Review Ciné de Janvier

J’ai adoré

affiche_1Slumdog Millionaire de Danny Boyle ****
De retour sur nos écrans deux ans après l’excellent film de science-fiction « Sunshine », le très éclectique Danny Boyle est en excellente forme et il nous le fait savoir avec cet exceptionnel « Slumdog Millionaire », inspiré du roman de Vikas Swarup. La mise en scène de Danny Boyle est exceptionnelle, on y retrouve sa patte tout en se permettant de citer ouvertement des réalisateurs d’Inde du Sud. Certains lui reprochent un manque de sobriété. Moi, je crie au génie visuel ! Danny Boyle rend beau même les pires bidonvilles de Bombay (ou Mumbai), et apporte de l’esthétisme à chaque plan, même dans les scènes
les plus dures. La photographie est tout simplement sublime. La B.O est fantastique et déjà cultissime… quel plaisir de retrouver A.R. Rahman (accessoirement le meilleur compositeur indien !) qui signe là une des meilleures bande-originales de sa carrière. Sans oublier d’excellents comédiens qui parviennent à transmettre les émotions que le metteur en scène britannique souhaitait véhiculer.

Pour résumer, Danny Boyle réussit ici une rare et difficile combinaison au cinéma : une histoire populaire, un scénario construit intelligemment, une réalisation virtuose et originale, un environnement neuf et atypique (inutile de vous dire que j’ai furieusement envie d’aller en Inde maintenant !); le tout en symbiose avec une B.O excellente ! Bref, si « Slumdog Millionaire » est officiellement un film occidental, il reste profondément indien et ce n’est pas là la moindre prouesse
réalisée par Danny Boyle. Bravo !

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affiche_2Les Noces Rebelles de Sam Mendes ****
Onze ans après « Titanic », le réalisateur britannique Sam Mendes réunit Kate Winslet et Leonardo DiCaprio pour les marier dans une banlieue américaine, au milieu des années 50. « Les Noces rebelles » n’a de commun avec son illustre prédécesseur que d’être le récit d’un naufrage. La cruauté du scénario est aiguisée par l’aura romantique qui entoure aujourd’hui encore le couple de stars. Le terme de récit n’est d’ailleurs pas vraiment exact car même si le scénario suit (à quelques retours en arrière près) la chronologie de ce mariage, son découpage presque théâtral en séquences symptomatiques rapproche plutôt « les Noces rebelles » de la dissection. Sam Mendes avait déjà traversé l’océan pour filmer en banlieue, au temps de son premier film, « American Beauty », en 2000. Aujourd’hui, l’ironie presque satirique qui s’exerçait à l’encontre des personnages (Kevin Spacey en père de famille libidineux, Mena Souvari en Lolita…) a laissé place à un regard froid, à peine souligné d’un trait de désolation.

L’intrigue se déroule ici dans le Connecticut des années 50 mais ce n’est finalement qu’un détail tant ce film a une portée intemporelle et universelle. Si ces « Noces rebelles » font l’effet d’un coup de poignard dont il faut un temps certain pour se remettre, c’est autant pour son dénouement terriblement fort et magnifiquement cruel que pour les questionnements que ce film suscite et auxquels chacun a forcément été confronté, un jour ou l’autre. Le schisme potentiel entre ce que l’on est, ce que l’on voudrait devenir ou ce que l’on a rêvé de devenir. Les idéaux de jeunesse face à la réalité de la vie familiale. Le courage d’échapper à une vie médiocre, confortable et conformiste ou la facilité, la lâcheté même, de s’y conformer. La facilité de suivre une existence tracée ou le courage de se rebeller contre celle-ci.
Kate Winslet, par son jeu trouble et troublant, incarne à la perfection le personnage d’April: la complexité et la douleur de ses tourments, l’ambivalence de cette femme que le conformisme étouffe progressivement. Avec son air d’éternel adolescent maladroit, ne sachant prendre sa vie en mains, Leonardo DiCaprio, quant à lui, trouve là un excellent rôle et prouve une nouvelle fois l’étendue de son jeu. Bref, un film intemporel, universel, d’une force et d’une cruauté aussi redoutables qu’admirables, servi par deux comédiens exceptionnels et une réalisation virtuose. A voir de toute urgence !

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J’ai aimé

il_divo twilight louise_michel
yes_man walkyrie Le_bal_des_actrices

Il Divo de Paolo Sorrentino **
Voilà un film historico-politique terriblement noir, cynique et pessimiste. D’après un personnage parmi les plus influents et puissants de l’Italie d’après-guerre, Paolo Sorrentino décrit en fait les difficultés d’être au pouvoir. Le scénario est riche et particulièrement intelligent en évitant les écueils du genre (neutralité, objectivité, suppositions). La mise en scène est particulièrement inspirée avec des plans inventifs hors de tout académisme. Sur la forme, cette biographie non autorisée et mise en images – somptueuses – d’Andreotti mérite tous les éloges : un « prix du Jury » à Cannes en 2008 largement mérité (mise en scène sophistiquée, montage à l’unisson, soutien musical parfait…). Mais, en dépit du « glossaire » du début, les subtilités de la vie politique italienne sont assez difficiles à appréhender pour un français peu versé dans les arcanes de celle-ci : les intrigues qui se superposent et se développent, portées par la structure éclatée du récit, et qui font le fond du film, le chargent finalement un peu trop pour en faire une charge parfaitement efficace contre les déviances du pouvoir, à portée universelle (c’est-à-dire lisible sans connaissance fine du contexte). Reste un bon film baroque et un portrait d’un « Divo », qui éblouit par sa dramaturgie.

Twilight de Catherine Hardwicke **
J’avais déjà beaucoup aimé les films de Catherine Hardwicke « Thirteen » et « Lords of Dogtown » qui sont des films sur l’adolescence (que personne n’a taxé de films pour ados boutonneux). L’adolescence est un vaste sujet, souvent délicat à aborder par peur de tomber dans la guimauve ou les clichés de films romantiques/high school. Je n’ai pas été déçue par le travail de l’équipe pour le film « Twilight ». Bien que différent du livre, on retrouve avec grand plaisir l’atmosphère humide de l’état de Washington et la complicité entre les deux héros (pas autant que dans le livre, mais tout de même). Les photos et le traitement de l’image sont très bons, les acteurs sont vraiment bien choisis, la bande son est de qualité. Ce film se regarde avec plaisir, et bien qu’il dure plus de 2h, le temps passe très vite grâce à un savant mélange d’action et de romance. Bref, pour résumer, ce film est un bon divertissement, assez bien adapté du roman best-seller. Que demander de plus pour passer un bon moment au ciné, ou sous la couette avec un chocolat chaud quand le DVD sortira ?!

Louise Michel de Benoît Delépine et de Gustave Kervern **
Il y a des films qui ne prennent pas de risques côté humour rabattant ce qu’on a déjà pu voir. Et d’autres comme « Louise Michel » qui se permettent de rire de notre société capitaliste, de la mort, des tensions entre adultes – hommes/femmes. Le ton est donné dès les premières secondes et chacun va en prendre pour son grade. Tant d’audace et d’ingéniosité ne peuvent que être salués ! Réaliste et attachant, le film est servi par des acteurs investis et des seconds rôles hilarants. Certes, il y a quelques longueurs et par moment, on voudrait que le film avance plus vite, mais il est montré des personnages qui ne savent pas où ils vont et ni qui ils sont dans un monde en perpétuel changement. Et en dépit de tout, on se reconnaît en eux ! Totalement politiquement incorrect !

Yes Man de Peyton Reed **
Jim Carrey est de retour dans une… comédie ! Et une comédie plutôt réussie. C’est le prototype même du film calibré autour d’un acteur comique talentueux et une idée sympa assez originale. L’histoire est assez convenue, c’est assez cousu de fil blanc mais j’ai été touchée par la petite philosophie de comptoir du film (aide-toi, la vie fera le reste… c’est un peu ça finalement !). Loin d’être ridicule dans son rôle, Carrey campe très bien son personnage, il n’en fait pas des caisses comme dans certains films qui datent d’il y a quelques années et la sauce prend plutôt bien ! Zooey Deschanel, craquante et pimpante à souhait, nous embarque en un clin d’œil. Bref, un film agréable doté d’un bon petit scénario possédant des moments vraiment très drôles ! Très bon pour se changer les idées.

Walkyrie de Bryan Singer **
Je dois avouer que les premières minutes du film m’ont légèrement décontenancée ! Voir des allemands s’exprimer dans la langue de Shakespeare et interprétés par une brochette d’acteurs anglo-saxons, voila qui est pour le moins déconcertant ! Thank God, les acteurs sont plutôt bons et parviennent assez vite à faire disparaitre cette désagréable impression que quelque chose cloche ! Les acteurs sont justement le point fort de ce film: une pléiade de grands comédiens qui parviennent pour la plupart à se mettre en valeur et font un peu oublier les points faibles du film.
Les points forts tout d’abord. Le thème a l’avantage d’avoir été assez peu voire pas du tout traité par Hollywood. Pourtant le sujet est vraiment palpitant et méritait vraiment d’être traité au cinéma. La mise en scène, très sobre à mon goût, à l’image du jeu de Tom Cruise, a le mérite de ne pas parasiter le fond avec des effets grandiloquents sur la forme (et c’est tout à l’honneur de Singer dont on pouvait redouter un zèle superflu). Mais cette grande sobriété a une contre-partie, c’est l’impersonnalité. Et Cruise y est pour beaucoup. Son jeu minimaliste aurait pu être appréciable s’il n’avait pas tant ôté l’humanité de son personnage. Le Comte Von Stauffenberg est montré comme un héros certes, mais un peu trop inébranlable. Et cette « perfection » du personnage fait pencher le film du côté d’un manichéisme dont il aurait pu s’éloigner en soulignant un peu plus les ambitions personnelles des résistants putschistes. Mais bon, c’est Hollywood: il y aura toujours des gentils et des méchants ! En conclusion, si on passe sur certains écueils habituels des films américains, c’est un bon film qui, en plus de divertir à merveille, se permet de donner une petite leçon d’histoire. Preuve qu’il n’y a pas de plus grands héros que ceux qui ont réellement existé.

Le bal des actrices de Maïwenn **
Après avoir vu le premier film de Maïwenn, « Pardonnez-moi », qui repasse en ce moment sur le câble et que j’ai trouvé plutôt convainquant, j’étais vraiment très curieuse de voir « Le bal des actrices ». Maïwenn invente un style qui n’appartient qu’à elle, sur un ton de semi-documentaire et de semie-fiction; un vrai style nouveau, voire novateur qui donne à comprendre ce que l’on ne voit pas. C’est fort ! Autour d’une idée originale, une succession de portraits, entrecoupés d’interludes musicaux chorégraphiés, farfelus mais bienvenus, Maïwenn dresse un portrait sans complaisance du ciné français ! On se prend à imaginer ce que Maïwenn aurait fait d’Adjani, si cette dernière avait eu le courage d’accepter de jouer dans le film !
Un film créatif, qui mêle intelligence, originalité, sensibilité et drôlerie. Hors des sentiers battus !

Bof

Che Espions

Che-L’Argentin de Steven Soderbergh
Faire un film sur Che Guevara c’était d’abord se risquer à tomber dans la caricature ou la facilité, et malgré la longueur (pour ne pas dire la lenteur prononcée !) du propos servi par la très bonne performance de Benicio Del Toro on ne peut honnêtement que constater l’échec de Soderbergh ! Le portrait dressé de Guevara est empli de clichés, la jungle, l’uniforme, le béret sans oublier bien-sûr l’essentiel : le cigare ! A par ça ? Et bien pas grand chose, le réalisateur tombe dans la subjectivité la plus profonde, je ne me souviens pas avoir vu un film récent d’où ressorte si nettement un manichéisme tant prononcé, qui va jusqu’à tendre vers le ridicule. Déjà Guevara est en tout point idéalisé (on le voit à la comparaison latente et continue à la figure de Castro), mais en plus les scénaristes ont fait l’impasse sur tous les points bien moins glorieux de la vie du Che ! Dommage, ça aurait pu être intéressant…
En plus de ça, l’intrigue est très décousue et mal reliée, il manque cruellement au film le rythme fort qu’aurait mérité le traitement de ce sujet. Quel ennui ! Malgré la qualité de la photographie et des décors, les scènes de combat sont plutôt moyennes sauf la séquence de bataille finale assez bien réalisée et maîtrisée. Bref Soderbergh a réuni sur le plateau, et sans grande inventivité, tous les ingrédients nécessaires à la réalisation d’un film purement commercial destiné à un public déjà conquis par l’histoire de Guevara. Ses amateurs le porteront très probablement aux nues, mais les autres ne perdront rien à passer leur chemin et n’y survivront qu’en cas de crise d’insomnie ! Un film tellement ennuyeux qu’il ne m’a pas du tout donné envie de voir le second volet…

Espion(s) de Nicolas Saada
Un film des plus décevant, je m’attendais à nettement mieux. L’histoire du bagagiste voleur qui devient espion ne prend jamais… Le film est terriblement lent, il manque cruellement de rythme et les incohérences sont nombreuses. Le duo Canet-Pailhas ne fonctionne pas du tout, le récit est creux, la bande-son du film est assez mauvaise, surtout lors de la scène finale entre les deux acteurs principaux. La leçon du film sera donc: n’est pas cinéaste qui veut ! Et l’on peut avoir travaillé des années aux « Cahiers du cinéma », avoir étudié Lang ou Hitchcock à la loupe, sans pour autant leur arriver à l’orteil. Ce film ne restera pas dans les mémoires…

Pas du tout

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De l’autre côté du lit de Pascale Pouzadoux
Ce film est sans aucun doute THE bouse de ce début d’année. Il ressemble à peine à un téléfilm poussif estampillé TF1. La réalisation est en décalage total avec le sujet, le scénario est formaté au possible, cousu de clichés aussi débiles et insensés les uns que les autres, les dialogues sont stéréotypés et nullissimes… même les décors sont laids et mal choisis. Le pire dans tout ça ? Les comédiens, sans nul doute. Sophie Marceau surjoue tellement qu’on croirait qu’elle lit son script et Dany Boon, suddenly bankable, n’a aucune crédibilité tellement il parait fade et ridicule. Je me demande comment on ose même appeler ça un film. Bref, une très très très mauvaise comédie sans originalité. Beurk.

Sept Vies de Gabriele Muccino
Malgré quelques facilités scénaristiques, j’avais été extrêmement touchée par la précédente collaboration entre Will Smith et Gabriele Muccino dans « A la recherche du bonheur ». Aujourd’hui, ils reviennent avec « Sept vies », un mélodrame où le réalisateur manque tellement de subtilité que l’on comprend de quoi il retourne dès les trente premières minutes. Devant ce scénario prévisible au possible et lacrymal à souhait, le réalisateur aurait du avoir pour objectif de ne pas en rajouter et de se concentrer sur le jeu des acteurs ou sur certains points de l’histoire. Il y arrive parfois: son traitement de la romance entre Will Smith et la fille malade du cœur est assez réussi, intime et sensible. D’autres fois, il est limite: la réparation de la presse en écho à la réparation du cœur est bien trouvée, touchante, même si on flirte avec la limite du « too much ». Malheureusement, la plupart du temps, Gabriele Muccino en fait trop et nous noie dans la guimauve et le bon sentiment. Le didactisme bête est poussé à son comble en fin de film, quand on nous explique longuement qu’en fait, il y a eu sept morts dans l’accident, au cas où on ne l’aurait pas encore compris… ben voyons ! Bref, dommage, car il aurait été possible de faire bien mieux.

Et après de Gilles Bourdos
Adapté du roman de Guillaume Musso et porté à l’écran par Gilles Bourdos, « Et Après » est un échec total. Evidemment, avec un film adapté d’un roman de gare, on ne pouvait pas s’attendre à un chef d’oeuvre ! Mais tout de même ! Les plans sont longs à mourir (sans mauvais jeu de mots), on rame pour ne pas s’endormir et Duris (que j’apprécie, par ailleurs) ne semble pas avoir une once d’émotion dans son jeu. Lent, paresseux, prétentieux et malheureusement terriblement prévisible, rien n’est à sauver dans ce mélodrame incroyablement cul-cul. Baignant dans une tristesse naïve, le film sidère par la pauvreté de ses dialogues. Rajoutons à cela un Romain Duris qui en fait des tonnes pour paraitre concerné et une Evangeline Lily quasi-figurante, et on obtient un ratage complet. On aimerait défendre les quelques belles images mais elles sont pour la plupart noyées dans un sentimentalisme insupportable. Et ce n’est pas le rebondissement final, tellement gros qu’on le voit venir à des kilomètres, qui sauvera « Et Après » du naufrage…

Un homme et son chien de Francis Huster
Les adieux de Belmondo au cinéma français ne pouvaient pas être plus ratés ! Autant pour le public
cinéphile que pour les fans de cet acteur mythique des années 60 et 70… « Un homme et son chien » est un mélodrame absolument niais, rempli de clichés plus gros et ridicules les uns que les autres. Tous les acteurs sont d’une platitude extrême. Même Belmondo est mauvais. On dirait qu’il n’est là que pour faire ses adieux, dans un festival de paillettes façon téléfilm barbant et rasoir, désamorcé par un scénario minable et sans aucun intérêt, ni fond. C’est aussi cul-cul la praline qu’un épisode de « Julie Lescaut ». Il n’y a rien à en retirer, tout est lourd, ridicule et risible de niaiserie. Un triste spectacle.

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