Review Ciné de Février

J’ai adoré

afficheL’étrange histoire de Benjamin Button de David Fincher ****
Ce film est une œuvre rare, une de celles qui nous font comprendre et réaliser pourquoi et à quel point on aime le 7ème art. A la croisée de « Forrest Gump » et de « Titanic », David Fincher (excellent, une fois de plus) nous compte une histoire d’amour impossible entre deux êtres qui vont vivre leur vie de façon diamétralement opposée en prenant pour
base une nouvelle de Fitzgerald. Le scénario est bon et solide, la mise en scène de qualité, le montage est classique mais tient la route, la photo est sobre mais très poétique (comme le film), et le film ne bascule jamais dans la mièvrerie, la niaiserie ou la morale. Sa philosophie m’a plu, plusieurs scènes m’ont marquées (dont la scène de la guerre sur le bateau, celle de l’accident avec le taxi…); on redécouvre le XXe siècle, sa musique (jazz des années 30,
les Beatles, les années 80) et ses événements tragiques qui ont marqué à jamais l’histoire de l’humanité (Seconde guerre mondiale, cyclone Katrina…). Brad Pitt et Cate Blanchett sont sublimes et donnent au film une intensité dramatique qui va crescendo tout le long. J’ai beaucoup aimé « Slumbdog Millionaire » mais « Benjamin Button » méritait plus que 3 oscars, quand même !

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2

afficheGran Torino de Clint Eastwood ****
Dans ce film, on reconnait la patte Eastwood de bout en bout. La réalisation est magnifique, les plans sont splendides, ainsi que la photo avec ses effets de clair obscur qu’il maitrise à la perfection (on le voit déjà sur l’affiche). Les thèmes abordés sont également ceux qui lui sont chers : les douleurs anciennes et cachées, la vengeance, la rédemption… Parfait dans son rôle de vieux bougon politiquement incorrect, il se joue aussi du spectateur (comment ne pas voir le clin d’œil qu’il fait à son personnage crépusculaire de « l’Homme des hautes plaines » quand il demande à se faire tailler la barbe ? et que dire du « règlement de compte » final, sorte de miroir déformé de celui qui termine « Impitoyable » ?). Mélange d’humour et d’émotion, la première partie du film présente un Clint Eastwood ultra-caricatural qui en fait des tonnes dans l’incarnation de l’américain facho type qui a connu l’horreur de la guerre, son jeu délicieusement ironique est un régal, tout comme les gros traits d’humour et les blagues potaches qui traversent l’ensemble de l’œuvre, avant que le film ne prenne un virage
à 180 degrés. En deux plans, Clint Eastwood nous bouleverse et touche au sublime. Cette simplicité première est alors renversée par une subtile réflexion sur la famille et l’amitié. « Gran Torino », sorti peu de temps après le sublime « L’échange » nous hante longtemps après la projection alors qu’à première vue rien ne laissait présager un tel bouleversement. C’est ça la marque d’un grand cinéma. Un film simple, dépouillé, qui cache des trésors d’intelligence et de subtilités. Une œuvre complexe qui confirme que Clint Eastwood est l’un des plus grands cinéastes de notre époque. Chapeau bas !

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J’ai aimé

volt Ce_que_penses_les_hommes the_wrestler le_code_a_chang_
au_diable_staline Boy_A

Volt, Star malgré lui ***
On a cru perdre Disney un instant, dans les méandres affligeantes de « Chicken little » et autres « The Wild ». Heureusement, à la tête de la production ici, John Lasseter, qui semble donner du mordant à une entreprise qui, à priori, avait tout du Disney moderne: histoire rabâchée sur le droit à la différence, discours sur la tolérance et la famille sur fond d’hystérie visuelle pas belle du tout… et pourtant, « Volt » tire son épingle du jeu ! Il y a une patte Pixar derrière tout cela, et ça se sent: finesse du scénario, subtil traitement des valeurs morales, travail sur l’expression humaine des animaux, critique acerbe du pouvoir hollywoodien, mise en scène douce et virtuose à la fois, suivant les séquences et, pardessus tout, une réelle émotion qui se dégage de ce chien pas comme les autres. Doté d’une ribambelle de personnages hilarants (le hamster geek et les pigeons en bande sont
particulièrement savoureux) et attachants (Volt et Mitaine), cette aventure visuellement merveilleuse a de quoi ravir sans peine les grands et les petits, avec cette alchimie propre à Pixar, de mêler émotion et gags pour tous les âges, à un sous-texte dense. Comment ne pas rire dans cette grandiose fin pleine d’ironie où les studios hollywoodiens prennent feu? La mise en abyme du cinéma à gros budget, qu’il égratigne violemment dans certaines séquences déjà cultes et le parallèle sur le film dans le film et le monde du cinéma qu’il dépeint, prennent réellement vie à l’écran, à partir d’images qui moquent sans rougir les aberrantes injustices qui régissent Hollywood, et les baratineurs mercantiles continuant à détruire l’image artistique américaine. Esthétiquement, rien à reprocher au film, dont les couleurs et les mouvements de caméra impressionnent, en particulier dans les
séquences propices à la 3D (la scène d’ouverture est un moment anthologique). Certes le schéma est classique, très Disneyien pour rester accessible aux plus jeunes, mais le film vaut vraiment la peine !

Ce que pensent les hommes de Ken Kwapis ***
C’est rythmé, bien écrit, subtil sans être grave, mièvre sans être écœurant et l’alchimie s’opère tout du long. Certes, quelques-uns pourront être désappointés de voir le film osciller entre l’étude de mœurs et la comédie gentiment guimauve sauce Hugh Grant (c’est pas péjoratif, je l’adore roooh). Cependant, ce qui pourrait-être perçu comme une hésitation peut tout aussi bien se ressentir comme un subtil numéro d’équilibriste où l’ensemble des protagonistes savent donner le meilleur de chacune des situations (un peu comme dans la vie, enfin c’est ce qu’on essaie de faire). Bref, peut-être que certains d’entre vous trouveront ce spectacle mièvre ou étrangement calibré par rapport aux autres comédies du genre… Pourtant ces deux critères qu’on présente comme des faiblesses sont aussi les deux grandes forces d’un spectacle qui sait avant tout se faire honnête, efficace et rafraichissant; trois qualités qui aujourd’hui se font suffisamment rare dans un même film pour qu’on daigne au moins s’y risquer ! Bref, une gentille comédie romantique chorale qui certes n’invente rien mais fait passer un très agréable moment.

The Wrestler de Darren Aronofsky ***
On connaissait le metteur en scène tape-à-l’oeil de « The Fountain » et le virtuose de « Pi » et « Requiem for a Dream ». Cette fois-ci, Aronofsky range les effets au placard et signe son film le plus sobre et le plus juste, mais aussi le plus émouvant. En mettant de côté ses envies de prouesses techniques, la mise en scène d’Aronofsky, d’une précision inouïe, sert son propos et ces thèmes de la chute et de la rédemption, avec intensité et brio. Mickey Rourke « The Ram » nous emporte dans son chemin de croix avec une justesse rare, qui fait forcément écho à sa propre existence. Laissé pour compte, gâchis, amertume, lueur d’espoir, combat, souffrance, tout y est. D’un dépouillement total, la
réalisation est en osmose avec la narration, et les seconds rôles (dont l’excellente Marisa Tomei) participent à ce très bon moment de cinéma. A voir !

Le code a changé de Danièle Thompson **
« Le code a changé » est une comédie plaisante, sans prétention et qui nous permet de passer un agréable moment. Dans ce film, le duo (mère/fils) Danièle/Christopher Thompson persiste et signe dans ce qu’il sait faire de mieux: des dialogues bien écrits et rythmés, un sens aigu de l’observation, le tout saupoudré de touches d’émotion et de gravité. Le résultat ? Une énième comédie chorale où comme dans « Fauteuils d’orchestre », l’univers chic et bobo parisien s’effrite sous l’œil avisé de la caméra. Doté d’un casting VIP (Karin Viard, Dany Boon, Marina Foïs, Patrick Bruel, Emmanuelle Seigner, Christopher Thompson, Marina Hands, Patrick Chesnais, Laurent Stocker & Pierre Arditi), on déguste avec eux un repas de fête qui sans qu’ils s’en rendent compte, va vite les changer (derrière
l’hypocrisie et les mensonges de chacun). Un film sympa à voir une fois.

Au diable Staline, vive les mariés ! de Horatiu Malaele et Vlad Paunescu ***
Le 5 Mars 1953, Staline disparaissait, laissant certes derrière lui un héritage politique et culturel irréprochable (mouahahah) mais semant malheureusement aussi la zizanie dans un petit village Roumain, la faute à un deuil national obligatoire qui ne permettra pas à deux jeunes mariés de fêter dignement leur alliance. « Au diable Staline, vive les mariés » relate donc ce fait divers fictif de façon débridée, maniant avec brio l’autodérision et quelques pointes russophobes. On vit l’histoire du côté des villageois de l’Etat satellite, une joyeuse troupe d’énergumènes, et on rit des clichés aujourd’hui encore en vogue à l’égard des PECO et de leurs chers paysans: répugnants, misogynes, auteurs d’actes en-dessous de la ceinture discutables, archaïques, ils sont gros et sentent mauvais, transpirants, bagarreurs, primaires, j’en passe et des meilleures…! A côté de cela, on voit le Parti et ses cadres, ridiculisés par les locaux et les vrais, les purs, les durs (les Russes quoi !), d’affreux fanatiques sanguinaires qui pillent, violent et tuent sans remords ! Bref, comme vous l’aurez compris, « Au diable Staline, vive les mariés ! » ne brille pas toujours par sa finesse. Très bruyant dans sa première partie, il fait un peu penser aux comédies italiennes des années 50 ou à certains films de Kusturica. Puis, sans baisser le pied en matière de rythme, il se calme un peu au niveau sonore et gagne en intensité (la scène du repas est culte !). Une suite de bonnes idées caractérise donc ce film qui ne manque pas d’imagination et parvient à ne jamais s’essouffler !

Boy A de John Crowley ***
« Boy A » aborde un sujet difficile (la réinsertion sociale de très jeunes assassins à leur sortie de prison) traité sans pathos mais avec sensibilité. Ce film dénonce une situation propre au Royaume-Uni où les photos d’anciens condamnés libérés circulent dans la presse trash,
empêchant ainsi tout anonymat et toute rédemption. Remarquable interprétation d’Andrew Garfield (fragile comme un jeune oiseau au bord du nid avant de prendre son envol) et de Peter Mullan (en assistant social qui réussit mieux avec son protégé qu’avec son propre fils) filmés en plan serré pour mieux comprendre et vivre leur situation. Beaucoup de scènes très émouvantes dont celle de l’ouverture de la boite à chaussures ou l’image de fin. A voir parce que malgré la gravité du sujet, ce film est plein de tolérance et d’espoir.

Bof

vendredi_13 Bellamy

Vendredi 13 de Marcus Nispel
Auteur du remake de « Massacre à la Tronçonneuse », Marcus Nispel récidive ici avec une relecture du « Vendredi 13 » de Sean S. Cunningham, sorti 29 ans plus tôt. Hélas, son film n’est pas à la hauteur des espérances, et on assiste à un jeu de massacres entre Jason, le tueur au masque de hockey et une troupe d’ados tous aussi cons les uns que les autres. On ne peut même pas retirer une once d’originalité du côté des meurtres, même s’il faut reconnaitre que certains font sourire (au mieux). Ca faisait un peu bâclé quand même ! Et puis, depuis quand il court Jason ?! En remakant les 3 premiers « Vendredi 13 », ils sont un peu passés à côté de l’essentiel et c’est dommage. Seule l’atmosphère obscure et brumeuse du Camp Crystal Lake sauve le film du naufrage total. Une vraie déception, vu le potentiel du film.

Bellamy de Claude Chabrol
Pour la première fois de leurs carrières respectives Chabrol et Depardieu se croisent sur grand écran. Pour ses cinquante ans de métier, le metteur en scène nous offre un film assez moyen. La mise en scène est très vieillotte et mollassonne, ça fait penser à un bon vieux « Maigret », plutôt lent et très pépère. L’histoire est somme toute assez banale et l’intrigue policière assez simple mais, comme souvent chez Chabrol, on retrouve son lot de bons mots et de dialogues savoureux. Depardieu s’en
sort très bien, je trouve que le personnage lui va bien. Jacques Gamblin est très ambigu dans un rôle à plusieurs visages, mais encore une fois excellent. Clovis Cornillac joue, comme bien souvent, une
brute épaisse mais il est plutôt convaincant. Mention spéciale pour Marie Bunel dans un rôle tout en nuances et en douceur. En résumé, pas le meilleur Chabrol, avec un film sans rythme, une mise en scène minimaliste et des personnages bien troussés qui prennent vie et intérêt grâce à une très belle distribution. Un peu trop classique et fatigué.

J’ai pas aimé

LOL ricky meilleures_ennemies

LOL de Lisa Azuelos
Je vais surement me mettre à dos toute la blogospère féminine qui a plus ou moins encensé ce film à
sa sortie mais je n’ai pas aimé « LOL ». Parce que ce film ne m’a pas parlé, qu’il représente une certaine jeunesse « dorée » parisienne (enfin moi, j’étais en prépa à Janson de Sailly dans le 16è et les jeunes de
« LOL » c’est du pipi de chat à côté !) et que je refuse d’imaginer que toute la jeunesse ressemble à ça (et heureusement). Sérieusement, vous en connaissez beaucoup, vous, des ados qui dorment toutes les nuits avec leur copain/copine ? Qui lisent le journal de papa devant leur croissant ? Qui vont en boite à 1h du matin en semaine ? Ici, les jeunes sont tous de mauvais élèves, fument des joints, boivent, couchent et font tous la teuf chez eux, après avoir drogué la grand-mère un peu trop gênante. Pitié… ! Ce film, on n’y croit pas un seul instant. Le pire ? Dans cette foule de jeunes coiffés au gel DOP fixation extrême, il y a l’héroïne, tête à claque balançant des phrases « philosophiques » sans queue ni tête qui pense sérieusement avoir de vrais problèmes à 17 ans ! Non mais je rêve ?! Quand je vois ce film, je me dis que je n’ai jamais été ado et que j’ai du directement passer
de l’enfance à l’âge adulte sans m’arrêter sur cette case égocentrique et ridicule. Et tant pis si ça fait de moi quelqu’un de blasé et de cynique ! Non, mais c’est vrai, les petits bourges du 16è qui se font
leur rébellion à coups de coït dans les chiottes, de « wow chui bourrée, j’ai bu un Panach, hihihi mdr kikoo lol ! » et de pétards ou de « wow j’aligne 3 accords de guitare et je me transforme en BB Brunes »… ça me fait à la fois hurler de rire et me donne envie de coller des tartes ! C’est quoi cette génération d’incultes  et de moutons stéréotypés incapables de penser par eux-mêmes ? La réalisatrice, loin de décrire l’adolescence dans sa diversité, la caricature monstrueusement…
Affligeant, vide, mal joué, débilitant… Je ne comprends absolument pas le ramassis de critiques positives que j’ai pu lire un peu partout sur le net. On a bien vu le même film ?

Ricky de François Ozon
Le dernier film de François Ozon est une œuvre qui défie les lois élémentaires de l’analyse. Un film fantastique ? Une fable sociale ? Un drame humaniste à visée poétique ? Un thriller métaphysique ? Ou une pochade, une pitrerie, un attrape-nigaud ? A vrai dire, les mots me manquent pour décrire ce reportage animalier (avec comme star un humain avec des ailes de poulet… manque juste la sauce nuggets). Ironie mise à part, les prestations d’Alexandra Lamy et Sergi Lopez ne réussissent pas à faire oublier l’absence de scénario (crédible). Même le moment clé du film (qui aurait mérité de ne pas être divulgué dans la BA pour garder un minimum d’intérêt pour le spectateur….) est traité d’une façon extrêmement simpliste. Tout dans ce film sonne faux, la plupart des scènes donnent une tonalité ridicule et pathétique à l’ensemble, entre métaphores ratées et plans totalement bidons et
inutiles (voire risibles : la scène où Alexandra Lamy mesure les ailes de poulet au supermarché ou quand Ricky s’envole au rayon jambon Herta… lamentable). Au final, les personnages n’ont aucune profondeur et laissent vraiment indifférents, même Ricky. A zapper !

Meilleures ennemies de Gary Winick
Je savais de quoi parlait ce film mais je m’attendais au moins à un film drôle avec des vacheries à la hauteur d’un scénario malin… Et bien, c’est raté ! Ce film est un ramassis de clichés, avec des gags pas drôles, des dialogues nuls et j’en passe. Encore un film de filles hystériques sur le mariage qui laisse penser que nous les femmes, pauvres brebis pathétiques à qui le féminisme n’a pas profité, nous n’aspirons toutes qu’à la même et unique chose (le but ultime en fait): se marier et avoir des enfants ! Visiblement, Hollywood semble penser que toutes les femmes sont des hystériques pour qui le tandem mariage/bébé est indispensable à l’épanouissement ! Merci pour les clichés !

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