Review Ciné d’Octobre

J’ai adoré

woodyVicky Cristina Barcelona de Woody Allen ****
Je suis une grande amoureuse des films de Woody Allen et je dois dire que ses derniers films me séduisent tout particulièrement. J’avais beaucoup aimé la trilogie Londonienne et son « Vicky Cristina Barcelona » n’a pas dérogé à la règle. Je l’ai trouvé absolument jubilatoire et dépaysant ! Ici, Woody se fait espagnol et teinte son film d’un léger souffle ibérique. Quand on est habitué aux paysages urbains des Etats-Unis chez Woody Allen, l’ambiance chaude et festive de Barcelone peut alors surprendre mais au final dépayser. On assiste à une véritable ode à l’art, une chronique bobo qui porte aux nues tant la peinture, la photographie, que la musique. Et ce côté très culturel et carte postale de Barcelone est pour le coup tout à fait réjouissant; on se délecte de cette ambiance légère, folle et colorée. La forme du film m’a vraiment emballée, mais le fond m’a plu également. Dans « Vicky Cristina Barcelona », Woody met en scène avec brio une histoire de libertinage et nous dévoile l’âme de personnages en recherche de quelque chose (je me suis totalement identifiée à Scarlett pour le coup). Ce qui fait donc la force de ce nouveau Allen, c’est principalement le retour aux sources qu’effectue le metteur en scène: l’étude des personnages, des relations plus ou moins sexuelles qu’il y a entre eux et leurs psychologies, le tout donnant un mélange comédie-tragédie absolument délectable (recette de « Manhattan » et « Annie Hall », par exemple). De ces deux chefs d’œuvres, on retrouve dans « Vicky Cristina Barcelona » la virtuosité de la mise en scène, inspirée par une ville – cette fois-ci Barcelone. Enfin, dernier point qui fait de ce nouveau cru Allenien un petit bijou, c’est la présence d’un casting hors pair et la rencontre d’excellents comédiens : Scarlett Johansson, toujours aussi ravissante et sensuelle, est juste et sublime dans le rôle de Cristina et fait face à la farouche et volcanique Penélope Cruz; Javier Bardem, à mille lieux de son personnage dans « No country for old men », est charismatique et sex god sensuel, très convainquant. En bref, un Woody Allen qui rappelle avec joie ses plus grandes heures. Mélange parfait entre sensualité, romance, humour et psychologie. A voir, indiscutablement.

mesrineMesrine, l’Instinct de mort de Jean-François Richet ****
Dans le paysage cinématographique français, il y a des comédies franchouillardes, des pauvres réalisateurs qui se battent pour imposer leurs films de genre et des films d’auteur qui ne sortent que dans 10 salles. Le cinéma des années 60-70 semble bien loin… Pourtant, un film secoue tout ce petit monde en cette fin d’année 2008, un film qui
s’est donné les moyens et la liberté pour nous rappeler au bon souvenir de Melville et imposer la vision d’un cinéma couillu qui dépote (on sent bien l’influence de Scorsese). Ce film, c’est « Mesrine : l’Instinct de mort ». Jacques Mesrine, c’est le gangster qui mit en émoi toute la France dans les années 60-70, à la fois ennemi public n°1 et symbole presque révolutionnaire. Cassel s’approprie le personnage et disparaît totalement derrière le mythe. Aussi bien physiquement que dans son jeu, il impressionne et livre une performance qui le place dans le panthéon des meilleurs comédiens de l’hexagone du moment. On citera aussi Depardieu à son meilleur niveau (c’est tellement rare), Gilles Lellouche très juste en acolyte de Mesrine et Cécile de France, elle aussi totalement immergée dans son personnage. Richet, quant à lui, n’hésite pas à prendre son inspiration chez tous les grands maîtres du polar, du thriller et du film de gangsters. En nous faisant
à la fois admirer et détester l’odieux Mesrine, Richet donne un sérieux coup de tazer dans un cinéma paresseux et stagnant qui se contentait d’ériger des monuments à cette France moyenne qui rapporte tant (oui, vous avez compris de quel film je parle, mouahahah). Un biopic classique dans son déroulement mais synonyme de cinéma sensationnel qui vous secoue dans tous les sens. Mesrine renaît tout à coup de ses cendres dans la peau d’un acteur démentiel qui se fait le porte-drapeau d’un cinéma vibrant, jubilatoire et jusqu’au-boutiste. LE film français de cette fin d’année, à voir absolument !

J’ai aimé

apaloosa tonnerre visitor


Apaloosa
de Ed Harris **
Dans son western « Apaloosa », Ed Harris nous offre une mise en scène élégante et raffinée. L’action se déroule nonchalamment, les personnages sont mis en place avec une certaine lenteur mais le récit avance toujours, solide, palpitant, mêlant habilement romantisme et scènes plus viriles, la « belle », les méchants, les bons shérifs. Un très beau film, hymne à l’amitié (y’avait pas comme une petite charge homo-amicalo-érotique là-dedans ? Bon, c’est pas « Brokeback Mountain » mais quand même!), écrit avec précision, faisant la part belle à la psychologie des personnages. Le tout sur des images et une photo magnifiques. Les deux acteurs principaux (Ed et Viggo) sont parfaits pour leurs rôles respectifs. Belle composition également de Jeremy Irons toujours impeccable. Par contre, Renée Zellweger ne s’arrange pas, elle fait tâche, son jeu est de pire en pire, elle en fait des tonnes et c’est moche. Un film aussi beau à voir qu’intéressant à suivre. Un western, certes classique, mais solide, bien écrit, bien filmé et bien interprété. Une bonne surprise: on passe un très bon moment.

Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller ***
Dans cette satire foutraque où règnent humour ultra-régressif, culture pop et démesure, c’est véritablement l’industrie cinématographique américaine, ainsi que le star-system qui l’alimente, que dénonce Ben Stiller, avec une cruauté satirique, certes incisive, mais d’une terrible justesse. La réussite de ce film tient à l’effet de mise en abîme (hin hin) que revendique le scénario, saisissant par son sens de l’auto-dérision étourdissant (40è degré sinon rien), une énergie débordante et un mode de fonctionnement totalement décomplexé. S’offrant en bonus des références de folie (et que ça se moque de « Platoon », de Russel Crowe, de « Apocalypse Now »…etc) et le luxe d’être servi par une flopée d’acteurs géniaux: Robert Downey Jr., une fois encore, hallucinant et génialissime, Ben Stiller, égal à lui même, ou encore Jack Black toujours très drôle, bien que sous-exploité à mon goût) et une ribambelle de guest-stars, qui s’en donnent tous à cœur joie, à la tête desquels on retrouve un Tom Cruise irrésistible et qui semble avoir retrouvé son sens de l’auto-dérision ! Ce film est drôle, féroce, désopilant, régressif, décalé et donc forcément jouissif !

The Visitor de Thomas McCarthy ***
Je vous invite fortement à découvrir « The Visitor », grand prix du festival du film américain de Deauville, qui aborde le thème sensible de l’immigration. On est touché par les sentiments, exprimés tout en pudeur et retenue, et par les rencontres aussi inattendues que décisives. On est révolté par les lois qui vous arrachent à vos proches en ignorant votre vie. Les acteurs sont justes et sans exagération, tout en subtilité et humilité. Du premier au dernier plan, tout est mis en scène pour ne pas flirter avec la complaisance. L’originalité du point de départ sert un propos qui amène à une réflexion sur ce que sont « les autres » au final. L’intelligence de la narration et la sobriété efficace de la mise en scène font vraiment réfléchir sur l’injustice que certaines personnes peuvent subir, le tout avec une délicatesse et une simplicité de ton très rares. Avec plusieurs niveaux de lecture (évolution personnelle du personnage principal, réflexion sur les aberrations de l’immigration mal gérée dans tant de pays, la musique comme source de renouveau et de projection), Mc Carthy réalise une petite perle du 7ème art. On ne peut qu’adhérer pour enfin adorer.

J’ai pas aimé

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W Quantum_of_Solace

Cliente de Josiane Balasko
Le sujet (l’escorting) avait de quoi plaire et quand on connait la manière de Balasko de savoir mettre les pieds dans le plat, l’attente n’en était que plus grande. Hélas, ici point de film sulfureux, ni engagé, drôle ou émouvant… On le sent dès le départ tant le film vient s’installer dans un faux rythme; les rares idées originales tombent désespérément à plat à chaque essai (les voix-off des différents personnages, par exemple). De plus, on assiste à une narration très morcelée, si bien qu’on a du mal à accrocher à l’histoire que ce soit par l’un ou l’autre personnage. Le scénario est lui aussi peu inspiré, l’ambiguïté des personnages est aussi insipide que sans envergure. Sans parler de la bande-son rap lourdingue qui n’a vraiment pas sa place ici ! Seules quelques scènes avec Josiane Balasko et Nathalie Baye apportent un petit peu de fraicheur et de générosité à l’ensemble mais ça ne suffit pas pour sauver ce film. Bref, l’exemple type du film qui aurait pu être intéressant sur le fond, mais tellement pauvre sur la forme qu’il en devient indigent sur les deux tableaux. Tout simplement raté.

La loi et l’ordre de Jon Avnet
Ce film voulait nous mettre de la poudre aux yeux en réunissant pour la 2è fois sur le même écran (3è si on compte « le Parrain ») De Niro et Pacino. Et bien force est de constater qu’il a échoué… et en beauté ! Dans « la loi et l’ordre », on assiste (pendant 2 longues heures qui semblent interminables) impuissant, au fruit de leur très attendue et décevante collaboration et l’on ne peut s’empêcher de constater le gâchis. Les personnages qu’ils jouent n’ont aucune profondeur et on voit qu’eux non plus n’y croient pas une seconde. Le scénario est d’une indigence rarement vue pour une production de cette envergure, la fin est prévisible au bout de dix minutes, on assiste alors à une succession de scènes fades en espérant une petite montée d’adrénaline de temps en temps mais rien! C’est ridicule, incohérent et pathétique. Du vrai foutage de gueule, à fuir absolument.

Coluche, l’histoire d’un mec d’Antoine de Caunes
Antoine de Caunes a décidé de ne traiter qu’un aspect de la vie de Coluche: sa candidature à l’élection présidentielle de 1981. Outre le fait qu’un vrai biopic sur l’ensemble de sa vie aurait peut-être été plus intéressant, De Caunes passe complètement à coté de son sujet. Seuls la bande-son et quelques clins d’oeil nostalgiques aux 80’s sont appréciables, mais en dehors de ça le film est creux comme une coquille de noix. On n’apprend rien de plus que ce qu’on savait déjà. Le film manque de rythme, on s’y ennuie sévèrement (encore plus que devant un téléfilm du lundi soir sur TF1). Les prestations des acteurs sont inintéressantes (celle de Demaison ne restera pas dans les mémoires, il ne fait qu’imiter Coluche sans jamais vraiment l’incarner), le film est molasson, scolaire et ne décolle jamais. A éviter.

Mes stars et moi de Laëtitia Colombani
Une comédie française mal jouée, pas drôle (avec des gags éculés et ridicules), hyper convenue et au final, complètement ratée et ennuyeuse (d’en parler ici est également le comble de l’ennui mais je voulais juste que vous évitiez de dépenser vos sous pour rien). Seules les quelques joutes verbales entre Deneuve et Béart arrivent à nous faire décrocher un sourire mais ça ne vaut pas le coup de se déplacer pour ça. Ce film rassemble tout ce qu’il y a de pire dans le cinéma français et c’est limite honteux de faire payer 10€ aux spectateurs pour un tel déchet. Un vrai navet à fuir à toutes jambes.

W. – L’improbable président d’Oliver Stone
J’ai vraiment été déçue par ce film car la bande-annonce m’avait bien emballée. La prestation et le mimétisme, pourtant impeccables, de Josh Brolin (que j’aime beaucoup, par ailleurs) n’ont pas suffit à m’emporter. Oliver Stone ne prend jamais réellement parti: où est passé le ton corrosif, le cynisme, la violence pamphlétaire de ses premiers films ? Dans ce « W. », la critique est gentillette, pas d’attaque frontale et pas mal d’angles arrondis. Oliver Stone présente George W. Bush comme un guignol, une marionnette ou plutôt un clown et au cas où on aurait pas compris, il y va avec ses gros sabots à grand renfort de musique de cirque… ridicule ! Durant tout le film il n’arrive pas à se décider sur l’image qu’il veut donner de Bush et il navigue alors entre plusieurs stéréotypes vus et revus dans les médias. On n’apprend pas grand chose, tout ça est déjà vu, déjà su. C’est juste un biopic de plus, tiède et sans grand intérêt. Dommage…

Quantum of Solace de Marc Forster
Je n’ai pas du tout aimé ce dernier James Bond. Le scénario est très conventionnel, bas de gamme et déjà-vu, les actrices sont des potiches écervelées inutiles (et pour ces messieurs, on ne voir aucun morceau de chair à l’écran, donc vraiment aucun intérêt…!). Amalric est très en dessous de ses performances habituelles et Daniel Craig n’est PAS James Bond (j’y peux rien, il ne m’avait déjà pas convaincue dans « Casino Royale » qui était pourtant un bien meilleur film que celui-ci mais je ne peux pas m’y faire, c’est physique, je ne l’aime pas, il n’a aucune subtilité, aucun charisme, aucun charme. Un vrai éléphant dans un magasin de porcelaine… beurk). En bref, tout le film peine à convaincre, il enchaîne les scènes d’action comme un Jason Bourne de basse facture (et pas comme un James Bond !). A oublier bien vite !

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