L’île de Pâques à notre portée

Il y a quelques semaines, je vous parlais de l’un de mes rêves: un voyage dans les îles paradisiaques de la Polynésie Française… Aujourd’hui, je vais encore un peu plus loin en vous parlant d’une destination qui me fait rêver et qui me semble tellement inaccessible: l’île de Pâques. Elle abrite les célèbres statues monumentales (les Moai) qui mesurent entre 1 et 20 mètres de haut et sont disposées pour la plupart le long de la côte. Sculptées il y a plus de 4 siècles, ces sculptures anthropomorphes en pierre volcanique m’ont toujours fascinée. C’est ce qui m’a donné envie d’aller à l’expo « Rapa Nui, l’île de Pâques », qui a lieu en ce moment à l’espace Fondation EDF.

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L‘expo est très pédagogique et extrêmement bien fichue. Elle aide à comprendre l’histoire tumultueuse de cette petite île inaccessible perdue au milieu de nulle part. Dans le hall d’entrée, on est accueilli par un Moai, une reproduction grandeur nature de plusieurs mètres de hauteur, qui donne le ton. Derrière lui, plusieurs séquences d’un paysage désolé, battu par les vents violents du Pacifique sud, une contrée rude à l’image de ses habitants. L’expo n’est pas très grande mais elle couvre l’essentiel de l’histoire de cette petite île perdu du bout du monde. On apprend que l’île de Pâques ou Rapa Nui est découverte par les Polynésiens, arrivés probablement des Marquises, entre le VIIIe et le XIIe siècle, à la même époque qu’ils abordent Hawaï et la Nouvelle-Zélande. Ils y apportent leurs croyances, leurs dieux, leurs plantes et leurs animaux. La population se compose de l’aristocratie, avec son chef suprême (l’ariki mau), d’essence divine, garant de la fertilité de l’île (le premier, selon la tradition orale, s’appelait Hotu Matua), de la noblesse armée et du clergé. Les chefs de guerre (mata toa) sont désignés pour leur bravoure et peuvent être issus du peuple (hurumanu).

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Les anciens Rapanui construisent des ahu, plate-formes de pierres atteignant parfois 150m, qui expriment la puissance de leur tribu et contiennent les os sacrés de leurs ancêtres. On en compte aujourd’hui 250 répartis autour de l’île. Elles sont souvent rehaussées de statues géantes (les moai donc) qui incarnent les aïeux les plus célèbres, élevés au rang de divinités.

Outre la découverte d’une civilisation fascinante, cette expo est aussi une occasion pour ses commissaires de contredire une théorie (développée notamment par le géographe Jared Diamond ou l’astronome Hubert Reeves) qui prétend que les Pascuans ont causé leur propre perte en coupant tous leurs arbres pour transporter les Moai, provoquant de ce fait la désertification de leur île. La nouvelle avancée nous explique qu’ « il s’est passé quelque chose de brutal aux environs de 1650, une période de sécheresse plus ou moins longue et qui a fait que le couvert végétal a disparu ». Les scientifiques ont étudié 12000 charbons issus de fours culinaires : avant cette date, il y avait en tout 23 espèces d’arbres, et après, il n’en restait plusque 6. Des analyses de coraux en Nouvelle Calédonie, effectuées par d’autres chercheurs, ont également montré des variations de températures et un phénomène de sécheresse entre 1600 et 1650, peut-être lié au phénomène El Niño.

Quoiqu’il en soit, le peuple Pascuan a su s’adapter et survivre à bien d’autres calamités : manque d’eau, raids esclavagistes, épidémies, spoliation territoriale, travaux forcés et hémorragie démographique presque totale. Malgré tout ça, ils sont aujourd’hui environ 4000 à accueillir des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier.

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Au sous-sol, on peut voir des croquis de Pierre Loti, plusieurs films sur des découvertes archéologiques rapportées par une expédition belge mais aussi quelques planches de bois qui témoignent d’une écriture que seule une civilisation très avancée eût été capable de développer: l’écriture rongorongo, qui se lit de bas en haut et de gauche à droite, et une fois chaque colonne « parcourue » demande de retourner le support pour continuer la lecture et assurer la
compréhension du texte. A l’étage, on trouve de magnifiques bois sculptés, des bustes hiératiques, aux yeux d’obsidienne, des bâtons cérémoniels, des pagaies, des coiffes magnifiques… C’est sublime !

Depuis 1995, l’île de Pâques est classée au Patrimoine de l’humanité de l’Unesco. Je rêve de pouvoir voir les Moai dans leur habitat naturel. Un jour, surement.

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ile_de_paques1C’est où ?
Expo « Rapa Nui, l’île de Pâques »
Espace Fondation EDF
6, rue Récamier (7è) – M° Sèvres-Babylone

Entrée gratuite tous les jours de 12h à 19h (sauf le lundi).

Jusqu’au 1er mars
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