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Edvard Munch ou L’ « anti-Cri » à la Pinacothèque

La Pinacothèque de Paris propose à partir du 19 février et jusqu’au 18 juillet 2010, une nouvelle lecture de l’œuvre d’Edvard Munch, un artiste aussi mythique qu’énigmatique à cheval entre deux siècles. Si Munch est considéré comme le peintre le plus important de tous les temps en Norvège, force est de constater qu’il n’a pas été exposé en France, et à Paris, depuis vingt ans. Cet artiste est presque exclusivement célèbre pour un seul tableau : « le Cri », une œuvre évidemment emblématique, mais finalement peu représentative de l’ensemble de son travail. La notoriété immense de cette toile a eu pour conséquence d’occulter la dimension et le vrai message de l’artiste. La Pinacothèque nous propose par l’intermédiaire de cette expo, très justement appelée l’ « anti-Cri », de remédier à cela et nous offre une occasion unique de découvrir pleinement l’œuvre de cet immense artiste, par le biais d’une approche simple permettant de comprendre la place majeure qu’occupe Munch dans l’histoire de l’art. Pour la réalisation de cette importante rétrospective, Marc Restellini, le directeur du musée, a invité Dieter Buchhart, l’autorité reconnue pour l’œuvre de Munch, à en assurer le commissariat, entouré d’un éminent comité scientifique dans lequel on retrouve notamment le célèbre historien d’art Richard Shiff mais aussi Øyvind Storm Bjerke, professeur à l’université d’Oslo et Petra Pettersen du Munch Museet.

Edvard Munch ou l’« anti-Cri » réunit une centaine d’œuvres (environ soixante toiles et quarante œuvres graphiques) issues principalement de collections privées. Le parcours est chronologique et nous fait traverser l’œuvre de cet artiste, dans laquelle on entrevoit les éléments annonciateurs de l’expressionnisme. Il commence avec des toiles des années 1880, lorsque Munch décide de devenir peintre. Bien qu’inspiré par la peinture de paysage traditionnelle norvégienne, on voit qu’il utilise déjà le matériel et la technique de manière expérimentale et non conventionnelle. La période suivante (1892-1897) nous fait découvrir un Munch graveur entre Paris et Berlin et nous propose une série de magnifiques lithographies et gravures sur papier tout simplement incroyables ! On sent l’influence qu’a pu avoir le travail de Munch sur le cinéma expressionniste allemand des années 20.
A la fin du siècle, les tableaux de l’artiste laissent apparaitre un changement stylistique avec un désir de monumentalité et une utilisation de la couleur, des lignes et de la surface qui se veut de plus en plus décorative. La suite de l’exposition nous montre un artiste d’avant-garde faisant subir un « traitement de cheval » à ses toiles, voulant montrer, à travers un atelier de peinture en plein air, que l’influence des intempéries est aussi un moyen artistique pour exprimer le vieillissement et la dégradation. Munch ne cesse de surprendre durant toute cette exposition, aussi bien lorsqu’on le voit véritablement labourer la surface picturale ou encore laisser son œuvre sous la pluie et la neige, mais aussi transférer des photographies et des films muets à l’intérieur de ses toiles et de ses œuvres graphiques. La transgression avec laquelle il supprime les frontières entre les supports et les techniques, dans ses gravures, dessins, peintures, sculptures, collages, photographies et films, est vraiment moderne et étonnante.

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Contrairement à la dernière exposition de la Pinacothèque à laquelle on pouvait reprocher un certain effet d’affiche (c’était ici), cette expo est totalement ce qu’elle parait être: plus qu’un parcours, elle nous fait découvrir et pénétrer totalement dans l’univers d’un artiste passionnant, fascinant, intriguant et surtout incroyable ! Plus encore qu’un coup de foudre pour l’expo, j’en ai eu un total et absolu pour l’artiste. J’ai été subjuguée par l’œuvre de Munch, par son détachement de toutes les conventions de l’époque, par sa modernité et son originalité. A travers tous ses dépassements (sans limite pour l’époque) et surtout par son attachement aux qualités matérielles de la peinture et des supports, Munch propose une puissante exploration des sentiments humains les plus profonds et des expériences les plus fondamentales de la vie (alors même que le monde artistique de l’époque se préoccupe plutôt du rapport à la nature et des représentations sociales du monde). Il laisse une œuvre bouleversante d’une force incomparable.
La scénographie de l’exposition est très sobre, les jeux de couleurs sont simples et plutôt naturels, juste ce qu’il faut pour mettre en valeur les toiles et les gravures; les lumières sont très tamisées, le parcours est très riche et complet, et les explications intéressantes et mesurées. Bien-sûr, j’aurais aimé en trouver beaucoup plus près des œuvres, je trouve que ça manque quand même un peu, dans la dernière partie de l’exposition tout particulièrement.

Comme toujours, je vous propose une petite balade en images pour suivre mes pas dans l’exposition:

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Avant de terminer cet article, je me dois de vous signaler qu’une appli iPhone (ou iPod Touch, ne soyons pas sectaires), iExposition, a été développée spécialement pour l’évènement et pour l’avoir testée en exclu, je peux vous dire qu’elle est très très réussie ! Pour tout vous dire, durant tout le temps où je suis restée dans l’expo, je n’ai vu personne d’autre l’utiliser, et j’ai même attisé la curiosité de plusieurs journalistes qui n’étaient même pas au courant… Pas très 2.0 les journalistes !! (inside joke, faites pas attention) Bref, tout ça pour dire que l’appli est géniale, c’est plus qu’un simple audio guide puisqu’en plus d’avoir un commentaire audio sur l’œuvre sélectionnée, on a aussi accès à l’image ! Ce qui fait qu’on a tout le loisir de prolonger la visite à la maison après coup (un gros avantage si on n’a pas eu le temps de tout écouter sur place !). L’appli est très pratique, simple à utiliser et vraiment super sympa. Un audio-guide pour 2€99 avec les images en plus, franchement, j’vois aucune raison d’hésiter!

Application_pinacoth_que_de_Paris_Edvard_Munch

C’est où ?
Edvard Munch ou « l’anti-Cri »
Pinacothèque de Paris
28, place de la Madeleine (8è) – M° Madeleine
Du 19 février au 18 juillet 2010.
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h et nocturne tous les mercredis jusqu’à 21h .
Tarifs: 10 €/8 €
Pas mal de partenariats intéressants autour de l’expo: sur présentation d’un billet d’entrée de l’exposition, les visiteurs de la Pinacothèque pourront bénéficier de tarifs privilégiés au théâtre de la Madeleine pour la pièce Maison de Poupée et au théâtre de l’Athénée pour Une maison de poupées, ainsi que pour la projection de certains films à la Cinémathèque dans le cadre de l’expo Tournages: Paris-Berlin-Hollywood, 1910-1939.

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Ah et sinon, je suis la seule à penser que Munch se prononce « Mun’ch » ?! J’ai été super étonnée (et je me suis sentie super niaise/inculte pour le coup) de découvrir qu’en fait, ça se prononce Mouncke !!!  (oui, j’ai de vrais problèmes)

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Little Miss Chatterbox

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