Bouffes Parisiens

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Ma rentrée théâtrale #2 – Francis Huster joue « Traversée de Paris » aux Bouffes Parisiens

Voici mon coup de cœur théâtral de la rentrée (so far): « Traversée de Paris », le texte de Marcel Aymé, interprété par Francis Huster au théâtre des Bouffes Parisiens.

Soyez à l’heure au théâtre, car le spectacle commence 15 minutes avant la représentation. Et la surprise est de taille ! Adossé à la scène, Francis Huster s’adresse au public avant de se lancer dans son interprétation de « Traversée de Paris », nouvelle de Marcel Aymé dans laquelle Martin et Grandgil, deux compères de fortune, entreprennent une traversée nocturne de la capitale occupée pour livrer de la viande au marché noir. Ce dialogue avec les spectateurs est particulièrement important pour saisir toute la portée de ce texte si bien mis en valeur grâce au talent du comédien et à sa capacité à se transcender. Arrivez à 18h45 et écoutez-le présenter son projet avec passion, parler de Marcel Aymé et citer Henri Janson, rappeler la vérité des engagements de l’écrivain, parler de sa passion pour son oeuvre, de son choix de mettre en scène un texte aussi puissant et de le porter en plusieurs voix comme il l’avait fait pour « La Peste » de Camus.

affiche

A 19h, au pied de la scène, le spectacle se poursuit dans l’émotion après l’écoute de la chanson préférée de Marcel Aymé « Revoir Paris » de Charles Trenet, qui raisonne très haut dans le théâtre des Bouffes Parisiens. Ensuite, devant le rideau fermé, Huster dit le texte et joue chacun des protagonistes l’un après l’autre, dans un geste théâtral à la fois littéraire, politique et poétique. Habité comme jamais, Francis Huster donne de sa personne (d’ailleurs, je vous conseille d’éviter les premiers rangs, sauf si vous sortez le parapluie), navigue d’un bout à l’autre de la scène, investit la salle, passe d’un personnage à l’autre avec une facilité absolument bluffante.

Je vous préviens quand même: quand on voit la pièce, il vaut mieux mettre un peu de côté « La Traversée de Paris » de Claude Autant-Lara, puisqu’il faut savoir que seuls les dialogues de Marcel Aymé ont été gardés dans ce film. Il est sorti en 1956, dans un contexte d’apaisement des esprits, quelques années après la fin de la guerre et Huster nous raconte comment Autant-Lara en a ôté tout l’aspect un peu politiquement incorrect pour que ça ne choque pas le public. Malgré cette distance mise d’emblée avec le film, difficile de s’empêcher de voir des p’tits bouts de Gabin et de Bourvil dans les mimiques de Francis Huster à plusieurs moments.

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Un grand moment de théâtre, que je vous recommande sans une once d’hésitation !

C’est où ?
« Traversée de Paris »
Bouffes Parisiens
4, rue Monsigny (2è) – M° Quatre Septembre
Pas mal de tarifs réduits sont disponibles sur les sites habituels, profitez-en !

La Framboise Frivole: « Furioso »

framboise_frivoleIl y a quelques semaines, j’ai eu le plaisir de découvrir un spectacle d’un genre totalement inédit qui ravira les mélomanes les plus acharnés !

Dans « Furioso », Peter Hens, accompagné de son violoncelle et des doigts agiles du pianiste Yves Gourmeur saute allègrement d’une musique à une autre: en l’espace d’une demi-seconde, il change de style, d’époque et de voix. Le mélange des genres musicaux est magistral et impeccable, c’est réellement bluffant. On passe son temps à chercher les airs qu’on pense reconnaître mais qui se sont faufilés dans un coin de notre tête ou à fredonner ceux qu’on connaît par coeur à force de les reprendre trop souvent.

A côté de ça, pendant les « pauses », Peter Hens raconte comment il a failli devenir chef… cuisinier ! C’est sur ce thème que se construit le spectacle. A titre d’exemples, au début du spectacle, il commence par entonner un lieder de Schubert (Leader Maximo) dont le texte, très loin de Goethe, semble copié… sur la carte d’une pizzeria ! Quelques facéties plus tard, son Alléluia de Haendel est soudain détourné par Freddy Mercury ! Impressionnant !

Seul petit bémol, j’ai trouvé : l’excès de calembours dont visiblement Peter Hens raffole est un chouïa indigeste pour le spectateur. Si l’on excepte ce petit travers, la balade gastronomico-musicale de la Framboise Frivole vaut vraiment le voyage ! Le final est un must : au moment de se séparer, le public, debout, est appelé à reprendre le final de Traviatata (non, y’a pas de « ta » en trop !) de Verdi avec des sonorités loufoques de basses wagnériennes sur la digestion… Un régal !

C’est où ?
Théâtre des Bouffes Parisiens
4, rue Monsigny (2è) – M° Quatre-Septembre
Du mardi au samedi à 21 h et matinée le samedi à 16 h 15
01 42 96 92 42

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