Message à fort contenu littéraire

Je profite de l’imminence du Salon du Livre (ça commence vendredi prochain et c’est du 13 au 18 mars… bon sang, que j’ai hâte !) pour vous parler des quelques découvertes littéraires que j’ai pu faire ces derniers mois. Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de mes dernières lectures et j’espère ne rien oublier.

* Pour un remake d' »Ensemble c’est tout » en un peu moins bien: Catherine Pancol, Les yeux jaunes des crocodiles

yeux_jaunes_crocodiles

Contre tout attente, j’ai aimé ce roman de Catherine Pancol. Et pourtant, c’est on ne peut plus cliché ! Et pourtant, c’est convenu et on sait bien comment ça va finir ! Et pourtant, il n’a rien de transcendant ! Rien qu’on n’ait pas déjà raconté. Malgré tout ça, j’ai été emportée dans le monde de Jo. Parce que c’est une belle histoire. Et j’aime qu’on me raconte de belles histoires, je crois. Cette histoire, c’est l’histoire de Joséphine, le vilain petit canard qui a la confiance à zéro et qui décide de mettre son mari à la porte quand elle découvre qu’il a une maîtresse. Elle dégringole et doit se relever. C’est l’histoire d’Iris, mariée à Philippe, la sœur parfaite, la sœur de glace, à qui tout sourit. C’est l’histoire de Marcel, millionnaire issu de rien, marié au Cure-Dents, la mère de Jo et d’Iris. C’est l’histoire d’Hortense, qui a honte de sa mère et est en pleine crise d’adolescence et de Zoé, qui tente de grandir dans l’ombre de sa sœur. C’est l’histoire de Shirley, de Gary, d’Antoine, de Mylène… La première chose qui vient à l’esprit c’est que ça ressemble beaucoup à l’histoire chorale du très bon roman d’Anna Gavalda, « Ensemble c’est tout ». L’histoire est bien différente mais il y a quelque chose dans « Les yeux jaunes du crocodile » qui rappelle irrémédiablement l’autre, même si je l’ai trouvé un chouïa moins bon. Une bonne lecture plaisir !

* Pour une lecture instructive sur la Russe soviétique: Alexandre Soljenitsyne, Une journée d’Ivan Denissovitch

une_journ_e

Vous le savez surement si vous lisez mes très rares chroniques littéraires, mais je suis une passionnée de littérature russe. Rien que pour ça, je suis certaine qu’un jour je prendrai mon courage à deux mains pour apprendre cette langue fantastique ! Le dernier roman russe en date est un très bon petit Soljenitsyne de derrière les fagots: « Une journée d’Ivan Denissovitch ». Ce livre ne se limite pas au portrait d’un prisonnier soviétique, mais c’est avant tout le système concentrationnaire du goulag qui y est cloué au piloris. Grâce à son écriture brillante, Soljenitsyne enfonce le clou et confère au récit une résonance tragique. Il emploie des descriptions simples pour parler en détails d’une situation délicate. L’écriture en continu nous force à une lecture ininterrompue comme pour nous faire sentir le calvaire ininterrompu. Ce roman ouvre les yeux sur une réalité longtemps cachée par l’Histoire et en cela, il me parait vraiment indispensable !

* Pour une lecture « carnet de voyage » brillamment écrit: JMG Le Clézio, L’Africain

l_africain

Dans ce petit roman à saveur auto-biographique, Le Clézio (auteur que j’aimais déjà beaucoup avant le prix Nobel hein !) raconte davantage la vie de son père que la sienne. Son arrivée en Afrique, son rapport avec cette culture qu’il juge comme la sienne, son amour pour cette terre, le tout écrit avec la plus belle écriture qui soit. Le Clézio est l’un de ces grands auteurs francophones capable de parler des termites et des fourmis et de les rendre touchantes… j’adore ! En plus d’être magnifiquement écrit, l’auteur inclut dans son récit des photos de ses archives personnelles, brillante idée s’il en est. Bref, un tout petit roman qu’on déguste avec le plus grand des délices.

* Pour une lecture qui donne envie de lire et qui fait voir la littérature française d’une autre manière: Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française

dictionnaire__go_ste

Je vous avais parlé il y a quelques semaines de son dernier ouvrage (« L’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien ») que j’avais trouvé réjouissant à souhait. Et bien c’est exactement la même chose avec ce « Dictionnaire égoïste de la littérature française » qui vient de sortir en poche ! Impossible pour moi de le lire de façon linéaire et je pense de toute façon que ce n’est définitivement pas le but. Non, le must c’est de temps en temps, y picorer quelques morceaux, ça et là, avec délectation. Charles Dantzig est un grand érudit et un grand connaisseur de la littérature française. Il est habile, subtil, pénétrant, juste, surprenant et a toutes les qualités d’un essayiste se frottant à un sujet précis. Ça donne envie de lire… que demander de plus ?! J’adore, je ne m’en lasse pas.

* Pour une lecture frivole où l’aphorisme est roi: Frédéric Beigbeder, Au secours pardon

au_secours_pardon

J’ai lu quasiment entièrement la bibliographie de notre cher Beigbeder. Et pour une bonne raison: j’adore son esprit à la fois brillant et déjanté, cynique et politiquement incorrect assumé. Et ses aphorismes ! Beigbeder a un don indéniable pour produire en série ces petites phrases, si drôles et évidentes qu’on a envie de toutes les mémoriser pour se la raconter en public ! Bon, ici, c’est moins assumé que dans « l’Egoïste romantique » mais tout de même, ça fuse ! Ceci dit, si vous cherchez du fond, passez votre chemin. J’ai n’ai pas trouvé « Au secours pardon » fantastique, moins bon que les précédents romans et on peut facilement le laisser de côté.

* Pour une grosse dose d’humour noir façon « Six feet under » décalé: Jean Teulé, Le magasin des suicides

teul_

A force de voir sans cesse tous les romans de cet auteur dans les rayons Poche de ma librairie préférée, j’ai fini par me jeter à l’eau et lire enfin l’un de ses romans: « Le Magasin des suicides » de Jean Teulé. C’est une comédie en fait, décalée, moderne, délicieusement corrosive et qui caviarde avec brio toutes nos petites peurs et clichés régressifs sur la mort. Faites un petit tour dans le terrifiant magasin de ces drôles de parents que sont Mishima et Lucrèce Tuvache et vous trouverez toutes sortes d’articles tous plus fous les uns que les autres pour mettre fin à vos jours en professionnel ! La vie quotidienne de cette morbide et tonique famille (située dans une époque incertaine), baigne dans une foisonnante culture de la mort puisque le soir, les enfants ont droit au récit du suicide de Cléopâtre ! On plonge avec délices dans ce nid familial aux affects peu ordinaires, on s’en doute (exemples: Vincent, le fils aîné anorexique est laminé par des migraines et sa petite sœur est terriblement complexée malgré son prénom de star: Marilyn). Mais mon préféré, c’est le vilain et merveilleux petit canard, le cadet Alan, dont la scandaleuse joie de vivre déstabilise bientôt tout ce petit monde ! Il est toujours possible de prendre la mort à l’envers… Un livre qui, paradoxalement met profondément en joie et donne envie de rire.

* Pour une histoire historico-policière intéressante: Franck Tallis, La justice de l’inconscient: Les carnets de Max Libermann

tallis

J’ai adoré l’univers du roman: Vienne au début du XXème siècle dans l’effervescence des nouvelles idées de Freud autour de la psychanalyse. A l’époque, Freud n’est de loin pas apprécié de tous, et le jeune psychiatre Max Liebermann, même s’il apprécie ses idées n’est pas d’accord avec toutes ses analyses. En parallèle, un meurtre est perpétré dans des conditions pour le moins intrigantes: une jeune médium est assassinée et tout laisse à croire qu’elle a été emportée par un esprit maléfique après avoir passé un pacte avec le diable ! L’inspecteur Oskar Reinhardt doute, mais son ami Max Liebermann veille à ce qu’il ne s’égare pas. Dans ce premier tome, on découvre avec plaisir les différents protagonistes: deux amis, Max et Oskar et quelques bribes de leur situation familiale. Max est célibataire et amoureux d’une jeune femme qu’il va demander en mariage au début de l’histoire sur l’insistance de son père, mais progressivement après la rencontre d’une jeune anglaise tout à fait exceptionnelle, il se met à douter; Oskar est marié et l’heureux papa de deux jeunes filles, il rassure son ami face à ses doutes… Les deux personnages centraux sont attachants, on a envie d’en savoir plus sur eux. L’enquête est très bien menée, les retournements de situation sont nombreux et on ne découvre la vérité que dans les toutes dernières pages. Ça m’a vraiment donné envie de lire le deuxième tome: « Du sang sur Vienne ». Un livre que je vous recommande vraiment si vous aimez les romans historico-policiers ou si vous voulez découvrir l’atmosphère qui devait régner à Vienne au début de la psychanalyse à travers un très bon roman policier !Duong Thu Huong, Terre des oublis

* Pour une lecture qui donne envie de découvrir l’Asie: Duong thu Huong, terre des oublis.

terre_des_oublis

J’ai aimé ce livre pour son ambiance inouïe, une ambiance aux cinq sens. Ce triangle tragique nous transporte dans des paysages luxuriants ou angoissants, paisibles ou meurtriers. Les cris des soldats et les hurlements silencieux des amoureux cinglent nos oreilles comme autant de chants et de poèmes. On dévore les destinées de ces trois innocentes victimes en sentant les odeurs de cuisine, en grelottant dans l’humidité de la jungle. Le nez pique, l’estomac se contracte, l’œil larmoie, les lèvres soubresautent, le larynx s’assèche, les cordes vocales vibrent à libérer un rire salvateur et l’on reste souvent subjugué par tant de beauté. J’ai aussi aimé ce livre parce qu’il a su corriger mon idée un peu préconçue du Vietnam, parce qu’il ranime la flamme de femme libre et parce qu’il évoque la quête (irrésistible) de libertés dans une société pétrie de coutumes morales et de principes politiques. On ne sort pas indemne de ce voyage, je vous le dis !

* Pour une lecture teenage et facile: Stephenie Meyer, Twilight

twilight

Vous avez du tout lire et tout entendre sur ce roman de Stephenie Meyer qui a fait un carton partout dans le monde alors je ne vais pas m’étaler. Je l’ai dévoré en très peu de temps, juste avant la sortie du film. C’est plutôt pas mauvais et ça se lit très facilement: on accroche bien aux personnages (surtout à Edward, midinettes que nous sommes, forcément), l’ambiance humide de Seattle est absolument délicieuse, les dialogues sont assez savoureux, mais ça n’invente pas grand chose… Du easy reading dans toute sa splendeur (ça change de la chick lit quand même !). En revanche, rien à voir avec « Harry Potter » contrairement à ce que j’ai pu entendre un peu partout. Certes c’est un best seller, certes c’est une lecture relativement facile à laquelle on prend plaisir, mais rien à voir avec la finesse de l’écriture de JK Rowling, l’univers passionant et complètement réinventé ou encore la complexité des personnages (sans manichéisme) beaucoup plus savoureux que dans les romans de Stephenie Meyer !

* Pour replonger dans l’univers de Harry Potter, parce qu’il nous manque l’air de rien: JK Rowling, The tales of Beedle the Bard

The_Tales_of_Beedle_the_Bard

J’ai pu constater que beaucoup de gens ont été sérieusement désappointés par le dernier opus de J.K. Rowling ! Je suppose que c’est parce qu’ils pensaient retrouver une sorte de « Harry Potter » bis alors qu’en fait, il n’en est rien. Il ne faut pas prendre ce livre pour ce qu’il n’est pas et une fois ce fait acquis, on peut enfin l’apprécier à sa juste valeur ! Déjà, lorsqu’on ouvre ce livre, il est important de savoir qu’il se lit en une poignée d’heures et que le style d’écriture est assez enfantin et pas beaucoup détaillé (un style assez proche du premier tome de « Harry Potter »… pas grand chose à voir avec les derniers opus). Malgré ces quelques petits défauts, le charme de l’auteur et de son incroyable univers, opère toujours et rend ce livre tout bonnement indispensable. Pouvoir lire ce petit recueil de contes dont on avait entendu parler dans les romans est tout simplement fantastique. « The tales of Beedle the Bard » sont les cinq contes de fées qui bercent l’enfance des jeunes sorciers. Chacun de ces contes a sa magie particulière qui enchantera les lecteurs et les fera tour à tour rire ou frissonner. Les commentaires passionnants et malicieux de Dumbledore qui accompagnent chaque récit sont un petit clin d’oeil tout à fait réjouissant ! Il y donne de nombreuses clefs et dévoile, par la même occasion, pas mal de détails de la vie à Hogwarts. Un ouvrage magique à garder comme un trésor, enrichi des illustrations originales de JK Rowling.

Mes lectures du moment: comme je le disais ici, je suis en train de lire New Moon de Stephenie Meyer (la suite de « Twilight » en V.O). J’ai également commencé Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier. Voici le pitch: « Découvrant par hasard un livre d’Amadeu de Prado, poète portugais, Raimund Gregorius voit sa vie basculer. Bouleversé par ce texte qui semble écrit pour lui, Gregorius prend le premier train pour Lisbonne, bien décidé à plonger dans les méandres du passé de Prado. Il reconstitue l’itinéraire intellectuel et l’engagement politique de cet homme d’exception dont chacun des actes apparaît comme une leçon de vie. »
Ma pile à livres diminue mais ce n’est pas encore ça (je dois répondre au tag de Lili dans quelques jours, ce sera l’occasion pour moi de vous demander quelques conseils) ! Et c’est pas le Salon du Livre qui va arranger ça.

new_moon     train_de_nuit_pour_Lisbonne

Et vous, quelles sont vos dernières lectures ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Little Miss Chatterbox
Suivez moi aussi par ici …
instagram