Ma review Ciné de l’été (n°1)
J’ai aimé
Seuls Two d’Eric & Ramzy *
Là où je m’attendais au nanar de l’année (ou presque, soyons réalistes), j’ai trouvé un film plutôt sympa et drôle (sisi) où l’on retrouve en tout point l’humour (parfois un peu lourd ok, mais toujours décalé) d’Eric & Ramzy. Les personnages secondaires (que des guests), aussi absurdes que ridicules sont parfois pas mal, en particulier Omar et Fred, qui se démarquent clairement. Les images de Paris, vide de ses habitants, sont impressionnantes et complètement délirantes (ben oui, qui n’a jamais rêvé de suspendre un hamac sous la Tour Eiffel ou de rouler dans Paris avec une Formule 1 ?!!). Alors certes, ce n’est pas le film de l’été, encore moins de l’année, mais les amateurs d’humour 30è degré et d’autodérision assumée y trouveront leur compte !
Valse avec Bachir de Ari Folman ***
Parler de ce film après celui d’Eric & Ramzy est plutôt cocasse mais pourquoi pas ?! « Valse avec Bachir » est un très beau film, non pas sur la guerre du Liban, mais sur un épisode de celle-ci (l’entrée d’Israel au Liban, et le massacre des camps palestiniens de Sabra et Chatila). J’ai beaucoup apprécié le graphisme, on dirait une BD animée. La lenteur de certaines scènes et de la musique, le mélange subtil entre onirisme et réalisme, ainsi que les scènes décalées où une musique entraînante sert de toile à des scènes de guerres. L’esthétique du film est véritablement aboutie, les images sont très belles, et les scènes sont empreintes d’une poésie particulière, mêlant pudeur et horreur. La façon dont le sujet est traité fait preuve d’une intelligence rare. Nous assistons ici à une quête particulière: celle des souvenirs et de la mémoire qui fait souvent défaut suite à un traumatisme tel que la guerre. Le sujet est épineux mais le réalisateur l’aborde avec une telle justesse et honnêteté, qu’il parvient à échapper à toutes les potentielles critiques. Il parvient l’exercice périlleux de dénoncer sans vraiment juger. Il évoque la responsabilité de chacun sans sentencier personne. Ou du moins le fait-il de façon subtile (comme il le faut dans un conflit aussi complexe) et non manichéenne. Quant aux images finales, je suis assez mitigée. Je me sentais protégée grâce à la barrière de l’animation (ce dont j’avais besoin étant donnée ma sensibilité pour le sujet), et me suis sentie violemment agressée par ces images que je n’avais pas envie de voir. Cependant, cela sert à nous rappeler que ce qu’on a vu, n’est pas de la fiction et en tant que témoins des mêmes scènes atroces, nous force à nous interroger : allons-nous, nous aussi, les oublier ?
Un jour, peut-être d’Adam Brooks ***
Dans l’immense paysage de la comédie romantique, « Un jour, peut-être » apparaît comme une véritable bouffée de fraîcheur (je préfère à 100 lieux le titre original de ce film, qui prend tout son sens quand on le voit: « definitely maybe »…). Le réalisateur-scénariste Adam Brooks a le mérite de donner à son film un brin d’originalité dans sa construction et son histoire qui tient en haleine durant tout le film grâce à un petit jeu d’énigme amoureuse auquel le spectateur prend un certain plaisir à participer. L’histoire est traitée avec humour et émotion, en évitant les clichés, la facilité ou les effets grandiloquents de la romance classique. Sans oublier un casting plein de charme: de Ryan Reynolds à sa fille à l’écran, la toujours trop mignonne Abigail Breslin en passant par les objets de son affection, Elizabeth Banks, Rachel Weisz et Isla Fisher… ils apportent définitivement un plus à ce film qui devrait ravir les amateurs de comédie romantique. Un joli petit film.
Le Monde de Narnia: chapître 2 – Prince Caspian d’Andrew Adamson ***
Comme je vous l’avais dit, je suis en ce moment en pleine lecture du bouquin de C.S. Lewis. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je suis allée voir l’adaptation du « Chapître 2-Prince Caspian » au cinéma… et je n’ai pas été déçue ! Le style d’écriture de Lewis, à la fois précis et général, a permis une fois encore, une adaptation libre fidèlement tirée de l’oeuvre originale. L’esthétique générale des créatures, des personnages, dont Ripitchip, Trompillon et Chasseur-de-Truffes, des Telmarins aux atours plutôt espagnols : tout est visuellement parfait. Le scénario, s’il est fidèle à celui du livre, se permet des libertés qui l’enrichissent et la bande-son accompagne fidèlement le tout. Les acteurs eux, sont un peu différents de ce que j’ai vu dans « Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique », mais ils ont gagné en prestance et s’affirment mieux dans leurs rôles, surtout Georgie Henley (Lucy). Bref, ce second film tiré de la saga Narnia est très bon et si, comme je le pense, Andrew Adamson tire une nouvelle saga, sélectionnant certains livres mais pas tous, afin de refondre et d’améliorer toute l’histoire recentrée sur la fratrie des héros, alors le prochain long-métrage, « L’odyssée du Passeur d’Aurore », n’en sera que l’aboutissement parfait et majestueux. A suivre.
Kung Fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson : COUP DE COEUR ! ****
« Toujours plus » est un peu la politique actuelle de DreamWorks et de Pixar qui se sont lancés, depuis la fin des années 90, dans une véritable guerre à celui qui ira le plus loin. Avouons que l’on ne peut qu’être ravi de cette concurrence tant les deux studios d’animation offrent, d’années en années, des films toujours plus réussis, toujours plus bluffants et toujours plus spectaculaires. Ainsi, « Kung Fu Panda » ne déroge pas à la règle et se présente comme un film d’animation réussi de bout en bout. Si le scénario ne s’avère pas forcément très original, il est amplement compensé par des personnages excellent et un humour bien barré made in DreamWorks (entre répliques bien ficelées et situations hilarantes… sans compter la voix de Jack Black, irrésistible !). Le second degré y est très présent, mais ce sont la dérision et la folie du ton qui rendent ce dessin animé irrésistible et véritablement délirant.
Si le fond ne manque de rien pour éviter l’ennui, la forme se montre tout simplement grandiose et jamais DreamWorks n’avait réussi à réaliser des images aussi somptueuses et suscitant un tel émerveillement. Les décors à la fois colorés et saisissants de réalisme offrent un rendu exceptionnel et qui n’a rien à envier aux derniers Pixar. De même, les personnages sont modélisés à la perfection. « Kung Fu Panda » est un divertissement de haute facture parvenant à faire rire et à émerveiller le spectateur grâce à un univers sublime et enchanteur. A voir absolument !
The Incredible Hulk de Louis Leterrier **
Bien meilleur que le tout premier essai d’Ang Lee avec Eric Bana et Jennifer Connelly pour cette adaptation menée par un réalisateur français estampillé Luc Besson sous la houlette des productions Marvel. Les personnages ont plus de consistance, on passe rapidement sur les origines de Hulk durant le générique histoire de ne pas répéter le film d’Ang Lee et on passe tout de suite au coeur de l’action. Là, on s’approche assez de la série avec ce côté héros poursuivit par l’armée. L’action n’est pas non stop, mais les enchaînements ne traînent pas en longueur comme dans le premier. Le méchant super méchant est plus réussi également (on retrouve ici un militaire qui va un peu fort sur la dose et devient l’Abomination). Rien à redire non plus sur les effets spéciaux très réussis, les images sont vraiment très chouettes. Le casting est quant à lui plutôt bon, j’ai trouvé Norton très touchant et attachant. Tim Roth et William Hurt sont assez convaincants en soldats américains juste bons à détester. Petit bémol en ce qui concerne Liv Tyler, en revanche, un peu trop fade à mon goût. La dernière séquence du film est tout bonnement jouissive (non, je ne ferai pas de spoiler) et annonce une ribambelle de films Marvel très sympas, à venir !
Bref, un très bon divertissement qui, sans révolutionner le genre, se laisse regarder avec plaisir !
Wall-E d’Andrew Stanton ***
Après « Ratatouille », Pixar met, une fois de plus, la barre toujours plus haut et repousse encore les limites du film d’animation en nous livrant, cette fois-ci, une fable futuriste et écologique dont le fantastique héros, Wall-E (dont le design s’inspire de la célèbre lampe du logo Pixar et d’une paire de jumelles), est un petit robot certes obsolète mais au grand cœur, dernier vestige des temps passés, qui bien qu’esclave de la mission routinière pour laquelle il a été programmé 7 siècles plus tôt, va découvrir les affres mais aussi les joies de l’Amour. Le scénario tout à la fois brillant, drôle et inventif, mélange harmonieusement les genres (comédie romantique, pamphlet écologique, science-fiction, film d’aventures) tout en rendant au passage un vibrant hommage aux films de SF des années 60/70. Autant prévenir, ce film n’est pas des plus divertissants, au sens vulgaire du terme et n’est, selon moi, pas vraiment adapté à tous les publics (notamment les plus jeunes). C’est un film qui prend son temps, plein de messages pas des plus flatteurs contre la société de consommation, et qui sur la forme se déguste et s’admire. La première partie du film est quasi muette car met en scène la rencontre des deux robots sur une planète Terre désertée car trop pleine de déchets: les humains ont mis les voiles à bord d’un gigantesque vaisseau errant dans l’espace depuis 7 siècles. Cette première partie est une démonstration du savoir-faire Pixar: savoir-faire technologique, avec un photo-réalisme de plus en plus poussé, créativité à foison et une bonne dose d’humanisme. Le résultat est bluffant, et malgré leurs tissus faits de métal et plastique, ces deux robots tombant amoureux ne vous laisseront pas de marbre: ils sont réellement vivants et véhiculent énormément d’émotion. Le revers de toute cette poésie n’étant pas sans rappeler les films de Charlie Chaplin.
Vient ensuite la deuxième partie de « Wall-E ». Le rythme s’accélère, et la poésie laisse place à un film de « science fiction cartoon » qui m’a pour ma part laissé un peu plus froide, car de facture beaucoup plus classique, malgré l’inventivité de Pixar et quelques scènes émouvantes et magiques. Ca n’empêche pas le film d’être excellent avec une mise en scène parfaite, léchée, très Pixarienne où rien n’est laissé au hasard. Voilà donc un film à la fois différent, risqué et presque expérimental pour un film d’animation, une sorte de pari pour un réalisateur qui n’a plus rien à prouver en terme de succès (« Le Monde de Nemo », c’est lui!). Pixar se démarque encore une fois, et n’a rien perdu de son savoir-faire, mais cette fois laissera peut-être des spectateurs en route. Pas moi !
J’ai trouvé ça moyen
Hancock de Peter Berg *
Hancock: un super-héros alcoolique, grossier et détesté de tous ! L’idée de départ est excellente à l’image de sa bande-annonce qui était plutôt alléchante et qui m’avait donné envie d’aller voir le film dès le premier jour. Dommage pourtant que Peter Berg ne prenne pas le soin d’aller au bout de son excellent pitch ! Car, le super-héros politiquement incorrect (il boit comme un trou, insulte les vieilles, malmène les gosses…) va rapidement rentrer dans le rang et le film va basculer du comique à un ton un peu plus dramatique (à ce titre, j’ai trouvé l’histoire des 2 âmes sœurs franchement pas du tout réussie). Et c’est tout le problème du film : il n’arrive pas à trouver son ton (comédie, film de super-héros, drame, voire film politique par quelques charges pas forcément indispensables…) alors qu’avec un tel sujet, Berg tenait un film à potentiel culte (si seulement il avait davantage joué avec le mythe du super-héros…). Et puis, le réalisateur veut brasser tellement de sujets (le statut de super-héros dans la société, l’importance de la communication, le passé de Hancock, Ray qui veut sauver le monde, le rôle des méchants…) qu’il ne mène pas un seul à son terme. Reste que « Hancock » est un bon divertissement avec son lot de scènes d’actions (l’attaque de la Banque, le duel contre Mary…) et de gags bien sentis (les arrivées brutales de Hancock, ses efforts pour être accepté, la scène dans la prison, etc…). Bref, une bonne idée mais mal exploitée. Dommage.
Voyage au centre de la terre d’Eric Brevig *
« Voyage au centre de la terre » revisité à la sauce Hollywoodienne, ça peut faire peur… Bon, le film n’a trop rien à voir avec le livre, les scénaristes s’en inspirent, s’en servent d’exemple, puis font leur histoire, qui est, il faut l’avouer, plutôt mince. Les dialogues sont creux, invraisemblances à la pelle, acteurs assez miteux. Alors après ce portrait peu flatteur, que reste-t-il? la 3D! Monument du film, effets spéciaux somptueux, munis de nos lunettes qui donnent l’air con, on entre dans l’action, on sursaute, on rigole, tout est fait pour qu’on passe un grand moment. Et le film remplit son contrat! On sort sans mal de crâne, mais avec la douloureuse idée que le cinéma a encore une fois fait un film sans scénario. A voir exclusivement au ciné avec les lunettes, car sans, le film n’a aucun intérêt !
Broken English de Zoe Cassavetes *
Amie de Sofia Coppola, fille de John Cassavetes et Gena Rowlands, Zoe Cassavetes passe à la réalisation avec ce premier film qui s’annonçait bel et bien comme le film indépendant new yorkais typique. Rien de bien surprenant, des défauts, quelques qualités remarquables.
Personnellement, j’ai toujours préféré les petites comédies romantiques aux grands mélodrames. Ce film avait donc de quoi m’attirer dans les salles, d’autant que la présence du français Melvil Poupaud me rendait curieuse. Mais le gros défaut du film, qui est un parti pris assumé de la part de la jeune réalisatrice, c’est d’avoir fait de ce « Broken English » plus un film pop mélancolique sur une trentenaire en proie à une crise existentielle franchement peu fascinante qu’une comédie romantique qui aurait pu s’avérer bien mieux que ce que le film est réellement. Un film indépendant de plus, pas spécialement original, sans folie, sans rythme, qui offre toutefois de jolis moments, notamment lors des trop rares scènes où Parker Posey (pas mauvaise) et Melvil Poupaud sont ensemble. Ou encore quelques moments où un humour amer pointe le bout de son nez (cf. la relation avec l’acteur). Sinon, on suit avec ennui les « aventures » de cette trentenaire déspespérée de ne pas être en couple et de son amie, dont le mariage bat de l’aile. Zoe Cassavetes semble s’être intéressée à la mauvaise chose: son héroïne caricaturale, plutôt que son attachante et émouvante relation filmée avec pudeur avec ce french lover. « Broken English » ne surprend à aucun moment, se déroule exactement comme prévu. Quelques rares moments réussissent à captiver, à faire passer une émotion au spectateur, mais la plupart du temps c’est bien trop ennuyeux et caricatural. A l’image de Melvil Poupaud que j’ai trouvé tantôt sublime, tantôt insupportable. Bref, pour Zoe Cassavetes: j’attends la suite !
Mes amis, Mes amours de Lorraine Levy
Film plutôt facile, simpliste et mièvre comme un roman de Marc Lévy, histoire plutôt prévisible et cousue de fil blanc comme un roman de Marc Lévy, beaucoup de clichés et des personnages à la psychologie pas du tout crédible comme dans un roman de Marc Lévy. Normal, c’est l’adaptation d’un roman à succès de … Marc Lévy ! Et pas le plus mauvais, pourtant ! Et puis, c’est TF1 qui produit donc voilà un parfait produit passe-partout pour un futur prime time soporifique ! Histoire sans relief, ennuyeuse, sans aucun second degré, sans guère de charme avec des personnages et des décors qui sonnent faux tant tout est lisse, sans aspérité et si propret comme ce quartier de Londres où il n’y a que des Français.
Et que dire du casting, TRES mal à propos ! Vincent Lindon avec son éternel regard de cocker rejoue pour la centième fois depuis vingt ans le pauvre type maladroit et paumé… Que c’est original ! Bernadette Lafont interprète comme d’habitude l’excentrique de service. Virginie Ledoyen , fausse jusque dans ses sourires, pas crédible une seule demie seconde, transparente à souhait, juste bonne à montrer ses différentes tenues tel un mannequin de luxe. Florence Foresti campe un personnage sans aucun relief (ce qui n’était pas le cas dans le livre). Seul, Pascal Elbé tire légèrement son épingle du jeu et semble crédible en bon père maniaque. Alors que sauver ? La bande-son qui aligne de bons standards, c’est bien peu… Ca aurait pu être mieux !
J’ai pas aimé
Diary of the Dead de George A. Romero
Romero signe là son pire film et transforme les zombies qui ont fait sa gloire en clowns animés ridiculisés… Mais ce n’est rien comparé au didactisme affligeant de le chose où Romero nous assène des leçons et des vérités (sur les médias, sur l’information…) absolument pitoyable en se prenant pour un auteur consacré, le tout est parfaitement symbolisé par la voix off consternante sortant des phrases plates de sens et de clichés. Les castings de Romero ont souvent été mauvais mais alors celui là se surpasse par dans la nullité ce qui ne fait que plonger le film dans les méandres de la série Z. J’aurais aimé être un zombie pour tuer tous les acteurs du film tellement ils sont mauvais ! En plus de cela, c’est très moche et certaines scènes sont ridicules et je pèse mes mots… ce qui prouve aussi que Romero ne maîtrise absolument pas la caméra subjective, il a beau essayé d’être à la mode il est juste hors du coup. On a plus l’impression d’avoir à faire à un film d’ado plutôt qu’au créateur du mythe. C’est ennuyeux au possible, les codes du film d’horreur sont bien là mais tellement poussiéreux – on est bien loin de REC ! Voilà un film qui ne sera pas une référence tellement il est mauvais. Passez votre chemin !
Bons Baisers de Bruges de Martin McDonagh
Je ne comprends vraiment pas les critiques qui adulent ce film… L’aspect « second degré » qui est loué par les critiques consiste en des répliques complètement grotesques et des dialogues ridicules de platitude dont le thème récurent est « Bruges, c’est nul ». Grotesque, mais surtout pas au point de nous faire rire. Le côté polar du film est vraiment mal réalisé et trop trop lent. Quel ennui !! J’ai failli m’endormir à plusieurs reprises ! Je me suis forcée à le regarder jusqu’à la fin en espérant à un moment ou à un autre qu’il se passe quelque chose mais rien ne se passe ! On a juste envie de se tirer une balle en sortant de la salle, tellement ce film est lent, pénible. Il ne commence nulle part, ne va nulle part et ne nous amène nulle part. C’en est presque douloureux ! Un calvaire.
Wanted de Timur Bekmambetov
Adapté (enfin, plutôt détourné) d’un Comics, « Wanted » entre dans cette catégorie assez à la mode des films qui, sous couvert de « second degré » et « d’esprit BD », se permettent les ficelles les plus grosses et les effets les plus faciles. L’ordinateur et la 3D permettent une surenchère dans les effets spéciaux que ne maîtrisent plus les cinéastes à l’imagination limitée. On en rajoute, misant sur la bonne volonté des spectateurs pour accepter ce qu’ils n’acceptaient pas dans les séries B les plus grotesques il y a quelques années. La question n’est plus de savoir si une scène peut servir le film, impressionner le spectateur, être inventive : la question est « L’ordinateur peut-il le faire », et la réponse est évidemment oui !
La surenchère débouche sur une telle laideur esthétique, un ennui mortel au point que tout ça n’a vite ni queue ni tête. Le pire c’est lorsqu’on rajoute un scénario qui se voudrait « profond » à cette surenchère ! « La vie c’est pas marrant, le boulot, c’est pas rigolo, vous en avez marre d’entendre votre copine gueuler ? » (oui le film est aussi un ramassis de clichés de ce genre), « et bien devenez assassin, ça le fait trop grave! ». Le sérieux avec lequel Timur Bekmanbetov raconte une histoire aussi idiote achève de faire de « Wanted » un bon gros nanar comme on n’en voit peu, avec des effets spéciaux dernier cri, des ralentis, des explosions au ralenti, des balles au ralenti, des regards au… ralenti. Aucun intérêt !
L’Europe au Clair de Lune
Un écran géant itinérant au gré des arrondissements, des chaises, un projecteur : comme chaque année, la Ville lumière devient l’écrin à ciel ouvert d’une quinzaine de films, joyaux du septième art.
Le cinéma s’installe dans les quartiers de Paris – places, squares ou jardins – avec Cinéma au clair de lune, organisé par le Forum des images qui propose des séances en plein air destinées aux amoureux de Paris et du cinéma. Les séances ont lieu un jour ici et ailleurs le lendemain, passant de la butte Montmartre aux jardins des Champs-Elysées ou du Parc de Choisy à la place de la Bourse, mais de préférence sous les étoiles.
Tout comme la Tour Eiffel, le festival « Cinéma au Clair de Lune », se met cette année aux couleurs de l’Europe avec une programmation spéciale qui fera voyager les spectateurs dans différentes capitales européennes !
Le programme complet :
- Mercredi 6 août: L’Argent de la vieille de Luigi Comencini, avec Bette Davis, Alberto Sordi, Silvana Mangano… Butte Montmartre, square Louise-Michel (entrée place Saint-Pierre) / M° Anvers *Rome*
- Jeudi 7 août: Les amours d’une blonde de Milos Forman avec Hana Brejchová, Vladimír Pucholt… Jardin des Champs-Élysées M° Champs-Élysées Clemenceau *Prague*
- Vendredi 8 août: Agnes Browne de Anjelica Huston avec Anjelica Huston, Marion O’Dwyer, Tom Jones… Parc Montsouris (entrée à l’angle de la rue Nansouty et de l’avenue Reille) / RER Cité-Universitaire *Dublin*
- Samedi 9 août: Le troisième homme de Carol Reed avec Joseph Cotten, Alida Valli, Orson Welles… Parc André Citroën (sur le parvis devant les deux grandes serres) / M° Balard *Vienne*
- Dimanche 10 août: Talons Aiguilles de Pedro Almodovar avec Victoria Abril, Marisa Paredes, Féodor Atkine… Jardins du Trocadéro (face aux fontaines) M° Trocadéro *Madrid*
- Jeudi 14 août: L’homme sans passé de Aki Kaurismäki avec Markku Peltola, Kati Outinen… Place des Vosges, square Louis XIII M° Chemin-Vert ou Saint-Paul *Helsinki*
- Vendredi 15 août: Blow Up de Michelangelo Antonioni avec David Hemmings, Vanessa Redgrave, Jane Birkin… Parc de Choisy (entrée principale avenue de Choisy) M° Tolbiac ou Place d’Italie *Londres*
- Samedi 16 août: Monika de Ingmar Bergman avec Harriet Anderson, Lars Ekborg… Place de la Bourse / M° Bourse *Stockholm*
- Dimanche 17 août: Italian for beginners de Lone Schervig avec Anders W. Berthelsen, Peter Gantzler, Anette Stovelbaek… Terrain de sport Ménilmontant (49 bd de Ménilmontant) / M° Père Lachaise *Copenhague*
- Jeudi 21 août: Lisbonne Story de Wim Wenders avec Rudiger Vögler, Patrick Bauchau… Avenue de Breteuil, place Henri-Queuille / M° Sèvres-Lecourbe *Lisbonne*
- Vendredi 22 août: Max et Bobo de Frédéric Fonteyne avec Jan Hammenecker, Alfredo Pea… Parc Montsouris (entrée à l’angle de la rue Nansouty et de l’avenue Reille) / RER Cité-Universitaire *Bruxelles*
- Samedi 23 août: Goodbye Lenin! de Wolfgang Becker avec Daniel Brühl, Katrin Sass… Pelouse de Reuilly / M° Porte de Charenton ou Porte Dorée *Berlin*
- Dimanche 24 août: Correspondant 17 de Alfred Hitchcock avec Joel McCrea, Laraine Day, Herbert Marshall… Place René Cassin (en face de l’église Saint-Eustache) M° – RER Châtelet-Les-Halles *Amsterdam*
Les soirs en question, ce sera à partir de 21h30 et en accès libre !
Olé !
Comme je vous l’avais dit il y a quelques semaines, le flamenco est à l’honneur pendant tout l’été au Petit Palais ! Ambiance feutrée mais dépaysante ! Après avoir été exposée au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía en début d’année, l’exposition « La nuit espagnole. Flamenco, avant-garde et culture populaire 1865-1936″ débarque à Paris. 150 œuvres ont été retenues contre les 400 présentées dans la capitale espagnole. Soixante artistes ont néanmoins fait le voyage qui tous, peintres, sculpteurs, danseurs, photographes et écrivains, ont vu dans le flamenco, cette danse populaire originaire d’Andalousie, ou un vecteur de modernité vers une nouvelle esthétique ou le symbole des craintes, des peurs de tout un pays, aux heures sombres de son histoire.
L’exposition dresse pour la première fois un panorama des liens entre le flamenco et la culture visuelle, et se penche notamment sur les relations d’influence mutuelle qu’a entretenu le flamenco avec la modernité et les avant-gardes artistiques de 1865 à 1936. Le flamenco réunit la culture des élites et la culture populaire dans la construction d’un imaginaire espagnol ambivalent s’articulant autour des thèmes de la fête, de la beauté, de l’identité nationale, mais aussi de la nuit, de l’excès, de la misère et de la mort. La scénographie de l’exposition nous dévoile une sélection de plus de 150 œuvres donc (peintures, dessins, sculptures, gravures, costumes, photographies) de 60 artistes qui manifestent, par leur puissance esthétique, la force émotive du flamenco. Courbet, Manet, Degas, Picasso, Miro, Delaunay, Picabia, Man Ray, Sargent, Sorolla participent à cet itinéraire qui reflète de quelle manière l’imaginaire espagnol apparaît aussi bien dans les expressions artistiques populaires que dans les expérimentations avant-gardistes.
Une dizaine de films documentaires ou artistiques complète cette présentation. Il y aura également des performances de flamenco dans le musée entre midi et la fin de l’après-midi les 7, 8 et 9 août, et aussi dans le jardin avec une musique contemporaine ou plus simplement en silence.
C’est où ?
Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill (8è) – M° Champs Elysées-Clemenceau
Ouvert de 10h à 18h jusqu’ au 31 août. Fermé le lundi et les jours fériés.
Le musée est gratuit, mais l’exposition temporaire coûte 7,5€ pour les adultes et 5€ en tarif réduit.
Mes soldes
Depuis le 25 juin, c’est les soldes. Petit bilan, à quelques jours de la fin de la période:

Quelques bonnes affaires quand même, surtout pendant la première démarque, où j’ai trouvé des choses pas mal pour pas cher. Et vous, le bilan ?
Mes soldes fringues
> Chez Etam, une jupe en lin marron, 1 tunique longue en dégradés de bleu, une petite robe noire et un pantacourt en lin noir. Du simple, du basique, du pas cher du tout.
> Chez Camaïeu, 2 chouettes tuniques courtes dans les tons beiges et un pantacourt beige très sympa pour l’été.
> J’ai enfin effectué ma première virée shopping chez New Look et je suis repartie avec un bermuda gris, parfait pour la montagne et un t-shirt plutôt joli.
Mes soldes chaussures
> Cette saison (que ce soit l’hiver dernier ou cet été), je n’ai acheté strictement aucune paire de chaussures ! J’ai simplement racheté une nouvelle paire de baskets Adidas marrons de ville.
Mes soldes cosmétiques
> Ce sont les produits dont je parlais la semaine dernière dans ce post: quelques bonnes affaires chez Sephora, mais aussi au Body Shop !
Mes soldes Culture… si si c’est possible !
Quelques bonnes trouvailles niveau culturel cette année.
> Sur Amazon, beaucoup d’affaires de dingue (et je pèse mes mots): un petit guide en espagnol (pour essayer de ne pas trop perdre) quasiment donné, le roman de Jon Krakauer « Into the Wild » en anglais, l’album de Ray LaMontagne « Till the sun turns black » et 3 DVD à des prix défiants toute concurrence (oui, à ce point) que je voulais depuis longtemps: « L’effet papillon », « Collision » et « Volver » !
> Dans une petite chaîne de librairies que j’aime beaucoup à Paris, Mona Lisait: « Le Vin pour les Nuls », « Les Madeleines sucrées et salées de Sophie » et « Les Desserts printemps-été de Sophie ». Des livres neufs moitié moins chers qu’à la Fnac… le pied!
What your soul sings
A peu près au tiers de la projection de « Million Dollar Baby », ce soir, une curieuse pensée m’est venue. J’ai découvert que j’aimais les films de Clint Eastwood et les romans de Giono (période post-incarcération) pour les mêmes raisons: leur crudité, leur concision, leur émotivité contenue, la soif démesurée d’indépendance et de solitude qu’ils expriment. Chez l’un comme chez l’autre, le propos est sec, gratté jusqu’à l’os. Le sentiment, aussi loin que possible du sentimentalisme, reçoit le plus bel hommage qu’on puisse lui faire: celui de la nudité, du silence, de la pudeur.
Pourtant, une volubilité baroque peut parfois s’élever dans les pages de l’écrivain italo-provençal; mais c’est presque de la parodie, le romancier bavarde pour mieux ridiculiser le bavardage, et à aucun moment il ne laisse oublier la sécheresse de l’armature. Eastwood concilie, lui aussi, des valeurs réputées incompatibles: son style brut et dépouillé sert de support à un traitement de l’émotion si simple et si direct qu’il touche à l’indécence. Mais c’est l’indécence des enfants et des saints, le contraire de l’obscénité. C’est le regard qui darde toujours droit dans les yeux et que les nôtres ont du mal à soutenir. C’est la contemplation sans concession du sens de notre vie, contemplation qui n’est pas à la mode. Et, chez le romancier comme chez le cinéaste, l’absence totale de poésie, le refus du poétisme, du joli, du bien tourné, produisent la seule poésie qui soit digne de ce nom.
Cette pensée m’est venue avant que je sache pourquoi, mais la suite me l’a fait comprendre. Il y a une scène dans ce film qui n’est pas la scène finale mais qui est très proche de la fin. C’est bien entendu une scène clé, mais je ne vais pas vous la dévoiler. Il me suffit simplement de dire que rien dans sa description, de quelque façon qu’on la tourne, ne l’apparente à une scène d’amour; mais c’est une grande scène d’amour, peut-être la première vue au cinéma depuis des années. Elle contient l’élément essentiel: le pouvoir de dépasser l’amour pour nous emmener vers la face cachée des choses. Or il y a une scène semblable, plutôt un passage, dans « Le Hussard sur le toit » de Giono. Non pas dans le film, le pudding qualité française de Rappeneau, pour lequel il a été rajouté un répugnant happy end à la Disney, mais dans le roman lui-même. Ce passage, comme la scène de « Million Dollar Baby », n’est pas tout à fait final mais il est très proche de la fin. Il n’a rien à voir avec une scène d’amour ni de sexe; il ne pourrait pas en être plus éloigné, par ses circonstances, son contexte, ses caractéristiques. Et pourtant c’est une des scènes d’amour majeures de la littérature du XXe siècle.

Je n’en dis pas plus; je vous invite à voir ce film tout en zones d’ombre d’où sortent par moments des visages sculptés, ciselés, graves. La peinture hollandaise n’est pas une analogie facile à appliquer, et pourtant on pense à Vermeer pour l’éclairage et les couleurs (les bleus, les chairs) ainsi qu’à Rembrandt pour ce bain de douleur, de compassion, d’amour et de résignation qui recouvre l’histoire comme une nuit calme.
























