Ma visite privée du Musée Marmottan

palette_monet_adobe_readerHier soir, visite privée (avec guide-conférencier) organisée par Arts Magazine du Musée Marmottan et plus particulièrement de l’expo « Monet: l’œil impressionniste ».

Ça tombe bien (oui, et c’est un comble), Monet est mon peintre préféré, je suis une grande amoureuse des toiles impressionnistes, je suis d’ailleurs allée dans sa maison et son jardin à Giverny à chaque saison tellement j’aime cet endroit… mais jamais à Marmottan ! Très belle occasion d’y remédier donc. L’expo s’attache à démontrer comment un peintre peut vivre et s’adapter à un handicap, le contourner et s’en accommoder (en référence à la cataracte dont était atteint Claude Monet). Une soixantaine d’œuvres sont exposées, accompagnées de textes du Dr Philippe Lanthony (opthalmo spécialisé dans la pathologie de la vision de la couleur) et de simulations photographiques du Pr Michaël Marmor (professeur d’ophtalmologie à Stanford).

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Claude Monet disait que c’était une grande qualité chez un artiste de savoir choisir ses couleurs, car cela était souvent « une affaire d’habitude ». C’est avec une partie de ces couleurs qu’il peint le tableau central de la première salle d’exposition : « Nymphéas » (1917-1919), que l’on voit ci-dessus. Dans la pure tradition des œuvres impressionnistes, cette toile représente l’étang de Giverny, où le peintre s’était installé. Peinture abstraite qui plonge le visiteur dans un autre monde, où le ciel et l’eau se mêlent. Aucun repère où le regard peut s’accrocher, il en ressort pourtant une vie, un mouvement, grâce notamment aux couleurs, qui donnent tout son sens à l’œuvre. Ce tableau reflète ce que devait voir le peintre, après que les premiers symptômes de sa cataracte furent décelés en 1912.

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Après cette entrée en matière, on descend une volée de marches, pour entrer davantage dans l’esprit de Claude Monet. Dans la deuxième salle, le regard est attiré par deux tableaux qui s’opposent, deux révélateurs de l’art du peintre: « La cathédrale de Rouen, effet de soleil, fin de journée » (1892) et « Le Portail, temps gris » (1892), deux peintures impressionnistes montrant la cathédrale de Rouen à deux périodes de la journée. Il en ressort une différence qui va au-delà des couleurs. Le sens même de l’œuvre est affecté par ce changement temporel, de couleur. On retrouve aussi les codes habituels du peintre: de petites touches successives et des couleurs très marquées pour rendre compte d’une ambiance. L’expo retrace ensuite les différentes étapes de sa peinture et nous montre une série de toiles magnifiques, notamment « Bras de Seine près de Giverny, soleil levant » (1897), que je vous ai mis juste au-dessus et que j’ai trouvé vraiment sublime.

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L’expo s’attache principalement à montrer le rôle de la cataracte dans la façon de peindre de Claude Monet. Les textes explicatifs m’ont paru peut-être un peu trop spécialisés pour des
néophytes en matière médicale; en revanche, les simulations
photographiques sont saisissantes. Le tableau « Nymphéas » (1914-1917) (ci-dessus) illustre bien la différence entre ce que le peintre voyait et le résultat final. Une eau d’un bleu boueux, des nymphéas d’un vert vif et des fleurs jaunes… voilà ce que devait voir Monet lorsqu’il a peint cette toile. Le peintre était conscient de sa maladie et de ses effets sur sa peinture : « Je ne vois la nature que déformée et vois tout dans des couleurs totalement transformé » dit-il dans une lettre en 1923. Ceci explique que la plupart des œuvres précédant son opération soient saturées, chargées en matières et réalisées avec des couleurs plus sombres. « La maison vue du jardin aux roses » (1922-1924) réalisée avant son opération reflète les mêmes caractéristiques: la maison s’évanouit dans la nature du fait de la perte de sa vision binoculaire et les couleurs sont très vives et saturées pour que Monet puisse discerner sa toile. En 1923, il consent enfin à se faire opérer… avec succès. « Les Roses » (1925-1926) (ci-dessous) illustrent la guérison de l’artiste: les formes sont plus nettes et les couleurs sont plus douces.

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Cette expo mérite vraiment le détour car elle permet de plonger dans le regard de Claude Monet et surtout d’y redécouvrir et d’y comprendre une partie de son génie. A voir !

C’est où ?
« Monet, l’œil impressionniste »
Musée Marmottan
2, rue Louis Boilly (16è) – M° La Muette
Jusqu’au 15 février, tous les jours de 11h à 18h sauf les lundis; nocturne le mardi jusqu’à 21h.
Plus d’infos.

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