Ma review Ciné de l’été (n°2)

J’ai adoré: THE film de l’été (voire plus)

Batman

Batman – The Dark Knight de Christopher Nolan *****
« The Dark Night » restera sans doute le Batman le plus noir de tous les temps. Je fais bien évidement référence à la disparation tragiquement absurde d’Heath Ledger qui est absolument phénoménal dans le rôle du Joker. Mais vous le savez déjà, puisque tout le monde le dit ! Lorsque l’attente d’une performance est aussi forte, il arrive souvent que l’on soit finalement déçu. Eh bien vous ne le serez pas, je vous en fais le pari ! Ce film est juste une grande claque ! « Batman Begins » faisait déjà très fort dans le renouvellement façon réaliste de l’homme chauve-souris mais ce nouvel épisode va beaucoup plus loin et atteint des sommets de noirceur et de psychologie. Ce film est vraiment très très riche, il dure 2h30, ce qui lui permet de rentrer dans la complexité et de résoudre le problème du super-héros/réalisme. Ce qui n’était pas le cas dans le premier volet.

joker

Alors, pour le Joker, on oublie Jack Nicholson ?! Que nenni ! De même qu’il existe différentes interprétations de Batman en BD, l’approche de Tim Burton était différente de celle de Nolan (et de Schumacher que l’on oubliera ici). Burton a privilégié le gothique là où Nolan met une noirceur plus « réaliste ». Et leur deux Jokers incarnent la parfaite expression de ces choix… On assiste dans « The dark knight » à une vision et un traitement tout à fait inédits des films de super-héros qui se rapproche davantage d’un film noir de gangsters. La performance d’Heath Ledger est tout simplement EPOUSTOUFLANTE. Magistrale. Habité le garçon (et je pèse mes mots). On arriverait presque à en oublier un peu ce dark knight, pourtant plus tourmenté que jamais. Tous les comédiens sont fantastiques, que ce soit Christian Bale, Gary Oldman, Morgan Freeman, Michael Cane, Maggie Gyllenhaal ou encore le géniallissime Aaron Eckart qui campe un Harvey Dent/double-face inattendu, aussi bien réussi visuellement que psychologiquement. A côté de cela, le film assure aussi côté réalisation avec des plans qui savent rester sombres, nerveux mais toujours lisibles. La musique, très proche du Begins, est discrète mais envoûtante. Le film est d’une grande noirceur et d’une profondeur remarquable, l’atmosphère est sombre et oppressante, les personnages épais, ambivalents et complexes. En 2h30, Nolan réussit le pari insensé de nous livrer une adaptation presque parfaite du chevalier noir, un film aux relents de référence en termes de super-héros, un miroir du monde anarchique et violent dans lequel nous vivons, un chef d’œuvre qui confronte les esprits les plus torturés qu’a engendré la race humaine. A voir absolument.

batman dent

J’ai aimé

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Le premier jour du reste de ta vie de Rémi Bezançon ***
Une famille, cinq personnages, cinq histoires et cinq moments très précis qui vont bouleverser leurs vies.  Bref, un film sur la vie qui passe, le temps qu’on ne peut pas réinventer, la difficulté de voir les gens que l’on aime partir, grandir, mourir… Le film est tour à tour drôle, grave, tendre, attachant, touchant… Je me suis retrouvée un peu dans tous les personnages et particulièrement celui joué par Marc-André Grondin pour qui j’ai un coup de cœur depuis « C.R.A.Z.Y ». La construction du film autour de 5 moments-clés est originale et aucun personnage n’est mis au second plan. La réalisation est très travaillée et soignée (j’avais déjà adoré « Ma vie en l’air » du même réalisateur) et les acteurs font le reste : Zabou Breitman et Jacques Gamblin forment un couple délicieux et les 3 jeunes acteurs sont formidables (en particulier Marc-André Grondin, mais je ne suis pas objective là!). On en sort ému, plein de l’envie de profiter de la vie et de ne pas la voir filer trop vite… Un magnifique film.

L’empreinte de l’ange de Safy Nebbou ***
Sur les airs d’un mélodrame psychologique et humain à la Chabrol, et d’un épais mystère à la Hitchcock, Safy Nebbou signe avec ce film un suspense à fleur de peau, un sensible mélange de genres, qu’il met en scène au moyen d’une réalisation fluide, à l’élégance naturelle, sans fioriture : un thriller sur la corde raide et un drame intimiste, dans lequel il établit une intelligente réflexion sur le mensonge et les différentes identités qu’il implique, le travail de deuil, les apparences, une certaine perte psychologique de repères et d’identité… Prend alors place un duel à la hauteur des ambitions de son scénario, celui de deux très grandes actrices du cinéma français contemporain : Sandrine Bonnaire face à Catherine Frot. La superbe Catherine Frot incarne avec force et détermination le troublant personnage d’Elsa, dont la sublime face cachée semble se révéler lors de la magnifique scène d’un ballet aux allures de danse macabre – paroxysme de l’inquiétante étrangeté qui caractérise l’œuvre – sous une lumière teintée de rouge, sous la forme d’un triste et inquiétant fantôme hanté par le passé ; Face à la plus discrète, mais aussi plus secrète, Sandrine Bonnaire, dans le rôle de Claire, femme au foyer et mère apparemment comblée, personnage tout aussi énigmatique sur lequel nous conserverons intact le mystère. « L’empreinte de l’ange » est à la hauteur de ses ambitions et des attentes, une réussite.

Braquage à l’anglaise de Roger Donaldson **
Malgré son titre français mal choisi (une fois de plus !!), ce film n’a rien à voir avec le film « Braquage à l’italienne » !! Celui-ci s’inscrit dans la tradition d’un cinéma un peu rétro plaisant teinté d’une british touch et s’inspire d’une histoire vraie pour un divertissement de qualité et honnête. La mise en scène de Roger Donaldson ici est simple, classique, sans génie mais tient la route et dirige le récit sans qu’on ait vraiment quelque chose à redire. De plus Donaldson donne à son film des allures rétro, ambiance 70’s, ce qui apporte un charme supplémentaire à son film. Mais le plus intéressant réside dans l’intrigue inspirée d’une histoire vraie qui propose un braquage qui masque une histoire de conspiration et complots réjouissante et propose une galerie de personnages attachants campés par des acteurs de talent. En tête d’affiche, Jason Statham qui prouve qu’il n’est pas que monsieur baston mais aussi un comédien de talent; les seconds rôles ne sont pas dénués de charme non plus. Au final, le cocktail est bon: charme, humour et péripéties. On ne s’ennuie vraiment pas. Pas révolutionnaire mais on passe un très bon moment !

J’ai trouvé ça moyen

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Gomorra de Matteo Garrone *
Le film italien qui a eu le Grand Prix au dernier festival de Cannes et c’est à ce titre que je suis allée le voir(sinon, je crois bien que je serais passée à côté). Pas d’histoire, mais plusieurs fils rouges pour présenter le quotidien de l’économie parallèle mise solidement en place depuis des lustres par la redoutable camorra napolitaine. Un parti pris quasi documentaire sur ce monde où le sordide se dispute au criminel : rien de romanesque ici, mais une relation précise et réaliste. Là justement se situent à mon goût les limites du récit. On assiste à un exercice de style d’une froideur absolue, et la forme adoptée – celle du reportage, brute, et même crue, fait que le film, pamphlet glacé sur une société gangrenée, manque de recul. Un peu plus de chair, un peu d’humanité, en retenant l’attention d’un plus large public (les critiques enthousiastes sont surtout le fait d’une certaine intelligentsia avide de conceptuel) auraient donné plus de force au propos par ailleurs hautement louable (et auraient rendu inutile la pesante conclusion écrite !). Pas évident de vraiment accrocher en cas d’absence d’un scénario digne de ce nom et de personnages réellement approfondis et incarnés !

Appelez-moi Dave de Brian Robbins
Film pour enfants à la sauce Eddie Murphy que je suis allée voir car la bande-annonce n’était pas si mal que ça. Et effectivement, il y a TOUT le film dans la bande-annonce !! Tout est prévisible et mis en scène de manière très classique, Eddie Murphy en fait des tonnes comme toujours mais en même temps, cette comédie n’est pas aussi repoussante et vulgaire que ses précédents films, il y a quelques gags assez amusants et on ne passe pas un mauvais moment. En gros « Appelez moi Dave » n’est pas bon mais suffisamment joyeux et sympatoche pour qu’on ne le déteste pas franchement!

La fille de Monaco d’Anne Fontaine
Un film d’une rare vacuité et très moyen (je valse entre moyen et râté). Le scénario très verbeux, parle énormément sans jamais rien dire et tourne autour des ravages du sexe (comme toujours chez cette réalisatrice), sans jamais vraiment traiter le sujet. Les personnages ne sont absolument pas travaillés et deviennent inintéressants très rapidement. Les incohérences sont tellement nombreuses qu’on en vient à se demander si ça n’est pas revendiqué. Luchini, comme d’habitude fait du Luchini, Louise Bourgoin est horripilante (on est limite content de son sort à la fin du film tellement on a envie qu’elle se taise !!) et avait plus de talent à présenter la météo de Canal (c’est dire !). Seul Roschdy Zem sauve un peu les meubles même si son personnage aurait pu être bien plus intéressant et plus épais.
Bref, le singulier manque de relief qui ressort du traitement paresseux, indolent et mou de l’histoire assoupit le spectateur et le film s’essouffle très vite. Il ne passe pas grand-chose et c’est bien dommage !

J’ai pas aimé

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The X-Files Regeneration de Chris Carter
Le titre original symbolise plutôt bien ma pensée: « I want to believe ». Moi aussi je voulais y croire quand j’ai pénétré dans la salle de ciné pour voir le dernier opus d’X-Files !! Et pourtant !
C’est un scénario plat, un polar classique sans aucune once de paranormal (à part un voyant qui mène l’enquête, bref, facilité scénaristique). Le plus grand mystère du film n’est pas (comme on pouvait légitimement s’y attendre) dans le film mais tient du fait qu’on se demande comment Chris Carter a réussi à convaincre le studio et les acteurs de tourner son navet son film tant il se fait peau de chagrin niveau scénario : une intrigue un peu pompée sur « Le Silence des Agneaux » auquel on aurait soustrait tout génie artistique. Le rythme est anémique, les comédiens ridicules (Connolly, Anderson et le comédien qui incarne le prêtre-voyant en tête) et les dialogues pseudo-philosophiques provoqueront sûrement quelques fous rires incontrôlables. Le film est basé sur la relation Mulder-Scully de manière totalement ratée et plate. Les arguments des personnages le long du film sont superficiels (pour pousser Mulder à se lancer dans l’enquête, par exemple) et les incohérences sont nombreuses. Et comble du ridicule: la dernière scène (après le générique) foireuse où les 2 acteurs semblent nous dire au revoir d’une façon pour le moins… bizarre ! A éviter !

La Momie 3 – Tomb of the Dragon Emperor de Rob Cohen
Ce film est vide, totalement vide. Les effets spéciaux sont là pour camoufler un peu la banalité de la réalisation et du scénario, mais n’empêche ! On s’y ennuie à mourir! Rapport père-fils habituel et pire, sans humour (comme dans le dernier Indy), répliques débiles, prestations d’acteurs pitoyables, voulant mêler humour et action et ne mêlant au final que ridicule.… Rajoutez à ça les blagues à deux balles (horripilantes) de Brendan Fraser et vous vous cognerez la tête contre les murs !!
Etrange cette manie qu’ont les momies de se réveiller à la perspective de millions de dollars de recette! Bref, à moins que vous ne souhaitiez renflouez les comptes du studio, fuyez cette suite totalement inutile dont le scénario repose essentiellement sur l’utilisation maximum des effets spéciaux coûteux et sur les batailles « épiques » qui n’ont pas lieux d’être. Autant les précédents volets tenaient la route, autant celui-ci est à la limite du ridicule. Une transposition au pays du soleil levant aurait pû être intéressante, malheureusement la priorité n’est pas donnée à l’histoire mais au spectaculaire. Au secours !!

Babylon A.D. de Matthieu Kassovitz (ou le NANAR de l’été)
Le héros de ce film est une grosse brute super violente (Vin Diesel dans le rôle de Vin Diesel Toorop) qui se réfugie derrière le professionnalisme et « l’éthique » du mercenariat mais qui va évidemment faire une entorse à tout ça pour sauver la gentille qui sort d’un film de Disney accompagnée de sa duègne nonne ninja qui l’a élevée dans un couvent de la religion de la méchante très méchante qui veut la récupérer.
J’ai rarement vu des scènes d’actions aussi brouillonnes, bâclées et confuses. Quand on compare avec le travail de Paul Greengrass dans « La Vengeance dans la peau » ou de Christopher Nolan sur les deux derniers Batman, on a pitié de Kassovitz qui devrait retourner filmer les clips de mauvais hip-hopeurs français du calibre du crétin qui a fait la BO de ce film (ben oui, du mauvais rap hip-hopé français pour donner l’ambiance de la « nouvelle Serbie » post apo des années 2030 il n’y a que Kassovitz et son pote Luc Besson pour trouver que ca colle). Ridicule. Rajoutez à cela une sauce Yamakasis + Ultimate Fighting bidon + des méchants ridicules + lieux communs post apocalyptiques, secouez le tout et vous obtiendrez le film parfait pour TF1 le dimanche soir en prime time !
Ce film est navrant, un véritable gâchis de moyens et de temps. Quelques idées auraient surement pu être mises en valeur mais le scénario bâclé desservi de surcroît par des interprétations pauvres, sans épaisseur et ridicules rend le tout ennuyeux et profondément naze. Bonjour la tambouille ! J’ai vu des films de série B sur le câble à 2h du mat beaucoup plus crédibles et mieux réalisés pour beaucoup moins cher… Pour moi, tout cela est parfaitement synthétisé dans l’histoire du titre du film.Le film est, comme vous le savez surement, adapté du roman de Dantec « Babylon babies » et Matthieu Kassovitz était gêné par le mot « babies » dans le titre. Du coup, il a rajouté A.D pour que ça fasse B.A.D dans le titre (si, si, si, c’est vrai). Pathétique !

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