Arcimboldo

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« Une image peut en cacher une autre » au Grand Palais

afficheÇa faisait un moment que je voulais voir « Une image peut en cacher une autre », la seconde grande expo du Grand Palais cette saison (la première c’est la rétrospective Warhol dont je vous parlais ici) et j’ai profité de ces derniers jours pour enfin satisfaire ma curiosité !

De prime abord, on pourrait croire que cette expo se contente d’accumuler les calembours visuels: une suite de purs jeux d’optique ou d’ombres pour étonner les petits et les grands. Certes, on s’émerveille devant ces tours de peintres prestidigitateurs, virtuoses truqueurs soucieux de plaire en déroutant notre œil; on rit de cette médaille de 1540 où la tête de l’Arétin est composée de phallus; on s’enivre à suivre les escaliers sans fin de Piranèse et d’Escher. Et c’est tant mieux ! Qui prétendrait ne pas s’amuser à dénicher la ­forme cachée dans l’apparence de ces quelques 250 peintures, sculptures, objets d’art, cartes postales, estampes ou films ? Ils composent une autre histoire de l’art, de la préhistoire au temps présent, tout en mettant en évidence des thèmes et motifs récurrents comme le paysage anthropomorphe, l’analogie entre visage et torse, l’ambiguïté sexuelle, l’illusion spatiale ou encore l’interprétation de taches (comme dans le test de Rorschach).

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Tout le monde connaît les maîtres des images multiples: Arcimboldo et ses portraits composites (dont certains sont aussi réversibles) et le maître moderne de l’image ambiguë, Dalí. Et bien figurez-vous qu’ils ne sont pas les seuls à avoir utilisé ce procédé.  De nombreuses autres œuvres où apparaissent des images multiples existent mais ne sont connues que depuis peu du fait qu’on s’est longtemps méfié du caractère subjectif de leur reconnaissance, préférant souvent les attribuer au hasard. L’exposition du Grand Palais ne présente donc que des œuvres qui font l’objet d’un consensus et pour lesquelles ont pense que l’ambiguïté a été consciemment voulue par l’artiste.

Dès les premières salles, elle porte notre attention sur la diversité des artistes jouant avec la perception visuelle du spectateur. Le plaisir de découvrir des peintures  magnifiques (pour certaines) est au rendez-vous, mais pas seulement, l’expo a avant tout un intérêt ludique et a pour but de rendre le spectateur actif.  Et de ce point de vue, c’est plutôt très réussi: on cherche les visages, les corps et les profils qui se dissimulent derrière un nuage ou un rocher. Mais cette partie de cache-cache n’est finalement qu’une mise en bouche avant la suite de l’exposition.

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La salle des anamorphoses nous invite à explorer les tableaux de plusieurs points de vus, à tourner autour pour y chercher différents sens. On y découvre par exemple l’extraordinaire « Nu Féminin » de Dalí qui se regarde avec un cylindre, ou la représentation en accordéon de Jésus et Marie par l’Ecole de Guido Reni. L’exploration continue ensuite avec d’autres tableaux de Dalí comme « L’Enigme sans fin », que je vous ai mis ci-dessus et qui ne cesse d’interroger le regard. Puis, les paysages-visages apparaissent, avec l’utilisation du corps et du désir pour donner vie à des toiles étranges, comme « Le viol » de René Magritte (ci-dessous) ou « La demoiselle accroupie » de Picasso.

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Une des œuvres les plus extraordinaires est la « British Wildlife » de Tim Noble (ci-dessous), qui représente un édifice savamment confus d’animaux sauvages, et qui par un effet d’éclairage révèle deux profils sensuels l’un contre l’autre ! L’expo se termine ensuite sur une note d’humour avec les extraordinaires et bluffantes anamorphoses tridimensionnelles du suisse Markus Raetz.

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Cette exposition est une occasion inédite de revisiter l’œuvre de nombreux artistes et d’en découvrir les dessous les plus inattendus. C’est vraiment très ludique, un peu comme une sorte de « Où est Charlie ? » géant (vive les références, mais avouez que vous adoriez le chercher Charlie, et même encore maintenant ?!) où l’on s’amuse un peu et où l’on apprend beaucoup (quel sens de la formule, n’est-ce-pas ?! humpf). Je vous conseille évidemment de prendre l’audio-guide, ou encore mieux de le télécharger ici avant votre visite, c’est indispensable pour saisir toutes les subtilités qui n’apparaissent pas forcément à l’œil non expert lors de la découverte de l’expo.

C’est où ?
« Une image peut en cacher une autre »
Galeries nationales du Grand Palais
Square J. Perrin (8è) – M° Champs-Elysées-Clémenceau
Ouvert tous les jours (sauf mardi) de 10h à 22h et le week-end jusqu’à 23h.
Jusqu’au 6 juillet.

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