Raoul Dufy au Musée d’Art Moderne

Récemment, je suis allée au musée d’art moderne pour voir l’exposition Raoul Dufy. Je ne connaissais pas vraiment ce peintre. Juste quelques toiles vues lors de l’expo de la collection Phillips au musée du Luxembourg en 2006. J’en suis sortie heureuse, émerveillée, subjuguée par la beauté et la richesse des œuvres présentées. L’expo est vraiment très dense: 120 peintures, 90 œuvres graphiques (dessins, gravures, livres illustrés), 25 céramiques, 30 tissus et quelques vêtements! Le musée d’art moderne était l’endroit tout désigné pour cette rétrospective puisqu’il héberge en permanence sa phénoménale œuvre « La fée électricité » (qui vaut le détour).

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La rétrospective porte bien son nom: « Le plaisir ». On plonge, en effet, avec délice dans ses nombreux tableaux. Ses « bleus » m’ont particulièrement envoutée; bleu qu’il utilise pour représenter tantôt l’océan (« la plage de Sainte-Adresse »), tantôt les murs de son atelier parisien (« l’atelier de l’impasse Guelma »). Ce qu’il en dit m’a touchée: « Le bleu est la seule couleur qui, à tous ses degrés, conserve sa propre individualité. Prenez le bleu à ses diverses nuances, de la plus foncée à la plus claire, ce sera toujours du bleu, alors que le jaune noircit dans les ombres et s’éteint dans les clairs, que le rouge foncé devient brun et que, dilué dans le blanc, ce n’est plus du rouge, mais une autre couleur : le rose. »

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Cette exposition est intéressante à plusieurs titres. Non contente de mettre en lumière un peintre assez peu connu compte tenu de la notoriété qui fut la sienne de son vivant, l’œuvre de l’artiste présente la particularité de balayer l’essentiel des mouvements picturaux du début du XXème siècle. Raoul Dufy fut tour à tour impressioniste  (ses paysages de Sainte-Adresse), fauviste suite à la découverte révélatrice de « Luxe, calme et volupté » de Matisse en 1904, cubiste lorsqu’avec Braque il rejoint Cézanne à Martigues et se prend de passion pour le travail des formes épurées, pour finalement parvenir à son propre style et l’appliquer aux paysages de Normandie de ses jeunes débuts. Véritable touche à tout, il s’illustra dans la décoration de céramiques, le tissu, la peinture à l’encre ou encore l’aquarelle rehaussée de gouache. Mentionnons également son illustration des poèmes d’Apollinaire regroupés sous l’appellation de « Bestiaire », travail atypique de gravure qui en dit long sur la multiplicité de l’artiste et son immersion dans la vie culturelle et artistique de son époque.

Les œuvres de Raoul Dufy n’avaient pas été montrées dans une institution publique parisienne depuis la mort de l’artiste en 1953. Alors inutile de vous dire que vous devez y aller impérativement. Elle se termine dimanche, dépêchez-vous !

C’est où ?
« Raoul Dufy: le plaisir! »
Musée d’art moderne de la ville de Paris
11, avenue du Président Wilson (16è) – M° Iena
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

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