Les grands maîtres espagnols à l’honneur au musée Jacquemart-André

Ce matin, et malgré le petit bout d’intoxication alimentaire dont, comme Uwe, je souffre un peu aussi (ne me parlez pas de bouffe !), je me suis rendue au vernissage de la nouvelle exposition du musée Jacquemart-André: Du Greco à Dalí : les grands maîtres espagnols de la collection Pérez Simón.

Cette exposition – qui sera présentée à Québec à l’automne 2010 – est réalisée en coproduction entre le Musée national des beaux-arts du Québec et le Musée Jacquemart-André. Nous sont présentés 50 œuvres et plus de 25 maîtres, réunis par le goût raffiné d’un grand collectionneur, qui présentent un panorama de la création artistique en Espagne au cours des quatre derniers siècles.

Le collection en question, c’est celle de Juan Antonio Pérez Simón, un important homme d’affaires mexicain d’origine espagnole et une personnalité reconnue dans le monde des collectionneurs. Depuis les années 1970, sa passion pour l’art et son goût pour la culture l’ont incité à réunir une collection exceptionnelle : peintures, sculptures, dessins, gravures, objets d’art décoratif, manuscrits, mais aussi une bibliothèque de plus de cinquante mille volumes. Cette collection, connue dans le monde entier, est l’une des plus importantes d’Amérique Latine par son caractère exhaustif ainsi que par la notoriété des artistes représentés. Amateur des grandes écoles européennes, les tableaux présentés au Musée Jacquemart-André représentent la partie hispanique de sa collection, la moins connue du grand public.

L’expo se construit autour d’un parcours thématique dans lequel chaque étape est l’occasion de confrontations inédites entre des œuvres de siècles différents: « Terres d’Espagne », « Une peinture tournée vers Dieu », « Portraits d’enfants », « Entre terre et mer », « Le corps féminin », « Portraits de femme » et « Les créateurs du  monde moderne ».

Ces grands thèmes permettent de souligner les traditions et les ruptures qui ont fait le succès de l’école espagnole:
* On découvre le siècle d’or de la peinture sacrée avec les œuvres du Greco, de Jusepe de Ribera et de Bartolomé Estéban Murillo et l’on plonge au cœur des différents visages de l’art de la réforme catholique. Les artistes, souvent influencés par la pensée mystique, traduisent un monde aspirant à la gloire céleste par de saisissants effets de clair-obscur. Puis le ténébrisme laisse place aux peintures lumineuses de Murillo, maître du baroque espagnol, qui a laissé à Séville de nombreux disciples.
* À cet art religieux répond un art profane dominé par les grands portraits de cour et la finesse d’un Goya. Grands collectionneurs férus d’art italien et flamand, les monarques espagnols ont néanmoins confié à des peintres espagnols la réalisation de leurs portraits. De Sánchez Coello à Goya, on voit que les artistes mêlent intimement l’image du pouvoir à celle de la réalité.
* Par la suite, on se rend compte que l’opposition à l’occupation napoléonienne, la lente émergence d’un état moderne et la découverte des richesses de la civilisation espagnole par l’Europe tout au long du XIXè siècle ont contribué à asseoir le sentiment d’une forte identité nationale. À travers de grandes scènes de fêtes populaires qui s’offrent à nous dès la première salle, on voit que ce mouvement déploie sur la toile toute la beauté des costumes traditionnels et des décors des villes pavoisées. Il développe également un goût pour les sujets intimes, jeux de plage, jardins et vie de famille. Joaquin Sorolla est le maître incontesté de ces scènes dédiées aux bonheurs simples: des couleurs vives, fortes et éclatantes illuminent ses toiles.
* Les dernières salles de l’exposition sont, quant à elles, dédiées à la Modernité dans la peinture espagnole. On voit que le traitement de la lumière devient le maître mot des héritiers de Sorolla. Quant à celui de la couleur, il subit l’influence de l’impressionnisme français. L’exposition s’achève avec ces grands maîtres espagnols qui ont révolutionné l’art occidental, que ce soit Pablo Picasso, Juan Gris, Joan Miró ou Salvador Dalí. Une riche sélection d’œuvres graphiques et picturales de ces artistes offre un aperçu intéressant de cette évolution jusqu’à Tàpies.

Un petit tour en images ?

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Comme à chaque fois au musée Jacquemart-André, il s’agit ici d’une petite exposition, une cinquantaine d’œuvres seulement sont présentées à travers 8 salles pas très grandes et plutôt confinées. En revanche, en comparant aux dernières expositions que j’ai pu y voir (primitifs flamands et italiens), les toiles sont globalement bien plus grandes et plus espacées, beaucoup mieux éclairées et on y voit clair. Ce qui fait que même s’il y a foule quand vous souhaiterez vous y rendre (ce qui est systématiquement le cas pour les expos du musée JA), vous n’aurez pas trop de mal à bien regarder les œuvres. Y’a du progrès ! Pour le reste, j’ai trouvé l’expo assez intéressante, mais en toute honnêteté, je ne sais pas si ça aurait été autant le cas si je n’avais pas eu la chance d’assister à une visite guidée par les commissaires de l’exposition eux-mêmes (qui savent très bien nous faire partager leur passion, évidemment !). En tout cas, c’est plutôt instructif, puisque mis à part quelques peintres très célèbres (El Greco, Murillo, Dalí, Picasso, Miró…), les œuvres exposées ne sont pas spécialement connues (en tout cas, je ne les connaissais pas !). Une bonne occasion de les découvrir donc, tout en explorant une sorte de mini-panorama de l’évolution de la peinture espagnole au fil des siècles.

Ah et n’oubliez pas, comme d’habitude, vous pouvez télécharger gratuitement sur le site du musée la visite commentée  au format MP3 mais en plus, comme pour l’expo précédente, a été mise en place une appli iPhone téléchargeable sur l’App Store (1€59). Comme pour l’appli Munch il y a quelques semaines, le principe est le même, il s’agit d’un vrai guide de visite avec vidéo de présentation, une intro, des bonus audios et surtout la possibilité de refaire la visite guidée à la maison (puisqu’en même temps que le commentaire audio, vous avez aussi l’image de l’œuvre qui apparait). Sinon, quoi qu’il arrive un audio-guide présentant une vingtaine d’œuvres majeures est remis gratuitement à chaque visiteur. Excellente initiative, et bien trop rare, malheureusement !

C’est où ?
Du Greco à Dalí : les grands maîtres espagnols de la collection Pérez Simón
Musée Jacquemart-André
158, boulevard Haussmann (8è) – M° Miromesnil
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h, nocturne le lundi jusqu’à 21h30.
Tarifs: 10€/7€50. Audioguide gratuit.
Du 12 mars au 1er août 2010.

20 réponses à Les grands maîtres espagnols à l’honneur au musée Jacquemart-André

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  • Jena dit :

    L’audio guide c’est pour l’expo???

  • cecilux dit :

    Merci pour les images de cette expo que je vais mettre au programme. J’adore les expos de Jacquemart André, en plus cela donne l’excuse pour aller faire le brunch ou le gouter.

    • Bliss dit :

      Ah, sur ce coup-là, je passe, j’ai eu une très mauvaise expérience du café Jacquemart-André et l’idée d’y retourner ne me tente vraiment pas du tout !! ;)

  • Marilyne dit :

    Merci pour cette découverte! Au moins j’en saurais un peu plus sur le sujet grâce à toi! Je n’étais pas sûre d’y aller mais le prix m’en dissuade maintenant totalement! 10€/7,50€ pour une cinquantaine d’oeuvres, de qui se fout-on?! A ce prix là, heureusement qu’ils offrent l’audioguide! Après, le billet donne également accès aux collections permanentes mais tout de même…
    Gros bisous!

    • Bliss dit :

      Je suis bien d’accord avec toi, mais j’ai l’impression que ça va devenir de plus en plus rare de trouver des expos à moins de 10€ sur Paris ! Et pour le même tarif, la plupart des expos (qu’il y ait autant d’œuvres ou pas) te facturent un audio-guide vachement cher donc l’initiative n’est pas complètement dénuée de sens, je trouve. Au contraire ! Gros bisous Marilyne :)

  • July dit :

    J’aime beaucoup la scénographie avec cette couleur de violet! L’exp a l’air très intéressante! Bisous!

  • Jena dit :

    Eh ben, y’a du progrès :)))

  • Emma dit :

    Encore une expo que j’ai hâte de découvrir et ton article n’arrange rien !
    C’est vrai que les expos au musée J.A. sont souvent petites et chères mais les oeuvres sont toujours choisies et présentées de manière intelligente. Et puis ce musée est un écrin merveilleux, c’est un bonheur de s’y balader.
    Gros bisous ma Blissouille :)

    • Bliss dit :

      J’adore aussi me balader dans les collections permanentes du musée, les salles sont vraiment belles. En revanche, pour les expos je mets toujours une réserve car comme toi, je les trouve petites et chères… mais c’est vrai qu’elles sont quand même très intéressantes la plupart du temps. Et là, ce que je n’ai pas précisé dans mon article, c’est qu’en plus, ça donne des indications sur l’histoire du pays en même temps, ça permet de voir l’évolution, c’est pas mal !

  • Titine dit :

    Je crois que ce n’est pas avec cette expo que je vais retourner à Jacquemart-André mais l’idée de la visite guidée est très bonne comme pour la Pinacothèque.

    • Bliss dit :

      Oui, y’a du progrès, les musées parisiens se mettent de plus en plus à la page et tant mieux !! Tu trouveras peut-être plus ton bonheur lors de la prochaine expo du musée ;)

  • Natacha dit :

    Ah terrible, ça me manque flâner en expo et le thème me plait !

  • Anouchka dit :

    Merci pour l’info.
    J’adore ce musée, je vais me laisser tenter par cette expo!

  • MELIOUH dit :

    Délicieuse expo, sauf que je m(attendais à bien plus d’oeuvres!! alors je me suis trouvé mon erssatz, jme suis faite 3 fois le tour!

    Mais que du bonheur, avec une mention speciale pour ribera pour son saint jerome, toile d’une beauté et d’une technique indicible…

    Bon ap auw autres

    • Bliss dit :

      C’est toujours un peu le problème avec les expos du musée JA : elles sont très belles, les œuvres sont marquantes mais l’espace dédié aux expos est vraiment minuscule !

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