Review Ciné de Décembre

J’ai adoré

afficheMadagascar 2 ****
C’est de très loin le film que j’ai préféré en décembre ! J’avais aimé le premier film, même si ce n’est pas le plus réussi des studios Dreamworks à mon goût, mais il m’a particulièrement marquée grâce à une scène cultissime que je me repasse en boucle depuis. Laquelle ? Réponse unanime et évidente: « I LIKE TO MOVE IT MOVE IT! YOU LIKE TO MOVE IT MOVE IT! ». C’est presque devenu un hymne ! Cette chanson a été l’un des points les plus marquants du premier « Madagascar » (pour moi, en tout cas), et est devenue le point de repère idéal pour le spectateur. Bingo, dès les toutes premières secondes de « Madagascar 2 », on entend résonner le rythme familier, puis on voit surgir Alex (le lion) sur l’air de « I like to move it » ! De quoi ne pas être dépaysé et de rentrer tout de suite dans le mouvement !

Sinon, une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé cette suite supérieure à son original. Visuellement déjà, le film est plus réussi que le premier; mais surtout le scénario est bien plus drôle, j’ai quasiment ri en permanence ! Une cascade de gags tous plus drôles les uns que les autres alterne avec une foule de références et de clins d’œil au second degré. J’adore ! Les pingouins comme dans le premier épisode sont vraiment hilarants, mais cette fois-ci c’est un cran au-dessus, chacune de leur apparition et de leurs dialogues sont à mourir de rire ! Bref un divertissement à voir absolument (si on a pas vu le premier c’pas grave) pour bien se marrer, seul ou en famille. Bonne humeur garantie.

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J’ai aimé

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Pour elle de Fred Cavayé ***
Je dois l’avouer, je m’attendais à un film assez moyen, vu le casting et le pitch. Mais « Pour elle » s’est révélé un thriller français (si, si, je vous jure) d’excellente facture. Je ne pensais pas dire ça un jour mais Vincent Lindon est… crédible (!) dans un rôle à mi-chemin entre Michael Scofield et Andy Dufresne ! « Pour elle » est un film aussi noir que merveilleusement maîtrisé, à tous les niveaux – Vincent Lindon est d’une profondeur et d’une justesse infinie, la réalisation nous offre des scènes fortes avec une image impeccable, aussi bien dans son grain que dans le jeu de la caméra.
Diane Krüger nous présente une descente aux enfers dramatiquement réaliste, suivie par un retour à la vie bouleversant. Une mention spéciale pour les parents du personnage de Lindon, personnages secondaires mais qui participent à l’émotion intense du film – tout comme la musique qui accompagne parfaitement les différentes scènes. Vraiment, pour un premier film, c’est difficile d’imaginer trouver une telle maîtrise à chaque niveau, qui fait que ce film prend toute son ampleur dans une salle obscure plutôt que sur un écran de télé. Chapeau bas !

Caos Calmo d’Antonello Grimaldi **
Ce film raconte l’histoire d’un homme qui sauve une femme de la noyade pendant que sa femme se tue dans sa maison de bord de mer… Veuf avec une fille, il va faire son deuil en accompagnant sa fille à l’école et en restant toute la journée dans le petit parc devant l’école de sa fille. Sa vie change, il a du mal à exprimer sa tristesse, il découvre la vie de ce petit parc… et se détache de son travail : il ressent un chaos calme, un chaos interne. Sous forme d’épître sur le deuil et sa souffrance, ce film très personnel nous conte le cheminement d’un homme traumatisé par le décès de sa femme, qui va se créer un univers de complicité avec sa fille, détaché des vaines ambitions sociales et professionnelles. Il fallait toute la subtilité du réalisateur Antonello Grimaldi et de son interprète principal Nanni Moretti (excellent une fois de plus), pour nous toucher et nous émouvoir avec des moyens et un scénario aussi minimalistes. Remarquablement interprété par tous les acteurs, ce film montre la
difficulté du deuil, mais aussi la futilité de nos querelles, avec humour et tendresse. Un très bon film.

Largo Winch de Jérôme Salle **
Enfin un film qui ne prend pas les spectateurs pour des crétins; où l’on enfonce pas le clou bien profond pour lui faire comprendre ce qu’on a envie qu’il comprenne. Les gentils ne sont pas toujours très sympathiques, les méchants ne sont pas toujours complètement pourris: bienvenue dans le monde de la demie-mesure ! Youpi ! Je n’ai jamais lu la BD, et ce n’est pas ce qui compte ici: le film est bien ficelé, la réalisation se veut soignée et efficace, même si elle se laisse trop aller aux faiblesses propres aux blockbusters US (bougeotte lors des scènes d’action, musique pompière), le film se veut
également très séducteur visuellement, et le choix de Tomer Sisley s’avère au final très convainquant. L’intrigue est rythmée, finement menée, la photo est magnifique (ça donne envie de visiter Hong-Kong!) et la relation père-fils induite entre les personnages de Largo et Nério ne manque pas de se distinguer positivement. On regretterait presque un excès de caricature dans les personnages secondaires (même si le personnage de Gauthier est quand même assez délectable, nous rappelant à bien des égards l’Alfred de « Batman »… tiens, d’ailleurs, suis-je la seule à avoir ressenti l’influence marquante de « Batman Begins » sur la façon d’aborder cette adaptation de « Largo Winch »?). A voir.

Les Plages d’Agnès d’Agnès Varda **
Les plages en question sont bien montrées, celles de Sète ou de Belgique, mais elles s’envisagent surtout au sens figuré… Les jeux de miroir et autres dispositifs, imaginés par Varda, en place sur le sable suggèrent que la chronologie importe moins que le souvenir et sa sensation, le sentiment qui l’accompagne, ses plis et replis et la vie qui va avec. Il s’agit de 80 berges, plus ou moins. Celles sur lesquelles la cinéaste s’invite avec nous nous font entrevoir un continent (son ciné, le ciné). Au long d’un cursus où se croisent moult personnalités, artistes divers, comédiens, réalisateurs, etc., avec lesquelles elle a été amenée à travailler, à tourner, à aimer, on revient sur ses pas, on évoque ses expériences, ses rencontres, avec elle, guidée par elle. Fourrageant dans son passé, ses souvenirs revenus en blocs épars se fondent dans le présent, jusqu’aux plus émouvants (Demy, sa famille, ses amis les plus chers). Débusqués dans les coins et recoins d’une mémoire vaillante, tous ces moments sont passés sur pellicule. Une fois le film terminé, il ne l’est pas tout à fait. Que dit Varda en guise de fin ? Un truc quasi Bergsonien, philosophique pour ainsi dire. Le souvenir se mêle à la sensation. Aussi, une fois qu’un événement a eu lieu il n’est jamais figé dans la mémoire. On fêtera son anniversaire. 80 balais. Mais ça ne se limite pas à ça. La vie continue. Avec Varda elle est passionnante, tout le temps en mouvement !

Moyen

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Burn After Reading de Joel et Ethan Coen
Troisième et dernier épisode de la trilogie que Joel et Ethan Coen appellent « La trilogie des idiots », composé de « O’Brother », « Intolérable Cruauté » et « Burn After Reading ». Autant le dire: ce film passe mieux en gardant en tête que ce n’est qu’un « petit film », un cru mineur des Coen Brothers (à ne surtout pas comparer avec leur chef d’oeuvre « No country for old men » sorti en janvier dernier)… C’est donc un film moyen où les acteurs sont bons (Brad Pitt est juste culte dans son rôle d’abruti certain d’avoir en sa possession quelque chose de crucial pour le gouvernement américain) et la mise en scène parfaite, mais où le scénario laisse à désirer. L’histoire ne débute jamais vraiment et les dialogues ne semblent jamais réellement terminés quand on passe d’une scène à l’autre… Un film à voir pour son casting, pour la prestation hilarante de Brad Pitt et pour les dix dernières minutes, avec le génial dialogue de fin entre J.K. Simmons et David Rasche.

Le bon, la brute et le cinglé de Kim Jee-Woon
Inspiré du chef d’œuvre de Leone (jusqu’au recopiage exact de certains plans du fameux duel à trois final), « le Bon, la Brute et le Cinglé » est surtout un film « excessif », donc à la fois réjouissant et épuisant. Réjouissant parce que, en digne successeur des grands films de sabres des années 70, il se résume à une anthologie du mouvement, une célébration de la beauté de l’énergie, nous laissant en permanence émerveillés par la grâce de ces corps qui volent et tombent, et par l’imagination apparemment intarissable de ces auteurs en matière de représentation d’affrontements et de combats. Epuisant parce que, même si l’on admet qu’on est ici plus dans le domaine du cartoon que du cinéma traditionnel, plus de deux heures de course poursuite peuvent lasser. Dommage aussi que les trois personnages qui donnent leurs noms au film ne soient pas tous très réussis, en particulier le « Bon » qui manque cruellement de charisme. Mais la scène de poursuite finale mérite presque à elle seule le déplacement, et finalement malgré ses faiblesses, ce film est une vraie curiosité ! A voir pour cette raison.

Eagle Eye de D.J. Caruso
Après « Paranoïak », sa version high-tech de « Fenêtre sur cour », D.J. Caruso retourne dans le sillon du film américain survitaminé et signe un thriller parano dont la cible est… l’Amérique (on ne change pas une recette qui marche). Les effets spéciaux s’enchaînent à une vitesse affolante, filmés dans des courses-poursuites à vous étouffer au pop-corn sur fond de lutte contre le terrorisme, mais cette fois bien loin du reportage filmé à la Ridley Scott. Malgré ses nombreux clins-d’oeil à « Matrix », notamment dans la mise en place d’un programme technologique qui contrôle l’humain et le manipule (et dans pas mal de scènes, soyons clairs), le film ne parvient jamais vraiment à convaincre dans son sujet, manque de finesse et de calme. La deuxième partie, cafouillage de machines high-tech, accentue le malaise de la manipulation des citoyens, et même s’il cherche vainement à propagander contre l’existence de ces systèmes de surveillance qui violent notre intimité (il y a scandale, effectivement, bouh bouh bouh), la bouillie est moyennement plaisante ; la grande machine improbable qui se dérègle et pète un cable face aux Etats-Unis n’est pas crédible.
Les rebondissements s’empilent avec efficacité mais la toute-puissance d’une matrice du réel handicape le réalisme du filmage précédent. Ainsi l’esthétique est cassée en deux dans une fin qui s’attarde sur le pouvoir technologique, sorte de chapitre quasi-S.F. Que le film martèle son propos et qu’il rentre dans l’excès pour arriver à ses fins n’est pas un défaut en soi, mais il contraste tellement avec l’attitude précédente du film que l’on croit voir deux segments, privés de liens entre eux. Autant la manipulation du début est haletante, frénétique quoique très fantasque et excessive parfois, autant le secret inavouable des dirigeants prend une allure de paranoïa mondiale dont les excès ne sont, justement, pas toujours maîtrisés. Dommage.

Four Christmases de Seth Gordon
Les scénaristes de « Four Christmases » ont eu une idée intéressante : critiquer la famille traditionnelle aux bonnes mœurs pour mieux la mettre en avant. Un couple qui a décidé de passer les vacances de Noël aux îles Fidji vont devoir chambouler leurs plans pour les passer en familleS. Tous les protagonistes ont une tare (à la limite du caricatural), de la mère ex-salope qui sort avec un pasteur, en passant par la sœur bimbo et le frère catcheur, tout le monde en prend pour son grade. Désopilant autant que mal tourné, le film avait une histoire en béton, mais le résultat est très très en dessous des attentes. La réalisation est maladroite, les acteurs mal dirigés, et parfois malgré un bon départ, le tout sent le réchauffé. Le tout est prévisible et conventionnel, certains passages manquent de cohérence, on aimerait que le tout soit plus méchant, plus amer. Entreprenant sans aller au bout des choses, « Four Christmases » (en français, affublé du titre « Tout… sauf en famille »… beurk) aurait mérité un coup de fouet de plus.

Pas du tout

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Le jour où la terre s’arrêta de Scott Derrickson
Remake du classique de SF de Robert Wise , cette version 2008 ne part pas avec tout les bons points en sa faveur: produit par la Fox, à priori pas grand-chose à apporter à l’original et l’impression d’un remake torché pour encaisser un maximum de $. Le résultat est donc sans surprise… mauvais ! Certes, il y eu pire cette année c’est certain, mais ça reste du cinéma sans véritable ambition, si ce n’est balancer des logos de pub et faire un petit coup commercial. Lescénario est mal écrit, les péripéties sont molles et mal amenées, les enjeux sont clichés dans leur approche, platement dictés, lespersonnages le sont tout aussi… il y a juste un sous-texte écolo opportuniste et pas convainquant. Mièvrerie et niaiserie dominent l’ensemble. Du coté des acteurs ce n’est guère mieux: Keanu Reeves est incroyablement inexpressif et son jeu grotesque au point de rendre chacune de ses répliques amusantes et Jennifer Connely est très fade et sans aucune profondeur. A la réalisation, Scott Derrickson torche le tout platement sans grande idée, sa mise en scène est la plupart du temps à coté de la plaque (la scène de l’arrivée de la Police chez Jennifer Connely ressemble au début de « Scream ») et rend ridicules pas mal de scènes. De temps en temps quelques plans ou mouvements bien trouvés mais pas de quoi relever le niveau général. Les effets spéciaux sont corrects mais peu présents et pour la plupart vus dans la bande-annonce. Bref un remake inutile, un film qui ne sert pas à grand-chose… même pas détestable car tellement innofensif.

The Spirit de Franck Miller
Oh mais quelle belle création graphique ! Quelle merveilleuse composition des plans ! Que de trouvailles visuelles ! C’est ce qu’on se dit pendant les deux premières minutes de ce « Spirit » durant
lesquelles on se rappelle avec émoi que Frank Miller avait justement été aux commandes du succulent « Sin City » (que j’avais beaucoup aimé)… Et puis, deux minutes plus tard, on se rappelle que « Sin City » avait aussi eu à ses commandes Robert Rodriguez et que – visiblement – c’est de lui que provenait tout le talent ! Mal construit et inintéressant au possible, « The Spirit » n’a rien à dire et il s’efforce de cacher sa vacuité derrière les formes d’Eva Mendes et autres effets visuels. Franck Miller se perd dans un film sans queue ni tête, avec une histoire décousue et soporifique au possible. La seule chose réussie, ce sont les plans graphiques avec couleurs foncées et couleurs vives… ce qui a fait le cachet des films comme « Sin City » ou « 300 ». « The spirit » est un film grotesque, creux et ennuyeux qui essaie de caricaturer le genre des super-héros avec humour, mais provoquant in fine tout l’inverse… Un grand gâchis en attendant la sortie de « Sin City 2 » qui, je l’espère, saura être dans la droite lignée de son prédécesseur !

Australia de Baz Luhrmann
Qu’est-ce qui sauve « Australia » du naufrage intégral ? La photogénie du pays, mise en images de façon somptueuse, digne d’un reportage de National Geographic. On ne voit rien d’autre, tellement le film de Luhrmann accumule les clichés comme d’autres enfilent les perles. Ambitieuse, pourtant, cette saga l’est assurément, celle d’être un « Out of Australia », voire un « Autant en emporte le vent bush ». Tour à tour western (convenu), film de guerre (raté), mélodrame (affligeant), « Australia » aborde la question aborigène de façon maladroite (et exotique), exagère à l’excès les caractéristiques de ses héros (Jackman et Kidman surjouent et ne sont pas crédibles) et esquisse des portraits de méchants très, très caricaturaux. Ce n’est pas un film, c’est un catalogue de scènes qui frisent parfois (souvent) le ridicule. On peut pardonner le scénario simpliste, après tout c’était le cas de beaucoup de grand mélos hollywoodiens dont ce film s’inspire. En revanche, difficile d’avaler, pour ce type de production, le montage approximatif qui tue le rythme, les grands mouvements de caméra dans le vide, les décors numériques ratés et les effets spéciaux calamiteux. On en vient à se demander si les producteurs n’ont pas quitté la navire en route ! On se demande aussi, très souvent, s’il y a un réalisateur derrière la caméra ! L’Australie et le traitement des aborigènes méritaient bien mieux que cette réalisation bâclée…

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