Amerrika

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Ma review Ciné de Juin

J’ai adoré

afficheCoraline de Henry Selick ****
Voilà un des films de ce milieu d’année que j’attendais le plus à vrai dire, puisque je suis une véritable fan de « L’étrange Noël de Mr. Jack » (et pas que grâce à Tim Burton, ne soyons pas sectaires !) et je n’ai pas été déçue une seconde !

Avec ses personnages loufoques et son ambiance de « féérique épouvante » (je vois ça comme ça, oui !) extrêmement bien travaillée, on ne peut que tomber sous le charme de ce film. C’est une vraie réussite, tant sur la forme -c’est visuellement magnifique (la direction artistique, les décors, le design des personnages: tout y est très travaillé)- que sur le fond, avec plein de petites idées qui fusent sans arrêt et dynamisent le récit. C’est un pur bonheur de voir évoluer tous ces personnages hauts en couleurs (Coraline, à la fois attachante et courageuse, le voisin excentrique, la sorcière manipulatrice et très effrayante sous son vrai visage…) dans une histoire qui évoque les contes de notre enfance, à la fois féeriques et effrayants, remplis de sorcières, de monstres et d’animaux qui parlent.

Étrange, angoissant, onirique, surréaliste, fantasmagorique …. Cet univers, inspiré de l’histoire de Neil Gaiman (que je vais m’empresser de découvrir dès que possible), est fascinant, à la croisée du
« Nightmare before Christmas » et d' »Alice in Wonderland ». Une petite merveille à voir absolument !

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Et inutile de préciser, pour ceux qui me connaissent bien, quel est mon personnage préféré dans le film… On peut l’adopter, vous croyez ?!

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J’ai aimé

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Departures de Yojiro Takita ***
« Departures » ou comment faire cohabiter parfois dans la même scène avec un doigté absolument remarquable, le plus irrésistible burlesque tout en laissant se déployer la plus fine, juste et vibrante émotion ! Le film est admirablement tramé et très bien écrit. Il nous offre une belle et profonde variation sur le deuil, sur des images superbes et un rythme lent et majestueux où réflexion, émotion et esthétique se rencontrent et se complètent. Il n’a pas volé son Oscar du meilleur film en langue étrangère ! Rajoutons à cela que les acteurs sont tous excellents, que ce soit la toute mignonne Ryoko Hirosue, le très élégant Masahiro Motoki qui joue très juste toute la palette d’émotions que traverse son personnage ou l’impeccable Tsutomu Yamazaki (le boss)…  Un film très beau et émouvant. A voir.

Jaffa de Keren Yedaya ***
Ce film est une sorte de « Roméo et Juliette » d’aujourd’hui en Israël, une superbe parabole sur la situation des palestiniens et des israéliens, dans et hors du système, et sur la situation d’amour-haine existant au sein même de la société israélienne vis-à-vis des palestiniens. L’amour peut-il abolir les différences, les conflits politico-économico-religieux ? Le rythme du film est assez lent mais permet de montrer les relations pleines de tensions et d’émotions existant entre les différents protagonistes au sein du garage jusqu’au dénouement malheureux qui provoquera la séparation des amoureux. Le quatuor de comédiens est vraiment excellent (Ronit Elkabetz, Dana Ivgy, Moni Moshonov et Mahmud Shalaby) et dans la dernière scène, après des plans en huit-clos au garage ou en appartement, le port de Jaffa apparaît comme une ouverture sur l’extérieur de la même manière que le jeune couple est enfin libéré des contraintes familiales. Une film d’une puissance rare, incontournable.

Les Beaux Gosses de Riad Sattouf ***
Rares sont les films d’ados qui n’abusent pas des clichés et des stéréotypes, qui n’en font pas trop et ont l’élégance d’éviter à la fois les clichés de la banlieue et les clichés bobo. Le réalisateur a eu la bonne idée de ne pas « dater » son film par de multiples détails, accessoires ou références, ce qui fait que la plupart des ados d’aujourd’hui ou d’hier peuvent s’y retrouver. Exit les ados typés U.S (beaux gosses et friqués), ici ils sont tous (ou presque) boutonneux, appareils dentaires saillants, timides et … puceaux ! Une petite comédie qui ne se prend pas au sérieux, super décalée, drôle (30è degré) et touchante (par moments) à la fois, l’anti- « LOL » (que j’avais détesté si vous vous souvenez bien) par excellence.

Amerrika de Cherien Dabis **
Cherien Dabis (aussi scénariste) nous offre avec « Amerrika », un premier film très touchant, sur fond du problème d’immigration et de l’étiquetage subi par les populations arabes, post 11 septembre. Les thèmes comme le déracinement, le problème d’identité encouru, le choc des cultures lié à la difficulté d’intégration, ont été maintes fois abordés mais rarement d’une manière aussi humaine et légère, sans faire dans le misérabilisme. Au delà de ça, elle met le doigt sur un problème malheureusement récurant quelque soit le pays et l’origine des gens: le racisme ordinaire et la difficulté de trouver un endroit qu’on peut appeler « home ». La sensiblerie, la complaisance, et la plupart des clichés, sont admirablement contournés et évités. Le scénario et la mise en scène sont simples, fluides et la direction d’acteurs est vraiment réussie, à mon goût. Une œuvre généreuse, sincère, joliment optimiste, attachante, et avant tout profondément humaine, avec ses qualités et ses défauts.

Very Bad Trip de Todd Phillipps **
La bonne surprise du mois ! Je m’attendais plus ou moins à un film assez lourd et pas franchement si drôle que ça, mais que nenni, « Very Bad Trip » (dont je préfère le titre original « The Hangover », qui est carrément meilleur mais surement moins accrocheur en ces temps de Fête du Cinéma où il faut faire du chiffre $$$) est une excellente petite comédie de derrière les fagots ! Avec son scénario sans grande créativité (trois copains partent à Vegas, Sin City, pour enterrer la vie de garçon de leur meilleur ami), le film réussit là où beaucoup de comédies ont lamentablement échoué ces dernières années. À la frontière entre « Very Bad Things » et « Dude, where’s my car ? », « Very Bad Trip » est une comédie étonnante où répliques corrosives et situations énormissimes se conjuguent vraiment très bien. On savoure le ton délicieusement burlesque, absurde et légèrement licencieux du film et on rit beaucoup, du début à la fin. En bref, une récréation royale et un formidable divertissement qui ravira autant les aficionados du genre que les néophytes !

Pas mal

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Tellement proches d’Eric Toledano et Olivier Nakache *
Ces derniers temps, avec le cinéma français, il faut reconnaître qu’on a un peu droit à tout et n’importe quoi ! Dans « Tellement proches », c’est un peu des deux: il y a du très bon et du très mauvais. C’est à la fois drôle et franchement bon à certains moment, et à d’autres ça devient lourdingue et hyper ennuyeux. Après, il est évident qu’on retrouvera très probablement quelqu’un de sa propre famille dans une situation ou une autre, mais c’est loin d’être jubilatoire, comme la bande-annonce le laissait supposer. Et puis les deux réalisateurs en font peut-être aussi parfois un peu trop. Ils dénoncent les discriminations dans la société et dans le monde du travail, mais ils s’enfoncent et ne s’arrêtent pas: le docteur noir, la société juive, l’invasion de pakistanais dans l’appart’… Certains personnages et situations sont très caricaturés, les persos sont bien souvent horripilants, même si les comédiens ne se débrouillent pas trop mal, il faut le reconnaître (particulièrement Vincent Elbaz et Omar Sy). Le seul problème, c’est que tout le film est vraiment trop en dent de scie, pour pouvoir réellement l’apprécier: quelques bonnes trouvailles mais rien de transcendant.

Lascars d’Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz *
Il faut l’avouer: faire passer au grand écran cette série de mini-épisodes au ton si singulier était un sacré pari, et pourtant ils l’ont fait. Plus encore: ils l’ont bien fait ! Techniquement irréprochable, l’exercice formel est d’une richesse incroyable, tout à l’honneur du microcosme mis ici en avant. Petit reproche quand même, le film se perd un peu trop dans de multiples sous-intrigues avec un peu trop de personnages, alignant les scènettes comiques n’ayant pas toujours grand lien les unes avec les autres. Du coup on a pas vraiment l’impression que le film raconte grand chose, même si c’est tout de même sympa et vraiment drôle. A voir une fois.

Bof

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The Women de Diane English
Je dois vous avouer que j’ai longuement hésité à mettre le film dans la catégorie du dessous tellement il m’a semblé mauvais sur le moment ! Pas grand chose à en retenir, si ce n’est qu’il propose à certains moments des dialogues assez amusants et que surtout, il donne envie de découvrir l’original de Cukor. Son principal défaut quand même, c’est qu’à chaque moment, un sentiment persiste: on a comme l’impression d’avoir déjà vu tout ça quelque part non ? Enfin vu, revu et rerererererererevu… dans pas moins d’une dizaine de films et de séries à commencer par « Sex & The City » ! Alors qu’apporte « The Women » finalement ? Ben pas grand-chose si ce n’est un duo Botox Meg Ryan et Annette Bening, des scènes frôlant le ridicule permanent, un scénario prétentieux et une interprétation vraiment très limite. Bref, un film qu’on peut facilement éviter.

Je vais te manquer d’Amanda Sthers
Le film « chorale » est décidément très à la mode dans le cinéma français. Ce style de narration popularisé par Lelouch, Alain Resnais et Danielle Thompson, obéit à une constante: faire alterner des histoires par le biais de mini-scénettes qui s’enchainent et se recoupent jusqu’à la fin, le tout si possible, interprété par des comédiens connus. On retrouve ici notamment l’inénarrable Pierre Arditi, très à l’aise dans la cruauté (mais qui ne peut pas s’empêcher de faire du Arditi, quand même) et Carole Bouquet, dans un rôle déprimant où elle excelle. Au casting également le grand Michael Lonsdale, trop peu à l’écran, très bon en vieux psy qui rencontre son amour de jeunesse. Pour un premier film, Amanda Sthers ne s’en sort pas si mal que ça. Malgré les longueurs et le coté larmoyant, il reste drôle par moments, émouvant à d’autres et surtout vraiment très très bien écrit. Bref, le film aurait vraiment pu être réussi, s’il n’avait ce côté un chouïa pleurnichard et bien-pensant. Ça sent un peu trop le parisianisme dans ce qu’il a de plus agaçant et moralisateur, tous les lieux communs y sont, ça en devient presque une fresque du Paris Rive Gauche ! Dommage.

J’ai pas aimé

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Terminator Renaissance de McG
Ce film sent vraiment le film fait sur commande, parfaitement conforme aux standards hollywoodiens (j’appelle ça un film alimentaire). Il est incohérent, prévisible et surtout ridicule. Tout y est invraisemblable. Les quelques scènes ayant pour but de nous rappeler le fantastique « Terminator 2 » sont mal mises en scènes et montrent bien que le réalisateur McG (c’est quoi ce pseudo de merde, d’ailleurs ?!) aurait mieux fait de trouver un autre boulot ! On ne retrouve absolument pas l’atmosphère des premiers Terminator et les personnages, qui sont d’ailleurs dépourvus de personnalité, ne correspondent absolument pas à l’univers de Terminator (où est le superbe John Connor que l’on a connu avec Edward Furlong ?!). A la place on a des personnages caricaturaux et pas crédibles une seule seconde ! Même l’apparition de Schwarzenegger en image de synthèse (bonne idée sur le papier) est accablante…. Bref un film commercial qui entache encore plus l’œuvre originale ! A ne jamais regarder même avec un flingue sur la tempe ! Beurk.

Antichrist de Lars Von Trier
Comme la règle le veut, le festival de Cannes se doit chaque année d’accueillir (au minimum) un film scandaleux qui fera réagir de façon disproportionnée quelques cocaïnomanes présents dans la salle de projection à ce moment-là ! Pour la session 2009, l’heureux élu était « Antichrist », réalisé par un cinéaste à l’ego surdimensionné (ce qui ne l’a pas empêché de montrer parfois de jolies choses), j’ai nommé Lars Von Trier. Malgré un prologue esthétiquement très beau et vraiment travaillé, la suite n’a presque plus rien à voir et s’enlise dans un pensum prétentieux aux réflexions sur le couple, la femme, la pertinence de la psychanalyse, pas inintéressants mais qui après de nombreuses heures de réflexion sur le sujet ne mènent finalement pas à grand chose. Certes, le film ne laisse pas indifférent, on peut s’interroger sur les motivations de Lars Von Trier, on peut se demander si le film est misogyne, ce qu’il a voulu dire dans telle ou telle scène, mais au final, il ne me restera de ce film qu’une impression désagréable et quelques images qui ne resteront pas longtemps dans ma mémoire…

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Little Miss Chatterbox

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