Angèle et Tony

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Petit bilan ciné de janvier

Une fois de plus, j’ai vu pas mal de films en janvier (et aussi pas mal de films en avant-première) mais très peu m’ont vraiment emballée… Paradoxalement, ce sont les films de février que j’ai préféré ! Je vous en dis d’ailleurs un mot à la fin du post… wouahou le teasing ! Quelques impressions quand même sur le cru de ce premier mois de l’année :)

Mon film du mois

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Incendies de Denis Villeneuve ♥♥♥
Incendies est le film qui m’a le plus remuée parmi les films sortis au mois de janvier. Difficile de ne pas quitter la salle secoué, bouleversé et totalement happé par ce que l’on vient de voir… C’est un film violent, fort, écorché. L’éclatement de la narration à la fois sur plusieurs temporalités et plusieurs lieux permet de saisir au fur et à mesure les liens & implications des multiples rebondissements. La mise en scène est très maitrisée et la lumière superbe et très travaillée, notamment les contrastes entre les ambiances glauques et blafardes (au Québec mais également dans les lieux anonymes comme les hôtels, immeubles ou autoroutes) et la lumière blanche et aveuglante des montagnes rocailleuses comme des déserts poussiéreux du Moyen-Orient, décors naturels et grandioses d’un itinéraire romanesque qui a tout de la tragédie grecque. Et que dire de cette incroyable bande-son hantée par des morceaux hypnotiques Radiohead (le You and whose army ? en séquence d’ouverture colle des frissons dans le dos) qui ponctuent à merveille les moments intenses du film ? Le film doit aussi beaucoup à la qualité de ses interprétations, que ce soit Lubna Azabal, d’une sobriété exemplaire avec un jeu tout en intériorité incroyable ou Mélissa Désormeaux-Poulin, qui livre également une composition très juste et touchante. Incendies est donc une œuvre extrêmement aboutie, un film d’une beauté cru à l’âpreté viscérale et captivante, qui évite tout pathos ainsi que tout lyrisme excessif et lacrymal jusqu’à son issue et vous poursuit bien après la sortie de la salle. A voir absolument !

J’ai aimé

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Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu ♥
Poupoupidou est incontestablement l’une des bonnes surprises de ce mois de janvier ! Le film est comme un hommage géant au polar américain, que ce soit au niveau des personnages (l’une étant, bien malgré elle, un ersatz montagnard de Marilyn, et l’autre voulant devenir celui de James Ellroy) ou au niveau des clins d’œil non déguisés au cinéma américain en général et aux frères Coen en particulier (les grandes étendues franc-comtoises enneigées rappellent celles de Fargo, l’auteur reclus dans un hôtel miteux fait penser à Barton Fink et la partie de bowling est digne du Big Lebowski !). Au-delà de ça, difficile de ne pas être séduit par la poésie de l’histoire, son ingéniosité, la qualité de la bande-originale et du scénario (impeccablement bien ficelé), l’ambiance délicatement surannée qui s’en dégage et surtout la sensibilité avec laquelle l’histoire est tracée. Le casting est également très bon, à commencer par Sophie Quinton qui joue admirablement bien le rôle de la starlette, fragile et captivante. Elle apporte au personnage beaucoup de sensualité et de douceur. Jean Paul Rouve est également assez convaincant dans ce rôle de romancier en manque d’inspiration. Ce n’est certes pas le film de l’année mais c’est un bon film: original, décalé et intéressant ! A voir, donc.

Arrietty de Hiromasa Yonebayashi ♥
Oh surprise, j’ai aimé Arrietty !!! Et non, ce n’est même pas ironique, rendez-vous compte ! Si vous me lisez depuis un moment, vous devez savoir que j’ai beaucoup de mal avec les films de Miyazaki (si si, c’est possible !) alors j’avais pas mal d’appréhension en me rendant à la séance de ce dernier né du studio Ghibli. Et bien, il n’en a rien été, j’ai passé un très bon moment ! Là, où j’avais trouvé Ponyo et Chihiro (oui, vous allez me lancer des tomates pourries mais je me suis rarement autant ennuyée au cinéma… à la limite de m’endormir !) soporifiques et chiants, je me suis laissée totalement embarquée par l’univers d’Arrietty ! Youpi ! Même si on retrouve, une fois de plus, les mêmes thématiques (la maladie, l’amour, le respect, l’écologie…) que dans les films de Miyazaki (qui est ici scénariste et producteur), le film nous embarque dans un monde coloré et poétique (les scènes avec la maison de poupées sont sublimes), qui laisse complètement s’envoler notre imaginaire. L’ode à la nature est particulièrement saisissante: on ressent chaque goutte de pluie, le souffle du vent, la chaleur du soleil… C’est un véritable enchantement visuel, un vrai régal pour les yeux (à l’ère de la 3D, ça change, ouf !) et la bande-originale créée par Cécile Corbel est magnifique. Un très joli petit film d’animation qui a su me charmer !

Angèle et Tony d’Alix Delaporte ♥♥
Cette histoire d’amour toute simple est un petit bijou de sensibilité et d’émotion brute. Pour son premier film, Alix Delaporte filme avec une admirable sincérité le quotidien de « petites gens » et obtient une profondeur de sentiment sans artifices absolument incroyable. La mise en scène, comme le scénario, sont d’une grande simplicité et d’une intelligence humaine remarquable: pas de lourdeur, ni de pathos, c’est sensible, direct mais pudique. Le casting est, quant à lui, impeccable: Clotilde Hesme trouve un équilibre parfait entre violence contenue et fragilité presque enfantine, tandis que Grégory Gadebois campe son personnage de marin pêcheur avec une sobriété et un sens du détail qui force l’admiration. L’absence de mièvrerie et de sentimentalisme donne au film beaucoup de justesse et fait que petit à petit on s’attache aux personnages jusqu’à ce que l’émotion vous gagne subrepticement pour ne plus vous lâcher jusqu’au bout, le cœur serré.

Trouvé pas mal

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Les chemins de la liberté de Peter Weir **
Inspiré du livre d’un soldat polonais (« A marche forcée » de Slavomir Rawicz) publié en 1956, le film nous raconte une aventure incroyable et authentique: en 1941, des prisonniers russes et polonais s’évadent d’un camp de travail en Sibérie. Mais cette évasion n’est que le début de leur odyssée : voulant échapper à la fois à la dictature nazie de Hitler à l’ouest et au régime communiste de Staline à l’est, le petit groupe n’a d’autre solution que de tenter de rejoindre la Mongolie en traversant les forêts de Sibérie et en longeant le Lac Baïkal. Lorsqu’ils arrivent en Mongolie, c’est pour découvrir que le pays a lui aussi adhéré au communisme ! Il leur faut alors marcher plus loin, vers le Tibet et l’Inde… Pour la globe-trotteuse insatiable que je suis, ce genre de film est en général l’occasion de se rincer l’œil de paysages sublimes. Et ce fut le cas avec ce film, les images sont splendides et à couper le souffle, on en prend plein les yeux. Peter Weir filme ce périple de près de 10 000 kilomètres avec un regard plein de justesse, à hauteur d’hommes: il filme le froid, la faim et l’épuisement avec une sobriété magnifique. Il manque malheureusement à ces Chemins de la Liberté ce p’tit truc en plus, ce souffle, cette exaltation qui en aurait fait un grand film. On ne se sent pas vraiment pris par l’émotion, ni vraiment remués ou secoués, alors que pourtant il y avait du potentiel ! Les comédiens sont bons mais manquent trop de charisme pour parvenir à nous emporter complètement (mis à part Ed Harris, avec son regard fiévreux et ses joues creusées, qui est génial comme d’habitude !). A voir quand même une fois pour la beauté des paysages ;)

Un été suédois de Fredrik Edfeldt *
Un été suédois nous raconte quelques semaines de la vie d’une fillette de 9 ans et demi, aux cheveux roux et à la peau diaphane. Il y a peu de dialogues et de rebondissements dans ce premier film de Fredrik Edfeldt, tellement peu que l’on flirte avec l’ennui pendant une grosse partie du film, à l’image de sa fluette héroïne, le plus souvent seule ou alors mal accompagnée. Malgré ça, le réalisateur parvient, grâce à son traitement pudique et délicat de l’histoire et à une mise en scène douce comme un ciel d’été, à effleurer les sentiments de cette fillette sans insister et nous pousse à nous intéresser à son regard sur le monde qui l’entoure, dans une innocence qui s’évanouit peu à peu. Beaucoup y verront une sorte de passage de l’enfance à l’adolescence, disons simplement qu’elle grandit durant cet été où elle est livrée à elle-même. A noter aussi: la superbe photo de Hoyte van Hoytema, également auteur des magnifiques images de Morse.

En demie-teinte

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Somewhere de Sofia Coppola
Après avoir lu le pire sur le nouveau film de Sofia Coppola, j’y suis allée en me disant que j’allais soit adorer, soit détester. Et bien ni l’un, ni l’autre finalement (ça doit être mon esprit de contradiction, cherchez pas) ! J’ai trouvé le film intéressant par moments, lassant à d’autres. Du côté positif, j’ai trouvé le casting plutôt bon, que ce soit Stephen Dorff en star de ciné blasée qui se fait chier dans sa vie monotone d’une suite du Château Marmont et dont les jours et les nuits sans aucun intérêt se suivent et se ressemblent, et surtout la jeune hypnotisante & émouvante Elle Fanning. Sofia Coppola nous dépeint avec facilité le mal-être du personnage (la séquence d’ouverture nous annonce clairement le sentiment d’un homme perdu), mais là où l’on pouvait s’attendre à une renaissance, nous assistons, malgré nous, à une succession de scènes sans réel intérêt. Il n’y a aucune évolution dans l’intrigue (encore eut-il fallu qu’il y en ait une !) et le film est traité avec une lenteur et une torpeur qui finit, irrémédiablement, par nous atteindre. Et même si c’était le but évident du film, j’ai trouvé ça un peu léger… A voir, donc, ne serait-ce que pour se faire un avis !

Bof

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La chance de ma vie de Nicolas Cuche
Je n’attendais pas grand chose de cette petite comédie française gentillette et sans ambition… et heureusement ! Sans être totalement mauvais, le film ne décolle jamais vraiment: c’est flemmard, niais par moments, trop récité et ça manque cruellement d’étincelles. Malgré ça, c’est vrai que c’est assez divertissant, on sourit parfois des divers quiproquos, situations et rebondissements tout aussi invraisemblables et prévisibles les uns que les autres, mais cela va rarement au-delà de ça. Le film fait plus penser à un téléfilm du lundi soir sur TF1 qu’à une vraie comédie romantique. Pour le reste, les acteurs sont conformes à ce que l’on pouvait attendre d’eux (je suis méchante ? mais non, dire qu’Elie Semoun est très mauvais et surjoue, était une évidence non ?!), l’histoire est archi-classique et le scénario ne tient pas debout. Bref, on a vu mieux !

Harry Brown de Daniel Barber
Pour tout vous dire, je m’attendais à quelque chose de nettement plus jubilatoire avec ce Harry Brown… Ben oui, faut pas se le cacher: si on va voir ce film c’est avant tout pour voir Michael Caine dézinguer du jeune délinquant britton ! Et bien, certes, il va tous les flinguer, comme on s’y attendait, mais j’aurais aimé que ce soit avec plus de panache et de dérision. Je suis une grande rêveuse, que voulez-vous… M’enfin, le film n’est pas mauvais non plus. L’immersion crue et épurée dans les quartiers de banlieue déshérités d’outre-Manche est plutôt convaincante: le film parvient à nous faire basculer subtilement dans des ambiances et lieux de perdition totalement irréels. La mise en scène froide donne au film une atmosphère étouffante et glaciale qui apporte une toile de fond intéressante à la prestation de Michael Caine, à la fois inquiétant et émouvant dans sa violence intérieure et sa fragilité. Malheureusement, l’ensemble est rempli de clichés et manque beaucoup trop de recul pour pouvoir rester dans nos mémoires.

Je suis un no man’s land
de Thierry Jousse
Je suis un no man’s land n’est rien d’autre qu’un costume taillé sur mesure pour l’inénarrable Philippe Katerine. Inutile de préciser que ceux qui sont allergiques à l’univers loufoque du monsieur peuvent passer leur chemin ! Katerine acteur ne s’en tire pas mal, bien entouré par Julie Depardieu, Jackie Berroyer, Aurore Clément et Judith Chemla, très drôle en groupie déchaînée. Ce film ne ressemble à aucun autre, l’atmosphère rurale et vintage se mélange de façon étrange à une ambiance fantastico-surréaliste des plus surannées. Bref, le résultat est indescriptible, une sorte de retour vers le futur déglingué et nonchalant, qui oscille entre le je m’en foutisme absolu et la comédie romantique grotesque. Malheureusement, le film est vraiment trop paresseux pour dépasser cette sorte de méli-mélo foutraque et la faiblesse d’un scénario creux et répétitif ternit les quelques qualités de la mise en scène. Rien de mémorable donc !

J’ai pas aimé

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Au-delà de Clint Eastwood
Une belle déception que ce nouveau film de Clint Eastwood… Et pourtant, je suis une fan invétérée du Grand Clint mais là, je dis non ! Difficile à croire que ce film soit du même auteur que Million Dollar Baby ou Gran Torino ! M’enfin Clintou, ça va plus là ! Au-delà nous offre une sorte de mélo pseudo surnaturel rempli de poncifs et de clichés insupportables. Un tire-larmes mis en scène avec talent comme toujours (et cette photo, argh, je ne m’en lasserai jamais) mais qui manque cruellement d’épaisseur. Le film est long (trèèès long), bavard et ennuyeux. L’histoire est prévisible et la fin aussi insipide que ridicule. Les personnages sont creux, sans subtilité et même les acteurs peinent à y croire: Matt Damon semble se demander ce qu’il fait là, Bryce Dallas est égale à elle même (c’est dire !) et… pauvre Cécile de France ! C’est encore le jeune George McLaren qui s’en sort le mieux. Bref, une grossière erreur de parcours et un film à oublier définitivement.

Comment savoir de James L. Brooks
J’ai longuement hésité à le mettre dans la case « bouse du mois » tellement j’ai trouvé ce film horripilant, limite pénible à regarder ! Il est vide, creux, prévisible, lent, bavard… Insupportable ! Il ne se passe rien (je suis sortie de la salle avant la fin tellement je me faisais chier… et ça ne m’arrive pas souvent !). J’ai rarement vu une comédie romantique aussi pitoyable (et pourtant, j’en ai vu des tonnes), tant par la naïveté de son écriture que par la médiocrité de sa mise en scène. Le scénario n’est qu’une succession de clichés, de situations déjà vues et de scènes sans aucun intérêt. Et le pire c’est que ce n’est même pas assez rythmé pour que l’on puisse trouver ça divertissant. Et que dire des comédiens ? Risibles… Et la présence de Jack Nicholson au générique n’est qu’un gigantesque attrape-nigauds. Beurk, à fuir comme la peste !

La bouse du mois

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The Green Hornet de Michel Gondry
The Green Hornet est, je dois le dire, ma plus grosse déception de ce début d’année. Non pas que j’avais de grosses attentes par rapport au film mais enfin… qu’est donc allé faire Michel Gondry dans cette bouse ? Voir le nom de l’auteur du magnifique Eternal Sunshine of the Spotless Mind, un de mes films préférés, accolé au titre de ce film m’a vraiment fait de la peine ! Il avait besoin d’argent à ce point là ? -__-
Tout est à jeter dans ce film: des acteurs décevants (Christoph Waltz fait le vilain méchant, Cameron Diaz joue la potiche de service et Seth Rogen est, comme toujours, ridicule et assommant), des scènes d’action qui cachent le vide, une 3D bidon strictement inutile, une intrigue lamentable, des répliques niaises à gogo, des dialogues poussifs & lourds et des gags pas drôles qui ne doivent pas faire rire grand monde à part Seth Rogen (qui a écrit et produit le film… ceci explique cela). On essaie de nous vendre un film prétendument décalé et second degré mais il n’y a rien de tout ça: ce n’est qu’un navet à l’humour beauf, premier degré, niais et stupide. En général, les films qui veulent être des caricatures assument une certaine lourdeur mais c’est volontaire. Ici, c’est tout le contraire ! En bref, un divertissement pathétique, prétentieux et raté, et une honte faite aux films de super héros. En un mot: une bouse.

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Vus en avant-première en janvier (je vous en donnerai des avis plus détaillés et construits dans mes chroniques ciné de février évidemment !)…

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* Le Discours d’un roi de Tom Hooper (sorti la semaine dernière) : Mon coup de cœur de ce début d’année: une très belle histoire, un film rempli de tendresse et de sensibilité, de petits moments touchants, de grands moments à couper le souffle, de scènes remarquables et soutenu par une brochette de comédiens extraordinaires (Colin oui, évidemment). Un très très beau film, à voir impérativement.
* Black Swan de Darren Aronofsky (sorti cette semaine) : Mon 2è coup de cœur de début d’année. Un film beaucoup moins « facile » et accessible (plus difficile à appréhender) que le précédent mais une œuvre immense, incroyable et qu’on se prend de plein fouet (avec la musique de Tchaïkovski en toile de fond puissante et magnétique). La prestation de Natalie Portman est aussi époustouflante que ce que vous avez surement pu lire un peu partout. Donc allez le voir sans hésitation !
* Tron Legacy de Joseph Kosinski (sorti cette semaine) : Du pur divertissement, du vrai, du geek et du bon ! Un univers visuel (une vraie 3D qui vaut largement le coup) et sonore (la B.O de Daft Punk est à tomber) très riche. A réserver aux geeks, quand même (et faut croire que j’en suis devenue une car j’ai vraiment aimé le film !).
* 127 Hours de Danny Boyle (sortie le 23 février) : Un film qui vaut le détour non seulement parce qu’on retrouve pleinement le style de Danny Boyle (qu’on avait un peu perdu depuis quelques années à mon sens) et qu’en plus l’histoire est complètement folle, c’est un film qui nous fait nous questionner sur nos limites, sur notre humanité et qui va loin. Âmes sensibles: attention quand même !

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Little Miss Chatterbox

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