

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