Le ciné de la rentrée

Pas mal de films en ce mois de septembre, mais pas de coup de foudre (à Rhode Island ? Palam pam pschh) et pas mal de films assez moyens, finalement.

J’ai aimé

Mamma Mia de Phyllida Lloyd ***
J’avais déjà adoré la comédie musicale (à laquelle j’ai eu la chance d’assister il y a quelques mois) et bien qu’il possède un peu moins de charme, ce film est un véritable moment de bonheur, une bouffée d’air frais en cette rentrée un peu grisoute ! Une époustouflante démonstration de talent par une Meryl Streep fabuleuse et ultra convaincante dans tous les registres (que ce soit pour nous faire rire ou nous émouvoir, comme sur « The winner takes it all »), des acteurs toujours dans le ton (même Pierce Brosnan qui chante comme il peut ou le génialissime Colin Firth qui semble se demander parfois ce qu’il fait là !!), des paysages paradisiaques qui donnent envie de faire une croisière en Grèce, les chansons d’ABBA dont on ne se lasse pas et qui nous donnent envie de danser sur nos sièges et de l’humour, du second degré en veux-tu, en voilà. Surtout ne partez pas avant le générique de fin, c’est un moment de pure anthologie ! Bref un magnifique cocktail de joie de vivre, un film anti-stress et anti-morosité ambiante. A aller voir absolument !

Comme les autres de Vincent Garencq **
Les comédies sont souvent meilleures quand on leur donne un véritable fond qu’il soit politique ou social. Pour son 1er long métrage, Vincent Garenq choisit d’aborder avec humour les thèmes de l’homoparentalité, de l’adoption et plus généralement du désir d’enfant. Sans prendre vraiment parti (ou presque), le réalisateur aborde ce débat avec une certaine lucidité tout en évitant de tomber dans les clichés et ce grâce à un couple d’homosexuels, l’un voulant un enfant et l’autre pas. Un joli couple d’ailleurs formé par Lambert Wilson et Pascal Elbé, parfaitement assortis, et autour desquels gravitent tout un tas de personnages savoureux et intéressants. On rit de bon cœur devant les problèmes de ces personnages et des quiproquos qui s’enchaînent sans jamais s’arrêter durant tout le film. Seules certaines scènes sont moins convaincantes soit à cause de quelques clichés (mais vraiment peu) soit à cause d’un manque d’audace dans la réalisation de certains plans, mais c’est globalement une comédie très sympa, à voir.

Faubourg 36 de Christophe Barratier **
Pour ce second film de Christophe Barratier, on retrouve l’atmosphère, le ton et le mode de narration des « Choristes ». J’ai trouvé son approche de l’époque d’avant-guerre très touchante, les décors et les costumes sont tout simplement magnifiques. Côté casting, petite préférence pour Jugnot (très touchant et juste, comme toujours) et Pierre Richard, personnage assez inattendu. Le film est plein de petites touches d’humanité, l’histoire est jolie, la bande-originale est plutôt réussie, les dialogues sont soignés, quelques petites longueurs ou imperfections (aucune surprise scénaristique ou artistique, mais on n’y va pas pour ça) mais c’est un joli petit film, charmant et attachant.

Max la Menace de Peter Segal *
Une agréable surprise. J’avoue être allée à cette séance avec quelques a aprioris, m’attendant à une comédie lourdingue où un incapable total se retrouverait agent avec une suite de blagues grasses toutes les 20 secondes. Et bien pas du tout ! Max (très bon, comme toujours, Steve Carell) est très compétent mais juste un peu naïf et malchanceux. Du coup, c’est drôle et absurde mais sans excès, et on a droit à un bon moment de détente (malgré une histoire d’espionnage sans une once d’originalité). La ravissante Anne Hathaway s’en sort plutôt bien, sans oublier the Rock Dwayne Johnson dont le potentiel comique a été malheureusement sous-exploité… ! Une petite dose de second degré, de bons acteurs, de la détente… bref, un bon moment !

mamma_mia comme_les_autres faubourg max

J’ai trouvé ça pas mal

Mirrors d’Alexandre Aja *
Délaissant légèrement le gore (légèrement seulement, à en croire la scène d’ouverture), Alexandre Aja s’associe avec l’ingérable mais excellent Kiefer Sutherland, dans un climat nerveux d’esprit vengeur, proche du cinéma asiatique d’épouvante. L’atmosphère doit aussi beaucoup au lieu, véritable scène de vie, façon série B. Kiefer fait du Kiefer sauce Bauer, ex-flic (décidément…) hanté par son passé (classique…), s’étant réfugié dans l’alcool pour oublier (ou quand le réel rejoint la fiction…). Ses colères paranoïaques sont violentes et parfois à l’emporte-pièce (il faut le voir menacer une bonne sœur avec son flingue !), mais son interprétation est pourtant généralement sobre et convaincante. La maîtrise technique est très réussie, distillant l’angoisse avec réalisme, et usant à propos du potentiel des miroirs, de l’obscurité et de faible éclairages pour installer une ambiance glauque et oppressante, avant d’achever le tout grâce à des effets spéciaux horrifiques et habiles. Cependant, si la forme est excellente, le fond laisse un peu à désirer, avec une histoire finalement banale, bâclée parfois par des raccourcis abrupts, et surtout déjà-vus autour de la paranoïa du héros traqué par ses cauchemars -même si la fin est plutôt inattendue (et moyennement convaincante).

Coup de foudre à Rhode Island de Peter Hedges *
Un comédie romantique américaine, sans surprise, un brin trop classique, qui peine à nous embarquer et à nous émouvoir vraiment (et pourtant, je suis adepte du genre, si vous suivez). C’est mignon, plein de bons sentiments, Steve Carell est très convaincant (registre plutôt inhabituel pour lui) et touchant, Juliette Binoche est sublime, comme toujours, mais le film a du mal à convaincre. Malgré ça, il se dégage tout de même un certain charme du film, un peu désuet et traditionnel qui donne envie de se perdre dans un chalet douillet du Rhode Island avec chocolat chaud près du feu. En bref, pas inoubliable mais pas désagréable non plus !

Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui *
Les films du tandem Jaoui-Bacri n’ont cessé de chercher à voir et à montrer la France: le drôle d’air des familles, les coteries culturelles et les phénomènes d’exclusion qu’elles entraînent (« Le Goût des autres »), la dictature de l’apparence et les ravages du succès (« Comme une image ») ou, dans ce film, le sentiment d’injustice, qui biaise, mine, complique ad nauseam les rapports entre les gens. J’ai trouvé le film assez intéressant dans les thèmes soulevés mais pas réellement surprenant. Il y avait plus de dynamisme et de finalité dans « Le Goût des autres » et « Comme une image », dont les personnages étaient moins caricaturaux et l’intrigue plus surprenante. On reconnaît rapidement le « style » Jaoui, dans les situations présentées et dans l’analyse des personnages. L’interprétation de Djamel Debouzze est plutôt convaincante et sobre, j’ai trouvé le personnage profondément humain, et plus complexe que les apparences. Même Bacri, dont l’uni-jeu peut lasser et qui « fait du Bacri », est juste. En revanche, j’ai été déçue de la prestation d’Agnès Jaoui (qui « fait aussi du Jaoui », je vous rassure !), excessive et peu crédible. Dans l’ensemble, le film est plutôt pas mauvais mais manque de rythme, n’apporte rien de nouveau par rapport aux thèmes habituellement soulevés par le tandem, bref ça sent un peu le réchauffé. Un petit goût d’inachevé, dommage.

mirrors rhode_island parlez_moi_de_la_pluie

J’ai pas aimé

Entre les murs de Laurent Cantet
Je ne comprends pas pourquoi la Palme a été décernée à ce film, j’ai dû totalement passer à côté. Pourtant, après l’avoir vu, je ne peux m’empêcher de me demander: chef d’œuvre ou supercherie ? Cri d’espoir ou concentré de mauvaise foi ? Après réflexion, j’ai plus l’impression que « Entre les murs » atteint les sommets de la démagogie et de la bien-pensance. Laurent Cantet nous offre un cocktail long et insipide à travers des personnages stéréotypés: le rebelle gothique, la fille grande gueule, le petit comique ou encore la petite fille sage… Sans oublier le prof, personnage proprement insupportable qui ne cesse de se justifier tout au long du film et qui n’assume pas réellement son rôle de pédagogue. Paradoxalement, la forme l’emporte sur le fond: une manière de filmer plutôt douce, proche des élèves, qui contraste avec l’agressivité du propos. Aucune réflexion authentique sur le langage, juste d’incessantes joutes verbales totalement agaçantes et stériles. La preuve, au final, sort de la bouche d’une des élèves qui dit qu’elle n’a rien appris. Ben, force est de constater que nous non plus. Même si Laurent Cantet et Bégaudeau ont voulu représenter une certaine réalité du microcosme scolaire, le film n’apporte aucune réponse. Pire même, aucune question. Pas d’interprétation possible, étant donné l’absence de liberté du spectateur pris en otage par cet objet manipulateur. Un grand lavage de cerveau et qui donne mal au crâne, en plus.

Le silence de Lorna des frères Dardenne
Un film intéressant pour sa construction narrative et pour l’intention (un film qui s’attaque à un destin complexe, à des problèmes sociaux, ça ne court pas les affiches et c’est intéressant). L’histoire
est bien amenée, racontée de manière très brute, sans faux détours et
sans concessions, laissant seul le spectateur juger. L’interprétation
des acteurs est plutôt bonne. On notera surtout celle de Jérémie
Renier, en drogué essayant de s’en sortir, qui est très convaincant. Mais pas mal de réserves quand même : une certaine invraisemblance empêche d’adhérer complètement à l’histoire, et la fin qui rompt avec le réalisme revendiqué dans le reste du film est très décevante, à la limite du ridicule. C’était sans doute parti d’une bonne intention, mais on a l’impression que cela a été « bâclé » (pour raccourcir le film ?). On reste très franchement sur sa faim.

Be Happy de Mike Leigh
Après avoir lu les avis dithyrambiques de la critique, je m’attendais à un film vraiment bien. Et bien, quelle déception ! C’est bien simple, il n’y a pas de scénario. Il y a juste un patchwork de saynètes sans lien entre elles si ce n’est la vie d’une fille niaise et hystérique qui a des problèmes pour canaliser son énergie. C’est long, pas très drôle, et plutôt énervant: à cause des clichés véhiculés, du jeu atrocement faux de Sally (elle est juste horripilante, j’lui collerais des claques), de la musique insignifiante, des personnages inutiles et pas intéressants (sauf le moniteur qui fait flipper et la prof de flamenco).
Alors, finalement, sympathique Poppy ou consternante Poppy ? Je vous accorde qu’il y a deux façons de voir les choses : d’un côté, nous avons-là une sympathique jeune femme, souriante (!!!), concernée par ses jeunes élèves (scènes assez touchantes), romantique (jolie rencontre), curieuse (scène de flamenco inattendue) et positive (elle dédramatise toutes les tracas du quotidien et tente de désamorcer les humeurs hystériques). On obtient alors une comédie sans prétention et qui incite à l’optimisme. D’un autre côté, nous avons-là une jeune femme dont la vie est dramatiquement creuse et qui, pour se donner une contenance, ricane à chaque réplique, hausse les épaules et les paupières dès que quelqu’un lui adresse la parole et qui communique naturellement avec des clochards déconnectés. On obtient alors une comédie insupportable, stupide et sans contenu réel. Entre les deux, il y a donc 2-3 séquences plutôt rigolotes ou émouvantes (l’explication finale avec le prof d’auto-école) et quelques seconds rôles joués avec sincérité. Alors que penser de « Be Happy » ? Pour pouvoir répondre à la question, il eut été plus simple de comprendre où Mike Leigh voulait en venir car son héroïne n’est pas suffisamment passionnante pour combler 2h de spectacle. A aller voir sous Lexomil !

Leur morale… et la nôtre de Florence Quentin
Après le très mauvais « Olé! », voici le nouveau nanar bien franchouillard de Florence Quentin. Même si la bande-annonce pouvait laisser espérer bien mieux, le film est franchement pathétique. Les acteurs surjouent comme jamais, l’histoire est totalement nulle, inutile et lourde, les dialogues sont creux, insipides et aussi beaufs que les personnages, les touches d’humour font des gros bides (à part les mimiques de Dussolier, mais cette remarque est-elle bien objective ?!), les clichés pleuvent de toutes parts… Le pire étant sans doute la morale affligeante, qui ferait passer le message de tolérance de « Bienvenue chez les Chtis » pour un modèle de finesse. D’un ennui sans nom du début à la fin. A éviter à tout prix !

entre_les_murs lorna be_happy leur_morale

Beaucoup beaucoup beaucoup de films en octobre que j’attends de pied ferme:

– « Cliente » de Balasko qui m’intrigue beaucoup – 1er octobre
– « Apaloosa » le western de Ed Harris – 1er octobre
– « La loi et l’ordre » qui réunit De Niro & Pacino, c’est si rare de les voir sur le même écran, pas envie de rater ça ! – le 8 octobre
– Le dernier Woody Allen « Vicky Cristina Barcelona », parce que c’est le dernier Woody et qu’il a l’air tout à fait jouissif (et pis, ya Scarlett, Javier Bardem et Peneloppe Cruz, c’est pas rien !) – le 8 octobre
– « Tonnerre sour les tropiques », avec les géniaux Ben Stiller, Jack Black & Bob Downey Jr… la bande-annonce est irrésistible, espérons que le film soit à la hauteur – le 15 octobre
– « Coluche, l’histoire d’un mec » de De Caunes, parce que ça m’intrigue – le 15 octobre
– « Mesrine, l’instinct de mort », premier volet du diptyque Mesrine avec Vincent Cassel, rien que la bande-annonce est prometteuse ! – le 22 octobre
– « W », dernier film d’Oliver Stone (Josh Brolin en W, ça risque de valoir le déplacement !) – le 29 octobre
– « Quantum of Solace », le dernier James Bond, – le 31 octobre This is Halloween

cliente apaloosa loi_et_ordre woody

tonnerrecoluchemesrine1Wjames_bond

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Little Miss Chatterbox
Suivez moi aussi par ici …
instagram