Catherine Hiegel

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« Le bourgeois gentilhomme » au théâtre de la Porte Saint Martin

Petit billet théâtre aujourd’hui avec quelques mots sur une nouvelle adaptation du Bourgeois Gentilhomme, la comédie-ballet de Molière et Jean-Baptiste Lully, découverte la semaine passée au Théâtre de la Porte Saint Martin.

L’histoire: Je ne vous ferai pas l’affront de vous en proposer un pitch car je suis certaine qu’une grande partie d’entre vous la connait (on l’a tous lue au collège non ?!) mais pour résumé (si vous venez de Mars, on ne sait jamais) dans cette pièce, Molière se moque d’un riche bourgeois qui veut imiter le comportement et le genre de vie des nobles.

Même si Le bourgeois gentilhomme n’est certainement pas la comédie de Molière que je préfère, il est toujours agréable d’en voir une représentation au théâtre, surtout quand elle est mise en scène par Catherine Hiegel. De prime abord, on pourrait penser qu’il ne s’agit que d’une énième adaptation sans grand intérêt car le côté farce est particulièrement mis en avant mais l’intégralité de la pièce regorge de multiples petites idées créatives très intéressantes. Celle du manège-paravent qui supporte l’orchestre baroque en laissant la libre circulation aux acteurs est, par exemple, très ingénieuse. Tout comme les effets de l’épisode « Mamamouchi » (mais je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler le moment) !

Et puis, le côté un peu « grand spectacle » de la mise en scène ne dessert pas la pièce de Molière mais fait au contraire la part belle à la musique, à la danse (les ballets, en particulier celui des hommes-singes, sont très réussis), au décor (sobre mais joli), aux somptueux costumes mais surtout au jeu des comédiens.

J’avais un peu peur que François Morel en fasse trop mais finalement, sa performance a été une bonne surprise: il joue merveilleusement les ahuris et incarne parfaitement un Monsieur Jourdain naïf, capricieux mais finalement souvent sympathique dans sa façon d’être constamment, ou presque, aux aguets ! Le reste de la troupe est tout aussi convaincant, que ce soit le malicieux Alain Pralon, Marie-Armelle Deguy, qui incarne une Mme Jourdain vieux jeu avec beaucoup d’esprit, Camille Pélicier, en adorable jeune première, Héloïse Wagner, parfaite dans le rôle de la futile Dorimène, etc…

Finalement, c’est un texte que l’on connait (un peu) par cœur et pourtant, on prend un vrai plaisir à le redécouvrir: la pièce est très rythmée, on rit beaucoup et on ne s’y ennuie pas une minute ! Un bon moment de théâtre.

C’est où ?
Le bourgeois gentilhomme
Théâtre de la Porte St Martin
18, bd St Martin (10è) – M° Strasbourg St Denis
Du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 20h30 et le dimanche à à 15h.
Jusqu’au 27 mai 2012.
Le site.

* Merci à Xavier Chezleprêtre pour cette très chouette invitation !

« La Mère » au Petit Théâtre de Paris

Le week-end dernier, je me suis rendue au Petit Théâtre de Paris pour assister à une représentation de l’adaptation théâtrale de la 5è pièce de Florian Zeller, « La Mère ».

Le pitch ? « Comme d’autres, Anne, le personnage principal de « La Mère », a tout donné pour ses enfants, pour son mari, pour sa maison; puis les années ont passé et les enfants sont partis, le fils, la fille, et maintenant le père. Elle se retrouve seule, dans un royaume qui fuit de toutes parts. Mais il suffit que le fils, en pleine rupture sentimentale, revienne passer quelques jours à la maison pour qu’elle se remette à vivre, à respirer, à danser – quitte à oublier qu’il faudra, une deuxième fois, le laisser partir… » (source: le site du théâtre).

Romancier et dramaturge très « parisien », Florian Zeller nous livre de façon régulière des œuvres légères où les petits tracas des bobos sont épinglés et mis au crible. Cette « mère » dont il nous fait le sombre portrait ici, est solitaire, sans activité, accro à la bouteille et se languit à longueur de journées de ce fils qui a pris son envol, de cet être qui ne donne jamais de nouvelles et ne revient que furtivement au domicile familial. Pour tout vous avouer, j’avais un peu peur d’avoir à faire à un texte faussement complexe et prétentieux (un peu comme celui de « Chien Chien », dont je parlais ici), mais finalement, il n’en fut rien. La pièce de Florian Zeller ne brille, certes, ni par son inventivité, ni par son originalité mais sa construction narrative l’a rend plutôt intéressante. Il utilise le procédé de la variation pour rejouer les mêmes scènes plusieurs fois, mais de façon différente, un peu comme pour brouiller les pistes et notre perception des choses et ne jamais nous apporter les réponses qu’on aimerait trouver (est-ce un rêve ? la réalité ? un saut dans l’inconscient ?). Déconcertant donc, d’autant plus que même si l’histoire en elle-même n’est pas tellement originale et que les thèmes abordés sont vus et revus, ils sont néanmoins intéressants et prêtent à réfléchir.

Mais la pièce se distingue surtout grâce à la mise en scène, inquiétante et épurée (très dépouillée: un espace gris, tout en profondeur) de Marcial Di Fonzo Bo qui installe, du début à la fin, une atmosphère oppressante, malsaine et énigmatique. Le tout est formidablement bien porté par les comédiens, dont l’exceptionnelle Catherine Hiegel, charismatique et bouleversante, qui a trouvé un rôle à sa mesure, prétexte à nous montrer toute l’étendue de son talent. Jean-Yves Chatelais est également très convaincant dans le rôle du mari qui semble bien plus occupé à gérer ses affaires et à passer ses semaines dans des déplacements ambigus, qu’à se préoccuper de sa femme triste, en colère et esseulée. En revanche, j’ai été un peu moins emballée par les performances de Clément Sibony et Olivia Bonamy, nettement plus en retrait.

C’est où ?
La Mère
Petit Théâtre de Paris
15, rue Blanche (9è) – M° Trinité d’Estienne d’Orves
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h.
Plus d’infos sur le site.

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Un second billet sera mis en ligne en début d’aprem, stay tuned !

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Little Miss Chatterbox

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