Alela Diane

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Dans mon iPod en ce moment

Qu’est ce qui tourne en boucle dans mon Nipod en ce moment ? Pas mal de choses en fait !

Deux très beaux albums que j’écoute, sur le tard:

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* Patrick Watson, Close to paradise
Un album de 2006 que je découvre seulement maintenant… Et c’est un pur bijou. Magistralement et très intelligemment composé, l’univers Watson s’ouvre petit à petit à nos oreilles. Tout d’abord déboussolé, comme sorti trop vite d’un rêve, on se laisse submerger par ces mélodies très visuelles. On se croirait dans un film. « Weight Of The World » semble tout droit sorti d’un film façon Tim Burton. « Mr. Tom » nous raconte une histoire simplement avec ses notes de piano. Toutes les chansons fourmillent d’idées, le talent et l’audace de la composition font mouche à chaque fois. Difficile de donner des références tant le style est onirique mais on croise Jeff Buckley dans « Slip Into Your Skin »; la manière dont les sons graves remplissent l’espace sont dans le style de « The Wall » mais l’ensemble garde une profonde identité. Et que dire de la merveille des merveilles, à savoir « The Great Escape » avec son piano envoûtant, ses mots simples… et cette voix… le paradis sans doute.

* Joshua Radin, We were here
Son dernier album c’est « Simple Times » mais je n’ai pas encore eu le temps de l’écouter. Celui-ci date de 2006 et il est tout simplement sublime. J’aime beaucoup cet artiste que je découvre un peu en retard mais que j’écoute en boucle en ce moment pour me rattraper.

Et sinon:

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* Noah & the Whale, Peaceful, the World lays me down
Noah and the Whale est un groupe anglais de pop-folk dont les sonorités ressemblent à pas mal d’autres groupes actuels comme Beirut ou encore Arcade Fire (oui, c’est léger, mais quand même) en passant par Jens Lekman. La voix du chanteur, Charlie Fink fait penser à celle d’Adam Green. Pour la petite histoire, le groupe doit son nom au film de Noah Baumbach, « The Squid and The Whale », sorti en 2005 et traduit en français par « Les Berkman se séparent ». Avec une rythmique rudimentaire, des chœurs naïfs et des guitares aux sonorités africaines, « 2 Atoms In A Molecule » donne le ton. Le meilleur est à suivre, avec l’apparition du violon et d’un accordéon sur l’extraordinaire « Jocasta », puis de cuivres radieux sur « Shape Of My Heart ». Le chant rauque et tremblant de Charlie est appuyé par la douce voix de Laura Marling. « Give A Little Love » porte encore un peu plus hautes les couleurs de cette pop artisanale et j’apprécie beaucoup les douceurs de « Do What You Do, Hold My Hand As I’m Lowered ». Ca ne révolutionne rien, mais c’est sympa à écouter.

* The Weepies, Say I am You
Formés du duo Deb Talan et Steve Tannen, The Weepies ont vu naissance en 2001 en même temps que la rencontre de ces deux âmes soeurs. Très vite une complicité se crée et en vient à naître le très bon mais néanmoins peu connu « Happiness », puis suit le déjà plus plébiscité « Say I am You ». En effet, en 2006 le groupe connait enfin la reconnaissance mondiale puisque « Say I Am You » va devenir un des albums folk les plus téléchargé sur iTunes: le succès est alimenté par les divers incrustations musicales dans des séries à forte audience comme « Scrubs », « How I Met Your Mother », « One Tree Hill », « Grey’s Anatomy »… Encore une fois, il ne révolutionne pas la musique mais c’est mignon et charmant. En bref, un folk très sympa à mettre dans ses oreilles :)

* Princess One Point Five, At long last
Petit joyau que ce « At long last » de Princess One Point five, projet artistique de l’australienne Sarah-Jane Wentzki. Très cinématographique dans sa forme, chaque morceau est néanmoins une petite vignette qui à son existence propre (enfin, je vous rassure, on est loin de la juxtaposition de morceaux il y a une trame faite de tension qui lie chaque morceau l’un à l’autre). Voix cristalline pour une musique qui tend à saigner le peu d’âme qui nous reste, je vous recommande chaudement son écoute…

* Emily Jane White, Dark Undercoat
Emily Jane White ne sera sans doute ni la première ni la dernière jolie chanteuse folk à frange (on ne peut s’empêcher de penser à l’influence de Cat Power), mais son premier album « Dark Undercoat » révèle sur 10 morceaux un univers sensible, porté par une folk mélancolique sans fioritures, tendrement mélancolique, sublimé par la voix grave et vaporeuse de la Californienne. Mêlant harmonieusement folk et rock à quelques notes de piano, Emily Jane White crée un univers partagé entre le désespoir et la possibilité d’une renaissance, où le silence a sa place autant que le son. Un joli album folk mélancolique.

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* Hugh Coltman, Stories from the Safehouse
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à écouter un album de ce genre (songwriter masculin s’accompagnant de sa guitare avec authenticité, sur fond de folk-rock bluesy). Après avoir fait ses premières armes, sans grand succès, au sein de groupes de blues dans sa Grande-Bretagne natale, Coltman s’est exilé en France pour chanter dans des cafés parisiens. Et c’est ainsi qu’est née cette collection de chansons. Si l’ensemble est plutôt acoustique à la guitare ou au ukulélé, l’album varie les ambiances et les plaisirs allant de surprises en surprises. Bossa nova, tango, reggae, blues, Coltman s’amuse entre différents styles qu’il adapte à sa façon sans pour autant commettre un disque patchwork décousu. Du lot, ressort surtout « Could you be trusted » qui renoue avec une certaine idée du rock 70’s; c’est la petite bombe du disque et de loin le morceau le plus électrique. En songwriter prolifique et inspiré, Cotlman nous propose un album qui s’écoute facilement, une petite ballade dans son univers personnel fait d’arpèges de guitare délicats. Et le plaisir de couler de source tout au long de ces douze plages, réconfortantes à la fin d’une harassante journée.

* Peter von Poehl, May day
Avec « May day », Peter von Poehl signe un second album au moins aussi bon que le premier qui m’avait charmé (« Going to Where The Tea Trees Are » pour ceux qui s’en souviennent). Tout l’album est ainsi traversé de vibrations nouvelles, qui donnent un surcroît d’intensité à des chansons conçues une fois de plus en artisan. Comme « Going To Where The Tea Trees Are », la majeure partie de « May Day » a été confectionnée en plein cœur de la campagne suédoise, dans le merveilleux atelier de Christoffer Lundquist ami et collaborateur depuis de nombreuses années, une nouvelle fois crédité comme co-réalisateur. Les arrangements de « May Day » regorgent de trouvailles qu’on devine spontanées, surgies fortuitement au fil des sessions. Le groove tendu de « Carrier Pigeon », l’irrésistible tourbillon pop de « Moonshot Falls », l’épure rugueuse de « Dust in Heaven » et « Near the end of the world » ou les savants feuilletages instrumentaux du terrassant « Elisabeth » participent d’un même plaisir de la découverte et d’un même goût du jeu, qui s’étendent à tous les compartiments d’un songwriting hors catégorie, réfractaire à toute figure de style gratuite. Des arrangements au chant, des rythmes aux textes, tout est mis au profit d’une musicalité qu’aucun gimmick ne vient mettre en défaut. C’est ainsi, en ouvrant son champ expressif sans perdre de vue l’horizon de ses sensations et de ses pensées, que Peter von Poehl se ménage une fois encore une place à part dans le paysage musical actuel. Les chansons de « May Day » le rappellent opportunément : il est de ces créateurs qui creusent leur sillon sans se soucier de leur positionnement dans le temps et l’espace musicaux, et qui parviennent à des formes aiguës de singularité sans jouer à tout prix la carte de l’anticonformisme. Bravo !

* Jay Jay Johanson, Self Portrait
J’ai encore du mal à croire que le précédant album du suédois, son meilleur à ce jour, « Long term physical effects are not yet known » ait pu passer inaperçu à ce point… « Self Portrait » continu dans ce sens, avec quelques nuances malgré tout: les refrains chatoyants d’antan font place aujourd’hui à un trip-hop baroque, sombre voir cafardeux. Les émotions ont du mal à filtrer, même si les envolées lyriques restent de qualité, on ne retrouve que trop rarement la puissance mélodique de « The Long term physical effects are not yet known ».
L’effet séduction s’estompe donc, les chansons ont du mal à rester encrées en nous, faute de compositions, certes toujours aussi ambitieuses, mais difficiles d’accès. C’est un disque abscons et intelligent, peut être un peu trop !

* U2, No line on the horizon
Les partisans du « c’était mieux avant » vont encore gagner… Il faut dire qu’avec un album comme ça, U2 ne fait qu’apporter de l’eau à leur moulin. Cinq ans après « How To Dismantle An Atomic Bomb », force est de constater que « No Line On The Horizon » tranche radicalement avec son prédécesseur. En effet, outre le fait que Bono a largement tendance à donner plus de voix (ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose) dans les différentes chansons, on note aussi la présence de chœurs, d’une bonne partie de musique électronique en accompagnement et d’autres innovations… Si certaines chansons de cet album sont intéressantes et agréables à écouter (par exemple « Magnificent » ou « Get On Your Boots »), le reste manque singulièrement d’originalité (malgré les quelques nouveautés évoquées un peu plus haut qui ne sont pas forcément de mon goût). Finalement un album qui se laisse écouter, mais sans plus. On est bien loin des excellents « Achtung Baby » ou encore « The Joshua Tree ». Dommage.

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* The Elysian Fields, The Afterlife
L’un des duos les plus envoûtants de la scène new yorkaise des 10 dernières années est de retour avec « The Afterlife ». Après quatre ans de silence, ces dix nouvelles compositions sombres étaient plus qu’attendues… Les mélodies sont efficaces et la voix de Jennyfer Charles fait merveille. L’ensemble est totalement envoutant. Les compositions sont essentiellement acoustiques, avec quelques touches électrifiées. Toute la force d’Elysian Fields repose sur la voix chaude, tantôt rassurante, tantôt éthérée de Jennyfer avec les choix mélodiques (et fins) d’Oren. Au final, c’est assez classique dans la structure mais c »est intelligent, léché, totalement actuel en termes de prod et très efficace.

* Sophie Hunger, Monday’s ghost
On se laisse prendre très facilement par la musique folk-pop de Sophie Hunger et de ses harmonies sophistiquées: la douceur du trombone, la justesse des arrangements, la voix d’une chaleur pénétrante, on ne s’en lasse pas… C’est raffiné, esthétique, élégant, varié. Très agréable, écoute après écoute.

* Andrew Bird, Noble Beast
Du premier sifflement à la dernière note, Andrew Bird se place dans un état de grâce: il adjoint à un folk assez classique, un songwriting impeccable aux arrangements légers et somptueux, parfois aux frontières de la musique classique. Outre les ballades pop (comme « Fitz and the dizzy spells ») et les refrains folk (comme sur « Tenuousness ») que Bird savait déjà manier, le voilà maintenant embarqué dans des chansons à tiroirs (sur l’incroyable « Not a robot but a ghost »). Mais ce qu’il y a de plus fascinant, c’est la simplicité apparente de cet album: les orchestrations sont riches, les envolées musicales sont faites de contre-temps, mais tout semble incroyablement évident. A découvrir sans hésitation.

* Alela Diane, To be Still
Ces onze nouvelles chansons ne ressemblent pas à celles de « The Pirate’s Gospel ». Pourtant, les sonorités sont familières dès les premières mesures. Et le restent tout le long du disque. C’est qu’Alela Diane chante et joue comme j’ai pu la découvrir sur scène l’an dernier: à la magie mystique des premiers sillons succèdent une country plus classique, conservant toutefois ce magnétisme étrange qui fait sa force. Violon, scie, banjo et percussions légères rhabillent des ballades portées par une guitare apaisée et une voix à l’équilibre roi, poignante sans forcer, enchanteresse sans cliché. L’écriture a gagné en clarté, à l’image de la luminosité qui semble baigner « To Be Still ». Si « The Pirate’s Gospel » révélait une voix, « To Be Still » dévoile une musicienne. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les orfèvreries légères de « To Be Still » prouvent que cette musicienne-là possède toutes les qualités pour rejoindre la famille des grands songwriters de l’Ouest américain d’aujourd’hui. A suivre de très près.

Et vous, vous écoutez quoi en ce moment ?

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